La cathédrale Saint-Isaac de Saint-Pétersbourg

La cathédrale Saint-Isaac de Saint-Pétersbourg, en russe Исаа́киевский Собо́р (Isaakievskiy Sobor) demeure un des monuments les plus emblématiques de la ville. Avec ses dimensions imposantes, il s’agit, paraît-il, de la troisième plus grande cathédrale en Europe derrière Saint-Pierre de Rome et Saint-Paul de Londres, rien que ça !

Son dôme constituant un des plus hauts édifices du centre historique, impossible de le rater, même de loin. Outre sa riche décoration intérieure, l’intérêt réside également dans la superbe vue obtenue depuis sa colonnade. Un must !


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Un peu d’histoire

La cathédrale occupe un emplacement proche de l’Amirauté, sur lequel furent édifiées quelques autres églises auparavant, notamment en bois, et portant le même nom. Ce dernier ne fut pas choisi au hasard, puisque Pierre le Grand, fondateur de la ville, naquit le jour de la Saint-Isaac.

Le terrain marécageux ayant eu raison des premières églises, on lança un concours pour la construction de la nouvelle cathédrale, qui se voulait monumentale. Il faut croire que les calculs mathématiques n’étaient pas trop le fort des Russes, car c’est un Français pourtant inexpérimenté, Auguste Ricard de Montferrand, qui remporta le concours. Sans doute était-il plus sobre que les Russes, malgré son nom, hum !

Le chantier dura tout de même 40 ans, de 1818 à 1858 (enfin quand on connait la durée de construction de la Sagrada Famila par ex., c’est plutôt rapide).

La cathédrale fut transformée en musée de l’athéisme par les Bolcheviks, c’est qu’ils ne manquaient pas d’ironie ! Elle devint cependant un musée d’histoire de l’art pendant quelques temps.

Aujourd’hui, il s’agit encore d’un musée relatant l’histoire de l’édifice, dont l’entrée est payante, même si quelques messes se tiennent dans une des chapelles. Et oui, business lucratif !

Il vous en coûtera 250 roubles (environ 3,5 € en 2017) pour y pénétrer, et autant pour grimper sur la colonnade. Cela en vaut largement le coût ! Attention, les billets de 5000 roubles ne sont acceptés ni aux caisses ni aux machines automatiques.

L’extérieur

Je dois avouer que je l’ai trouvée plutôt mastoc et austère, également un peu trop grise (même si je n’ai rien contre le gris, après tout, c’est ma couleur !). Je préfère de loin les églises orthodoxes plus classiques, surtout quand elles sont ornées de beaux bulbes colorés ! L’architecture de Saint-Isaac évoque plutôt les cathédrales néo-classiques catholiques, un peu froides à mon gout. Amis parisiens, vous lui trouverez peut-être une ressemblance avec le Panthéon.

Les caisses sont situées sur le flanc est de la cathédrale, et l’entrée s’effectue par la place Saint-Isaac, sur le flanc sud. Plutôt sympa, les grandes portes monumentales de l’entrée et la sortie, inspirées de celles du Baptistère de Florence, dont j’ai aimé admirer les détails !

 

L’intérieur

Si l’extérieur est plutôt sobre, l’intérieur, lui, arbore une décoration très riche et chargée ! Pour le coup, plus de comparaison possible avec le Panthéon de Paris. Plusieurs sortes de marbre, jade, malachite, lapis-lazuli et dorures ornent chaque mur ! Dès les portes franchies, on en prend plein la vue ! J’ai du ouvrir grand mes yeux pour scruter tous les détails et admirer les belles fresques et mosaïques.

Comme souvent dans ce genre d’église, l’appareil photo est le bienvenu pour mieux immortaliser les éléments les plus hauts perchés ! C’est que je suis petite moi, alors même si mes yeux sont grands, ils ne me suffisent pas pour tout bien voir tranquillement et sans me tordre le cou.

Ici tout est grandiose, je me suis sentie encore plus petite et parfois écrasée devant tant de monumentalité ! Là encore on se croirait plus dans une cathédrale d’Europe occidentale, même si la très belle iconostase est là pour nous rappeler que nous sommes bien en terre orthodoxe ! Les fresques sont bien différentes de celles de Saint-Sauveur-sur-le-sang-versé par exemple. Si cette dernière a ma préférence, j’ai également beaucoup aimé Saint-Isaac et j’ai trouvé intéressant de pouvoir comparer ces deux cathédrales emblématiques de la ville.

Pour la petite anecdote, le « pauvre » Montferrand, qui consacra une grande partie de sa vie à la construction de la cathédrale, se fit refuser le droit d’y reposer après sa mort, comme c’est souvent la tradition pour les architectes d’édifices religieux. Et oui, pas de catholique dans une église orthodoxe ! Pour la tolérance, on repassera… Lot de consolation : on peut admirer son buste à l’intérieur, ouf, il aura eu son petit bout d’immortalité. Entre nous, il avait l’air plutôt sévère, on ne devait pas rigoler tous les jours sur le chantier…

 

La vue depuis la colonnade de Saint-Isaac

Les flèches de Saint-Pierre-et-Paul, de l’Amirauté, et l’Ermitage

Si vous avez la chance que le ciel soit dégagé (jamais gagné à Saint-Pétersbourg) je ne peux que vous conseiller de grimper sur la colonnade pour admirer la superbe vue qu’offre le dôme de Saint-Isaac !

Comme vous l’avez sans doute constaté, Saint-Pétersbourg est une ville désespérément plate. Certes, mes pattes ont apprécié de moins se fatiguer, et sans terrain plat, pas de canaux (et quel dommage !) mais il s’avère donc difficile de prendre de la hauteur pour jouir de beaux points de vue, comme j’aime bien le faire.

Je tenais donc vraiment à effectuer cette petite grimpette. Après l’ascension des tours de Notre-Dame de Paris et ses plus de 400 marches, les 200 et quelques marches ne me faisaient même pas peur !

C’est donc parti pour un petit tour à 360° afin d’essayer de repérer les monuments emblématiques de la ville. Attention au vertige dans les escaliers en colimaçon !

 

Je vous propose une petite visite commentée dans le sens des aiguilles d’une montre en démarrant plein sud !

La vue vers le sud et l’ouest

Cap au sud donc. Bien sûr, la première chose qui s’offre à nos yeux est la place Saint-Isaac, juste sous mes pattes ! Fermant la place, le palais Mariinsky (palais Marie) abrite désormais la mairie de la ville.

Plus loin, dans l’axe, les dômes étoilées de la cathédrale de la Trinité se profilent à l’horizon. Plus à l’ouest, on distingue les clochers bleus et or de Saint-Nicolas-des-Marins, ainsi que le grand dôme de la synagogue chorale, puis les bulbes verts de Saint-Isidore et la toute aussi verte façade du théâtre Mariinsky, le plus célèbre de la ville.

 

La vue vers le nord : les îles Vassilievski et Petrogradski

Nous distinguons enfin la Neva au nord, avec une jolie vue globale de l’île Vassilievski et ses quais.

L’île Petrogradski est un peu moins visible mais le zoom fut utile pour bien apprécier la cathédrale du prince-Vladimir, toute jaune ! On voyait également la forteresse Pierre-et-Paul, autre emblème de la ville.

 

La vue vers l’est et le sud-est

Nous voici sur cette dernière portion du parcours. C’est ici que l’on peut le mieux admirer le bâtiment de l’Amirauté, avec sa flèche s’achevant avec un bateau et les statues qui ornent sa colonnade.

Plus loin, on peut voir ensuite la place du palais, la cathédrale Saint-Sauveur-sur-le-sang-versé et tout le sud-est de la ville. J’ai retrouvé le dôme de Notre-Dame-de-Kazan sur la Perspective Nevsky, et ensuite le campanile et les bulbes dorés de Saint-Vladimir.

Encore plus loin, dans une boucle de la Neva, la cathédrale de l’ancien couvent de Smolny apparait toute petite mais se démarque clairement du plat paysage.

 

Voilà, j’espère que cette petite visite guidée et présentation des monuments de la ville vous a plu, et donné envie. 😉

 

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