La Chapelle expiatoire à Paris

Chapelle expiatoire à Paris

Intérieur de la Chapelle expiatoire à Paris

La Chapelle expiatoire se situe dans le quartier de la gare Saint-Lazare, dans le 8e arrondissement de Paris. C’est sur l’emplacement du cimetière de la Madeleine, où furent ensevelis les restes des victimes de la Révolution française, dont le roi Louis XVI et la reine Marie-Antoinette, que Louis XVIII fit édifier cette chapelle commémorative de style néoclassique achevée en 1826.

Assez méconnue car sans doute trop peu mise en valeur (il faut croire qu’on ne souhaite pas trop rappeler le massacre opéré par les révolutionnaires…), sa visite est pourtant du plus grand intérêt, d’autant plus qu’elle est assez rapide et que le monument est très aisément accessible.


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Histoire

En 1793, le roi Louis XVI et la reine Marie-Antoinette sont guillotinés sur la place de la Révolution (devenue l’actuelle place de la Concorde). Les dépouilles royales, celles des gardes suisses massacrés le 10 août 1792 durant la prise du palais des Tuileries ainsi que les 1300 autres victimes de la Terreur révolutionnaire à Paris sont alors ensevelies dans le cimetière de la Madeleine, dont les Girondins, Charlotte Corday, Philippe-Égalité Madame Roland ou encore Madame du Barry. Ce cimetière est abandonné dès 1794 et racheté par un royaliste qui s’emploie à le préserver.

Le 21 janvier 1815, au début de la Restauration, Louis XVIII, le frère de Louis XVI, fait transférer les restes royaux à la basilique de Saint-Denis, jour anniversaire de la mort du roi, et pose la première pierre d’une chapelle commémorative qu’il souhaite voir ériger à l’emplacement du cimetière afin d’honorer la mémoire de son frère et de sa femme. Œuvre de l’architecte Fontaine, elle est achevée en 1826 sous le règne de Charles X. Mais dès cette époque, ce monument commémoratif chargé de symboles fait l’objet de controverses politiques.

La chapelle expiatoire est restaurée sous le Second Empire et le petit jardin romantique d’origine laisse place au square Louis XVI qui entoure dorénavant le monument, aménagé en 1862 durant les grands travaux d’Haussmann. Mais en dépit des menaces, la chapelle n’est pas détruite lors des changements de régimes. Elle est au contraire même classée monument historique en 1914. Pour l’anecdote, le tunnel de la ligne 14 du métro (entre les stations Madeleine et Saint-Lazare) passe exactement  sous le square à une vingtaine de mètres de profondeur.

Visite du monument

Du côté oriental du square Louis XVI (rue Pasquier), le pavillon d’entrée, surmonté d’un sarcophage monumental, donne accès à un jardin intérieur constitué des déblais et ossements du charnier révolutionnaire. Il est bordé de chaque côté de tombeaux symboliques, surmontés de sabliers ailés. Mais l’allée de cyprès qui existait initialement a disparu, laissant place à des rosiers aux fleurs blanches, couleur de la monarchie. En face, dans l’axe, la chapelle expiatoire proprement dite, précédée d’un péristyle et coiffée d’une coupole, est d’un style néoclassique assez dépouillé.

A l’intérieur, l’éclairage naturel zénithal illumine l’autel, et de chaque côté de la chapelle, deux statues de marbre qui se font face, offertes par la duchesse d’Angoulême, fille du couple royal. On y voit Louis XVI auquel un ange montre le ciel d’une part, surmontant les dernières volontés du roi (25 décembre 1792) gravées sur le socle ; et Marie-Antoinette soutenue par la Religion, d’autre part, représentée sous les traits de sa belle-sœur Madame Elisabeth (!), surmontant le socle où la dernière lettre de la Reine à cette dernière (16 octobre 1793) est représentée. Un bas-relief très classique au-dessus de l’entrée représente la translation des restes des victimes royales à Saint-Denis le 21 janvier 1815.

Des escaliers, situés au fond des chapelles latérales au droit des statues, mènent ensuite à la crypte, où un autel de marbre en forme de tombeau antique marque l’emplacement où furent retrouvés les restes du roi. En sortant, la sacristie au sud de la chapelle conserve un confessionnal avec son strapontin de velours rouge intégré dans un placard ! En empruntant une des deux galeries latérales de neuf travées, on rejoint alors le pavillon d’entrée.

Horaires et tarifs

En 2015 et 2016, la chapelle expiatoire n’était plus ouverte que de mai à septembre, et uniquement les jeudis, vendredis et samedis (jusqu’en 2014, c’était toute l’année). Le reste du temps, l’ouverture n’était que pour les groupes sur réservation. Heureusement depuis 2017, les horaires se sont élargis : elle est désormais ouverte d’avril à octobre du mardi au samedi de 10h à 12h30 puis de 13h30 à 18h30. Hors-saison, de novembre à mars, l’ouverture est limitée aux mardis, jeudis, vendredis et samedis aux mêmes horaires mais avec une fermeture anticipée à 17 h.

L’entrée est de 6,00 €, avec toutes les réductions habituelles des monuments nationaux ainsi que la gratuité d’accès pour les moins de 18 ans, les 18-25 ans résidant dans l’UE, les handicapés et les chômeurs ou bénéficiaires de minima sociaux.

Vous trouverez les infos actualisées et le document de visite (en PDF) sur le site officiel de la chapelle, gérée par le centre des monuments nationaux.

2 Responses to La Chapelle expiatoire à Paris

  1. Bravo pour votre article remarquablement bien documenté et vos magnifiques photos .

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