La Laure des catacombes de Kiev

Vue sur la Laure des catacombes et la statue de la Mère patrie

Vue sur la Laure des catacombes et la statue de la Mère patrie

La Laure des catacombes, ou Laure de Petchersk (en ukrainien Києво-Печерська лавра, Kyievo-Pechers’ka lavra) est un des symboles de Kiev, et avec la cathédrale Sainte-Sophie, le deuxième site de la ville classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Une « laure », voilà qui ne parle pas beaucoup aux lecteurs francophones ! Il s’agit simplement d’un monastère de haut rang dans la religion orthodoxe.

La laure, ou lavra en ukrainien, célèbre dans tout le monde orthodoxe « russe », constitue toujours un important lieu de pèlerinage. Nous verrons également ici la partie plein air du musée de la Grande Guerre patriotique, situé un peu plus loin.


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Laure des catacombes de Kiev

La laure est quelque peu excentrée et située sur une colline dominant le Dniepr. Pour s’y rendre, outre le taxi (à ne pas prendre au hasard dans la rue pour éviter les arnaques) vous pouvez emprunter le métro et découvrir ainsi la station Arsenalna, la plus profonde du monde ! (rien que ça !) avec ses 105 m sous le niveau du sol. Il vous faudra plusieurs minutes pour parcourir les deux escalators qui vous amèneront à l’air libre !

Après cette aventure (si si, ça impressionne) comptez encore près de dix minutes de marche en ligne droite, ou sautez dans un des trolleys-bus qui longe les avenues Ivana Mzepy et Lavrska (pour 3 uah le ticket soit un peu plus de… 0,10 €, il serait dommage de vous fatiguer pour rien !).

 

Les alentours de la Laure des catacombes

Ni beau ni moche, le quartier de Petcherska (du nom de la laure) propose surtout une balade dans un parc dominant le Dniepr et offrant donc une vue dégagée sur l’autre rive (des quartiers modernes et pas terribles, mais peu importe !). C’est aussi dans ce parc que se trouve le musée de la Grande Famine (ou Holodomor) et son monument. Pas gai tout ça ? Non, tout comme l’histoire du pays, particulièrement difficile au XXe siècle.

Nous arrivons enfin à la laure ! Prévoyez du temps car c’est grand ! Le complexe monastique comporte plusieurs églises et musées. Nous n’avons pas pu tout voir en une grosse après-midi ! Il se divise déjà en deux parties distinctes : la laure haute et la laure basse (un peu plus bas donc) dans laquelle se trouvent les catacombes à proprement parler. Même là, il y a encore deux parties : la proche et la lointaine. Mais nous y reviendrons ! La laure possède aussi plusieurs musées, notamment celui des Arts décoratifs ukrainiens, de la micro-miniature et le musée historique des lieux.

Un peu d’histoire

Laure des catacombes KievLe monastère fut fondé en 1051 par deux moines venus du mont Athos en Grèce (où vous ne verrez jamais votre souris préférée car interdit aux femmes, mais je m’égare…) peu après la conversion de la Rus’ de Kiev au christianisme. Il devint un centre religieux de plus en plus important et riche ! Le monastère possédait en effet les terres environnantes. Tissant des liens étroits avec Constantinople, la laure devint également un grand centre culturel et artistique, un des plus important de toute la Rus’.

Après l’effondrement et le morcellement de ce premier empire ukrainien, son influence diminua mais reprit de plus belle au XVIe siècle ! Les bâtiments et églises furent reconstruits en pleine apogée du baroque ukrainien, que la laure contribua à diffuser dans cette partie de l’Europe.

Pourquoi est-ce un haut lieu de pèlerinage ? En plus de son statut particulier de premier monastère masculin dans le monde russophone, les corps de plusieurs moines y reposent encore. En effet les premières cellules de moines furent crées dans les grottes que l’on trouvait sur la colline (en ukrainien petchera signifie « grotte ») et plus tard les moines qui les occupaient y furent directement inhumés. La ventilation naturelle des lieux les momifia ! Tout comme à Palerme, Rome ou même Brno, reposent ainsi quelques dizaines de moines, toujours dans leurs cercueils et dans leurs plus beaux habits liturgiques. Vous comprenez pourquoi ce lieu est si spécial et attire les foules ! Entre touristes curieux (enfin, pas tant que ça non plus) et dévots, vous vivrez une expérience unique !

Infos pratique pour la visite

Plan de la Laure des catacombes de Kiev

Plan de la Laure des catacombes de Kiev

L’enclos monastique de la laure haute est ouvert jusqu’à 20 h, mais les musées et églises ferment à 18 h. Avant cette heure l’accès est payant pour les touristes (comment ils vous différencient des pèlerins n’est pas très clair, à part que les femmes orthodoxes se couvrent la tête d’un foulard, mais pas toutes !), comptez 25 uah. Il vous faudra ensuite payer à peu près la même chose pour chaque musée et pour grimper en haut du clocher (où se trouvent également des lieux d’exposition).

La laure basse quant à elle est gratuite mais ferme à 16 h 30. Pour tout avouer, les informations ne sont pas toujours très claires et ne comptez pas sur la présence d’une brochure en anglais pour vous aider…

 

La laure basse

La Laure basse à Kiev

La Laure basse à Kiev

On peut commencer la visite par l’une ou l’autre des laures, sachant que la basse ferme plus tôt. Je vous propose ici une visite de bas en haut ! Là aussi l’enclos est divisé en deux partie : les grottes de proximité et les grottes lointaines. Les deux sont reliées par un passage couvert pour l’hiver, bordé par un chemin et des jardins. Très agréable aux beaux jours !

Dans chaque partie vous trouverez des églises et les catacombes à proprement parler. Il est strictement interdit de photographier l’intérieur des églises ou des catacombes ! N’aimant pas revenir les mains vides, nous avons pu prendre très discrètement UNE photo des catacombes pour vous montrer un peu ce lieu unique. Il ne fut hélas pas possible d’en prendre des églises, qui possèdent par ailleurs de belles fresques (dommage). Les églises sont typiques du baroque ukrainien, blanches et vertes avec de beaux bulbes dorés.

vue éloignée de la Laure basse

On conseille aux dames de garder le foulard sur la tête dans tout l’enclos (on vous prendra moins pour des touristes, mais il s’agit surtout de respecter les usages de ce lieu considéré comme saint) et de ne pas porter de jupes ou robes trop courtes. Les pantalons sont normalement interdits ! Bien sûr, pas de short pour les messieurs. Normalement pour pénétrer dans les grottes il faut vous munir d’une bougie (payante mais à prix symbolique).

Dans les catacombes de la laure de proximité il y a du monde ! On déplore d’ailleurs les groupes de visites qui bloquent le passage… Les galeries souterraines sont très étroites, claustrophobes s’abstenir ! Le parcours est fléché et jalonné de quelques chapelles. Il fait sombre, et contrairement à ce qu’on pourrait penser, chaud ! Ne soyez pas étonné de voir les pèlerins embrasser les cercueils… Bref, une expérience à vivre ! Il y a moins de monde à la laure lointaine. De là, on obtient d’ailleurs une superbe vue sur la laure haute.

La laure haute

Laure haute à Kiev

Laure haute à Kiev

C’est dans cette partie que se trouvent les différents musées. Nous avons visité celui de la micro-miniature, vraiment fascinant : une série de miniatures pas plus grosses qu’une tête d’épingles peuvent s’observer au microscope. Malheureusement il était interdit de prendre des photos (mais comment en faire de toute façon…). Selon nous c’est vraiment quelque chose à voir !

Nous avons également vu le musée national des arts décoratifs ukrainien, intéressant bien que pas très grand (mais assez dense), là encore impossible de faire des photos sans s’acquitter d’un permis spécial dont nous n’avions pas été informés (et ensuite trop tard pour le demander).

cathédrale de la Dormition

De l’extérieur, on pénètre dans l’enclos par l’église-de-la-Trinité-sur-le-Porche et ses belles fresques (malheureusement fermée à la visite quand nous y étions). La place centrale comporte la cathédrale de la Dormition, détruite pendant la Seconde Guerre mondiale et seulement reconstruite en 2000 (on peut d’ailleurs voir une pierre trônant à côté, unique vestige de l’église d’origine), le grand clocher et l’église-réfectoire.

Ces bâtiments étaient d’ailleurs représentés dans le parc Ukraine en Miniature. Apparemment ouverte uniquement pour les messes, nous avons eu la chance de pouvoir visiter l’intérieur de la cathédrale (pendant un office, donc) mais pas de prendre des photos (oui, journée frustrante en terme de photos). On peut tout de même vous dire qu’elle est très similaire à l’église du monastère Saint-Michel (reconstruite à la même époque). En revanche il fut possible d’en faire dans la superbe église-réfectoire (voir plus bas).

Plusieurs autres églises sont présentes dans l’enclos, mais nous n’avons pas pu les visiter (on espère bien y retourner !). Quant à la grimpette dans le clocher, après avoir épuisé nos pattes lors de l’ascension de celui de Sainte-Sophie, nous avons passé notre tour. De toute façon il s’est mis à faire moche ! Vous trouverez également des cafés et boutiques de bondieuseries. Avis aux souris pisseuses, les toilettes sont à la turque, comme dans bien d’autres endroits du pays…

L’église-réfectoire de la laure haute

Construite en 1895, elle se compose de deux parties (elle aussi…) : une sale rectangulaire, où les moines (plus de mille à l’époque !) prenaient leurs repas, et une ronde avec une superbe coupole, qui rappelle la Sainte-Sophie de Constantinople. On admire surtout les superbes fresques début XXe siècle, dans le style Art nouveau ! Là encore, dur de prendre les détails en photos pour cause de messe…

 

Musée de la Grande Guerre patriotique

Un peu plus loin en contrebas, toujours sur une colline dominant le Dniepr, se trouve le musée de la Grande Guerre patriotique, c’est-à-dire de la Seconde Guerre mondiale. Une partie se visite librement en plein air, offrant le spectacle des différents chars, avions, canons. ainsi qu’un monument en bronze représentant des soldats.

C’est là aussi que trône fièrement la statue de la Mère Patrie, qui domine la ville et que l’on peut admirer de loin, véritable emblème de Kiev ! D’une hauteur de 62 m, 105 m avec le socle, elle fut inaugurée en 1992, ironiquement à la fin de l’URSS, dont elle est un pur produit !

À titre indicatif la Statue de la liberté mesure 93 m avec son socle… Le socle abrite la partie intérieure du musée (fermeture à 18 h). Il est possible de grimper dans la statue, mais seulement avec un guide et par petit groupe. Ascension apparemment très sportive, donc pas pour moi, hum. L’esplanade semble être devenue un lieu de promenade pour les Kiéviens, venus admirer le coucher de soleil sur le Dniepr.

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