Le musée national du Moyen Âge à Paris

Cour du musée de Cluny

Le musée national du Moyen Âge – Thermes et hôtel de Cluny, plus simplement nommé musée de Cluny (car ça fait long !) se situe dans le 5e arrondissement de Paris, au cœur du quartier latin.

Les superbes collections couvrant la période de la fin de l’Antiquité au début de la Renaissance, comportent des sculptures, des vitraux, de l’orfèvrerie et les fameuses tapisseries de la Dame à la licorne. Elles sont installées dans l’hôtel de Cluny, datant de la fin du XVe siècle, et dans les thermes gallo-romains attenants, remontant aux Ier et IIe siècles de notre ère.

Vous y découvrirez que le Moyen Âge ne se résume pas à quelques sculptures de cathédrales, mais comportait également de magnifiques pièces d’orfèvrerie et de jolies tapisseries pleines de symboles. Bref, pas trop de monde, une ambiance relativement intimiste dans un musée à taille humaine et de beaux objets, il n’en fallait pas plus pour que ça me plaise et sans doute à vous aussi !


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S’y rendre

Rien de plus simple : le musée se situe en plein centre de Paris, à proximité immédiate de la gare RER de Saint-Michel – Notre-Dame (lignes B et C) et de la station de métro Cluny – La Sorbonne (ligne 10).

Le musée est ouvert tous les jours, sauf le mardi et quelques jours fériés, de 9 h 15 à 17 h 45 (pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?). En 2017, le plein tarif est de 9 € avec audioguide inclus (8 € hors période d’exposition en principe), 7 € en tarif réduit (6 € hors expo), avec toutes les gratuités habituelles des musées nationaux : jeunes jusqu’à 18 ans, jusqu’à 26 ans pour les résidents européens, les enseignants en France,  les chômeurs, handicapés… et pour tous le 1er dimanche du mois.

Vous trouverez les infos actualisées sur le site officiel du musée.

Histoire

Maquette de l’hôtel de Cluny

Les thermes de Cluny sont les seuls vestiges de la Lutèce gallo-romaine, avec ce qu’il subsiste des arènes rue Monge. Quinze siècles plus tard, les abbés de la puissante abbaye de Cluny, en Bourgogne, font édifier à côté des ruines leur résidence parisienne, premier exemple d’hôtel privé entre cour et jardin. Il constitue aujourd’hui le seul hôtel particulier médiéval subsistant dans la capitale avec l’hôtel de Sens dans le Marais.

On remarque déjà le joli portail et la cour vaut le détour à elle seule avec sa magnifique décoration flamboyante, ses gargouilles et fenêtres à meneaux, son puits d’époque ainsi que son cadran solaire… il est juste dommage que la perspective soit dorénavant gâchée par le chapiteau provisoire des agaçants contrôles de sécurité ! Au nord, côté bd Saint-Germain, ne manquez pas le petit jardin médiéval, bien restauré… mais trop souvent fermé.

Au XIXe siècle, l’hôtel est la propriété d’Alexandre Du Sommerard, un passionné et collectionneur d’art médiéval. En 1843, un an après sa disparition, l’édifice et ses collections sont acquis par l’État, qui y adjoint des collections médiévales de la Ville de Paris. En 1977, les importantes réserves consacrées à la Renaissance, impossibles à exposer faute de place, s’installent à 20 km de là dans le Val-d’Oise au château d’Écouen, qui devient alors le musée national de la Renaissance.

 

La visite

Le musée est partiellement en travaux pour la création d’un nouvel accès directement depuis le bd Saint-Michel, ce qui implique la fermeture de deux salles (12 et 14) jusqu’en 2019 (en principe). Mais l’essentiel de la collection demeure heureusement bien visible, suivez la souris ! 😉

Le Rez-de-Chaussée

Les premières salles exposent de nouvelles acquisitions ou accueillent des expositions temporaires. Pendant les travaux du musée, quelques œuvres des salles fermées y ont été déplacées. On peut notamment admirer quelques statues et un très beau retable du début du XVIe siècle. Une salle est consacrée à la céramique valencienne.

 

Nous arrivons ensuite à la salle 5,  avec ses albâtres anglais sur les murs, très recherchés en France à la fin du Moyen Âge. La petite salle 6 expose de superbes vitraux, qu’on peut ici observer à vue d’œil (dans les cathédrales, c’est moins évident !), dont de magnifiques exemples provenant de la Sainte-Chapelle mais aussi de Troyes.

 

On entre dans la vaste salle 8 par le portail remonté de la chapelle de la Vierge de Saint-Germain-des-Prés. La salle est consacrée aux sculptures de la cathédrale Notre-Dame, et présente en particulier les têtes sculptées des rois de Juda, surplombant les trois portails de la façade et décapités durant la Révolution. Ils avaient été confondu avec les rois de France (!) et les têtes retrouvées par hasard en 1977 lors d’un chantier rue de la Chaussée-d’Antin ! A noter également la superbe statue d’Adam (vers 1260), particulièrement réaliste.

La salle 9 occupe le frigidarium des thermes antiques, à la voûte d’arêtes haute de 13,50 m, la mieux conservée de l’époque antique en France. Elle présente très logiquement des sculptures antiques, dont les quatre blocs du fameux pilier des Nautes dédié au dieu Jupiter, bel exemple de sculpture gallo-romaine découvert en 1711 sous le chœur de Notre-Dame, mais également le pilier de Saint-Landry.

 

Dans la salle 10, on peut admirer de remarquables ivoires dont le dyptique d’Areobindus, ou encore la plaque de reliure du couronnement D’Otton II et Théophano, avec le Christ couronnant l’empereur germanique et son épouse byzantine. Comme quoi les liens étaient encore étroits à cette époque entre Byzance et l’occident chrétien… A voir également, des olifants, souvent transformées en reliquaires en Italie normande (Sicile…).

 

Le 1er étage

La salle 13 présente le clou de la visite : la fameuse série de tapisseries de la Dame à la Licorne, tissées en Flandres vers 1500 et provenant du château de Boussac dans la Creuse. Les cinq premières évoquent chacune un sens : l’odorat, la vue, etc. La sixième, dite « A mon seul désir », symboliserait le renoncement au plaisir des cinq sens (bon, ça, très peu pour moi, hum).

 

La salle 16 est un autre must du musée à parcourir en détail : on y voit de magnifiques pièces d’orfèvrerie, dont des torques en or (colliers rigides) du IIIe au Ier siècles avant notre ère (les contemporains d’Astérix et d’Obélix aimaient les beaux bijoux donc !), des bijoux francs (V-VIIe siècles), des têtes de lions en cristal de roche des IVe et VIe siècles (je ne les montre pas, marre des félins partout non mais !), le trésor de Guarrazar (du VIIe siècle) avec ses couronnes suspendues, et les émaux mosans ou de Limoges (XIIe siècle). Bon, seul défaut : cet éclairage jaunâtre, qui ne met pas si bien en valeur les pièces et a pour résultat des photos à la colorimétrie médiocre.

 

Quelques salles offrent des éléments de boiserie, telles les stalles de Beauvais, des tapisseries, vitraux, carreaux de céramique…

 

La salle 19 expose une autre œuvre à ne pas rater : l’antependium de Bâle, chef-d’œuvre de l’art ottonien du XIe siècle. Sur ce devant d’autel en or figure le Christ entouré de trois archanges. L’empereur germanique Henri II et sa femme sont prosternés à leurs pieds…

La chapelle des abbés de Cluny constitue la salle 20, avec son élégante voute flamboyante portée par un pilier. Au mur est exposée la tenture de la Vie de saint Étienne tissée vers 1500, un exemple de cycle narratif de la vie de saints patrons ornant les cathédrales, ici celle d’Auxerre en Bourgogne.

 

Les salles suivantes sont thématiques et évoquent la dévotion publique et privée, la vie domestique, les jeux, les combats…

 

L’avis de la souris

Ce musée national, qui présente des pièces majeures, occupe un hôtel particulier de 23 salles, ce qui reste à taille humaine contrairement au Louvre, où vous verrez également de superbes pièces de la même période mais dans un espace à taille nettement moins humaine ! On peut donc en faire le tour à rythme raisonnable en moins de deux heures. Le musée étant très facilement accessible et pas trop cher pour ce qu’on y voit, il serait dommage de ne pas le découvrir !

Seul aspect négatif, car il faut bien en trouver un : les horaires hérités du Moyen Âge (!), un peu trop restrictifs, avec une absence de nocturne comme il en existe pourtant dans la plupart des autres musées nationaux à Paris.

Si vous souhaitez poursuivre votre découverte de l’art médiéval, outre le Louvre bien sûr (départements des peintures, des sculptures et celui des objets d’art), concernant le haut Moyen Age, vous pourrez vous rendre au musée national d’Archéologie situé dans le château de Saint-Germain-en-Laye. Un peu loin (20 km à l’ouest de Paris) mais très facilement accessible par la ligne A du RER, et la gare est juste au pied du musée.

La suite logique du Moyen Âge est la Renaissance, que vous découvrirez (outre encore une fois l’incontournable Louvre !) au musée national de… la Renaissance (ça tombe bien !), situé dans le château d’Écouen, à 20 km au nord de Paris. Nettement moins accessible sans voiture, même si c’est faisable en transports publics, mais l’ensemble est magnifique et vaut vraiment le déplacement.

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