Le monastère de Novodievitchi à Moscou et son cimetière

Le monastère de Novodievitchi (en russe Новодевичий монастырь) ou couvent, fait vraiment partie des incontournables de Moscou selon moi ! Classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, j’avais très envie de le voir lors de mon passage dans la capitale russe.

Il faut dire que j’aime beaucoup les monastères orthodoxes, alors je n’allais pas me priver ! Il est cependant situé hors de l’hyper-centre, il faudra donc emprunter le métro pour le visiter.

La station la plus proche est Sportivnaya, sur la ligne 1. Ensuite, il ne vous faudra que quelques minutes de marche pour atteindre le monastère. Si vous êtes perdus, n’hésitez pas à demander votre chemin, les Russes sont très aidants. 😉

 

Afficher une carte plus grande

 

Ce couvent, dont le nom russe signifie « la nouvelle vierge » fut fondé en 1524, et bien que remodelé depuis (comme de nombreux édifices dans la ville) il demeura presque inchangé depuis le XVIIe siècle, ce qui reste rare justement !

Il s’agit là d’un très bel exemple de baroque moscovite, et un des plus beaux monastères de la ville ! Il me faisait bien rêver en tout cas.

Avec ses tours crénelées dignes d’une forteresse de conte de fées, et ses bulbes scintillants, j’avais donc très envie de le voir !

La petite histoire du monastère

C’est à la régente Sophie, sœur de Pierre le Grand, que l’on doit la plupart des bâtiments actuels. Ironie du sort, elle y finit enfermée par son frère quand il prit le pouvoir. Sa première femme y termina d’ailleurs sa vie, après avoir été envoyée dans d’autres couvents (bon ok, elle n’avait pas été très sympa avec lui). Quand on sait que le grand Pierre fera des années plus tard exécuter son unique fils, on a un bon aperçu des mœurs de l’époque, hum… Ça ne rigolait pas tous les jours !

Le couvent abrita également plusieurs membres de l’aristocratie moscovite. On se rend donc compte qu’il ne s’agissait pas d’un simple petit monastère, mais qu’il était très important et fréquenté par la « bonne société ». Il fut par miracle épargné par le gouvernement soviétique, même s’il devint temporairement un musée de l’émancipation de la femme (ils avaient de l’humour les cocos ! J’adore !) puis d’art et d’histoire. Mais au moins, les églises n’ont pas été détruites…

Il reprit sa fonction de couvent en 1984 et on y croise encore quelques religieuses à l’air peu sympathique. Qui a dit que la religion était paix, amour, et ouverture à son prochain ?

 

ATTENTION : en 2017, et depuis apparemment déjà deux ans, l’ensemble monastique subit d’importants travaux (un incendie s’étant déclaré dans la cathédrale…). C’est donc une cathédrale et un campanile empaquetés par de vilains échafaudages que j’ai vus, mais le sachant, j’ai donc décidé d’y aller en connaissance de cause.

Le lieu demeure intéressant mais il vaut mieux savoir à quoi s’attendre pour ne pas être déçu, comme le fut le couple de Français que nous avons croisé. Si vous disposez de vraiment peu de temps à Moscou, ce n’est peut-être pas la peine de faire le détour, enfin, à vous de voir…

Dans tous les cas, ne vous faites pas avoir : si l’entrée dans l’enceinte du monastère de Novodievitchi est toujours gratuite, il faut se munir d’un billet pour visiter les différents bâtiments (normalement la cathédrale et les autres petites églises, ainsi que le musée des icônes), mais vu que la plupart sont actuellement fermés aux visiteurs, cela ne vaut pas vraiment le coup selon moi, sauf si vous êtes fans d’icônes ! Le couple de Français était donc assez mécontent d’avoir payé plein pot son billet pour juste visiter cette petite salle ! 🙁

Comme quoi la religion n’est pas incompatible avec le sens du business…

À l’intérieur de l’enceinte du monastère de Novodievitchi

Pour ma part, je voulais surtout voir les lieux, tant pis pour les échafaudages, même si je dois avouer que j’aurais aimé voir les beaux bulbes dorés de la cathédrale de Notre-Dame-de-Smolensk, réputée comme une des plus belles de Moscou, aux fresques très anciennes (un peu comme celles des cathédrales du Kremlin).

Malheureusement, j’ai du faire avec ! Je me suis donc contentée de flâner dans l’enceinte du monastère et d’admirer l’architecture baroque des autres bâtiments et églises.

La balade demeure agréable, et très calme ! Peu de visiteurs (sans doute à cause des travaux), de la verdure… cela fait du bien dans une ville à la circulation effrénée comme Moscou ! Après avoir arpenté de larges boulevards où la voiture est reine, on respire !

Le ciel gris et menaçant conféra une atmosphère très particulière à cette flânerie, empreinte d’un charme bucolique et de mysticisme. J’imaginais sans peine la sévérité de la vie monacale, au cœur de cette Russie souvent froide et hostile, tout en me sentant inspirée par la beauté et la tranquillité des lieux.

 

L’église de la Dormition du monastère de Novodievitchi

J’ai tout de même pu pénétrer dans l’église de la Dormition, une des plus grandes du monastère après la cathédrale, et pour une fois, prendre quelques photos ! L’ambiance était paisible. Normalement il faut pouvoir montrer son billet pour entrer, mais personne ne nous a rien demandé. Je n’ai pas trop compris, mais bon, avec les travaux, tout doit être chamboulé.

Avis aux amateurs, le rez-de-chaussée de l’église (qui se trouve donc à l’étage…) comporte une petite boutique de souvenirs aux prix plus que raisonnables. J’y ai trouvé une jolie reproduction d’icône à ramener à maman souris.

 

Même si je fus quelque peu déçue de ne pas avoir vu le monastère sans travaux, je pus me consoler avec les photos prises par mon copain il y a des années de cela, lors de son passage dans la capitale russe en plein hiver.

Regardez bien, déjà des échafaudages ! La rigueur du climat russe n’étant pas l’amie des bulbes, qui finissent vite fêlés… Sous la neige, la magie opère encore plus selon moi, mais il ne faut pas être frileux ! (et mes poils ne me protègent pas assez du froid, snif)

 

Le (nouveau) cimetière de Novodievitchi

Il vaut à lui seul le déplacement ! Si la plupart des monastères comportaient dans leur enceinte un petit cimetière, celui de Novodievitchi s’avéra trop petit, et un « nouveau » cimetière ouvrit hors des murailles en 1898.

Véritable panthéon national, on y trouve les sépultures de personnalités célèbres telles que Boris Eltsine, Anton Theckhov, Serge Prokofiev ou Nicolas Gogol, et Alexis Nikolaïevitch Tolstoï, écrivain, mais attention à ne pas le confondre avec le plus célèbre Léon !

Les femmes d’anciens dirigeants, telles que Nadejda Stalina, épouse de l’homme d’acier, et Raïssa Gorbatcheva, y reposent également.

Le cimetière demeure tout de même assez fréquenté, plus que le monastère adjacent ! Du moins quand nous y étions… Si le charme bucolique des sépultures noyées dans la végétation opère, la tranquillité est tout de même quelque peu gâchée par les groupes d’asiatiques qui débarquent en troupeaux à la recherche de tombes célèbres.

Par contre, rien n’est indiqué en anglais, il vaut donc mieux lire le cyrillique pour repérer les tombes célèbres… ou suivre les Chinois !

 

Il fut parfois difficile de se frayer un passage ! J’ai donc parfois renoncé à rechercher les « célébrités » de ce Père Lachaise russe, préférant finalement flâner au hasard, dans les parties plus tranquilles du cimetière.

J’apprécie vraiment de découvrir de beaux cimetières, qui n’ont pour moi rien de glauque, mais s’apparentent plutôt à des lieux de recueillement et de paix. J’ai pu remarquer que les cimetières d’Europe de l’est arboraient un aspect moins « minéral » et laissaient plus libre court à la végétation triomphante, comme ramenant l’âme des défunts à une nature originelle.

Le temps maussade ne fut pas pour me déplaire, conférant une touche mélancolique à ce moment bucolique (ça rime !). Dommage que le temps soit si précieux en voyage, j’aurais bien aimé y rester un peu plus longtemps.

 

photo d’une… photo se trouvant sur un panneau de la ville ! Vue avant les travaux

Avant de repartir, ne manquez pas de faire le tour de l’enceinte du couvent pour en découvrir la vue depuis le petit étang qui le borde ! Véritable image enchanteresse que ses murailles se reflétant dans l’eau !

Encore plus beau selon moi quand le ciel est troublé, on se croirait vraiment dans un autre monde !

Bien sûr, les échafaudages gâchent encore la vue, il faut user de son imagination ! J’ai tout de même trouvé que cela valait le coup.

Là encore, le petit parc est vraiment tranquille, surtout fréquentés par les Moscovites qui promènent leurs chiens (ou leurs enfants, au choix).

De l’autre côté, c’est la vue sur les tours de Moskva City, le nouveau quartier d’affaires, qui offre une image et un contraste presque irréels qui résument bien la capitale du plus grand pays du monde.

 

En résumé, la visite vaut le coup mais il faut être prêt à n’en voir que la moitié à cause des travaux ! Malheureusement ils devraient durer encore un certain temps…

Si comme moi vous aimez les beaux monastères orthodoxes, je vous conseille d’aller faire un petit tour à Kiev pour découvrir la Laure des catacombes, qui m’a vraiment marquée !

Retour à l’article sur Moscou

Découvrez le métro de Moscou, le plus beau du monde !

One Response to Le monastère de Novodievitchi à Moscou et son cimetière

  1. Philippe dit :

    Merci pour cette visite photographique. Juste un regret: il n’y a pas de traduction française pour toutes les photos ! Merci tout de même ! Ayant visité Novodevichi en 2016, je cherche à le visiter virtuellement afin de revoir ces lieux exceptionnels en comprenant les tombes vues ainsi que celles du monastère.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *