Moscou : de la cathédrale du Christ-Sauveur à la maison de Tolstoï

La cathédrale de Christ-Sauveur fait vraiment partie des monuments incontournables de Moscou ! Située à seulement quelques encablures du Kremlin, au bord de la Moskova, je vous conseille de ne pas la rater !

Je vous emmène également visiter les quartiers alentours !

Nous irons d’abord de l’autre côté de la Moskova découvrir un étonnant parc de statues de l’époque communiste, puis traverserons de nouveau le fleuve pour visiter l’église Saint-Nicolas-des-Tisserands et finir par la maison-musée de Léon Tolstoï

 


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La cathédrale du Christ-Sauveur de Moscou

cathédrale du Christ-Sauveur de MoscouGrand monument de Moscou, il s’agit de sa principale cathédrale, où siège le patriarcat (car vous aurez remarqué qu’il y a plusieurs cathédrales à Moscou, ou même dans chaque ville). Et pour être grande, elle l’est ! Dès que nous sortons du métro ou arrivons à pied, elle en impose par ses dimensions colossales !

Pour la petite histoire, elle fut originellement construite entre 1839 et 1883 mais Staline, qui détestait tout ce qui se rapportait à la religion (un comble pour un ancien séminariste…) passa par là et vit en elle une réserve de marbre bien pratique pour la construction du métro, qui se voulait le plus beau du monde et « palais du peuple » !

Si le pari fut réussi, la cathédrale, elle, cessa temporairement d’exister. À l’emplacement se trouvait alors une piscine publique.

Ce n’est donc plus le monument d’origine qui se dresse devant nos yeux ébahis, mais celui reconstruit entre 1995 et 2000, symbole du retour de la Russie aux valeurs de la religion orthodoxe (bien ou mal, chacun se fera son propre avis). Mais je vous rassure, on n’y voit que du feu, et on en prend plein la vue !

intérieur de la cathédrale du Christ-Sauveur de MoscouL’entrée est gratuite, il suffit juste de passer les portiques de sécurité, avant d’être aussi émerveillé par l’intérieur que par l’extérieur ! Toutes les fresques furent minutieusement reconstituées !

Bien sûr, comme dans la quasi totalité des églises orthodoxes, les photos y sont normalement interdites, mais hors de question pour moi de repartir sans aucun souvenir numérique ! Je me suis vraiment sentie toute petite au milieu de tant de monumentalité (certes, je suis une petite souris, mais quand même…).

Attention, ne manquez pas de descendre voir la crypte en empruntant un escalier plutôt discret. Elle est de ce fait oubliée des touristes et bien plus tranquille ! J’ai apprécié ses jolies fresques et son aspect plus intimiste. Avis aux amateurs, la boutique de souvenirs attenante propose vraiment des tarifs compétitifs !

 

Le pont du patriarche et la vue sur la Moskova

Le pont du patriarche et la vue sur la MoskovaEn sortant, empruntez la passerelle piétonne, le « pont du patriarche« , qui permet de jouir d’une très belle vue autant sur la cathédrale que sur les rives de la Moskova. Si on est loin du charme de la Neva ou des canaux pétersbourgeois, cela reste tout de même un des meilleurs points de vue sur le Kremlin, au fond !

Un petit selfie, un coup de zoom, et hop, c’est dans la boite ! Profitez, les ponts piétons sont rares à Moscou !

Bien que située dans l’hyper-centre, cette zone de la capitale fut complétement réhabilitée et arbore aujourd’hui un aspect plutôt moderne, mais à l’allure très différente de ce que l’on a l’habitude de voir dans nos contrées « occidentales ». Loin des formes cubiques et grises à la mode « chez nous », le style ici est plutôt « néo-kitsch » comme diraient certains.

Personnellement, j’assume ma préférence pour les kitscheries made in East et j’ai donc trouvé le quartier et la balade plutôt sympathiques. Le pont enjambe une île en pleine mutation, avant de déboucher sur une promenade piétonne (là encore, chose rare à Moscou) sur les rives de la Moskova. En prime, j’ai eu du soleil !

statue de Pierre le GrandLà encore plutôt kitsch, on aperçoit la gigantesque statue de Pierre le Grand, érigée en 1997 et œuvre de l’artiste géorgien Zourab Tsereteli. D’une hauteur de 98 m, elle dépasse la statue de la Liberté et constitue la plus grande statue de toute la Russie ! Il parait que les Moscovites rêvent de la déboulonner…

Petite anecdote historique : on aperçoit aussi le grand immeuble de style très « soviétique », « maison sur le quai » où Staline avait décidé de loger les membres du parti… pour mieux les avoir sous contrôle et les surveiller en permanence… et les faire disparaître de temps en temps !

 

Le parc « cimetière de sculptures »

cimetière de sculpturesNous arrivons alors dans cet étrange parc qui borde la Moskova, lieu de promenade assez fréquenté des Moscovites. Il pourrait s’agir d’un banal parc comme les nombreux que comporte la capitale russe, mais un certain aspect lui confère toute son originalité : c’est en effet ici que furent déposées un certain nombre de statues de l’époque soviétique !

Véritable cimetière de pierres parmi lesquels gambadent les enfants, indifférents à la présence de Staline ou de Lénine, jouant avec les bras de l’un, grimpant sur les genoux de l’autre…

Tout ceci ne leur évoquant qu’un vaste terrain de jeu, loin du poids du passé que représentent ces statues. Quelques œuvres plus modernes viennent tout de même compléter le tableau, égayant un peu l’atmosphère !

C’est aussi dans ce parc qu’on l’on peut visiter la Nouvelle Galerie Tretiakov, retraçant l’histoire de l’art russe au XXe siècle. Si la balade fut agréable en cette belle journée plutôt ensoleillée, je déplore quand même le prix des cafés à emporter. Moscou n’est vraiment pas une ville pour les « sans-dents ».

 

Saint-Jean-le-GuerrierJ’ai ensuite poursuivi ma balade un peu plus au sud pour aller voir la jolie petite église Saint-Jean-le-Guerrier, sur la rue (ulitsa) Bol’shaya Yakimanka. Même si l’église jouxte le parc, il n’y a aucun accès direct !

Il faut longer un boulevard automobile vraiment peu agréable, qui sépare le parc des statues déchues du grand parc Gorki (malheureusement pas le temps d’aller m’y promener, snif).

On se rend vite compte que dès que l’on sort de l’hyper-centre de Moscou, l’urbanisme n’a plus rien de sympathique… entre blocs de béton et larges avenues où déferlent sans interruption les voitures à grande vitesse. Et pourtant, on apercevait encore les tours du Kremlin au loin !

L’enclos de l’église constitue un petit havre de paix plutôt agréable. Un des rares exemples de style « pétrovien » (de l’époque de Pierre le Grand) je l’ai trouvée toute jolie avec son clocher polychrome. Pas de chance cependant, nous sommes arrivés en plein pendant la messe ! Nous nous sommes alors contentés de rester à l’entrée (et de prendre très discrètement quelques photos, hum).

En face, j’ai bien aimé la maison Igoumnov, de style néo-russe, résidence de l’ambassadeur de France ! De quoi songer à une reconversion, je serais mieux logée !

 

Après tant d’efforts (c’est que ça fait une trotte tout ça depuis la cathédrale, dur pour mes petites pattes de souris !), le réconfort ! Nous avons donc fait une petite pause dans une chaîne de salon de thé « Shokoladnitsa » que l’on retrouve un peu (trop) partout dans la ville.

Les prix sont tout de même plutôt proches de ceux de Paris : 4-5€ pour un chocolat ou un café un peu original et autant pour une part de gâteau ! On ne dirait peut-être pas, mais nous nous trouvons dans un quartier assez chic, au milieu des ministères et ambassades…

chocolat muffin myrtilles et gâteau « Moscou »

 

Après cette petite pause gourmande (on ne se refait pas !) traversons de nouveau la Moskova pour se rendre plus au nord, afin de découvrir la très jolie église Saint-Nicolas-des-Tisserands et la maison de Tolstoï. La station de métro la plus proche est Park Koultoury sur les lignes 1 ou 5.

 

Église Saint-Nicolas-des-Tisserands

Saint-Nicolas-des-TisserandsRéputée comme étant une des plus jolies églises de Moscou, j’avais très envie de la voir ! Je ne fus pas déçue !

Architecture assez classique (enfin je commence à avoir l’habitude des églises orthodoxes) du XVIIe siècle, mais jolies couleurs quelque peu originales, se mariant à merveille avec celle du ciel à l’heure bleue, avant que la nuit ne s’abatte sur la ville.

Vraiment pas de chance, encore la messe ! Comme pour Saint-Jean-le-Guerrier, je suis donc restée à l’entrée, immortalisant les quelques fresques sur carte mémoire.

 

La maison-musée de Tolstoï

Nous avons ensuite poursuivi notre promenade en direction de l’ancienne maison de Léon Tolstoï, à quelques centaines de mètres de là, au 21 rue L’va Toltosgo (rue Léon Tolstoï en russe). Vu l’heure tardive (19 h), l’idée était d’au moins apercevoir cette maison en bois où vécut l’écrivain entre 1882 et 1901, depuis l’extérieur.

La station de métro la plus proche est Park Kultury.


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Nous avons alors eu la surprise de découvrir que le musée était encore ouvert ! Et oui, le jeudi, c’est nocturne jusqu’à 20 h ! Ne trouvant pas les tarifs affichés, nous avons poussé la porte de la maisonnette d’accueil (en bois elle aussi) et avons eu la chance de trouver une sympathique dame se débrouillant plutôt bien en français, et francophile avec ça ! D’ailleurs, nous avons de nombreuses fois pu constater que les Russes gardent une image positive de Paris et de la France, et sont très touchés lorsque vous expliquez aimer leur pays !

maison-musée de TolstoïDevant nos mines quelque peu déconfites à l’annonce du tarif AVEC droits photos (usage d’un autre âge qui ne se pratique plus vraiment dans les autres institutions), la dame nous proposa alors le tarif étudiant (150 roubles), sans que nous lui demandions quoi que ce soit !

C’est-à-dire que 700 roubles en tout, soit près de 11 €, pour une maison qui se visite en 30 mn, c’est proportionnellement un peu cher, c’est le prix de l’Ermitage à Saint-Pétersbourg ! La voyant heureuse de nous permettre de visiter les lieux, nous n’avons bien sûr pas pu refuser, c’eût été impoli, puis de toute façon, j’avais bien envie d’aller voir comment vivait ce cher Léon ! Avec un tel accueil, nous étions loin des clichés sur les Russes…

À l’intérieur cependant, l’accueil fut très différent et digne de gardiennes de prison, hum ! Nous rappelant d’un air revêche que nos billets ne nous permettaient pas de prendre de photos, la visite se changea alors en jeu du chat et de la souris, tentant d’éviter la chienne de garde qui n’attendait qu’une occasion pour nous aboyer dessus ! Un peu d’adrénaline, ça fait du bien parfois !

bureau de Tolstoï

bureau de Tolstoï

Que l’on soit familier ou pas de l’œuvre de Tolstoï, il est toujours intéressant de visiter une ancienne demeure, restée « dans son jus », bon indicateur des modes de vie d’une époque. La maison n’est pas très grande et on se demande comment ils vivaient tous ici, le couple Tolstoï ayant eu de nombreux enfants !

On retrouve le salon, la salle à manger, la pièce privée de Mme Tolstoï, la salle de classe des enfants, les chambres, des tableaux, des livres… et bien sûr, à l’étage, le bureau où l’écrivain laissait libre court à sa plume ! Une visite qui ravira les fans et qui fut tout de même chargée d’émotions…

Vu l’heure, nous n’avons malheureusement pas pu profiter du jardin et de son petit belvédère…

 

Nous quittons ce quartier plutôt tranquille mais justement un peu trop mort pour passer la soirée ! Outre le siège de Yandex, le Google russe, il n’y avait pas grand-chose ! D’après mon copain et sa mémoire d’éléphant (amusant pour une souris, hum), la rue était plus intéressante des années en arrière, les demeures plus anciennes (notamment en bois) semblant avoir été remplacées par des plus modernes, comme un peu partout dans la ville…

 

Un peu plus loin, découvrez le monastère de Novodievitchi, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO

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