Le musée Gustave Moreau à Paris

Le musée Gustave Moreau à Paris se situe au 14 rue de La Rochefoucauld, dans le 9e arrondissement de la capitale. Ce musée national est consacré à l’œuvre du peintre, maître du symbolisme en France. La visite permet de découvrir son œuvre mystérieuse et sa maison-atelier d’artiste, à l’atmosphère caractéristique de la fin du XIXe siècle, léguée à la nation et maintenue exactement en l’état selon le vœu de l’artiste.


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S’y rendre

Façade du musée Gustave Moreau

Le musée se situe à 10 mn à pied de la gare Saint-Lazare et est par conséquent facilement accessible. Les stations de métro les plus proches sont Trinité – D’Estienne-d’Orves et Saint-Georges, toutes deux situées à environ 400 m du musée et sur la ligne 12.

Le musée est ouvert tous les jours sauf le mardi et quelques jours fériés. Horaires en semaine : de 10 h à 12 h 45 et de 14 h à 17 h 15 ; les vendredis, samedis et dimanches en continu de 10 h à 17 h 15. Bref, comme trop souvent en France, des horaires un peu limités et une absence de nocturne, contrairement aux ateliers de Delacroix et d’Henner, autres musées nationaux à Paris. Prévoyez des congés, vous n’irez pas lui rendre visite pendant votre pause déjeuner ou après le travail, mieux vaut être inactif que salarié…

Le tarif d’entrée en 2017 est de 6 €, 4 € en tarif réduit avec la gratuité pour toutes les catégories habituelles des musées nationaux : jeunes jusqu’à 26 ans, chômeurs… Vous trouverez les infos actualisées sur le site officiel du musée, très bien fait.

Notez que le billet permet une entrée à tarif réduit dans les 8 jours qui suivent dans d’autres musées parisiens consacrés, en général, à la même époque ainsi que pour la visite libre de l’opéra de Paris

Histoire

Qui est Gustave Moreau ? Et bien je vous fais le coup : Wikipédia est votre ami ! Sinon n’hésitez pas à parcourir le site du musée, assez complet.

En résumé, ce peintre parisien (1826-1898) est le chef de file du courant symboliste en France, qui a opposé à la vision sociale, lumineuse et moderne du naturalisme puis de l’impressionnisme une peinture mystique, illustrant le rêve et l’étrange. Ce personnage connu pour être perfectionniste et taciturne était un éternel insatisfait, d’où son grand nombre d’œuvres demeurées inachevées. A la fin de sa vie, il expose régulièrement au salon et enseigne à l’école nationale des beaux-arts, où il a pour élèves Matisse, Marquet ou Rouault. Ceux qui créeront le courant Fauve le considèreront d’ailleurs comme leur maître…

En 1852, Gustave Moreau occupe cet hôtel particulier acquis par ses parents dans la Nouvelle-Athènes, quartier à la mode peuplé d’artistes et d’écrivains. En 1895, sans descendance, il fait agrandir l’édifice avec pour projet de le transformer en musée, afin que son œuvre ne soit pas dispersée et puisse être présentée au public. La façade et les salles d’exposition de l’étage datent de cette époque.

En 1897, un an avant sa mort, Moreau lègue à l’État français sa maison-atelier contenant plus de 800 peintures et cartons, 350 aquarelles, des milliers de dessins mais également quelques sculptures. Mais il y ajoute une condition : ce musée doit permettre à tous de découvrir le cadre de travail d’un artiste, avec ses œuvres, il demande en conséquence qu’il soit maintenu en l’état, avec son décor et son accrochage. Le musée ouvre au public cinq ans après la disparition de l’artiste, en janvier 1903.

Un temps tombé dans l’oubli, Gustave Moreau est redécouvert par André Breton et Salvador Dalí. Il est aujourd’hui considéré comme un des grands représentants du symbolisme, avec Odilon Redon et Pierre Puvis de Chavannes.

La visite

Le musée est installé dans un hôtel particulier aménagé à l’étage en atelier, caractéristique de la Nouvelle-Athènes et de la fin du XIXe siècle. On y découvre au rez-de-chaussée les objets et œuvres d’art collectionnés par Gustave Moreau, et au premier étage, les pièces d’habitation ornées (voire surchargées !) de toiles de sa collection ou d’œuvres personnelles de jeunesse. Les second et troisième étages accueillent son vaste atelier sur deux niveaux présentant de nombreux tableaux. L’ensemble n’est pas si grand mais est en revanche particulièrement dense !

Le rez-de-chaussée

Il compte six petites pièces abritant le mobilier et objets de décoration du peintre et plus de 400 peintures aquarelles et dessins. L’ensemble a été rouvert fin 2014 après restauration, en respectant les coloris et aménagements d’origine, retrouvés grâce à des archives et des prélèvements de fragments de peinture sur les murs (c’est beau la technologie !).

 

Le premier étage

Il est occupé par les pièces d’habitation (salon, salle-à-manger, chambre…) abritant une foule de petits objets. Les pièces du cabinet de réception sont ornées de copies de grands maîtres italiens réalisées par Moreau lors du traditionnel séjour des peintres en Italie à cette époque. L’appartement présente surtout des portraits de famille ou des œuvres offertes par ses amis, comme Degas ou Théodore Chassériau.

 

Le deuxième étage

Nous voici arrivés dans le grand atelier, avec son fameux escalier en spirale datant de 1895. Bon, comme vous le voyez partout, vous ne le verrez pas ici ! 😉 Les tableaux occupent tout l’espace du sol au plafond et on ne sait plus trop où donner de la tête ! Mais repérez quand même Les Chimères ou Le retour des Argonautes, œuvres inachevées mais qui permettent de se rendre compte du nombre de détails apportés. D’ailleurs la présence de nombreuses œuvres inachevées avait déçu le public à l’ouverture du musée en 1903… La Fleur mystique, Léda ou encore La Sirène et le Poète ne sont pas mal non plus ! Des panneaux pivotants, conçus par l’artiste, présentent les dessins et esquisses.

 

Le troisième étage

A ne pas rater : l’autoportrait du peintre et son œuvre majeure, Jupiter et Sémélé, un tableau fascinant avec son luxe de détails et ses chaudes couleurs. Le polyptyque représentant La Vie de l’humanité, selon Gustave Moreau, vaut d’être également observé, de l’âge de fer en bas à l’âge d’or en haut, tout comme l’Apparition… Je ne vous en dis pas plus, à vous d’admirer les œuvres et d’oublier le présent…

 

L’avis de la souris

Voilà une plongée dans la Belle époque, où on oublie l’art contemporain façon blockhaus et gris taupe pour des couleurs chaudes et des œuvres pleines de rêve et de poésie ! Ceux qui n’en sont pas fan passeront 3/4 d’heure à découvrir un atelier d’époque « dans son jus » ; les passionnés de symbolisme pourront y passer nettement plus de temps et y revenir, à admirer une très riche collection dans un lieu rempli d’œuvres d’art à l’ambiance intimiste, très éloignée du Louvre et d’Orsay…

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