Le musée du Louvre à Paris

Musée du Louvre : la cour Napoléon vue du pavillon de l’horloge.

Le musée du Louvre à Paris est le plus fréquenté et le plus vaste du monde, avec plus de 8 millions d’entrées et environ 80.000m² de surface d’exposition (210.000 m² au total). Il rassemble plus de 38.000 objets exposés (et 420.000 autres en réserve !) à travers 429 salles, présentés par huit départements distincts. Autrement dit, vu la taille gigantesque du musée, son aspect labyrinthique et le nombre d’œuvres exposées, il est déraisonnable de vouloir le visiter en une fois, hormis pour un parcours thématique bien étudié pour ceux qui n’ont malheureusement pas plus de temps.

Il faut plutôt considérer que le Louvre rassemble huit musées spécifiques à découvrir séparément, et qui nécessitent chacun deux à trois heures de visite à un rythme raisonnable. Présentation des départements, lieux méconnus, astuces de visite pour éviter la foule et ne pas vous perdre, la souris habituée des lieux et qui a trottiné le long des 14,5 km de couloirs vous explique tout ça ! 😉


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S’y rendre

Le musée est directement desservi par la station Palais-Royal – Musée du Louvre, située sur les lignes 1 et 7 du métro. De là, inutile de vous diriger vers l’extérieur et la fameuse pyramide constituant l’entrée principale : un accès direct relie le métro au centre commercial du carrousel, avec un accès direct souterrain au musée. De plus, cet accès est un peu moins connu et donc généralement moins fréquenté, on entre par conséquent plus vite…

Pour ceux qui ont eu la bonne idée d’acheter des billets en ligne et de les imprimer, un accès en général sans attente leur est réservé, dans le passage Richelieu, situé sous les arcades à l’extérieur entre la cour Napoléon (où se trouve la pyramide) et la rue de Rivoli. Pas pratique pour se rendre dans l’aile Denon, mais le temps économisé à l’entrée vous permettra de découvrir des œuvres de l’aile Richelieu !

La station Louvre – Rivoli de la ligne 1, première station culturelle de la capitale, vaut d’être vue et vous laisse face à la colonnade. Elle vous permet, plutôt par beau temps, de découvrir le palais en traversant la cour carrée avant la visite, mais ce n’est pas l’accès le plus proche de l’entrée.

Tarifs

Je cultive ma curiosité au Louvre !

Il n’existe plus qu’un tarif unique à 15 € la journée, comprenant les éventuelles expositions. Vous pouvez librement sortir et ré-entrer dans le musée avec votre billet, ainsi que visiter le même jour la maison-atelier de Delacroix, située juste de l’autre côté de la Seine.

Un billet pas donné donc, mais de nombreuses catégories sont exonérées du droit d’entrée : tous les jeunes jusqu’à 18 ans, les résidents de l’Espace économique européen de moins de 26 ans (pièce d’identité pour prouver votre âge et résidence), les enseignants en France (pass éducation récent), les chômeurs, y compris d’autres nationalités (prévoyez une carte ou attestation de moins d’un an et une pièce d’identité), les bénéficiaires de minima sociaux, les personnes handicapées et un accompagnateur…

L’entrée est gratuite le vendredi en nocturne (après 18 h) pour tous les jeunes de moins de 26 ans, y compris non européens. C’est également le cas pour tous le Ier dimanche du mois, mais uniquement désormais d’octobre à mars inclus… ou le 14 juillet. Ces jours là, vous ne serez pas seuls !

Vous trouverez la grille complète des exonérations ici sur le site officiel du musée.

Et si vous souhaitez revenir plusieurs fois dans l’année (il y a de quoi !), vous pourrez adhérer aux amis du Louvre ! Pour 80 €/an en 2017 (ou 120 € pour deux cartes, à la seule condition d’avoir le même domicile), vous pourrez revenir avec entrée prioritaire durant un an, avec d’autres réductions ailleurs. L’abonnement est donc rentable à partir de six visites par an pour un, et dès cinq visites pour deux. Et pour les jeunes de 26 à 29 ans, c’est seulement 35 €/an, et 60 € les deux cartes, donc très vite rentable… et ceci explique en partie pourquoi la moitié des visiteurs du Louvre ont moins de 30 ans !

Comment éviter la foule

Vous aimez les longues filles d’attente et les bousculades dans les musées ? Passez au paragraphe suivant. Sinon voici quelques conseils utiles !

Le week-end (du vendredi après-midi au dimanche) et le mercredi sont les moments les plus fréquentés, tandis que les matinées des lundis et jeudis (jours les plus creux) ainsi que le nocturne du mercredi après 18 h sont les plus tranquilles.

Durant l’année, les mois de janvier et de février sont les moins fréquentés, suivis du mois de novembre. Enfin, le Louvre comporte plusieurs entrées : ne faites pas comme les touristes agglutinés devant la pyramide, passez par la galerie souterraine du carrousel (accessible depuis la rue de Rivoli et directement en sous-sol depuis le métro Palais-Royal) ou par l’accès Richelieu (sous les arcades côté rue de Rivoli) si vous possédez déjà un billet acheté en ligne, il y a considérablement moins de monde !

Attention, la porte des Lions (à l’ouest de l’aile Denon, côté Seine), qui permettait autrefois d’éviter presque totalement la queue, est dorénavant fermée aux individuels.

Histoire

Le Louvre au Moyen Age.

Bon, on résume (mais si, mais si !), juste afin que vous compreniez comment un château fort est devenu le plus grand musée du monde ! 😉

Le Louvre était à l’origine une forteresse médiévale érigée au XIIe siècle à l’ouest du rempart de Philippe Auguste, afin de protéger l’entrée de Paris par la Seine. C’est le roi François Ier qui décide de le transformer en palais plus adapté à son temps, avec la destruction progressive des vieux bâtiments et l’édification de la première aile Renaissance. Après la construction du palais des Tuileries par Catherine de Médicis, la grande galerie est réalisée en bord de Seine afin de relier les deux palais. Puis le roi Henri IV fait édifier de nouveaux bâtiments, suivi par son petit-fils Louis XIV, dont la superbe galerie d’Apollon, modèle de la galerie des Glaces du château de Versailles. Mais ce dernier préfère quitter Paris, ville trop frondeuse, pour s’installer à Versailles ; le Louvre devient une résidence d’artiste et progressivement un musée.

La galerie d’Apollon, grande réalisation de Louis XIV.

C’est la Révolution française qui fait le choix d’ériger l’ancien palais des rois en musée ouvert gratuitement à tous, puis Napoléon qui enrichit considérablement les collections… en pillant les œuvres des territoires envahis par la Grande armée ! Ses successeurs enrichissent encore les collections par le biais de diverses acquisitions. Il faudra 300 ans pour voir s’élever l’ensemble actuel de bâtiments, projet surnommé « le grand dessein », achevé durant les années 1860 par Napoléon III. Pas pour longtemps hélas, puisque peu après, le palais des Tuileries est incendié pendant la Commune de Paris en 1871…

Après la fin de la gratuité en 1922 (et oui !), de nouvelles pièces enrichissent constamment le Louvre, en particulier les donations et plus récemment, les dations, soit le paiement de droits de succession en œuvres d’art (pour une fois que le matraquage fiscal a un effet positif…). Derniers épisodes :  la création du musée de la Marine en 1942, constitué de pièces autrefois exposées au Louvre, puis du Jeu de Paume avec les collections impressionnistes, transférées en 1986 au nouveau musée d’Orsay. Puis bien sûr, le projet Grand Louvre souhaité par le président Mitterrand, qui a vu s’ériger la fameuse pyramide de l’architecte Pei, et le musée occuper (presque) l’ensemble des bâtiments après le transfert du ministère des finances à Bercy en 1993.

La visite

Plan détaillé

Vous trouverez gratuitement à l’accueil sous la pyramide un plan du musée, également téléchargeable en ligne… et qui est devenu illisible dans sa dernière édition ! En effet le détail des salles avec leurs numéros et les emplacements exacts des toilettes et ascenseurs a laissé place à des pâtés de couleur pour un département entier ! Si vous vous y retrouvez, vous êtes forts…

… les autres profiteront du plan détaillé de 2014, offert par votre souris préférée ! 😉 Seule manque une partie du 2e étage de l’aile Sully, fermée jusqu’au début 2017. Les ascenseurs U et V y mènent bien depuis le RdC et le 1er, mais on ne trouve pas de WC dans cette partie…

Par ici ! louvre-plan-information-francais juin 2014 (PDF, 5 Mo)

L’entrée du musée

Le musée compte huit grands départements répartis sur trois grandes ailes : Richelieu au nord (le long de la rue de Rivoli), Denon au sud (en bord de Seine), et Sully à l’est (autour de la cour carrée ainsi que le Louvre médiéval en sous-sol). Une fois sous la pyramide, trois accès permettent d’accéder à ces trois ailes, il n’y a pas UNE entrée principale au musée, il faut le savoir. Donc sélectionnez bien ce que vous allez voir en premier avant de vous précipiter !

Les 8 départements du Louvre

Départements et collections.

Le musée du Louvre compte huit départements spécifiques :

  • le département des antiquités égyptiennes ;
  • le département des antiquités orientales ;
  • le départements des antiquités grecques, étrusques et romaines ;
  • le département des peintures ;
  • le département des sculptures du Moyen Âge, de la Renaissance et des Temps modernes ;
  • le département des objets d’art du Moyen Âge, de la Renaissance et des Temps modernes ;
  • le département des arts de l’Islam (le plus récent, ouvert en 2012) ;
  • le département des arts graphiques (des pièces fragiles uniquement visibles lors d’expos temporaires… ou en ligne, pour raison de conservation).

Je ne vous présenterai pas la visite de chacun des départements, travail trop titanesque pour une petite souris, mais vous découvrirez bientôt ici un parcours détaillé dans les salles d’histoire du Louvre et dans certains départements qui me plaisent particulièrement. 🙂

Vestiaires

Avant de passer le contrôle d’accès (où on présente son des billet, à ne pas confondre avec le contrôle de sécurité en amont à l’accès du bâtiment), vous trouverez sous la pyramide, du côté nord, un vestiaires sous forme de casiers à digicode pour abandonner vos vestes et (petits) sacs. Mémorisez bien vos 4 chiffres ! Quant à savoir s’il fait froid ou chaud dans les salles, en fait tout dépend desquelles et de la température extérieure ! J’ai tout autant surchauffé que je me suis gelée dans les mêmes salles, prévoyez donc un gilet au cas où…

Toilettes et ascenseurs

Voilà un sujet habituel… Vous trouverez des toilettes sous la pyramide, mais sur-fréquentées et en conséquence souvent d’une propreté douteuse… D’autres sont réparties au fil des salles, bien plus propres et tranquilles, mais encore faut-il qu’elles soient ouvertes, et qu’on parvienne à les repérer ! Téléchargez le plan de 2014 que je vous propose ci-dessus, contrairement au plan imbécile récent, il vous indique toutes les salles et l’emplacement précis des toilettes et ascenseurs

Ces fameux ascenseurs, qu’on repère sur le plan grâce à leur lettre d’identification, permettent aux personnes à mobilité réduite… ou aux touristes épuisés, d’éviter l’escalade des gigantesques escaliers ! Mais ils sont peu nombreux, certains ne relient que certaines niveaux (regardez bien !) et sont souvent bien cachés dans le recoin d’une salle ou d’un palier ! Un labyrinthe vous dis-je… repérez-les bien sur le plan ci-dessus, ils vous aideront grandement à ne pas vous fatiguer inutilement, en priant pour qu’ils fonctionnent ce qui est loin d’être toujours le cas…

Les fermetures de salles

Vu la taille du musée, les travaux périodiques et surtout… le manque continuel de personnel (c’est qu’on manque de chômeurs en France… non, je plaisante), certaines sections sont régulièrement fermées par alternance. Heureusement, il existe un planning annonçant ces fermetures. Pour éviter de trouver porte close si vous souhaitiez voir des salles spécifiques, allez toujours jeter un œil sur le planning hebdomadaire sur le site du musée avant votre visite, publié sur le site du musée.

L’avis de la souris

Un musée richissime…

Sano di Pietro (1406-1481) – Scènes de la vie de saint Jérôme

Bien évidemment, on ne peut qu’être admiratif devant cette collection impressionnante et variée d’œuvres, offrant un remarquable panorama d’histoire de l’art, pour l’essentiel d’Europe, du bassin méditerranéen et du Moyen-Orient. L’universalité a toutefois ses limites, puisqu’hormis quelques pièces d’art africain, américain (précolombien) ou océanien, préfiguration du musée du quai Branly ouvert en 2006, on n’y voit pas d’art asiatique (il faut pour cela se rendre au magnifique musée Guimet). Les œuvres anglaises, américaines, scandinaves, d’Europe centrale, russes, d’Asie centrale ou du Caucase (Arménie, Géorgie) sont également malheureusement peu nombreuses pour des raisons historiques, mais on ne va pas chipoter !

… mais une organisation déficiente

Mais il y a les aspects critiquables voire honteux, en particulier portant sur la gestion du musée. S’il n’est pas évident d’éviter la formation de files d’attente parfois impressionnantes en saison, la police pourrait au moins faire déguerpir les vendeurs africains à la sauvette, souvent trop insistants. Quant aux pickpockets professionnels, très présents eux aussi et jusque dans les salles (!), le musée avertit les visiteurs et ils est certes difficile d’en éviter la présence (peut-être en appliquant ENFIN des peines dissuasives ?), mais quelle image désastreuse du pays auprès des touristes… une image malheureusement bien méritée aujourd’hui.

Ce musée est par définition un labyrinthe, mais aucun effort efficace ne semble fait pour aider les nombreux visiteurs perdus à se repérer. Le nouveau plan fourni depuis fin 2016 n’indique même plus les numéros de salles mais un pâté de couleur illisible pour un département entier, les plans affichés au mur sont trop peu nombreux, le fléchage (autres départements, toilettes, ascenseurs) notoirement insuffisant…

Dans ce grand musée international accueillant près de 80 % de visiteurs étrangers, on notera que les cartels des vitrines sont uniquement en français, logique… Il existe certes des audioguides, d’ailleurs en nombre insuffisant, mais il faut les payer en supplément (touriste vache à lait ?) et ne présentent forcément qu’un nombre limité d’œuvres… mais le monde entier parle couramment français, c’est une évidence (au moins pour la direction du Louvre).

Si certains départements sont convenablement contextualisés (Égypte…) malgré un manque évident d’interactivité (ne cherchez pas les bornes interactives ou un visioguide !), d’autres, en dépit bien sûr de magnifiques pièces, restent trop vieillots dans leur conception muséographique et lassent certainement de nombreux visiteurs par manque d’explications (antiquités orientales et grecques par ex.).

Ne cherchez pas non plus les sièges ou bancs pour vous reposer ou contempler les tableaux, vous ne dénicherez les rares existants que par chance ! Hors du département des peintures, et encore, ils se font en effet bien trop rares… Quant à se restaurer, puisqu’il est à l’évidence interdit de manger ou boire dans les salles, vous ne trouverez que de rares lieux dans le musée même, aux tarifs prohibitifs (touriste vache à lait disais-je donc…). Il vous faudra vous rendre dans le centre commercial du carrousel (également assez cher) ou à l’extérieur, et donc vous refarcir la plus ou moins longue file d’attente des (vagues) contrôles de sécurité.

Et inutile de revenir sur la polémique de l’expo Vermeer du printemps 2017, qui a fait le tour du monde de la presse pour son défaut total d’organisation, avec des queues monstrueuses, des bousculades et de regrettables violences contre le personnel par des visiteurs excédés. Bref, un magnifique musée, mais peut vraiment mieux faire question organisation…




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