Palerme : autour du palais des Normands, de la cathédrale et de la crypte des Capucins

Palerme possède surtout deux monuments emblématiques : le palais des Normands et la cathédrale. C’est là que se concentrent surtout les touristes (beaucoup ne passent d’ailleurs que peu de temps dans la capitale sicilienne, notamment les croisiéristes profitant d’une escale d’une journée…).

Ce quartier, parfois appelé « centre monumental » sur les panneaux d’indication de la ville, ne se situe pas pile dans la vieille ville au bord de la mer, mais un peu plus loin, après le centre commerçant.


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Pour nous rendre dans ce quartier, étant donné la grande transparence des transports, nous sommes partis à pattes de notre appartement situé près de la gare ferroviaire principale et avons traversé le quartier de l’Albergheria, pas forcément le plus beau ni le plus propre…

On notera quand même quelques églises (de l’extérieur, elles étaient fermées à cette heure) et en particulier la chiesa San Giovanni degli Eremiti (Saint Jean des ermites), dans le pur style arabo-normand avec des coupole rouges.

L’église dispose d’un cloître-jardin apparemment intéressant, mais à 6 € l’entrée (c’est la crise, il faut bien tondre le mouton-touriste…) pour en faire le tour en 20 mn tout au plus, cela nous a paru excessif et nous nous sommes donc abstenus.

Le palais des Normands

Nous arrivons donc devant le palais des Normands (Palazzo dei Normanni), impressionnant édifice où se mélangent les différents styles et périodes de l’histoire !

Il fut en effet édifié à l’emplacement d’un fort punique du VIIe siècle avant J-C, dont les Romains puis les Byzantins s’emparèrent, avant que les Arabes n’en fassent leur résidence des Émirs (le Qsar, ce qui d’ailleurs donna les Alcazares en Espagne).

Les Normands en firent leur palais après la conquête de 1072 et ne cessèrent de l’embellir, créant notamment la chapelle palatine. Il fut aussi occupé par les Aragonais. Il abrite aujourd’hui l’Assemblée régionale de Sicile.

Horaires et infos sur ce site. Tarif d’entrée : 12 € aux dernières nouvelles (8,50 € en 2015 !) et attention, sur place, c’est un peu… bordélique, et manque d’explications. Bon à savoir pour les souris « pisseuses » (!) : il y a des toilettes très propres et gratuites à gauche de la caisse à l’entrée du palais !

 

cour intérieur du palais des Normands de PalermeL’intérieur du palais des Normands vaut surtout pour sa magnifique chapelle palatine, que l’on peut visiter seule (pour un tarif d’entrée à peine inférieur…) si les autres salles ne sont pas accessibles au public pour cause de session parlementaire.

Nous avons choisi d’y aller un vendredi afin de pouvoir tout visiter.

Enfin « tout » est un bien grand mot car une partie était en travaux et d’autres pas accessibles au public. On admire surtout la magnifique cour intérieure !

On peut visiter les anciens appartements royaux. Nous avons en tout cas eu accès au salon d’Hercule (salle de réunion) et à la Torre Pisana, seuls vestiges normands, et notamment la très belle chambre du roi Roger, ornée de mosaïques.

Les guides mentionnent une très belle salle de bal, qui était fermée. Pour être honnêtes, on reste un peu sur notre faim…

La chapelle palatine du palais des Normands

Il s’agit de la partie la plus impressionnante du palais ! Les travaux débutèrent en 1130 et la chapelle fut consacrée en 1143. Exceptionnelle, on y dénote les influences romaines, byzantines et arabes, avec de magnifiques mosaïques d’or (de style byzantin) représentant des scènes de la Bible, ainsi qu’un magnifique plafond à caissons en bois conçu par des ouvriers du Califat du Caire.

Du marbre vient s’ajouter à ce savoureux mélange ! Malheureusement la nef étant inaccessible, et vu la (relative) foule de touristes, il fut très compliqué d’obtenir de belles photos d’ensemble…

En ressortant du palais, on tombe un peu plus loin sur la Porta Nuova, arc de triomphe édifié pour la venue de Charles Quint en 1535. On arrive alors sur la villa Bonnano, (les « villa » en italien ce sont des jardins…), ancien champs de mars situé juste derrière le palais des Normands.

En plus des palmiers et des dattiers, on y trouve une belle fontaine mais aussi des vestiges d’une villa (une vraie, cette fois !) romaine. Il est très agréable d’y flâner !

La villa Bonnano

 

La cathédrale de Palerme

Devant la cathédrale de Palerme

Devant la cathédrale de Palerme

Elle se situe non loin de là, longeant le Corso Vittorio Emanuele (axe commerçant qui relie la Porta Nuova au port de plaisance), sur une place bordée d’arbres. Elle se situe sur la base d’une ancienne mosquée, elle-même érigée sur une ancienne basilique !

Ici les styles se mélangent : base cubique musulmane, porche gothique tardif, coupole Renaissance, et chevet aux éléments arabo-byzantins !

Étant des habitués de l’Espagne et notamment de l’Andalousie, nous en avons retrouvé ici quelques éléments… cette cathédrale est bien différente d’autres en Italie !

Juste à côté se trouve un musée diocésain. Selon nos informations la cathédrale est ouverte de 9 h à 17 h 30 (sauf le dimanche où elle est souvent réservée aux messes) et seulement jusqu’à 13 h 30 de novembre à mars.

Si l’extérieur de la cathédrale est vraiment impressionnant, c’est moins vrai pour l’intérieur… Il faut dire que la cathédrale subit le tremblement de terre de 1693. L’intérieur fut donc reconstruit, mais dans l’idée que l’édifice n’était pas à l’abri d’un autre séisme, la décoration resta minimaliste : pas de fresques au plafond ou sur les murs !

On peut quand même voir quelques jolies chapelles, avec notamment un très bel autel d’argent, et des bénitiers en marbre vers l’entrée. On notera au sol la ligne méridienne de 1794…

On peut grimper sur le toit moyennant quelques euros, visiter la crypte, le trésor, et les tombes des rois normands.

 

La crypte du couvent des Capucins de Palerme

Palerme crypte des capucinsFaisons tout de même un écart du « centre monumental » et continuons plus à l’ouest, au delà de la Porta nuova, en direction du couvent des Capucins (piazza Cappuccini), à environ 15 mn de marche de la Porta nuova.

Il existe des bus, mais là encore difficile de savoir quand ils passent, d’autant plus que nous y sommes allés un dimanche (moins de bus qu’en semaine), donc nous avons là aussi utilisé nos pattes…

Entrée : 3 € (en 2018, sans changement), ce qui est encore très raisonnable (d’autres sites de la ville devraient s’en inspirer !) mais attention, les photos ne sont pas autorisées. Cela n’empêche pas les gens d’en faire quand même, mais restez très discrets !

Si les galeries ne sont pas directement surveillées, vous réaliserez rapidement qu’elles sont bien vidéo-surveillées lorsqu’une grosse voie sortie d’un haut parleur vous rappellera d’un ton méchant de ne pas photographier par respect pour les morts !

Ce sens du « respect » (pour le moins discutable sur la forme) n’empêche pourtant pas la vente de cartes postales à l’entrée montrant bien les momies dont on a pas demandé le consentement…  Infos pratiques sur le site officiel


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Palerme crypte des capucinsLa tradition des moines Capucins (qui ont donné leur nom à une boisson bien connue, j’ai nommé le cappuccino…) était de ne pas enterrer leurs morts de façon traditionnelle mais de les momifier, en disposant les corps dans une crypte où circulait de l’air frais.

Cette pratique s’est aussi étendue aux laïcs (surtout les membres de la bonne société…), on trouve alors différentes sections consacrées aux hommes, aux femmes, aux enfants, aux moines, aux prêtres, aux professions libérales… environ 8000 corps ! La plupart date du XIXe siècle. Effet garanti !

Il s’agit d’une curiosité célèbre de Palerme, nous voulions donc voir… Malheureusement cela manque d’explications sur place. Heureusement nous en avions eu lors de notre visite de la crypte des Capucins à… Brno, en République Tchèque.

Un cimetière jouxte le couvent, malheureusement à des horaires très restreints (fermeture dès 14 h, ou 16 h le mercredi, lors de notre visite)…

Une fois la visite terminée, nous avons fait une pause café (ce n’est pas très cher dans le quartier) avant de redescendre vers la piazza Independenzia (vers le palais des Normands), à la recherche d’une célèbre pâtisserie mentionnée dans le guide du Routard.

Elle se trouvait sur une grande rue en contrebas, dans un quartier populaire plus ou moins « déglingué » et typique de la ville. Faute de tables à l’intérieur, nous nous nous sommes installés sur celles du trottoir, sans y passer trop de temps car les scooters qui vous polluent sont légions !

 

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