Saint-Pétersbourg : de la perspective Nevski au théâtre Mariinsky

Le centre historique de Saint-Pétersbourg est grand, et ne peut se visiter qu’en plusieurs fois. Je vous propose ici de me suivre pour une balade menant de la perspective Nevski jusqu’au célèbre théâtre Mariinsky.

Flânons le long du canal Griboïedov pour arriver au pied de la belle cathédrale Saint-Nicolas-des-marins, toute bleue, avant d’atteindre le théâtre, tout vert !

Avant de repartir, petit détour pour découvrir la Grande synagogue chorale, avant de reprendre un autre chemin, en découvrant un quartier vivant et plus populaire, pour finir sur le canal Fontanka avant de remonter jusqu’à Nevski, bouclant la boucle ! Je vous ferai donc découvrir ce qui se trouve à l’ouest de la perspective Nevski.

 

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Le long du canal Griboïedov

Commençons notre parcours au niveau de la cathédrale Notre-Dame-de-Kazan. À partir de là, j’ai suivi les quais du Griboïedov jusqu’à apercevoir les bulbes dorés de Saint-Nicolas-des-marins. Le premier tronçon, (plus ou moins jusqu’à la place Sennaya), offre une animation agréable, avec des petits restaurants, cafés, etc.

On y trouve un des ponts les plus célèbres de Saint-Pétersbourg : le pont de la banque, (bankovskii most) jalousement gardé par quatre griffons (d’or). Malheureusement, ils étaient en restauration, snif ! Certes, il faut bien entretenir le patrimoine, mais j’aurais aimé que ce soit fini pour mon arrivée, non mais ! Tant pis, je me suis contentée d’en admirer l’emballage, qui au moins représente ces étranges créatures (étant moi-même une créature quelque peu étrange, ça m’intéressait !).

Le pont donne accès à une université, il s’agit d’un petit quartier étudiant assez animé, surtout le soir, où nous avons rencontré des jeunes pas très frais, et des cadavres de bouteilles, hum. Qui a dit que les Russes étaient connus pour leur sobriété ? Plutôt pratique et peu ruineux : ces petits camions-cafés que l’on retrouve un peu partout en ville. Ici, record de prix pour le cappuccino, et employé très sympathique !

 

Poursuivons notre route sur un deuxième tronçon que j’ai trouvé un peu plus tranquille. Ici, moins de bars ou de restaurants. Heureusement, j’ai quand même pu trouver un petit salon de thé pour mon goûter, la marche, ça creuse ! Je me suis baladée deux fois dans le coin, la première fois, le soleil jouait à cache-cache après avoir brillé des heures auparavant !

J’ai donc voulu me rattraper par la suite et revoir la belle Saint-Nicolas-des-marins sous un beau ciel bleu ! Mais le canal étant tout de même long, et comportant une boucle, je n’ai pas pu refaire tout le parcours !

J’ai tout de même bien apprécié cette flânerie au bord de l’eau, dans ce coin moins animé mais également moins pollué par les voitures, à me délecter du clapotis de l’eau, seulement troublée par le passage des bateaux. Moins de touristes par là, pas trop de monde en ce dimanche après-midi, une vraie balade « romantique » comme je les aime !

J’ai bien sûr remarqué au loin les bulbes verts de Saint-Isidore, image qui aurait pu passer pour une carte postale si l’église n’était pas elle aussi en travaux ! Grr, trop de bâtiments en travaux dans cette ville, et surtout les églises. Le revers des hivers glaciaux…

 

Le pont aux lions

Sur mon passage, je me suis arrêtée sur le pont aux lions (Lviny most), autre célèbre pont de Saint-Pétersbourg (la ville en compte 342 !). Très beau, et piéton, je l’ai trouvé très impressionnant, avec les lions crachant les chaînes du pont, mais j’en ai un peu marre de voir des félins partout ! Les souris, elles, comptent pour du beurre !

 

J’ai également pu flâner un peu sur le canal à la tombée de la nuit, puis lorsqu’il faisait complètement sombre, pour une ambiance quelque peu différente. J’ai également bien aimé !

 

La cathédrale Saint-Nicolas-des-marins

Ou Никольский морской собор en russe, (soit Nikolskii morskoï sobor) on l’aperçoit enfin, sa tour-clocher  bleue et des bulbes dorées se détachant dans le paysage ! Vouant une passion aux églises bleues, si rares dans nos contrées, je souhaitais absolument la voir, et ne fus pas déçue !

Il s’agit d’une église dans le plus pur baroque pétersbourgeois, édifiée entre 1753 et 1762 par Savva Tchevakinski un élève de Rastrelli (à qui on doit le palais d’hiver de l’Ermitage et le couvent de Smolny). J’ai eu de la chance, aucun chantier de travaux à l’horizon, ouf ! C’est que je fus déçue à Kiev en découvrant une autre église bleue sous bâche (autre œuvre de Rastrelli d’ailleurs).

Toute bleue et blanche, je l’ai trouvée belle et plutôt originale ! Pour moi, vraiment une église à voir à Saint-Pétersbourg. Son nom n’est pas anodin puisqu’on se trouve ici dans l’ancien quartier des marins, non loin du port et de la Nouvelle-Hollande. Elle est dédiée à tous les gens disparus en mer. D’ailleurs, la position du clocher évoque la proue d’un bateau !

Comme souvent dans les cathédrales orthodoxes, on y trouve un étage, réservé à certains jours de fête. Dommage, car apparemment il s’agissait de la plus belle salle ! Je me suis donc contentée de celle du bas, déjà pas mal ! Et là encore, il est normalement interdit de faire des photos.

Si j’ai pu déambulé à ma guise dans la salle, dont l’accès est limité pour les touristes (ça aide de mettre correctement un petit foulard sur sa tête, de rester silencieux et respectueux… et d’avoir quand même une tête de souris Russe, hum), je n’ai pris qu’une photo souvenir de l’entrée.

Le square de verdure autour de la cathédrale est très agréable pour trouver un peu d’ombre !

 

Autour du théâtre Mariinsky

Repartons vers le canal Krioukov. Ce petit canal sert à relier les trois autres (Fontanka, Griboïedov et Moïka) et rejoint la Nouvelle-Hollande un peu plus au nord. Depuis les rives, très belle vue sur le clocher de Saint-Nicolas, et au loin, les coupoles étoilées de la cathédrale de la Trinité !

Le Mariinsky

Mais c’est surtout le Mariinsky que l’on remarque, ou plutôt sa façade arrière ! D’ailleurs, de l’autre côté du canal, j’ai découvert l’existence d’une seconde salle, le Mariinsky II, très moderne, qui tranche un peu avec l’aspect classique du quartier. Bon, je préfère ce qui est plus ancien, je trouve que ça gâche la perspective, mais que voulez-vous, j’ai des goûts rétro…

J’imagine que le nom de Mariinsky vous est tout de même familier. Il s’agit en effet de la salle de théâtre la plus célèbre de Russie, avec le Bolchoï de Moscou. Inauguré en 1860, il doit son nom à l’impératrice Maria (femme d’Alexandre II). J’ai bien aimé sa façade toute verte, cela change un peu des autres opéras que j’ai pu voir dans ma vie !

Dommage, juste à côté, la vue est gâchée par les travaux (oui encore…) du prolongement de la ligne 4 du métro. Bon, cela reste pour la bonne cause, le quartier étant tout de même un peu loin du métro, il y en a besoin ! Juste dommage que le théâtre soit bordé pour une avenue à forte circulation automobile, comme un peu trop souvent dans la ville.

Bien sûr, s’il porte le nom de « théâtre », on y joue aussi des opéras, des ballets, concerts… J’aurais vraiment bien aimé aller voir les petits rats de l’opéra (logique pour une souris) mais hélas les tarifs sont presque aussi élevés que ceux de l’opéra de Paris ! Rien à voir avec le prix des ballets à Kiev par exemple ! Tant pis donc… La salle ne se visitant pas séparément, je me suis donc contentée de la façade.

 

La Grande synagogue chorale de Saint-Pétersbourg

Avant de revenir sur nos pas, petit détour pour aller découvrir la Grande synagogue chorale, à quelques encablures de là, au 2 Lermontovski Prospekt. Il s’agit d’une des plus grandes synagogues d’Europe, apparemment la deuxième en taille derrière celle de Budapest.

Tout comme cette derrière, elle arbore un style néo-mauresque, plutôt en vogue en cette fin de XIXe siècle. Style que j’affectionne et que j’ai retrouvé dans d’autres synagogues, comme celle de Vilnius ou une de celles à Cracovie.

Les synagogues ne sont pas toujours faciles à visiter : horaires restreints, tarif élevé (comme à Budapest ou à Rome), interdiction de photos… celle de Saint-Pétersbourg étant gratuite, ouverte jusqu’à 18h et sans interdiction de photographier, je n’avais pas envie de manquer ça, quitte à être dans le coin…

Je l’ai trouvée très jolie, superbement restaurée (elle souffrit de l’époque soviétique) et ne regrette pas le détour ! Avis aux souris pisseuses, des WC sont en accès libre au sous-sol, n’allez donc pas aux toilettes payantes dans la rue en face !

 

Nous pouvons désormais rebrousser chemin ! Cette fois, nous ne retournerons pas sur le Griboïedov, je vous invite à découvrir d’autres rues de ce quartier plutôt « populaire ».Nous avons surtout emprunté la rue Sadoyava, qui traverse toute l’île du centre historique, et à la circulation effrénée, mais avons tout de même jeté quelques coup d’œil ailleurs.

Peut-être pas le plus beau quartier, mais j’ai tendance à dire, à « Piter », dans le centre historique, il n’y a rien de moche ! Plutôt sympa comme ambiance d’ailleurs, plus « authentique », et animée. C’est d’ailleurs sur la rue Sadovaya, à deux pas de Saint-Nicolas, que nous avons déniché deux restaurants pas touristiques pour un kopeck ! (un géorgien et un perse, mais ce sera pour un autre article).

 

Le jardin Youssoupov

À ne pas confondre avec le parlais du même nom, qui lui se trouve au bord de la Moïka, plus au nord. Ici, le jardin borde la Fontanka et la rue Sadovaya. Petit îlot de verdure dans un quartier assez dense, je l’ai trouvé très agréable !

Je m’y suis rendue à deux reprises : une première fois à la tombée du jour pour reposer mes pattes fatiguées, et une seconde fois sous un beau soleil brillant pour mieux profiter des lieux. À chaque fois, un dimanche, j’ai pu y côtoyer les Pétersbourgeois venus chercher leur dose de chlorophylle ! Les amateurs du genre pourront également visiter le musée des transports urbains (mon copain aimerait le visiter un jour d’ailleurs !

 

La place Sennaya (Sennaya Ploschad)

Nous arrivons sur cette place très fréquentée : en effet, trois lignes de métro s’y croisent, ainsi que le tramway et de nombreuses lignes de bus (encore faut-il trouver les arrêts, hum). Bruyante et grouillante, « la place du foin » fut immortalisée par Dostoïevski dans son célèbre roman Crime et Châtiment, mais elle a sans doute bien changé depuis ! Pas la plus belle, mais passage souvent obligé pour le voyageur.

Nous avons été chiner un peu dans le marché semi-couvert situé un peu en retrait (entrée entre deux immeubles), effectivement plutôt populaire et cosmopolite. C’est là que de nombreux ressortissants du Caucase tiennent leurs stands. Nous n’avons pas pris de photo du marché à proprement parler, apparemment ça n’est pas très bien vu…

 

La Fontanka et au-delà

Allons rejoindre la Fontanka, en fait un bras canalisé de la Neva, qui délimite plus ou moins le centre historique (en vrai ce n’est pas si simple, mais la ville ne se développa que plus tardivement par-delà le canal). Il s’agit du canal le plus long mais également le plus large !

Long de près de 7 km, il offre ses plus agréables promenades dans le « Triangle d’Or« , entre la perspective Nevski et le jardin d’été. Ce qui ne veut pas dire que se balader plus loin ne présente aucun intérêt !

Seul bémol : les larges quais permettent aux voitures ne venir un peu trop polluer nos narines ! Un peu moins « romantique » que les balades au bord des autres canaux, donc. Allons jusqu’au pont Lomonossov, qui débouche ensuite sur la la place du même nom !

 

L’église Notre-Dame-de-Vladimir

Mais restons au sud de la Fontanka avant de rejoindre la perspective Nevski ! Je suis allée voir la belle église Notre-Dame-de-Vladimir, également une des plus anciennes de la ville (inaugurée en 1783) typique du baroque pétersbourgeois ! Cette fois, c’est le jaune qui est à l’honneur ! Oui, après les églises bleues, place aux jaunes ! (je rappelle que j’ai également vu une rose sur l’île Vassilievski). Elle est desservie par la station de métro Vladimirskaya.

J’avais très envie de la voir, mais là encore, de vilains échafaudages gâchaient la vue ! Renseignements pris, c’est comme ça depuis un certain temps (au moins plus d’un an), et bien ça n’avance pas vite… On peut tout de même voir qu’il s’agit d’une très belle église ! Là encore, petit coup d’œil à l’intérieur, et une seule photo « souvenir », car comme ailleurs, elles sont interdites…

 

Aux alentours

J’ai eu l’occasion de flâner dans les rues alentour, résidant non loin. Peu touristique, il s’agit d’un quartier très « fin XIXe-début XXe siècle », plutôt joli, un peu moins entretenu que l’hyper-centre cependant, mais rien de choquant. Quelques immeubles « historicistes » se démarquent dans le paysage urbain.

J’ai fait un petit tour dans le marché couvert en face de Notre-Dame-de-Vladimir. Il faut savoir que ce genre de marché couvert fait partie de la culture des pays slaves, on en retrouve souvent. Ici, les habitants viennent s’approvisionner en légumes, fromages, charcuterie, et les quelques touristes peuvent se laisser tenter par des souvenirs telles que les matrioschki (les poupées russes) au coût moins élevé que sur Nevski par exemple, même si bien sûr il ne faut pas s’attendre à la plus grande qualité !

Les fans de l’écrivain pourront également visiter l’appartement-musée de Dostoïevski. Petit coucou à nos amis Polonais, j’ai reconnu le buste d’Adam Mickiewicz, grand poète national, qui vécut à Saint-Pétersbourg.

 

Voilà, repassons par la Fontanka. Nous pouvons apercevoir un peu plus loin le pont Anitchkov, qui marque l’arrivée sur la perspective Nevski. J’espère que cette petite balade vous aura plu !

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