Saint-Pétersbourg : Ensemble Smolny et Laure Saint-Alexandre-Nevski

Saint-Pétersbourg demeure une grande ville mais les points d’intérêt ne se limitent pas à son seul « centre historique ». Avec un peu de temps, n’hésitez pas à vous éloigner un peu ! C’est ce que j’ai fait, j’ai ainsi pu découvrir l’ensemble Smolny, à savoir l’ancien couvent et l’Institut, qui abrita le quartier général de Lénine.

Encore plus loin, je me suis également mise au vert au sein de la Laure (monastère) Saint-Alexandre-Nevski, au bout de la perspective du même nom.

L’ensemble Smolny et ses alentours


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Lors de mon séjour, mes petits pas de souris me portèrent jusqu’à cet ensemble historique (enfin non, l’aller s’effectua en bus, de façon plus ou moins rocambolesque !) et après ma visite, je suis repartie en direction du centre-ville, en allant me reposer un peu dans le jardin de Tauride avant de reprendre ma route ! Je vous propose donc de suivre le même itinéraire !

L’ancien couvent de Smolny

C’est pour pouvoir poser devant cette belle cathédrale toute blanche et bleue avec ma belle robe assortie que je suis allée me perdre là-bas ! Bon, pas que pour ça, c’est aussi très joli et après avoir vu les lieux en photos, j’avais très envie de les découvrir.

Il s’agit à la base d’un couvent édifié sous ordre d’ Élisabeth Petrovna, fille de Pierre le Grand, qui comptait rentrer dans les ordres. Le destin en décida autrement puisqu’elle fut appelée à régner, mais cela n’empêcha pas la construction de se poursuivre ! C’est encore Bartolomeo Rastrelli qui se vit confier le chantier. Pour rappel, on lui doit le superbe palais d’hiver de l’Ermitage ou le palais Stroganov.

Le couvent resta inachevé entre 1764 et 1835, Catherine II n’aimant pas le style baroque, elle fit interrompre les travaux ! Aujourd’hui encore, on est surpris par la différence entre l’extérieur, d’un baroque plutôt chargé, et l’intérieur de la cathédrale, d’une blanc presque virginal (pour un couvent…).

La cathédrale fut fermée par le gouvernement soviétique avant de servir de salle de concert à parti des années 1980. Aujourd’hui, des travaux sont en cours pour lui rendre son statut de lieu de culte, alors que les anciens bâtiments conventuels abritent des institutions ou appartiennent à des universités. Pour info, Lénine y a étudié !

S’y rendre

plan de bus 2017 de Saint-Pétersbourg

Aie, en voilà une affaire qui peut paraitre compliqué ou vous faire prendre un temps fou… Le couvent n’est pas directement desserti par le métro. La station Chernyshevskaya (ligne 1) est située à un peu plus d’1,5 km. Il est cependant agréable de poursuivre à pied en passant par la jardin de Tauride. C’est ce que j’ai fait, mais pour revenir !

À l’aller, j’ai eu l’idée folle de vouloir prendre le bus… et je me suis trompée ! Il faut dire que sans plan sur les arrêts, sans plan officiel, ce n’est pas très transparent.

Me retrouvant un peu loin, j’ai continué à pied avant de prendre un autre bus… Cette fois, j’ai bien demandé à la receveuse (oui, il y a encore des gens payés uniquement pour vous vendre des tickets) si le bus allait bien à Smolny… Je n’allais pas me faire avoir deux fois ! Malgré sa réponse affirmative et le nom relativement simple, elle m’a fait signe de ne pas descendre devant l’église, que l’arrêt était plus loin ! 1 km après, je me rends compte qu’elle n’a rien compris alors je suis descendue quand même… 1h de perdu ! Bref, faites attention, et repérez bien les lignes de bus ! Ou mieux, prenez un taxi…

Suite à cette mésaventure, j’en ai d’autant plus apprécié le couvent, vraiment très beau, même si pas très grand ! Et oui, plus de temps à venir qu’à visiter… À part la cathédrale, on ne pénètre dans aucun autre bâtiment.

 

L’institut Smolny

Il jouxte directement le couvent, alors autant faire d’une pierre deux coups ! À l’origine, ce bâtiment néo-classique abritait une école pour jeunes filles nobles. Catherine II s’était inspirée de l’école de Saint-Cyr de Mme de Maintenon. D’ailleurs, il fut dirigé pendant trente ans par une française ! Ah, l’époque où la France inspirait encore le monde…

Cette fois, c’est l’architecte Quarenghi, chouchou de l’impératrice, qui s’y colla. Oui, encore un Italien… si la France était un modèle, les Italiens restaient les maîtres de l’architecture…

Lieu historique, il faut choisi par Lénine pour devenir quartier général des bolcheviks ! C’est de là que fut lancé la révolution d’octobre et c’est aussi de là qu’il dirigeait le pays, avant de partir pour Moscou. Depuis 1991 il s’agit de la résidence du maire de la ville.

Le bâtiment ne se visite donc pas mais apparemment sur rendez-vous il est possible de voir le petit musée consacré à Lénine… dont la statue trône toujours devant la grille ! Non loin, ce sont les bustes de Marx et d’Engels qui veillent… Un vrai paradis pour les nostalgiques du communisme. D’ailleurs, nous y avons vu un groupe de Chinois avec leur guide !

Le petit square de verdure devant l’Institut demeure très agréable pour une petite pause !

 

Après la visite de ces lieux, nous sommes repartis en direction du jardin de Tauride, en découvrant un peu le quartier. Bon, ce n’est certainement pas le plus belle endroit de la ville, sans être non plus désagréable ! Ici, outre le palais Kikine (un des plus anciens de la ville) on retrouve un étonnant mélange d’architecture stalinienne et plus classique !

Le coin semble paisible, pas vraiment animé. Étant une souris curieuse, j’aime bien découvrir des quartiers différents dans une ville… qui ne se limite pas qu’à son centre touristique !

 

Le jardin de Tauride

Nous voilà arrivés au jardin de Tauride (en russe Таврический сад, ou Tavritcheski sad) un des plus grands espaces verts proches du centre, avec ses 22 hectares !

Je l’ai trouvé très agréable, avec sa grande étendue d’eau, même si je n’ai pas pu trop m’y attarder, l’heure tournant ! J’aime beaucoup les parcs à l’anglaise.

C’est là que se trouve le palais de Tauride, qui abrita les premières Douma (assemblées) de Russie, et où plusieurs événements tragiques se déroulent en 1917. Il abrite désormais le siège de l’assemblée interparlementaire des nations de la CEI et ne se visite malheureusement pas !

J’ai remarqué le monument dédié aux pionniers-héros de la guerre.

J’aurais bien aimé visiter les grandes serres, mais hélas, ce n’était pas prévu au programme de la journée ! Une prochaine fois !

 

Après cette petite pause au vert, je suis repartie en direction du centre-ville, vers le jardin d’été. J’ai pu découvrir un quartier très « fin XIXe-début XXe », plutôt joli, avec de beaux immeubles historicistes, bien qu’un peu moins pimpant que le « centre ».

En sortant du jardin, j’ai pu flâner sur une agréable allée piétonne (rares à Saint-Pétersbourg…) où une camionnette-poissonnerie piqua ma curiosité ! Jamais vu ça ailleurs…

J’aurais bien aimé voir la cathédrale de la Transfiguration, mais elle était empaquetée pour travaux ! Encore une église emballée, décidément ! Heureusement, j’ai pu manger un gâteau pour me consoler, et boire un sbiten, boisson chaude typiquement russe à base de miel et d’épices.

 

Après un bon repas dans un resto géorgien, quelques photos de nuit…

 

La Laure Saint-Alexandre-Nevski

Cette fois, repartons à l’opposé, tout au bout de la perspective Nevski, pour découvrir ce grand monastère orthodoxe !


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Un peu plus simple d’accès, il est directement desservi par les lignes 3 et 4 (station Ploschad Alexandra Nevskogo) du métro ainsi que par plusieurs lignes de bus, notamment la 1, qui traverse toute la perspective Nevski. Bref, à part le manque detemps, pas de raison de ne pas s’y rendre !

En sortant du métro nous débouchons sur la place Alexandre-Nevski, où trône une statue du saint, célèbre pour avoir combattu les Suédois sur les bords de la Neva en 1240 (d’où le nom…), et vénéré dans toute la Russie ! Il s’agissait avant tout d’un prince, connu pour ses victoires militaires. Étrange pour un saint, ne dit-on pas que l’Église doit soutenir la paix ? Mais je m’égare…

La place est également occupé par l’hôtel et centre commercial « Moskva » (Moscou), plutôt moche, mais on ne peut pas le rater ! C’est d’ailleurs là que mon copain résidait lors de sa première visite de… Leningrad !

 

Mais une « laure » (lavra, en russe), c’est quoi ? Et bien, dans la religion orthodoxe, il s’agit d’un monastère de grande importance. Ici, c’est avant tout un titre honorifique donné au monastère pour lui permettre de rivaliser avec les laures de Kiev ou de Sergueï Possad. C’est Pierre le Grand qui décida d’édifier ce monastère pour honorer le saint, sur le lieu supposé de sa victoire. En fait celle-ci eut lieu 19 km plus loin, oups !

Les reliques du saint y furent transférées (le pauvre, ainsi troublé dans son repos… je n’aimerais pas !).

La perspective Nevski devait relier l’Amirauté à la laure, en ligne droit, même si au final elle est légèrement décalée.

La construction s’étala tout au long du XVIIIe siècle. Les architectes italiens (oui encore…) Trezzini pères et fils s’occupèrent des deux premières églises baroques jusqu’en 1750, puis ce fut au tour du Russe en vogue à l’époque, Ivan Starov (rappelez-vous, le palais de Tauride…) de construire la cathédrale de la Trinité, néo-classique.

Pour être honnête, rien ici n’évoque l’architecture traditionnelle russe, voilà donc un monastère bien différent ! Point de bulbes ou autres éléments typiques, on se croirait plutôt dans couvent d’Europe centrale… Pour ma part, si j’ai bien aimé les lieux, j’ai tout de même préféré la Laure des catacombes de Kiev par exemple. C’est que j’aime les bulbes et les monastères orthodoxes !

Seule la cathédrale était visitable lors de mon passage en ce beau dimanche ensoleillé. La petite église baroque ouverte au public ne semblait être accessible que pour la visite d’un musée (tout est écrit en russe, ma maîtrise de la langue de Pouchkine n’étant pas encore suffisante, je n’ai pas trop compris). Malheureusement, les photos intérieures étaient strictement interdites !

Les reliques du saint sont toujours très vénérées, même si son sarcophage est désormais entreposé au musée de l’Ermitage. C’est fascinant de pouvoir observer la ferveur des Russes, qui font la queue pour pouvoir se prosterner devant les reliques ! Il y avait beaucoup de monde, alors par respect, je n’ai pas « volé » de photo, mais je peux vous dire que l’intérieur est très néo-classique et ressemble beaucoup à celui de Notre-Dame-de-Kazan. Pas ce que je préfère, mais à voir.

Il est agréable de flâner dans l’enceinte du monastère, au milieu de la verdure. Les divers bâtiments ne sont pas non plus visitables.

 

Les cimetières de la Laure Saint-Alexandre-Nevski

La laure abrite également trois cimetières. À l’entrée, la visite des cimetières principaux est payante. C’est là que furent enterrées de nombreuses personnalités tels que Tchaïkovsky et le bien nommé chorégraphe Marius Petipa (un Marseillais exilé à Saint-Pétersbourg, hum, il a du avoir froid ! Vive l’amour de l’art…).

Cela m’intéressait mais à environ 6€ (400 roubles),  je n’avais pas trop le temps d’en profiter ! Oui je sais, je semble toujours pressée ! Mais c’est qu’il y a à voir dans la ville… Bon, j’ai quand même pu faire trois photos de l’entrée !

Je me suis contentée du cimetière Saint-Nicolas, situé cette fois derrière la laure, et libre d’accès. Il abrite entre autre des tombeaux d’ecclésiastiques et de Pétersbourgeois… célèbres ou pas ! On y trouve par exemple la sépulture de l’ancien maire de la ville, Anatoly Sobtchak. Ambiance bucolique garantie, et non, pas glauque du tout, du moins au soleil.

 

Voilà, j’espère que vous n’avez pas regretté de m’avoir suivie hors du centre de Saint-Pétersbourg !

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