Saint-Pétersbourg : du palais d’hiver au palais d’été

À Saint-Pétersbourg, on appelle également « le Triangle d’Or » la zone comprise entre la place du palais et la Fontanka, où se trouvent le jardin et palais d’été.

Il s’agit sans doute d’un des quartiers les plus beaux de la ville, également un des plus anciens et des plus touristiques !

Entre palais, musées, canaux et jardins, cela ne manque pas de charme. Petite balade avec la souris dans cet endroit enchanteur propice aux flâneries entre amoureux !

Je vous propose de débuter sur la place du Palais, de longer le canal Moïka pour atteindre le champ de mars et enfin le superbe jardin d’été !


Afficher une carte plus grande

 

La place du palais

L’Ermitage sur la place du Palais

Évidemment un incontournable ! C’est bien sûr ici que vos pas vous porteront à coup sûr. Il s’agit de la place la plus célèbre de la ville, où se trouve le musée de l’Ermitage, dont les collections sont abritées bien au chaud dans le beau palais d’hiver et ses extensions (qu’on ne voit pas de la place).

Faisant face à ce beau palais blanc et pistache typiquement baroque (un comble quand on sait que Catherine II, à qui on doit la création du musée, ne jurait que par le néo-classique…), le bâtiment de l’État-major, tout jaune lui, abrite désormais les collections de la fin du XIXe et début XXe siècle, notamment les fameux impressionnistes ! Et oui, ils aiment les couleurs ici, c’est plus gai quand le ciel est gris, c’est-à-dire souvent, hum.

Au centre de la place trône fièrement la colonne Alexandre, la plus grande colonne monolithique en granit du monde ! (d’un seul bloc, pour les ignares !)

WC-bus

Outre l’aspect historique et un peu pompeux de la place, c’est aussi un lieu très fréquenté, autant par les touristes que par les habitants de la ville, qui viennent assister aux nombreux concerts gratuits qui s’y tiennent. Sympa !

Bon, j’ignore si c’est le cas l’hiver, je sais que les Russes sont un poil maso, mais à ce point… Animation garantie donc !

Par contre, pas de bancs pour reposer vos pattes fatiguées. En revanche, les souris pisseuses pourront se soulager dans les WC-bus (30 roubles en 2017), ouf, ils ont pensé à tout !

 

La rue des millionnaires (Millionnaya Ulitsa)

Cette rue part de la place du palais et offre un bel alignement d’immeubles cossus. Comme vous vous en doutez, elle fut ainsi nommée car les aristocrates de l’époque y avait élu domicile.

À l’époque soviétique la plupart des palais furent réquisitionnés et transformés en appartements communautaires, c’est-à-dire qu’une cuisine et une salle de bain étaient partagées par plusieurs familles, dont tous les membres occupaient une unique chambre. Ah, le communisme, ça fait rêver n’est-ce pas ? Malheureusement, ce type de logement demeure encore fréquent dans le centre historique de l’ancienne capitale impériale. Bel exemple de « vivre-ensemble »… imposé !

De nos jours, certains beaux immeubles sont rachetés par la nouvelle élite et rénovés. Quoi de plus logique pour une rue de millionnaires ? Entre palais décrépis et d’autres un mieux repeints, la balade vaut le coup d’œil. Il s’agit cependant d’un coin peu animé, à part par les va-et-vient incessants des voitures (comme un peu trop souvent dans cette ville) et quelque boutiques pour touristes.

Pour rester dans la thématique de l’Ermitage, c’est ici que l’on peut admirer le Nouvel Ermitage, ajouté au palais d’hiver car trop petit pour héberger toutes les riches collections des empereurs. J’ai bien aimé les Atlantes qui soutiennent les piliers !

 

La Moïka et le canal d’hiver

Le canal Moïka traverse le Triangle d’Or dans sa partie la plus pittoresque et offre ici une des promenades les plus romantiques de la ville ! Que ce soit sous la douce lumière nordique, ou en fin de journée sous un ciel bleuté, je n’ai pu m’empêcher d’être émerveillée et mes pas me portèrent plusieurs fois en ces lieux tout simplement féériques. C’est là que le terme « Venise du Nord » prend tout son sens !

Pour la petite anecdote, si le nom Moïka peut sembler doux et romantique (en tout cas c’est comme cela que mes grandes oreilles le perçoivent), il est dérivé du terme finno-ougrien mia qui signifiait… boueux ! Tout comme le fleuve Amour, c’est de suite moins glamour !

Le petit canal d’hiver passe sous un pont entre deux palais qui composent l’Ermitage. Cela ne vous rappelle rien ? Mais si bien sûr, le pont des soupirs à Venise ! Ce n’est pas pour rien que Saint-Pétersbourg fut édifiée par des architectes italiens… tout en gardant ce petit côté russe qui la rend si unique !

Les fans de Pouchkine pourront visiter son appartement-musée. Pour le reste, il faut admettre que malgré la beauté des lieux, tout ici rappelle que Saint-Pétersbourg reste une ville touristique… entre troupeaux de Chinois et boutiques de souvenirs aux prix pas vraiment doux, il vaut mieux s’éloigner pour retrouver plus d’authenticité et en profiter pour faire une petite pause !

Ceci dit, les voitures sont peu présentes le long du canal, ce qui reposent un peu les oreilles, et les narines (oui, l’essence mal raffinée russe, ça pue, parole de souris au grand museau !).

 

Autour du champ de Mars

Saint-Sauveur-sur-le-sang-versé

Passons alors derrière la sublime cathédrale Saint-Sauveur-sur-le-sang-versé (traitée dans un article spécifique tant il y a à dire) pour se mettre un peu au vert dans le jardin Mikhailovski. Pour être honnête, s’il s’agit d’un des jardins les plus centraux de la ville, avec ses 9 hectares, j’y suis arrivée en fin de journée et ne m’y suis pas trop attardée.

Sympa pour respirer un peu, mais on y trouve surtout des pelouses et des arbres ainsi qu’un petit étang. J’ai pu voir la façade arrière du musée Russe, second musée le plus important de la ville, retraçant l’histoire de l’art russe depuis des siècles.

Un peu peu plus loin, le champ de mars, grande esplanade verte de 12 hectares, constitue un autre lieu de promenade. Outre la flamme éternelle, j’ai bien aimé la vue sur les bulbes colorés de Saint-Sauveur ainsi que sur le pont de la Trinité (Troïtski most), un des plus beaux sur la Neva ! Amis parisiens, là encore il ne vous rappelle rien ? Il est plus ou moins le pendant du pont Alexandre III (nom d’un tsar russe, mais je ne vous apprends rien, enfin j’espère !), et fut d’ailleurs érigé par des ingénieurs français.

À deux pas de là, je suis allée dire bonjour au palais de marbre, lui aussi géré par le musée Russe. Très sobre et un peu froid, je peux en effet dire qu’il m’a quelque peu laissée de marbre, hum.

 

Le château des ingénieurs et alentours

Un peu plus loin, nous arrivons devant le château des Ingénieurs, aussi nommé château Mikhailovski (ou château Saint-Michel), Инженерный (Михайловский) замок en russe. Il s’agit de l’ancien palais de Paul Ier, édifié au tout début du XIXe siècle avec un style différent pour chaque côté de la façade, original ! J’ai bien aimé sa couleur toute rose bonbon, j’avais envie de croquer dedans !

Il fait également partie du musée Russe et peut se visiter seul ou avec un billet couplé. Il abrite surtout des expositions temporaires.

Pour la petite histoire, Paul Ier le fit construire à l’image d’une forteresse, aux angles arrondis et entouré de douves (en fait des canaux). Il ne souhait pas résider au palais d’hiver et ses intrigues car il craignait pour sa vie. Ironie du sort, il mourut assassiné 40 jours après avoir emménagé dans son palais ! Comme quoi on ne peut pas toujours échapper à son destin.

Les rues alentours sont typiques du Saint-Pétersbourg aristocratique, j’ai pris plaisir à y flâner un peu, surtout que ô miracle, il faisait beau !

 

Mes pas me portèrent également en soirée dans les rues environnant la Perspective Nevski, qui ferme à l’ouest le « Triangle d’Or ». La place des Arts demeure une des plus connues, offrant la façade du musée Russe (l’entrée, cette fois) et celle du musée ethnographique des peuples de Russie. Même s’il faisait nuit, j’ai reconnu la statue de Mr. Pouchkine !

Je suis également allée jeter un coup d’œil furtif au Grand Hôtel Europe, dont la longue et élégante façade occupe toute la rue Mikhaïlovskaya (celle qui mène à la place des Arts…). Il parait qu’on peut y faire une bonne dégustation de caviars, mais si mon estomac aurait bien aimé, mon porte-monnaie lui n’était pas d’accord ! Tant pis…

 

La Fontanka

Le Triangle d’Or est fermé par le canal de la Fontanka, en fait un bras canalisé de la Neva qui délimite plus ou moins le « centre historique ». C’est encore une fois dans ce quartier que l’on retrouve les plus beaux palais sur les quais !

J’ai bien apprécié de poser devant le palais Cheremetiev, abritant un musée d’instruments de musique, baroque comme j’aime et jaune comme ma robe du jour !

Un peu plus loin, j’ai visité le très intéressant musée Fabergé, hébergé dans un autre beau palais, mais je vous en parlerai plus longuement dans un article dédié, il le vaut bien !

Si j’ai surtout découvert cette partie de la Fontanka lors de ma balade en bateau, j’ai tout de même pris plaisir à y flâner encore un peu après, prolongeant le plaisir…

Pour vous amuser, cherchez le « Chizhyk-Pyzhik » (Чи́жик-Пы́жик), petit oiseau sculpté sous le premier pont des ingénieurs, dont le nom est issu d’une chanson populaire… évoquant les étudiants éméchés du quartier ! Ah, ces Russes, quelle réputation, hum.

 

Le jardin et le palais d’été

Nous y voilà donc, le clou de la balade !

Ce beau jardin (Летний сад en russe, Letni sad) fut un des premier de l’ancienne capitale, Pierre le Grand y fit construire son petit palais d’été. Je dois avouer que ce fut là encore un coup de cœur, du moins en ce qui concerne les parcs Pétersbourgeois (malheureusement la ville ne dispose pas de tant d’espaces verts que ça…).

À l’origine « jardin à la française » d’environ 11 hectares (j’aime bien quand la France est une référence, c’est mon côté patriotique) avec ses bosquets, statues et surtout ses belles fontaines, il fut quelque peu transformé quand la mode des jardins à l’anglaise fit son arrivée. On y trouve donc un grand nombre d’arbres, des pelouses. J’ai bien aimé ce mélange, vouant également une passion aux jardins à l’anglaise, laissant plus libre court à la nature.

Le jardin fut récemment rénové, mais demeure gratuit (du moins en 2017). Faites juste attention à la fermeture du mardi ! Un vrai régal de chercher les fontaines et différents espaces aménagés !

Outre le palais des thés (jeu de mots subtil, sachant que le français était alors la langue officielle de la cours de Russie), on peut admirer la vue sur la Fontanka. À l’autre extrémité du jardin côté Neva, c’est la vue sur le fleuve et le pont de la Trinité qui s’offre à nous ! Superbe !

 

J’ai bien aimé la statue de l’écrivain Ivan Krylov, sorte de Jean de la Fontaine russe, avec les animaux de ses fables représentés sur son socle. Pour une fois, il y avait des souris !!! Cela change des sculptures de félins, bien trop présentes à mon gout.

 

Plus loin, le palais d’été fait également partie du Musée russe mais subit actuellement des travaux de rénovation et n’est pas ouvert à la visite. J’ai quand même pu jeter un coup d’œil par la fenêtre, en tant que petite souris toujours curieuse ! Cela reste finalement très simple, à l’image de ce tsar qui souhait la grandeur de sa ville mais pas forcément pour sa vie privée.

 

Voilà, du palais d’hiver au palais d’été, la boucle est bouclée ! 😉

 

Revenir à l’article principal

Découvrir la cathédrale Saint-Sauveur-sur-le-sang-versé

Ou le musée de l’Ermitage

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *