Saint-Pétersbourg : la perspective Nevski

La perspective Nevski (Nevski Prospekt en russe, ou Невский проспект) demeure  l’avenue la plus célèbre de Saint-Pétersbourg !

Considérée comme les « Champs-Élysées pétersbourgeois » on y trouve en effet une succession de palais, beaux immeubles baroques, néo-classiques ou Art nouveau, mais également des églises, des théâtres, et bien sûr des restaurants et des boutiques !

Il s’agit certainement de l’avenue la plus animée de la ville, arpentée aussi bien par les touristes que par les habitants de l’ancienne capitale.

Embarquez avec la souris pour une découverte de cette belle avenue, où vos pas vous porteront sans nul doute lors de votre passage dans la ville.


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Longue de 4,5 km (quand même !) elle fut créée dans le but de relier l’Amirauté à la Laure Saint-Alexandre-Nevski, d’où le nom (littéralement en russe « perspective de la Neva », donc double sens), créant ainsi une belle « perspective » justement ! C’est de là que vient la mode de « perspectives/prospekt » dans l’ancien Empire russe.

Comme Louis XIV, Pierre le Grand aimait la symétrie et les perspectives monumentales ! (ça tombe bien moi aussi) Malheureusement pour lui, les ingénieurs en charge du projet ne conçurent pas une avenue droite, puisqu’elle dévie quelque peu une fois passée la gare de Moscou ! Arf, ces Russes, ils avaient sans doute trop abusé de vodka, oups ! Elle rétrécit également à partir de là.

Soyons honnêtes, peu de touristes la parcourent en entier, et je n’ai pas dérogé à la règle ! Du moins pas à pied… Les points d’intérêt se concentrent dans la partie située entre l’Amirauté et la Fontanka, limite du « centre historique ». Cela ne signifie pas qu’après c’est moche ! C’est juste qu’il y a moins d’édifices majeurs et que ça peut faire un peu loin à pied quand même…

Pour ma part je suis allée jusqu’à la gare de Moscou (Vosstaniya Ploschad) et j’ai parcouru une partie de l’avenue de nuit, très belle toute illuminée ! La suite, j’ai pu l’admirer en bus, moins fatigant ! (mais pas de photos du coup)

 

Le Gostiny Dvor et la vue sur la perspective Nevski

Point important de la perspective Nevski, le Gostiny Dvor se remarque de loin ! Impossible de louper ce gigantesque édifice à arcades qui occupe plusieurs centaines de mètres de l’avenue (et autant sur les rues latérales !). Il s’agissait de la plus grande galerie marchande couverte de la ville.

À l’époque, chaque ville de l’empire russe avait son « Gostiny Dvor », (j’ai pu voir celui de Kiev par exemple) parfois même plusieurs pour une grande ville ! Mais ici, c’est vraiment énorme !

Pour l’anecdote, la galerie fut  construite au XVIIIe siècle par les architectes Bartolomeo Rastrelli puis Vallin de la Mothe, deux noms qui reviennent fréquemment lorsqu’on s’intéresse un peu à l’histoire de la ville. Et oui, un Italien et un Français, ce sont eux qui donnèrent à la ville son image plus européenne que russe !

Aujourd’hui on y trouve toutes sortes de boutiques, pour tous les prix, tous les gouts ! Avis aux touristes en panique, nous y avons déniché un bureau de change plutôt avantageux, et bienvenu, car au final il n’y en a pas tant que ça dans la ville !

Le Gostiny Dvor et ses alentours

 

Outre l’architecture et éventuellement le shopping (je dois avouer que je n’étais pas là pour ça) l’intérêt réside surtout dans la vue sur la perspective Nevski, dont on peut jouir en grimpant à l’étage ! De quoi avoir un peu plus de recul et admirer quelques beaux immeubles !

 

La cathédrale Notre-Dame-de-Kazan

Sans doute le monument LE plus emblématique et le plus imposant de l’avenue ! Cette cathédrale néo-classique (édifiée entre 1801 et 1811) évoque Saint-Pierre-de-Rome et sa colonnade, en version tronquée ! C’est que Paul Ier voulait vraiment imiter la capitale des papes, pas mégalo du tout le tsar !

Elle m’a également rappelée la basilique San Francesco di Paolo de Naples. Pas trop dépaysant quand on connait l’Italie, donc ! Ici, pas grand-chose de typiquement russe (dommage, j’aime bien les « vraies » églises russes).

Elle est dédiée à l’icône de la Vierge de Kazan, une des plus vénérées de Russie, dont on peut voir la représentation sur le flanc sud de l’église. Et oui, j’ai l’œil ! 😉

Bon pour être honnête je ne suis pas une grande fan des églises massives néo-classiques, celle-ci ne fut donc pas ma préférée. J’ai mieux aimé Saint-Sauveur-sur-le-sang-versé, juste en face sur le canal ! Beau contraste entre les deux d’ailleurs ! Enfin il n’empêche qu’on ne peut pas manquer cette œuvre monumentale, et que la colonnade impressionne vraiment ! Je l’ai d’ailleurs préférée de nuit, bien éclairée.

L’intérieur arbore également une décoration très néo-classique, donc plutôt froide. Au moment où nous y étions, les photos étaient interdites, mais il semblerait que ce ne soit pas toujours le cas… Comme je n’aime pas repartir sans souvenir, j’en ai discrètement « volé » quelques-unes…

Ce qui impressionne surtout reste la ferveur retrouvée des Russes, qui font la queue pour aller embrasser l’icône de la Vierge de Kazan !

Par contre honte à moi, les portes étant ouvertes, je n’y ai pas prêté grande attention, alors qu’il s’agit de copies des portes du baptistère de Florence ! Tant pis, je me consolerai avec les originales !

 

Le canal Griboïedov coule sous la perspective Nevski, offrant un beau point de vue sur les deux cathédrales majeures de la ville…

 

Autres églises de la perspective Nevski

église luthérienne Saint-Pierre-et-Saint-Paul

Non loin de là on trouve également d’autres églises, mais non-orthodoxes cette fois.

Je suis entrée jeté un petit coup d’œil dans l’église  la catholique Sainte-Catherine (dont la façade était en travaux), assez sobre. Devant celle-ci des artistes exposent leurs créations, surtout destinées aux touristes, avec notamment des aquarelles représentant la ville. Plutôt sympa !

La cathédrale arménienne, récemment rénovée offre elle aussi une décoration plutôt simple (rien à voir avec celle de Lviv par exemple). L’extérieur blanc et bleu était en revanche plus original !

On trouve aussi l’église luthérienne Saint-Pierre-et-saint-Paul, mais je ne suis pas passée devant pendant les heures d’ouverture ! Globalement on est loin du faste des églises orthodoxes, même si les tsars souhaitaient que leur capitale puisse abriter toutes les religions.

 

L’ancien immeuble de la compagnie Singer

Juste en face de Notre-Dame-de-Kazan, je n’ai pu que remarquer le très bel édifice Art nouveau, ancien immeuble « Singer » et désormais « maison des livres » (Dom Knigui). Voilà le genre d’immeuble qui me plait beaucoup !

Je suis même allée flâner à l’intérieur, on y trouve des livres dans différentes langues, et quelques souvenirs évoquant la ville.

Avis au gourmand, un salon de thé vous attend à l’étage, offrant une jolie vue sur la cathédrale !

 

La Moïka traversant la perspective Nevski

En remontant un peu, nous arrivons sur le pont vert (viendront ensuite les ponts rouge et bleu !), qui enjambe le canal Moïka, de quoi obtenir encore une jolie vue ! J’ai surtout remarqué le palais Stroganov (qui fait un effet bœuf…) 😉 tout rose comme une bonne pâtisserie, et comme mon manteau ce jour-là !

Autre œuvre de Rastrelli (à qui ont doit également le palais d’hiver de l’Ermitage), il se visite seul ou avec un billet combiné du musée Russe. Une prochaine fois pour ma part, je me suis contentée de me prendre en photo devant ! Ensuite, j’ai bifurqué vers la place du Palais, mais ça, c’est une autre balade !

 

Repartons désormais dans l’autre sens, en direction de la Fontanka et du pont Anitchkov.

J’ai bien aimé flâné sur cette avenue animée et tout de même restée authentique malgré les quelques boutiques de souvenirs touristiques. On y trouve bon nombre de magasins, restaurants, quelques bars…

Par contre pour les boutiques vraiment « de luxe » il faudra plutôt aller à Moscou ! Malgré son statut de capitale culturelle et touristique de Russie, Saint-Pétersbourg n’est pas une ville très riche. Mais du coup, on y trouve plein de petites cafétérias ou autres établissements qui permettent de se restaurer ou de faire une petite pause goûter sans se ruiner ! 

Je suis allée voir le « passage » (même mot en russe), petite galerie marchande couverte, à l’image des passages parisiens. Regardez bien, les enseignes sont écrites en français, comme c’était la mode en 1848, à l’époque de la création de la galerie ! Pour l’anecdote, le « passage » prête son cadre à la nouvelle satirique de Dostoïevski : Le Crocodile. Remarquez aussi l’enseigne de luxe Рив Гош, elle se transcrit littéralement par « Rive Gauche » ! Encore un clin d’œil à la France et surtout Paris.

Malheureusement, comme souvent en Russie, je trouve que trop d’importance est donnée à la voiture. Ici, on se croirait presque sur une autoroute urbaine ! On est sur une avenue, certes, mais quand même…

Enfin, par rapport à Moscou, là encore, ça reste « tranquille », avec de vrais passages piétons de surface (même si on en compte aussi en souterrain). On trouve quelques rues piétonnes perpendiculaires à Nevski, mais vraiment peu… À quand un tramway sur l’avenue ? Oui je sais, je peux rêver 😉

 

L’épicerie Elisseïev

Petite pause dans ce délicieux endroit ! La façade Art nouveau, avec sa grande verrière, détonne dans le paysage, on ne peut pas la louper ! Il s’agit d’une épicerie fine plutôt connue, où vous pourrez vous procurer divers produits russes haut de gamme, notamment du caviar.

Bon, pour le shopping, mon porte-monnaie m’a fait comprendre qu’il n’était pas en accord avec mes envies, alors tant pis ! Je me suis donc d’abord contentée d’admirer la décoration Art nouveau ainsi que les stands de ces délicieux produits qui me faisaient quelque peu de l’œil !

Outre le caviar, les alcools, et surtout le fromage (!), je n’ai pu que remarquer les délicieux gâteaux… et pour le coup, les prix restent abordables, à savoir 250 roubles pour une pâtisserie individuelle, soit environ 3,5 €. Ouf, compatible avec ma bourse ! Alors après un premier repérage, je me suis promis de revenir, et j’ai tenu parole !

La salle dispose d’un petit coin « salon de thé » autour d’un faux palmier (oui, on se doute qu’un vrai ne résisterait pas au climat…). Peu de places, niveau confort il y a mieux, mais le cadre vaut le coup ! Et surtout, les gâteaux (oui, un pour moi et un autre pour Mr Souris, quand même ! Il fallait bien en gouter au moins deux) étaient absolument exquis ! Divins, même ! D’une grande finesse en bouche, digne de nos pâtisseries françaises un peu haut de gamme (mais moins chères). Miam !

Cela m’a d’ailleurs un peu rappelée le Café Central de Vienne, qui figure dans mon top 3 des meilleurs salons de thé. Bien sûr, à déguster avec un chocolat chaud maison, là encore, absolument délicieux et d’une onctuosité sans pareille, à la mode des chocolats italiens.

Il existe également une épicerie Elisseïev à Moscou, plus grande et avec plus de produits internationaux. Ici, on voit bien que les touristes demeurent la cible commerciale privilégiée. Peut-être pas l’endroit le plus authentique, mais j’ai tout de même passé un très agréable moment, entre décor, piano, et bonne dégustation !

Les plus fortunés pourront également dîner à l’étage. Le salon de thé propose aussi quelques formules « découvertes » salées, à prix qui eux ne le sont pas trop (mais évidemment plus cher qu’ailleurs).

 

La place Ostrovski et la rue Rossi

Rue Rossi

Petite incursion sur cette place faisant face à l’épicerie Elisseïev. Dans un petit square de verdure on remarque de suite la statue de Catherine II et ses amants généraux. Juste derrière, la jolie place (Ploschad Ostrovskogo en russe, soit « place de l’île ») offre plusieurs beaux bâtiments à admirer, tels qu’un théâtre et le musée des arts théâtraux.

Je m’y suis surtout baladée de nuit et, bien éclairée, c’est un vrai régal pour les yeux, et plutôt sympa comme petit coin de verdure en plein sur cette avenue un peu trop polluée.

Derrière, la rue Rossi demeure une des plus célèbres de Saint-Pétersbourg, connue pour « ses dimensions parfaites », à savoir 220 m de long, 22 m de large pour des immeubles de 22 m et de haut. Tout est très homogène, et malgré le nom, elle n’est pas rouge, mais jaune ! Et oui, du nom de son architecte. Encore un Italien, décidément ! Et c’est vrai que le coin m’a un peu fait penser à Turin.

Elle débouche sur la place Lomonossov, pas mal dans le même genre, toute jaune également, puis sur le pont du même nom. Mais nous n’irons pas plus loin, revenons à notre perspective…

 

Le pont Anitchkov

Une fois revenus sur Nevski, traversons ce pont emblématique de la ville. Malheureusement trop souvent traversé par une nuée de voitures, j’ai tout même pu admirer les quatre superbes sculptures de chevaux et leurs dompteurs  (datant de 1850), de jour comme de nuit !

 

Le palais Belosselski-Belozerski

Ouf, dur à prononcer, je sais ! Ce beau palais rose fait l’angle entre Nevski et les rives de la Fontanka. Il ne vous rappelle rien ? Mais si bien sûr, le palais Stroganov vu plus haut !

Il s’agit bien de sa réplique néo-baroque, le prince Kotchoubeï souhaitant rivaliser avec ce dernier (ah ces hommes, toujours à jouer à « qui a la plus grosse », mais je m’égare), modifiant ainsi le palais d’origine.

Après être passé par différentes mains, il abrita le siège du soviet (conseil) régional jusqu’en 1991.

Aujourd’hui il ne se visite que le samedi à 14 h, en russe, et sur réservation (informations à vérifier au préalable, cela change vite là-bas), mais il reste possible de pénétrer dans le hall pour admirer la décoration rococo. Tant pis pour le reste ! En tout cas, le cerbère à l’entrée doit être habitué aux touristes se demandant comment visiter les lieux, il nous a brandi directement un panneau en anglais (après lui avoir adressé la parole dans la langue de Shakespeare) indiquant « No visit, office building », l’air blasé…

 

Après le pont Anitchkov

Voici dont l’endroit où la plupart des touristes s’arrêteront, la Fontanka marquant une sorte de frontière entre le centre historique et le reste, même si dans les faits la transition n’est pas si visible que ça…

J’ai quand même choisi de continuer un petit peu ma balade, jusqu’à la place Vosstaniya, où se trouve la gare de Moscou (que vous verrez si vous poursuivez votre voyage… à Moscou, donc). J’ai trouvé cette portion de l’avenue aussi jolie que la précédente, et moins touristique, plus authentique, donc. Pour la suite, j’ai seulement effectué le trajet en bus jusqu’au bout de la perspective. Là encore tout semblait harmonieux, entre façades néo-classiques ou plus « Belle Époque », toujours en couleurs !

 

La perspective Nevski de nuit

J’ai eu l’occasion d’arpenter l’avenue de jour comme de nuit, et entre les deux, mon cœur balance ! Tout est superbement bien éclairé (Saint-Pétersbourg, ville lumière ?) et offre une vision alternative très agréable. Mieux que sous la grisaille en tout cas !

Et bonne nouvelle pour les noctambules comme moi, Saint-Pétersbourg vit la nuit, et bon nombre d’établissement sont ouverts tard le soir voire parfois 24h/24 h ! J’ai ainsi donc pu prendre un « après-dessert » (oups) dans le salon de thé Cever, qui n’est pas austère contrairement à ce que son nom pourrait laisser croire (« cever » signifiant simplement « nord » en russe).

Et avec tout ça, j’ai loupé le dernier métro, hum, voilà où mène la gourmandise… La balade nocturne sur Nevski a donc permis d’éliminer les calories en trop (mais de toute façon je suis une belle souris bien proportionnée, non mais !)

 

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