Balade dans la vieille ville de Trogir

Trogir, 10.000 habitants, est une ville côtière de Croatie, située non loin de Split. La vieille ville fut bâtie sur une île d’environ un kilomètre carré, entre le continent au nord et la plus grande île de Čiovo au sud.Elle est reliée aux deux par des ponts.

Fondée par les Grecs avant de devenir romaine, la ville fut pendant des siècles rattachée à la République de Venise, qui laissa des traces dans son patrimoine architectural. Bien que petite, l’île est aujourd’hui listée au patrimoine mondial de l’UNESCO et nous y avons passé presque 3 heures !


Afficher une carte plus grande

 

TrogirPour vous y rendre, si vous n’êtes pas motorisés, vous pouvez soit emprunter la ligne urbaine 37 (environ un bus toutes les 30 mn) qui met environ une heure à parcourir les 25 km qui sépare Split de l’île en contournant la baie, ou bien un des nombreux bus de grande ligne y marquant un arrêt, pour un trajet de 35 mn bien plus confortable (cars climatisés) et un prix à peu près équivalent.

Autant dire que le choix fut vite fait ! Vous pouvez retrouver tous les horaires sur le site de bus Croatia.

Autre alternative pour les fans : prendre le bateau au départ de Split (sur le front de mer Riva, en plein centre), avec la compagnie Bura Line, qui assure quelques trajets par jour. Nous avons choisi de rejoindre Trogir en bus et d’effectuer le retour en bateau (environ une heure normalement), cependant il faut savoir que celui qui vogue sur la baie est en fait une « coquille de noix » pas vraiment confortable, avec peu de places assises. Par temps venteux, ça tangue bien, nous en avons fait les frais ! Nous sommes d’ailleurs tombés en panne de moteur à mi-parcours, et j’ai failli rendre mon déjeuner, hum, moi qui cherche toujours à me promener en bateau, je suis vaccinée pour le moment (jusqu’à la prochaine fois…). Souvenirs mémorables, donc !

 

Le canal de Trogir

En arrivant à la gare routière, nous nous trouvons encore sur le continent. On aperçoit l’île de Čiovo en face, et le clocher de la cathédrale de Trogir qui se profile au loin.

L’île qui constitue la vieille ville est séparée du continent par un agréable canal où sont amarrés plusieurs petits bateaux. Sur le continent se tient un petit marché (fruits, légumes, mais aussi babioles pour touristes) et au loin se dresse un ancien fortin. En arrivant sur l’île on peut déjà flâner dans un petit parc qui borde le canal, très agréable !

 

L’île et la vieille ville de Trogir

Porte de la Terre-Ferme à Trogir

C’est parti pour la visite de la vieille ville !

Je suis entrée par la porte de la Terre-Ferme, datant du XVIIe siècle mais percée dans les remparts du XIIIe siècle dont subsiste ici un des deux seuls vestiges. La porte est surmontée d’une statue de Jean de Trogir, évêque de la ville au XIe siècle et saint patron de la cité.

Enfonçons-nous alors dans le dédales de ruelles qui composent la vieille ville. Ici encore on se croirait vraiment dans un village de l’arrière-pays niçois, tel que Èze ou Saint-Paul-de-Vence. Pas trop de dépaysement pour votre souris préférée !

Mais il est agréable de flâner dans ses pittoresques ruelles, la recherche de quelques éléments architecturaux évoquant l’époque passée sous la tutelle de la Sérénissime ! Pour info, c’est Trogir qui fut choisie pour incarner Venise dans l’épisode de Doctor Who : The Vampires of Venice ! De même que plusieurs scènes de Game of Thrones y ont été tournées. Le centre est donc petit mais beaucoup de rues sont finalement plutôt désertes.

La ville absorbe malheureusement un trop gros flot de touristes, notamment des croisiéristes en raison de la proximité de Split, mais ceux-ci semblent se concentrer aux alentours de la cathédrale et ignorer le reste. Tant mieux pour nous, en s’éloignant un peu, on respire !

Victime de son succès et offrant encore moins de concurrence entre établissements que Split vu sa faible taille, les prix y sont plus élevés, ce qui évoque vraiment les coins attrape-touristes de la Côte d’Azur ! Nous avons tout de même trouvé une agréable terrasse ombragée dans une sorte de cour intérieure surélevée, pour se rafraîchir avec de bonnes Radler (bière peu alcoolisée au citron, très désaltérante). Pour les sans-dents, éviter les abords de la cathédrale et le front de mer !

 

La place Ivana Pavla II et la cathédrale Saint-Laurent de Trogir

Cette place, en français « place Jean-Paul II » abrite la superbe cathédrale romano-gothique de Trogir, dont le plus grand intérêt réside en son magnifique portail roman riche en détails, sculpté à partir de 1240 par le maître croate Radovan.

Sur son tympan on retrouve la scène de la Nativité, fait plutôt rare pour l’époque (on préférait le Jugement dernier, avec les pauvres âmes entrainées en enfer ! Là c’est plus gai quand même) et les voussures qui l’encadrent montrent la vie de Jésus. Les deux côtés du portail montrent Adam et Eve avec leur feuille de vigne surmontant des lions.

Les colonnes sont supportées par des Turcs et des Juifs, considérés comme des inférieurs par l’église à l’époque ! Les colonnes extérieures figurent les apôtres tandis que celles de l’intérieur montrent les travaux des quatre saisons ainsi que des scènes très vivantes de la vie quotidienne, comme celle (à gauche) avec un homme cuisant une saucisse après l’abattage du cochon ! Original, non 😉

L’accès à l’intérieur est devenu payant (c’est une nouvelle mauvaise habitude en Croatie…) mais d’après les photos vues sur le net, cela reste sobre et même sombre. A l’occasion, allez quand même voir la chapelle Jean de Trogir, ajoutée au XVe siècle et typique de la Renaissance.

On peut également grimper en haut du campanile à 47 mètres de hauteur par des escaliers très raides et même dangereux (si vous souffrez du vertige ou trimbalez des très jeunes, abstenez-vous !), mais après l’ascension de celui de la cathédrale de Split la veille, nous n’avions plus de pattes pour cela !

 

Cœur animé de la ville, la place abrite également deux palais en style gothique vénitien dont le palais Cipiko, le plus beau de la ville, fait face au portail de la cathédrale.

À l’est on admire l’hôtel de ville, et au sud la chapelle Sainte-Barbara de style roman, la tour d’horloge et devant l’ancien tribunal, une loggia extérieure qui servait aux rassemblements divers ainsi que de tribunal pour hommes du peuple. Très belle place en tout cas !

 

Le front de mer de Trogir

Au sud de l’île, le front de mer offre une agréable promenade piétonne permettant de jouir d’une jolie vue sur l’île de Čiovo juste en face, où résident en fait la plupart des habitants de la ville ! Des terrasses bordent cette promenade, mais les prix sont exagérés !

Des bâtiments historiques bordent également le front de mer : devant une des rares parties subsistantes des remparts, à côté de la porte de la mer (XVIe siècle) avec ses portes cloutées, on remarque une loggia, où attendaient autrefois les voyageurs débarquant la nuit après la fermeture des portes à minuit avant de pouvoir pénétrer en ville, aujourd’hui devenue un lieu d’observation et un « caquetoir » pour les anciens de la ville !

A l’extrémité ouest de l’île se situe la forteresse de Kamerlengo (début du XVe siècle), qui abritait la population en cas d’attaque… ou protégeait le responsable des finances de la ville en cas de révolte populaire ! (certains devraient y songer à Bercy… enfin, je dis ça…)

On a un meilleur aperçu de cette promenade en traversant le pont pour aller admirer la vue depuis l’île de Čiovo, dont le petit port offre également quelques bars et restos un peu moins m’as-tu-vu.

 

Traversée en bateau entre Trogir et Split


Afficher une carte plus grande

 

Les deux villes sont situées à l’intérieur d’une baie. Il faut près d’une heure pour effectuer la traversée en bateau avec la compagnie Bura Line, quand tout se passe bien !

L’avantage est de pouvoir admirer le front de mer de l’île de Čiovo et également celui du continent. L’île offre quelques petites stations balnéaires et plages et c’est ici que l’on trouve quelques belles résidences. Ceci dit, ne pas s’attendre à des villages dignes de la Côte d’Azur, cela reste plutôt simple ! Une balade qui peut s’avérer sympa par beau temps (ce que nous n’avions plus vraiment en fin de journée) et si on n’a pas le mal de mer ! Accessoirement, c’est mieux quand le bateau ne tombe pas en panne… Heureusement nous avons pu en changer à l’arrêt intermédiaire de Slatine, pour un catamaran beaucoup plus stable ! Très agréable d’arriver à Split en bateau, mais ce sera pour un autre article…

À noter qu’en 2016, pour cause de travaux de construction d’un nouveau pont (il y en a besoin, le trafic est dense en été pour traverser), l’arrêt de Bura Line se situe un kilomètre plus loin que celui initialement prévu (à la base juste à côté du pont entre Trogir et Čiovo), nous n’étions pas au courant et pensions rater le départ du bateau, mais un employé effectuait des allers-retours en fourgonnette pour récupérer les passagers potentiels !

 

Retour sur la page Croatie

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *