Vienne : de Karlsplatz au Belvédère

La Karplatz et le Belvédère constituent certainement deux incontournables de Vienne ! Je vous propose ici de me suivre pour une petite balade partant de cette place où vous trouverez les pavillons de métro d’Otto Wagner ainsi que la Karlskirche (église Saint-Charles), pour ensuite finir dans les jardins du palais du Belvédère, un des emblèmes de la capitale autrichienne.


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Karlsplatz

Voyageurs, vous passerez sans nul doute par cette place qui fait office de « hub » de transports, plusieurs lignes de métro s’y croisant. Ne manquez donc pas de sortir de terre pour aller y faire un petit tour ! Je ne l’ai pas trouvée forcément belle, entre nous, il y a mieux, mais l’intérêt réside surtout dans les « monuments » qui la composent. En effet, le grand architecte Otto Wagner y dessina les deux pavillons jumeaux de métro, dans le style de la Sécession viennoise. Comme j’aime bien les jolies entrées de métro, et qu’on n’en voit pas partout, je ne pouvais manquer ça ! L’un fut reconverti en café (mais un peu cher, et peu de bons gâteaux, alors j’ai préféré ne pas m’y attarder…) l’autre en petit musée dédié au mouvement Sécession et à Otto Wagner.

Au loin, la Karlskirche est une véritable image de carte postale de la ville, avec son joli miroir d’eau ! (de quoi faire une belle photo avec moi devant…). J’ai pu un peu flâner dans le parc qui orne la place, mais le temps n’était malheureusement pas trop propice à la farniente. J’ai trouvé sympa de voir ces drinktruck un peu partout, pratique pour se désaltérer ! J’ai bien sûr testé une fameuse Wurst dans un stand à saucisses ! Par contre je n’ai pas aimé la chouette sur un immeuble Art déco. Entre les félins et les chouettes, je me sens persécutée !

 

Le pavillon du métro d’Otto Wagner

Après avoir visité celui de Hietzing, j’ai poursuivi ma découverte de la Sécession viennoise ici, toujours en profitant de la gratuité du premier dimanche du mois (5 €, je trouve ça un peu cher pour le contenu). J’ai surtout trouvé la déco à mon gout même si cela reste plus simple que celui de Hietzing (que voulez-vous je ne suis pas une souris fan de déco épurée moderne). J’ai bien aimé aussi les maquettes qu’on y trouve : celle du projet pour le musée de la ville de Vienne, par Otto Wagner, et celle de la Kirche am Steinhof.

Bien dommage que le musée de la ville ait finalement été installé dans une horreur des années 1960, le projet de Wagner avait tellement plus de gueule ! Quant à l’église, elle existe bien, mais elle est loin, pour un premier séjour, un peu compliqué de la visiter (ouverture seulement le week-end). J’ai quand même pu l’admirer de loin depuis le parc de Schönbrunn, avec mon gros zoom (d’appareil photo, pas mon museau) ouf !

 

Karlskiche (église Saint-Charles-Borromée)

Voilà une église destinée à en mettre plein la vue ! Ils n’ont pas fait les choses à moitié les Habsbourg ! Véritable apogée du baroque, elle mêle différents éléments directement inspirés des monuments romains, connaissant bien cette ville, j’ai pu les reconnaître ! Le dôme copié inspiré de celui de Saint-Pierre, les fausses colonnes trajanes… Beau patchwork, de l’historicisme avant l’heure ! Bon je reconnais que le résultat est du plus bel effet, le miroir d’eau ingénieusement disposé devant la façade amplifiant cette impression de gigantisme et de théâtralité toute baroque (puis ça permet de faire de belles photos…).

Cela donne envie de la visiter en tout cas. L’entrée est cependant payante, et chère ! (8 €). Je n’ai pas trop compris si cela était dû aux travaux : en effet, la coupole est actuellement en restauration et pendant ce temps un ascenseur permet d’y accéder et d’admirer de près les détails peints, une occasion rare ! Bon, comme votre souris est adepte des bons plans, j’ai pu profiter de « la longue nuit des églises » pour y entrer gratuitement. Bien sympa en effet de pouvoir grimper dans la coupole ! Le reste de l’église n’est pas mal non plus….

 

Le Wien Museum (musée de Vienne)

Emilie Flöge, Klimt

Il s’agit, comme son nom l’indique, du musée de l’histoire de la ville. Gratuit le premier dimanche du mois lui aussi (10 € sinon), j’avais très envie de le visiter pour pouvoir admirer les œuvres de Gustav Klimt qui y sont exposées, ainsi que celles d’Egon Schiele (son élève). D’ailleurs étant une souris cultivée (puisque je vous le dis), j’ai pu remarquer que ce dernier s’inspirait allègrement de Van Gogh pour certains de ses tableaux (je vous laisse deviner lesquels, il faut bien vous mettre à contribution !). Quant à ce brave Klimt, j’ai pu me rendre compte de l’évolution de son style. Il faut dire que j’ai failli passer à côté d’un de ses premiers tableaux !

Maquette de Vienne XIXe siècle

Le musée ne se limite cependant pas qu’à ça ! Il vous invite à découvrir l’histoire de la ville à travers des œuvres d’art, des maquettes, etc. Je l’ai trouvé plutôt pas mal fait, et j’y suis restée presque 3 h ! (quand on aime, on ne compte pas… surtout quand il pleut dehors !). Du Moyen-Âge à l’entre-deux-guerres en passant par la

Renaissance, le baroque et l’époque Biedermeier (première moitié du XIXe siècle), tout y passe ! On y voit aussi bien des tableaux que des sculptures ou du mobilier. Bien sûr, ce sont les œuvres Sécession qui constituent le clou du spectacle ! J’ai bien aimé aussi la maquette de Vienne au XIXe siècle, c’est plus à ma taille !

 

Le palais de la Sécession

Éloignons-nous légèrement de la place vers l’ouest pour aller découvrir cet autre monument très célèbre de Vienne et véritable emblème de la Sécession ! Bon, comme je suis sympa, je vous résume ce mouvement : à la fin du XIXe siècle, un groupe d’artistes (Otto Wagner, Gustav Klimt, Adolf Loos…) en avait marre de la vague « historiciste » de l’époque. En gros, on copiait les styles du passé, parfois en mélangeant le tout en espérant que la sauce prenne. Entre temps, le Jugendstil (Art nouveau) fit des émules dans toute l’Europe. Il fallait donc trouver un style purement viennois, qu’on ne retrouverait nulle part ailleurs (Vienne n’était-elle pas la capitale du plus grand empire d’Europe ?). Cette rupture avec les styles existants fut appelée Sécession.

Ce pavillon devait donc être un « manifeste » pour ce mouvement, et abriter des expositions liées à ce courant. De nos jours, il fait toujours office de salle d’exposition, mais contemporaines (on a pu jeter un coup d’œil par derrière et voir une installation… quasi vide. Bon je vous avais dit que l’art contemporain et moi ça faisait deux…).

Pour la « modique » somme de 9,5 € en 2017, vous aurez le privilège d’admirer la frise Beethoven dessinée par le grand Klimt. Bon pour le coup, pas de bon plan, alors tant pis, si je suis une souris, je ne suis pas un pigeon ! En parlant d’animaux, j’ai apprécié de voir des copines tortues à l’entée du pavillon (comme elles, j’aime prendre mon temps), mais moins les chouettes (encore elles !). Bon, il y a quelques années j’ai eu l’occasion de voir une reproduction de la frise de Klimt dans une exposition à Paris, par chance j’ai pu la prendre en photo, alors même s’il ne s’agit pas de l’original, je la partage avec vous… Ah et si ce pavillon vous dit vaguement quelque chose, sans doute avez-vous vu passer dans votre porte-monnaie une pièce autrichienne de 50 centimes d’euro ! 😉

 

Voilà, j’ai fait le tour de Karlsplatz ! Dirigeons-nous vers ce fameux Belvédère ! Les quelques rues entre la place et les jardins du palais sont plutôt agréables, mélange réussie de Jugenstil et d’immeubles bourgeois. Je suis passée devant l’ambassade de France, de style Art nouveau : plutôt pas mal ! Si un jour je dois m’y réfugier, je crois que je pourrais m’y faire…

À deux pas, je suis allée voir le monument à l’Armée rouge, le soldat soviétique représenté constituant un hommage à la libération de la ville en 1945 (mais le pays n’entra pas dans le giron soviétique, ouf, cela lui aura évité une poussée de tours d’immeubles bien moches). Les Viennois ayant peu apprécié cet épisode, le surnomment le monument au pillard inconnu…

 

Le palais du Belvédère et ses jardins

Palais du Belvédère

Nous y voilà enfin, quel suspense insoutenable ! Un autre emblème de la ville et le musée le plus visité du pays ! Cet ancien palais d’été (oui, les jardins, c’est mieux quand il fait beau…) du duc Eugène de Savoie abrite désormais la galerie nationale autrichienne.

Si vous vous fichez des moyen-âgeries ou des angelots joufflus de l’époque baroque, vous serez peut-être plus attirés par la collection d’œuvres de la Sécession viennoise, notamment les plus célèbres tableaux de Klimt ! Ici, le Baiser est à l’Autriche ce que la Joconde est à la France ! On vient du monde entier pour se prendre en selfie contempler ce chef d’œuvre de l’histoire de l’art ! Moins exotique pour les Français, la collection impressionniste attire également les foules. Le musée est réparti dans différents bâtiments, chacun payant et avec des horaires différents… Pour voir Klimt et ses copains, il faudra aller au Belvédère supérieur (tout en haut, donc), dans le bâtiment principal. J’ai pu jeter un œil au hall d’entrée par un petit trou de souris ! Infos sur le site officiel.

Judith, Klimt

Bon, n’aimant pas trop me presser en même temps que les troupeaux de touristes venus cocher les cases des must à visiter, j’ai préféré remettre la visite à un séjour plus hors saison, et me contenter de flâner dans les beaux jardins à la française. De toute façon, les photos étant officiellement interdites dans le musée (apparemment une copie du Baiser reste quand même à disposition pour les amateurs de selfies, il ne faudrait pas que les touristes repartent trop mécontents quand même !) cela n’aurait pas changé grand-chose pour vous. J’ai quand même pu prendre deux tableaux en photos lors d’une exposition parisienne, ouf !

La vue est déjà pas mal ! Attention, ça grimpe, cela ne s’appelle pas « le Belvédère » pour rien, tout en haut, on peut apercevoir les toits de la vieille ville et les tuiles vernissées de la cathédrale Saint-Etienne (que vous retrouverez, avec le Belvédère, sur les pièces autrichiennes de 10 et 20 centimes d’euro, l’office de tourisme est vraiment efficace !) Décidément, Vienne regorge de jolis jardins, vraiment appréciables quand il fait beau… c’est-à-dire pas si souvent en fait !

 

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Baladez-vous au sud de la Karlsplatz pour voir entre autre les immeubles d’Otto Wagner

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