La villa Ephrussi de Rothschild

La villa Ephrussi de Rothschild, également nommée villa Île-de-France, située à quelques kilomètres à l’Est de Nice, est indéniablement le lieu le plus visité de Saint-Jean-Cap-Ferrat. Ce palais à l’italienne a été édifié en 1912 par la baronne Béatrice Ephrussi de Rothschild.

Il est entourée d’un ensemble de neuf magnifiques jardins sur une superficie de 7 hectares. En tant que souris aimant les belles villas et les beaux jardins, je ne pouvais qu’aller voir !


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Pratique

Comme la plupart des autres lieux appartenant à l’Institut de France et gérés par Culturespaces, l’entrée est assez chère (14 € en 2017), mais il existe quelques réductions (11 € pour les étudiants, les demandeurs d’emploi…). Il existait également un billet groupé avec la villa Kérylos, située à proximité à Beaulieu-sur-Mer et qui mérite également une visite pour son originalité (20 € les deux, 15,50 € en tarif réduit en 2015), mais celle-ci étant dorénavant gérée par les monuments historiques, ce billet commun a disparu…

La villa est ouverte tous les jours de l’année sans exception de 10 h à 18 h (19 h en juillet et août, hum, j’aurais aimé pouvoir profiter un peu plus des jardins), mais à partir de 14 h en semaine de novembre à février. Infos sur le site officiel

Pour s’y rendre, vous pouvez emprunter le bus 81 en direction du port de Saint-Jean-Cap-Ferrat, départ depuis la Promenade des Arts à Nice. le bus dessert également Villefranche-sur-Mer et Beaulieu.

Histoire

La villa est un palais à l’italienne édifié en 1912 par la baronne Béatrice Ephrussi de Rothschild sur l’isthme reliant la péninsule au continent et domine la mer, avec, de part et d’autre, la rade de Villefranche et la baie de Beaulieu. Cette villa est destinée à abriter ses collections de mosaïques, tapisseries flamandes, porcelaine et mobilier soit plus de 5000 œuvres d’art pour beaucoup du XVIIIe siècle.

Il ne faut pas moins de sept ans pour dompter le sol rocheux afin d’aménager les différents jardins thématiques qui entourent la villa. Léguée en 1934 à l’académie des Beaux-Arts (Institut de France), la villa a été ouverte au public en respectant le souhait de la baronne de conserver l’esprit d’un salon. Tant mieux pour nous, il est donc possible de découvrir ce petit joyaux, quel régal pour les yeux ! Elle en avait de la chance la baronne, de vivre dans un lieu si paradisiaque !

La visite

La villa

On découvre la villa en un peu plus d’une heure, avec l’audioguide fourni.

Avant d’y pénétrer, j’ai déjà admiré son architecture extérieure, de style Renaissance vénitienne, tout en rose et blanc (comme ma robe), superbe ! Je veux bien un « petit » trou de souris comme ça, mais je m’égare…

 

L’entrée fait face à un agréable petit jardin, qui offre par ailleurs une très belle vue sur Beaulieu et la baie de Saint-Jean.

 

Rez-de-Chaussée

Les appartements s’ouvrent sur un vaste patio avec ses arcades Renaissance soutenues par des colonnes en marbre rose de Vérone. Il ouvre sur des galeries aux voûtes hispano-mauresques. Le patio est décoré d’œuvres médiévales et Renaissance, on est dans l’ambiance et on en prend plein la vue !

 

Changeons de style avec Le salon Louis XVI, décoré de boiseries peintes du XVIIIe siècle provenant de l’hôtel Crillon à Paris. Là encore, ça en jette ! En plus de la superbe déco, je n’ai pas manqué d’admirer le plafond figurant le Char de l’Amour tiré par des colombes, du Vénitien Tiepolo (on est loin de la déco gris-taupe actuelle), mais également la table de whist (une belle table de jeu de cartes !) ayant appartenu à Marie-Antoinette. Ah, que je me verrais bien passer mes après-midi ici à discuter et jouer avec mes copines souris…

 

Poursuivons par le très mignon salon Louis XV, présentant tableaux (comme un Amour aux colombes de François Boucher) et tapisseries, comme ce magnifique tapis d’Aubusson au sol. J’ai aussi remarqué en passant les fauteuils recouverts de tapisseries de Beauvais (ville picarde connue pour sa manufacture bien avant son aéroport low-cost !) d’après des cartons du peintre animalier Oudry (j’aime les peintres qui aiment les animaux !).

 

Il est suivi par un boudoir, décoré de boiseries néo-pompéiennes (tiens, allez voir mon article sur Pompéi !), et une chambre avec un grand lit vénitien habillé de soieries chinoises. Pensez à admirer la vue en passant, sans doute très éloignée de celle de votre chambre ! (ou vous êtes un heureux et riche lecteur, n’hésitez pas alors à me sponsoriser) 😉 On notera les petits sièges pour chiens, ainsi que les chiens en céramique. En effet, la baronne aimait s’entourer d’animaux de toutes sortes ! (par contre, pas sûre qu’elle aimait les petites souris, dommage !). Là encore, dans un tel décor, je ferais de beaux rêves ! (et oui, ma chambre est moins belle, snif)

 

Suivent une garde-robe où on peut encore voir des tenues du XVIIIe siècle, une salle de bain décorée de boiseries peintes et un salon de porcelaines avec une vaste collection de pièces de Sèvres et Vincennes. Plus loin, on arrive dans le salon de thé (vide en cette chaude journée de Juin, les visiteurs préférant s’attabler en terrasse !). Bon pour le coup, j’aime autant ma salle de bain, plus moderne et plus pratique quand même !

 

L’étage

C’est parti pour la visite de l’étage, qui s’ouvre sur le patio central par une galerie formant balcon. On y découvre des porcelaines de Saxe, des tapisseries de Beauvais et quelques pièces exceptionnelles rapportées de voyage par la baronne, comme les portes du palais impérial de Pékin (et dire que je me contente de rapporter des photos de mes voyages, hum).

 

On y trouve également deux chambres, dont la très belle chambre bleue et sa vue sur les jardins. Quel bonheur ce devait être d’ouvrir ses volets le matin, et de se retrouver au paradis !! Décidément, ça me plait vraiment bien ici !

 

J’ai bien aimé le cabinet des singes, très XVIIIe siècle, est orné de boiseries attribuées à Jean-Baptiste Huet représentant des… singes en costume imitant les hommes. Et oui, les animaux sont à l’honneur, tant pis s’il n’y a pas de souris, ça me plait quand même !

On visite également le cabinet des dessins et le salon Fragonard, qui conserve de nombreuses études du peintre, particulièrement apprécié par la baronne (et par moi, cela tombe bien !)

 

Le clou du spectacle est atteint lorsqu’on arrive sur la loggia de style florentin, d’où on peut admirer la superbe vue sur le jardin français et les jeux d’eau ! Ça y est, je suis vraiment au paradis ! Quel plaisir pour mes grands yeux de souris !

 

Les jardins

Évidemment les jardins sont le clou de la visite ! On parcourt successivement un ensemble de neuf jardins thématiques d’une grande harmonie !  De quoi se dépayser sans aller très loin !

On commence par un jardin à la française situé juste devant la villa, avec une pièce d’eau centrale encadrée de quatre petits bassins latéraux. Des jeux d’eau musicaux les animent toutes les 20 mn. Ce jardin planté de palmiers, de glycines et d’orangers et doté, évidemment, de parterres fleuris symétriques, est dominé par un temple de l’Amour et une cascade à degrés. Que c’est beau ! Je pourrais rester des heures, assise, à contempler ce sublime spectacle, perdue dans mes pensées…

 

Mais nous nous arrêtons pas là, il en reste encore ! La suite de la balade commence par un jardin espagnol avec ses colonnes de marbre cachant une grotte et ses essences exotiques tels que des papyrus tapissant un petit canal. Je retrouve bien là l’ambiance des jardins andalous que j’ai eu l’occasion de voir pendant mes voyages. On s’y croirait vraiment !

On enchaîne avec un jardin florentin situé sous l’escalier en fer à cheval dominant la rade de Villefranche, avec son éphèbe de marbre dans une grotte humide et une allée de cyprès. Hum, ça donne envie d’aller à Florence tout ça !

 

Jardins vus depuis la route en contebas

Le jardin lapidaire abrite, comme son nom l’indique, des éléments architecturaux provenant d’édifices inconnus. Original, et pas mal !

Plus loin, un jardin japonais avec sa cascade, a été réalisé dans le moindre détail par des paysagistes nippons. Fleuri en saison de gardénias, de camélias et d’azalées, il comporte également un bassin, un jardin zen et une maison du thé. Si je n’ai pas encore été au Japon, j’apprécie l’ambiance zen de ce genre de jardins.

Le jardin exotique  avec ses sentiers sinuant parmi les cactées présente de beaux exemples de « coussins de belle-mère », un cactus à la forme évocatrice ! D’ailleurs… non, rien, bonjour belle-maman ! 🙂

Un jardin provençal assez sauvage est planté d’oliviers, de lavande et de pins. On achève la visite avec le jardin de Sèvres avec orangers et hibiscus autour d’un salon de thé.

 

Ne pas manquer la superbe roseraie aménagée autour d’un petit temple hexagonal. Le spot idéal pour les selfies des touristes russes… Pour ma part, je me suis contentée de humer le doux parfum des roses 😉

 

Ça et là, on peut admirer la vue sur la rade de Villefranche et quelques belles villas de Saint-Jean. J’aime les belles vues, je suis comme la baronne. Qu’elle devait être bien ici…

 

L’avis de la souris

Vous aimez la déco Ikéa et le contemporain ? Allez donc vous changer les idées (grises) pour découvrir cette magnifique villa qui vous montrera ce qu’est la grâce et l’élégance du XVIIIe siècle ! On prend plaisir à flâner dans les jardins en saison, en regrettant juste un peu l’afflux croissant de visiteurs chaque année (évitez les week-ends et le plein été si possible pour bien en profiter). Mais j’ai pris plaisir à découvrir ce lieux magique, un peu hors du temps et du monde, en me mettant à la place de la baronne (oui, rêver n’est pas interdit !). J’y reviendrai, ne serait-ce que pour flâner dans les jardins !

A proximité immédiate, n’hésitez pas à découvrir la villa Kérylos à Beaulieu-sur-Mer, qu’on rejoint à pied par une belle balade d’un quart-d’heure en bord de mer, la promenade Maurice-Rouvier. Outre les flots bleus, on admire au passage des villas de rêve… aux prix très éloignés de mes moyens de souris modeste !

 

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