Visite des tours de la cathédrale Notre-Dame de Paris avec « JeFile » : photos et infos pratiques

Les tours de la cathédrale Notre-Dame de Paris, hautes de 69 mètres, sont accessibles au public et offrent une vue exceptionnelle sur tout Paris, en particulier son centre historique autour de l’île de la Cité. Mais l’ascension permet également d’observer les détails architecturaux de l’édifice dont ses fameuses gargouilles et chimères ainsi que ses cloches. Les fans de Victor Hugo ne manqueront cette visite sous aucun prétexte, et y croiseront peut-être Esméralda ou Quasimodo…

J’ai testé pour vous dès son lancement l’application « JeFile », évitant presque toute attente. Suivez-moi ! 😉


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S’y rendre

Visite des tour de Notre-DameRien de plus simple : la cathédrale Notre-Dame se situe en plein cœur de Paris, sur l’île de la Cité. C’est d’ailleurs sur son parvis que se situe le point zéro du kilométrage des routes de France depuis Paris !

La station Saint-Michel – Notre-Dame des lignes B et C du RER se situe juste devant. Il est également possible d’emprunter la ligne 4 du métro, descendre à Cité.

Infos pratiques

Tarifs

Le tarif d’entrée est de 10 € en 2018, avec les réductions et gratuités habituelles des monuments nationaux (moins de 26 ans, chômeurs…). Vous trouverez les infos actualisées sur le site officiel.

Horaires

Les tours sont accessibles tous les jours, sans fermeture hebdomadaire, de 10 h à 17 h 30 d’octobre à mars, et jusqu’à 18 h 30 d’avril à septembre. Il est possible de faire l’ascension en nocturne les vendredis et samedis en juillet et août jusqu’à 23 h.

ATTENTION ! La réservation est devenue obligatoire en 2018, uniquement pour le jour même, via l’appli « JeFile » sur smartphone (je vous explique ça plus loin !) ou sur place, le plus tôt possible dans tous les cas (entrées limitées). Elle est totalement gratuite.

Un peu d’histoire…

Pour faire court : la construction de la cathédrale s’étend de 1163, année de pose de sa première pierre, aux années 1330. Comme vous pouvez l’imaginer, avec les techniques de l’époque, il fallait en général un siècle et demi pour achever un tel édifice monumental !

Au début du 19e siècle, la cathédrale est en très mauvais état : c’est Victor Hugo, grâce à son fameux roman Notre-Dame de Paris publié en 1831, qui attire l’attention sur la nécessité de travaux urgents. Les travaux de restauration sont engagés en 1844 et s’achèvent 20 ans plus tard, pour l’essentiel dirigés par l’architecte Eugène Viollet-le-Duc, restaurateur de Vézelay, de la cité de Carcassonne ou encore du château de Pierrefonds, et qui laisse son emprunte sur l’édifice avec en particulier ses célèbres gargouilles et chimères dont la fameuse stryge.

La visite

JeFile : Mode d'emploiL’ascension des tours débute au pied de la tour nord de la cathédrale, où il faut faire longuement la queue, trop longuement même, souvent plus de deux heures en haute saison ! Et jusqu’à l’été 2017, il était impossible de réserver ses billets, même avec le Paris museum pass qui ne fait exceptionnellement pas ici office de coupe-file !

Mais heureusement, depuis juillet 2017, il est possible de prendre virtuellement sa place dans la file soit en téléchargeant l’application gratuite « JeFile » sur son smartphone, soit directement sur place grâce à un automate. On choisit alors un créneau horaire dans la journée (tranches de 8 mn !) et il faut se présenter une dizaine de minutes avant, surtout pas au delà de l’horaire (vous perdriez votre place), mais pas exagérément à l’avance non plus !

L'appli "JeFile" sur smartphone

Nous avons testé, et ça marche très bien : en cette fin août, nous n’avons pas attendu plus de 10 mn avant d’entreprendre la grimpette. Attention, le service de réservation démarre quotidiennement à 7 h 30 et les créneaux sont rapidement attribués, en saison, n’attendez pas l’après-midi pour vous décider ! Depuis 2018, la réservation est devenue obligatoire afin d’éviter de trop longues files d’attente.

Mise en garde

Tout d’abord, sachez que les architectes du Moyen Age n’avaient pas prévu l’accessibilité PMR (si, si, je vous assure) ni les toilettes : il vous faudra donc faire l’ascension à pied, et vous passer des commodités, prenez donc vos précautions avant ! Sachez par ailleurs que ça grimpe sec, il faut escalader 422 marches jusqu’au sommet soit la hauteur d’un immeuble de 20 étages (!), avec deux palier intermédiaires d’abord dans la salle haute (billetterie) puis sur la galerie des chimères. Cette visite est donc déconseillée si vous n’êtes pas très forme (maladies cardiaques, femmes enceintes, jeunes enfants…), et vous aurez sans doute mal aux gambettes le lendemain !

Le parcours

Une fois passé le contrôle de sécurité, on pénètre d’abord par groupe de vingt personnes toutes les 10 minutes dans un petit enclos avant de commencer directement l’ascension : la boutique-billetterie se situe en effet au premier niveau accessible dans la salle haute faute de place à l’extérieur !

La salle haute de la tour nord

Haute de 14 mètres avec une voute en croisée d’ogive, elle accueille la billetterie et une petite boutique. Remarquez le bel escalier à vis situé au fond. Après une pause de quelques minutes et avoir obtenu son ticket, on reprend alors la grimpette là où on l’a laissée !

 

La galerie des chimères

Gargouille de Notre-DameOn parvient enfin sur la galerie des chimères, située à 46 mètres de hauteur. Cette balustrade, qui surplombe la grande galerie reliant la base des deux tours offre déjà une vue remarquable, malheureusement un peu gâchée par un filet de sécurité exagérément présent. Si vous pensiez éventuellement sauter à l’image de cette touriste du film Le fabuleux destin d’Amélie Poulain, c’est raté !

La galerie permet d’approcher les chimères, peu visibles du parvis, créatures fantastiques chères à Viollet-le-Duc qui a largement restauré celles que vous voyez ! La plus célèbre est la stryge, créature mi-femme, mi-oiseau, esprit nocturne et malfaisant connu pour ses cris perçants !

Je ne suis pas très fan de ces espèces de hiboux, et puis d’ailleurs je suis moi-même une bien plus belle créature animale, même si à l’évidence, je ne ressemble en rien à la stryge ! 😉

 

Derrière vous, on peut voir la toiture de la nef, qui n’a pas bougé depuis le 13e siècle, et la flèche qui la domine, haute de 45 mètres, soit 90 mètres au-dessus du sol. Détruite durant la Révolution, elle fut aussi restaurée par Viollet-le-Duc. Figurez-vous qu’elle est constituée de chêne recouvert de plomb et pèse pas moins de 750 tonnes, dont 500 de bois et 250 de plomb ! Le coq boule de son sommet abrite les reliques de saint Denis, saint Marcel et de sainte Geneviève (et oui !).

 

Le beffroi et ses cloches

Avant d’attaquer l’ascension finale, ne ratez surtout pas la visite des cloches dans la tour sud, accessibles par une petite porte du côté de la nef. On y observe les deux bourdons de la cathédrale, les cloches au son grave : Emmanuel, la fameux bourdon de la cathédrale datant de 1686, pesant pas moins de 13 tonnes et doté d’un battant de 500 kg ! L’autre est Marie, le petit bourdon tout récent puisque installé en 2013, et pesant quand même 6,2 tonnes.

Ces deux cloches ne sonnent qu’à certaines rares occasions, comme le Grand Solennel le 23 mars, le 25 août à 19 h en commémoration de la libération de Paris en 1944 (soit pile au moment où j’y étais, ma tête en résonne encore !), et le 11 novembre à 11 h pour l’armistice de 1918. Le clocher de la tour nord, qu’on ne visite pas, abrite lui les 8 cloches qui sonnent plusieurs fois quotidiennement.

 

Le sommet de la tour sud

Vue du parvis de la cathédrale Notre-DameEncore plus de 20 mètres d’ascension, et on parvient enfin au sommet ! (ouf !) En haute saison, le temps est parfois limité à 5 mn faute de place et vu le monde qui pousse derrière… Une balustrade permet de faire le tour du sommet et d’observer les quatre directions.

En regardant le parvis en contrebas (si vous n’avez pas le vertige !), on observe ce qu’on décèle difficilement au sol, les pavés qui marquent le tracé de l’ancienne rue Neuve-Notre-Dame et de l’ancienne cathédrale mérovingienne. Je vous invite à faire un tour dans la crypte archéologique située sous le parvis pour en voir les vestiges !

A l’ouest, on distingue au premier plan la préfecture de police, puis derrière le vaste palais de justice avec la fine silhouette de la Sainte-Chapelle. Au fond, on remarque la tour Montparnasse, l’église Saint-Sulpice, les tours du front de Seine dans le 15e arrondissement, la tour Eiffel, l’immense palais du Louvre, et l’Arc de triomphe avec les tours de La Défense en arrière plan.

 

 

Au nord, outre bien sûr la tour nord, on admire au premier plan le dôme du tribunal de commerce, avec au loin l’opéra, et au fond la tour du nouveau tribunal de Paris. On distingue, également le théâtre du Châtelet, la tour Saint-Jacques et l’hôtel de ville ainsi que les tuyaux colorés du centre Pompidou sur fond de butte Montmartre couronnée par le Sacré-Cœur.

Plus à l’est, la vaste superficie verdoyante du cimetière du Père-Lachaise étonne, dominé par les tours Mercuriales situées porte de Bagnolet. Au premier plan apparaissent les églises Saint-Gervais-Saint-Protais et Saint-Paul-Saint-Louis avec son dôme, dans le quartier du Marais.

 

A l’est, on note au premier plan l’île Saint-Louis derrière la flèche de la cathédrale. Au fond, sur la rive gauche, la silhouette moderne de l’institut du monde arabe précède le viaduc d’Austerlitz (ligne 5 du métro) et le ministère des finances à Bercy. Il faut regarder les quatre groupes de trois apôtres en cuivre situés à la base de la flèche : du côté sud, saint-Thomas se retourne vers la flèche comme pour l’admirer… il porte les traits de l’architecte Violet-le-Duc qui n’a pas hésité à se représenter !

Au fond, sur la rive droite, on remarque le beffroi de la gare de Lyon entouré de tours modernes moches, et sur la rive gauche, la tour de la fac de Jussieu et au fond les quatre tours de la bibliothèque de France.

 

Au sud, on voit avec étonnement l’imbrication des immeubles selon le tissus urbain médiéval autour de la petite église Saint-Julien-le-Pauvre dans son square, le tout dominé par la silhouette massive du Panthéon. Les Parisiens distingueront la Sorbonne avec sa coupole et son observatoire, les toits du palais du Luxembourg, abritant le Sénat, devant la silhouette massive de la tour Montparnasse et bien d’autres lieux…

 

L’avis de la souris

La cathédrale Notre-Dame de Paris est, avec environ 13 millions de touristes chaque année, de loin le monument le plus visité de France. Si elle est célébrissime et mérite indéniablement d’être explorée, il faut aussi composer avec la foule !

La grimpette laissera probablement des souvenirs douloureux à vos jambes le lendemain mais la vue exceptionnelle en vaut la peine ! Mes petites pattes s’en souviennent encore… On déplorera juste que les horaires de visite plutôt restreints vu la très forte fréquentation du site, en croissance constante… alors que ces horaires étaient plus étendus dix ans auparavant !

 

 

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