Moscou : de la maison de Gorki à la rue Arbat

La rue Arbat est probablement une des plus célèbres et des plus touristiques de Moscou. Avant de la découvrir, je vous propose de poursuivre la promenade précédente en repartant de la place Pouchkine. Je vous ferai découvrir le petit quartier autour de l‘étang des patriarches, jusqu’à la maison-musée de Gorki, qui ravira les fans du style Art nouveau.

Nous finirons alors la soirée sur la rue Arbat avant d’en prendre plein la vue devant la cathédrale du Christ-Sauveur de nuit. Nous verrons donc ce qui se trouve au sud-ouest de la rue Tverskaya.

Promenade autour de l’étang des patriarches

 

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Avant de rejoindre la maison-musée de Gorki, je me suis baladée dans ce quartier réputé comme très agréable. Résidentiel et assez huppé (comme tout le centre de Moscou) il est vrai que j’y ai moins rencontré de larges boulevards qu’ailleurs, et que certaines rues semblaient presque « provinciales » !

Cependant, peut-être était-ce la météo qui décida de me jouer un mauvais tour (la pluie accompagna mes pas pendant toute la balade) mais je dois avouer que je ne fus pas transcendée…

Certes, le coin est sympa, surtout quand on compare à d’autres quartiers à taille beaucoup moins humaine de la capitale russe ! Mais après avoir lu des éloges dans mon guide de voyage, je m’attendais tout de même à mieux…

Attention, je ne dis pas que je n’ai pas aimé pour autant ! La balade aurait sans doute été plus agréable au soleil…

J’ai tout de même apprécié le calme du quartier, voir les enfants jouer au bord de l’étang, et avoir l’impression de découvrir un vrai quartier moscovite et pas juste un Disney pour touristes ou oligarques (à l’inverse du Kitaï-gorod).

Un peu plus au nord, sur l’horrible boulevard de ceinture Sennaya, je suis allée jetée un petit coup d’œil à la cour du musée Boulgakov. L’immeuble abrite en fait l’appartement communautaire (colocation de l’époque soviétique où chaque famille occupait une seule pièce… ça fait rêver hein ?) où vécut l’auteur du Maître et Marguerite.

Je ne l’ai pas visité mais j’ai eu droit à ma photo devant la sculpture et le banc Art nouveau, comme cela semble être la tradition !

Pas de photo de l’immeuble, pour ça il aurait fallu risquer sa vie à traverser… ou faire un long détour pour trouver le passage souterrain. J’avoue, la motivation me fit défaut… J’avais hâte de retrouver des rues plus tranquilles.

La maison-musée de Gorki


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Nous y voilà ! Située au no 6 rue Malaïa Nikitskaïa, il s’agit d’une belle demeure dans le style Art nouveau du début du XXe siècle. Pour être honnête, je n’étais pas très familière avec l’œuvre de Maxime Gorki, cet écrivain considéré comme un des fondateurs du réalisme socialisme en littérature !

Ce qui m’intéressait surtout, c’est de pouvoir visiter une authentique demeure Art nouveau, style que j’affectionne particulièrement. Les maisons réalisées entièrement dans ce style étant rares, je ne voulais pas manquer cette occasion !

Même si six jours plein dans une ville comme Moscou c’est peu, cela faisait partie de ma liste, puis je ne résidais pas si loin que ça, alors…

On remarque déjà depuis l’extérieur ce bel édifice Art nouveau, œuvre d’un architecte pétersbourgeois du nom de Schechtel.

Malheureusement entre la pluie et le feuillage, dur de bien pouvoir admirer tous les détails !

Si la maison est connue comme celle de Gorki, il n’y vécut que quelques années, de 1931 à 1936, année de sa mort dans des circonstances douteuses… C’est Staline en personne qui proposa cet ancien hôtel particulier à l’écrivain pour le convaincre de revenir de Sorrente, charmante petite ville située sur la baie de Naples. Entre nous, question cadre et climat, ya pas photo ! Un peu maso le Maxime… Communiste convaincu, il se posait tout de même quelques questions, et on sait que le « petit père des peuples » aimait surveiller autant ses « amis » que ses ennemis !

L’entrée était précédemment gratuite mais nous eûmes la bonne surprise (hum !) de découvrir que ce n’était plus le cas. Il nous fallu débourser 400 roubles (environ 6 € en septembre 2017), soit, comme bien souvent, un peu plus que ce que paient les Russes.

Mais bon quand on aime… Pour ce tarif, le fameux « permis photo » des musées en Russie était inclus, ouf !

Avant de rentrer, il vous faudra enfiler des « patins » sur vos chaussures, on ne plaisante pas avec la propreté en Russie ! Il faut dire que vu le climat, on en a vite plein les semelles…

Les fans d’Art nouveau trouveront donc leur bonheur ici, puisque tout fut minutieusement pensé par l’architecte, que ce soit les plafonds, fenêtres, poignets de porte… Le clou du spectacle : l’escalier monumental, spot selfie par excellence !

On visite surtout la salle à manger, la bibliothèque, la chambre et le bureau de Gorki, avec ses livres et objets personnels. À l’étage, on retrouve surtout une évocation de l’œuvre de l’écrivain et des tableaux rappelant sa vie sur la côte amalfitaine.

J’ai bien aimé cette petite visite, qui m’a rappelé le style de Gaudi et notamment le palais Güell de Barcelone.

Une fois la visite terminée, ne vous enfuyez pas ! Fait bizarre, il faut grimper au tout dernier étage pour découvrir une chapelle privée assez originale, de style Sécession, évoquant ici plutôt Klimt !

En sortant, nous avons pu jeter un petit coup d’œil à la grande église orthodoxe juste en face, au style plus « pétersbourgeois » car ici point de bulbe mais une façade néo-classique. L’intérieur était en travaux. Décidément, nous sommes vraiment abonnés aux églises en travaux lors de ce voyage…

Un peu plus loin, nichée contre un immeuble, nous sommes tombés par hasard sur une autre petite église, à bulbes celle-là… et pas en travaux ! C’est aussi ça Moscou, la ville aux bulbes dispersés un peu partout, même dans les endroits les plus incongrus… Cela tombait bien, je commençais à être en manque de bulbes !

 

Avant que la pluie ne devienne insupportable (vous constaterez la grisaille des photos… et oui, le climat moscovite ne fait pas rêver !), nous avons parcouru un peu le coin, en direction de la rue Bol’shaya Nikitskaya, qui ramène vers la place Rouge.

J’ai pu voir un immeuble « historique », siège de l’agence d’information TASS, sorte d’AFP locale qui subsiste depuis l’époque soviétique.

Je dois avouer que l’architecture de cette immondice en béton ne fut pas trop ma tasse de thé… Encore un contraste, à l’image de la capitale toute entière, où le beau côtoie le laid, où on passe vite de l’émerveillement à l’aversion…

Je n’ai malheureusement pas vraiment peu arpenter la rue, devant vite chercher où m’abriter pour protéger mes poils de la pluie ! C’est que je ne sèche pas vite moi ! La chance sourit au rongeur que je suis et je pus me réchauffer dans un petit établissement aux prix démocratiques, pour une fois, pas une chaîne, contrairement au reste du centre-ville !

Une fois mes poils séchés, direction le quartier de l’Arbat non loin de là pour passer la soirée !

La rue Arbat et ses alentours

Allons découvrir une des plus célèbres rues de la capitale russe ! Piétonne et bordée de bâtiments anciens plutôt bien conservés, elle est au cœur de l’animation du quartier de l’Arbat, à l’ouest du Kremlin et de la cathédrale du Christ-Sauveur.


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Si le quartier présente d’autres points d’intérêt, nous n’avons pas eu le temps de plus l’explorer : six jours dans une ville comme Moscou, ça passe vite !

Je ne fus cependant pas plus transcendée que cela par la rue Arbat, certes jolie (mais pas plus que les rues préservées du Kitaï-gorod) et évoquant plus selon moi un « Disney » pour touristes, avec ces façades parfois trop bien léchées et surtout, égrainant ses boutiques de souvenirs (plus chers qu’ailleurs !) et ses chaînes de restauration.

Ici, aucune place à l’originalité, plus vraiment d’authenticité…

Nous avions d’ailleurs repéré quelques restaurants aux thèmes un peu décalés, qui entre temps se virent remplacés par des… chaînes (!), telle qu’une « chocolaterie » (pas moins de deux succursales ! Le propriétaire serait-il un ami de Vladimir ?).

Nous avons donc jeté notre dévolu sur la chaîne de gastronomie locale Varenichnaya, déjà testée (et approuvée) dans le Kitaï-gorod mais aussi à Kiev !

J’ai cependant bien aimé l’ambiance de la rue, très animée, et pour le coup, pas que par des touristes ! Il me faudra sans doute revenir un jour en journée…

 

rue Novy Arbat

Il faut aussi admettre que comparée au reste du quartier, la rue est très agréable ! Petit havre de paix au milieu de monstrueux boulevards où la voiture est reine et où l’œil, peu apaisé par cette vision inhumaine de béton à perte de vue, ne sait où poser son regard.

Attention en traversant ! Ou plutôt, impossible de traverser sans passer par les passages souterrains, forçant le pauvre piéton à descendre puis remonter, ça use les souliers !

La rue Novy Arbat, parallèle à la rue Arbat, offre justement un saisissant contraste, à l’image de cette capitale où l’ancien et le moderne se mêlent et s’entremêlent, plongeant souvent le visiteur dans une certaine confusion, se demandant alors : « Moscou est-elle une belle ville ? Est-elle agréable ? ». À chacun sa réponse !

Pour terminer cette longue promenade, retour vers la cathédrale du Christ-Sauveur, en passant par la promenade plantée Gogolvesky Boulevard, agréable même de nuit, à l’abri des voitures, et plutôt très fréquentée par les Moscovites, à l’image des paseos espagnols !

Nous débouchons donc sur la majestueuse cathédrale dont le marbre blanc reflète alors superbement la lumière des projecteurs, pour notre plus grand éblouissement. Décidément, c’est vraiment en Russie que j’ai pu voir les monuments et les rues les mieux éclairés !

Le pont du patriarche offre une agréable vue sur le Kremlin, lui aussi brillant de mille feux.

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