
Oubliez les colonnes antiques et les coupoles baroques ! Le quartier Coppedè est l’un des secrets les mieux gardés de Rome.
Imaginez un ensemble de rues où les façades sont habitées par des araignées, des fées et des lustres géants suspendus sous des arches de pierre. Ce petit labyrinthe d’architecture fantastique est le royaume du style « Liberty », la version italienne de l’Art nouveau.
Seul le touriste aimant sortir des sentiers battus ira se perdre au nord de la Villa Borghese, entre la via Salaria et la via Nomentana dans le quartier de Trieste, pour découvrir cet ensemble insolite ! Bon, suivez-moi dans ce guide du quartier Coppedè, avec mon avis et expérience ! 😉
Sommaire
🆘 L’essentiel à savoir pour visiter le quartier Coppedè
- Où se trouve-t-il ? Dans le quartier de Trieste, au nord-est du centre historique.
- Accès : empruntez les tramways n°3 ou 19 (arrêt Piazza Buenos Aires). Depuis le centre, les bus 63, 83 ou 92 vous y déposent également.
- Temps de visite : environ 45 minutes à 1 heure pour une déambulation tranquille. C’est un périmètre réduit mais très dense en détails.
- Accessibilité : les rues sont goudronnées et le relief est plat, ce qui en fait une balade très facile pour les poussettes et les personnes à mobilité réduite.
- Conseil de souris : levez le nez ! La magie de ce quartier se cache dans les hauteurs des façades et sous les voûtes. 🙂
Comment aller dans le quartier Coppedè à Rome
Pour se rendre dans le quartier Coppedè, vous pouvez prendre les tramway n°3 et 19.
Attention, ils ne passent pas dans le centre mais sont en correspondance avec la station de métro (ligne B) Policlinico. Ou bien du centre de Rome, emprunter le bus 92, 63 ou 83.
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Un peu d’histoire : la naissance d’un rêve d’architecte
C’est au lendemain de la Première Guerre mondiale, entre 1913 et 1927, que sort de terre ce petit quartier de Rome qui semble tout droit sorti d’un conte fantastique. Composé de seulement quelques rues gravitant autour de la piazza Mincio, cet ensemble est l’œuvre d’un homme à l’imagination débordante : l’architecte florentin Luigi « Gino » Coppedè.
Un projet inachevé mais grandiose
À l’origine, le plan prévoyait la construction de 17 villas et 26 immeubles. Malheureusement, Gino Coppedè s’éteint en 1927, laissant son œuvre inachevée. C’est son successeur et compatriote florentin, Paolo Emilio André, qui reprendra le flambeau pour terminer les édifices manquants tout en respectant l’esprit initial. Ce quartier n’est pas seulement un lieu d’habitation, c’est un manifeste architectural qui bouscule les codes de la ville éternelle.
Le style Liberty : entre Antiquité et merveilleux
Si Rome est le temple du baroque, Coppedè y a insufflé le style Liberty (le nom italien de l’Art nouveau). Mais attention, ici le style est « éclectique » : il puise ses influences dans l’Antiquité grecque et romaine, le Moyen âge et la Renaissance. On y trouve aussi bien des fresques évoquant des divinités anciennes que des éléments naturalistes typiques de l’Art nouveau : fleurs, animaux fantastiques et courbes organiques se mêlent pour créer une atmosphère mystérieuse, presque ésotérique.
🐭 L’observation de la souris : ce qui est fascinant, c’est que malgré ce mélange de styles qui pourrait paraître indigeste sur le papier, l’ensemble dégage une harmonie incroyable. C’est une parenthèse de calme et de beauté, loin du tumulte des grandes avenues comme la via Salaria.
Balade dans le quartier Coppedè à Rome
Une mise en bouche spirituelle : l’église Santa Maria Addolorata
Avant de pénétrer dans le cœur fantastique du quartier, un premier édifice attire l’œil dès la descente du tramway sur la viale Regina Margherita : l’église Santa Maria Addolorata. Située à deux pas de la piazza Buenos Aires, elle marque l’entrée dans cet univers à part.
Un petit air d’Argentine à Rome
Cette église est l’église nationale d’Argentine à Rome (le nom de la place Buenos Aires prend alors tout son sens !). Construite à la même époque que le quartier Liberty qui l’entoure, elle s’inscrit parfaitement dans cette esthétique du début du XXe siècle. Si elle peut paraître un peu sobre de l’extérieur par rapport à ce qui vous attend plus loin, elle mérite que l’on s’y arrête quelques instants.
Mosaïques néo-byzantines et sérénité
Je n’ai pas pu m’empêcher d’y jeter un coup d’œil curieux ! L’intérieur surprend par ses jolies mosaïques néo-byzantines aux reflets dorés qui apportent une lumière très particulière.
Ce n’est peut-être pas la plus spectaculaire des églises de Rome – la concurrence est rude dans la cité des papes ! – mais quitte à être là, ce serait dommage de s’en priver. C’est une halte paisible avant de se laisser emporter par la folie créative de la piazza Mincio.
🐭 L’astuce de la souris : l’entrée est gratuite et l’accessibilité est bonne, même s’il faut parfois franchir une petite marche. C’est le moment idéal pour faire le vide et préparer ses yeux à lever le nez vers les façades incroyables du quartier Coppedè !
La piazza Mincio : une scène de théâtre à ciel ouvert
L’entrée principale du quartier, située sur la via Tagliamento (tout près de la piazza Buenos Aires), donne immédiatement le ton. Ici, on ne marche pas simplement dans une rue, on entre dans un décor de film fantastique :
L’arche monumentale et le palais des Ambassadeurs
Le quartier Coppedè vous accueille de manière théâtrale avec le palais des Ambassadeurs. Il s’agit de deux immeubles jumeaux reliés par une arche majestueuse qui enjambe la rue.
Sous cette voûte, je suis restée bouche bée devant un immense lustre en fer forgé suspendu dans le vide, entouré d’une multitude d’éléments décoratifs asymétriques : des divinités, des animaux et des blasons qui semblent nous surveiller de haut.
La fontaine des grenouilles : une légende du rock
Une fois l’arche franchie, on débouche sur la piazza Mincio, le centre névralgique du quartier. En son milieu trône la célèbre fontaine des grenouilles (fontana delle rane), réalisée en 1924. Cette pièce de marbre complexe est peuplée d’insectes et de batraciens. Pour la petite histoire, la légende raconte que les Beatles s’y seraient baignés tout habillés après un concert dans la discothèque voisine, le Piper ! 😉
Le palais de l’araignée : surveillez vos têtes !
Parmi les bâtiments qui bordent la place, le palais de l’araignée est sans doute le plus emblématique. Son nom n’est pas dû au hasard : juste au-dessus de l’entrée principale, une immense araignée de pierre a tissé sa toile. C’est un détail un peu mystérieux, presque gothique, qui tranche avec la luminosité des autres façades.
🐭 Le conseil de la souris : si vous voyez une porte entrouverte, n’hésitez pas à jeter un coup d’œil discret. On peut parfois entrer dans les halls de certains bâtiments pour admirer les mosaïques au sol et les plafonds travaillés. C’est souvent là que se cachent les détails les plus raffinés, mais chut, restons discrets comme une souris ! 😉
La villa des fées : un joyau de mosaïques et de couleurs
Si vous ne deviez admirer qu’un seul bâtiment sur la piazza Mincio, ce serait sans doute celui-ci ! La villa des fées (villino delle fate) est le chef-d’œuvre du quartier. C’est un bâtiment de style éclectique qui semble tout droit sorti d’une illustration de conte médiéval.
Un hommage aux cités italiennes
Ce qui m’a frappé, c’est la richesse incroyable des façades. L’architecte Coppedè a voulu rendre hommage aux grandes cités d’Italie à travers des fresques et des mosaïques éclatantes.
En faisant le tour de la villa, qui s’étend sur une partie de la via Brenta, on peut apercevoir des représentations de Florence (avec Dante et Pétrarque), de Venise (avec le lion de Saint-Marc) et bien sûr de Rome. C’est un véritable régal pour les yeux où chaque cm² est travaillé : bois sculpté, fer forgé, briques et vitraux se mélangent avec une harmonie surprenante.
Prolonger la balade : du quartier Coppedè à la villa Torlonia
Le quartier Coppedè étant minuscule (il se concentre vraiment sur la piazza Mincio et ses abords immédiats), nous avons poursuivi notre exploration dans le quartier Trieste pour rejoindre la villa Torlonia, à environ 15 minutes de marche.
Une promenade chic et résidentielle
Cette partie de Rome est très chic et résidentielle. En chemin, je n’ai pas pu résister à faire un tour sur la via Nizza – nostalgie de Nice oblige ! Il faut savoir que ce quartier a été bâti au XIXe siècle, à une époque où ma chère ville de Nice était encore italienne. On y trouve quelques salons de thé et restaurants agréables, même si ce n’est pas le secteur le plus abordable pour faire une pause quand on est une souris attentive à son budget !
🐭 Le conseil de la souris : ne manquez pas la villa Torlonia ! Ce grand parc abrite la Casina delle Civette (la maison des chouettes), un autre exemple de style Liberty absolument fou qui complète parfaitement la visite de Coppedè. C’est aussi là que se trouve l’une des deux antennes du MACRO, pour les amateurs d’art contemporain.
FAQ : vos questions sur ce quartier insolite
Combien de temps faut-il pour visiter le quartier Coppedè ?
Le quartier est très petit (quelques rues seulement). Comptez environ 45 minutes pour en faire le tour en prenant le temps d’admirer les détails des façades et de prendre des photos.
Est-ce que l’entrée du quartier Coppedè est payante ?
Pas du tout ! C’est un quartier résidentiel public. Vous pouvez y circuler librement et gratuitement à toute heure du jour et de la nuit (l’éclairage nocturne sous l’arche est d’ailleurs très suggestif).
Peut-on visiter l’intérieur des villas ?
Malheureusement non. Ce sont des propriétés privées, des bureaux ou des ambassades. Seuls les halls d’entrée sont parfois visibles si la porte est ouverte, mais le spectacle principal se trouve sur les façades extérieures.
Est-ce que le quartier Coppedè est dangereux le soir ?
Pas du tout, c’est l’un des quartiers les plus huppés et calmes de Rome !
Le quartier Coppedè est-il accessible aux personnes handicapées ?
Oui, globalement. Le terrain est plat. Le seul bémol concerne les pavés sur la piazza Mincio qui peuvent être un peu inconfortables en fauteuil roulant, mais les trottoirs sont praticables.
Le quartier Coppedè a-t-il servi de décor de film ?
Oui, le maître de l’horreur Dario Argento y a tourné plusieurs scènes de ses films cultes (comme Inferno).









