L’île Vassilievski : le palais Menchikov et la Kunstkamera de Saint-Pétersbourg

Île Vassilievski vue depuis Saint-Isaac

L’île Vassilievski  est une des îles principales de Saint-Pétersbourg, une des premières urbanisées, après l’île aux lièvres (où se trouve la forteresse Pierre-et-Paul), surtout sur sa partie sud-est.

On y trouve aujourd’hui plusieurs palais et musées ainsi que les célèbres colonnes rostrales, emblèmes de la ville.

Petite balade avec la souris, du métro jusqu’à la pointe de l’île, en visitant le beau palais Menchikov et la Kunstakamera de Pierre le Grand. Nous finirons avec la vue enchanteresse qu’offre la pointe de l’île !

 

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Pierre le Grand pensait édifier le centre de sa nouvelle capitale sur cette île, mais dut y renoncer pour cause d’inondations trop fréquentes (il n’a pas choisi la facilité, hum).

Plusieurs canaux furent creusés, à l’image d’Amsterdam, que le tsar prenait comme modèle, mais aujourd’hui il n’en reste qu’un seul, séparant l’île en deux.

La plupart des musées et monuments célèbres se concentrent au sud-est de l’île, le reste ayant été urbanisé plus tard.

Si tout m’intéresse dans l’absolu, c’est bien sûr cette partie que j’ai parcourue, de la station de métro Vasileostrovskaya (Василеостровская) à la pointe de l’île, où se trouvent les colonnes rostrales, en passant par les quais de la Neva.

Une « petite » balade pour une grande île, mais qui en met déjà plein la vue !

L’avenue 6-7

Oui, voilà un nom bien étrange pour une rue ! Mais à part quelques axes, c’est ainsi que furent nommées les rues de l’île. Hum, original non ? Ou pas, justement…

Après avoir emprunté la ligne 3 du métro, la seule qui dessert l’île, pas d’autres choix que de redescendre cette agréable avenue bordée d’arbres en son centre, et surtout, piétonne ! Oui, les axes piétons étant plutôt rares dans la ville de Pierre, autant le signaler (dommage d’ailleurs, ça aurait rajouté du charme à une ville déjà quasi parfaite, mais je m’égare).

Peu de touristes ici finalement, des petits magasins, des chaînes de restaurants ou coffee shop que l’on retrouve ailleurs dans la ville, une ambiance tranquille, de jolis immeubles de toutes les couleurs, j’ai bien aimé ! De quoi voir autre chose que le « centre ».

J’ai surtout bien aimé la jolie église Saint-André, toute rose, comme mon manteau ! Ah, les églises orthodoxes et leurs couleurs, tout un poème… Les seules qui s’accordent avec mes jolies robes ! Comme bien souvent, les photos ne sont pas officiellement autorisées à l’intérieur, mais comme j’aime bien ramener quelques souvenirs, j’en ai pris une rapidement, et hop, ni vu ni connu ! L’avantage d’être une petite souris 😉

Le quai de l’Université

L’île Vassilievski regroupe douze collèges de l’Université de Saint-Pétersbourg, d’où le nom du quai… Mais c’est surtout là que j’ai pu admirer les plus vieux palais de la ville, tel que le palais Menchikov (blanc et ocre, de style hollandais), ayant appartenu au bras droit de Pierre le Grand.

Un peu plus loin, après l’université et le musée de l’académie des Beaux-Arts, j’ai surtout remarqué la Kunstkamera (pas très russe comme nom, hum), beau bâtiment abritant les musées d’anthropologie et d’ethnographie, mais surtout, au dernier étage, le cabinet de curiosités de Pierre ! Étant justement une petite souris curieuse, j’ai eu envie de le visiter !

Le quai n’étant pas très large, on obtient une meilleure vue… d’en face, sur l’autre rive de la Neva ! Malheureusement le soleil jouait à cache-cache ce jour là (comme souvent ici en fait… ne pas venir à Saint-Pétersbourg pour son climat), mais nous nous sommes rattrapés avec de belles vues nocturnes. Ici tout est bien éclairé, ambiance très romantique voire « magique ».

Le quai de l’Université de nuit

Depuis le quai de l’Université, on peut également admirer la vue sur le quai des Anglais, et sur le quai de l’Amirauté, en face donc.

La vue est très belle et la promenade vaut le coup, mais je déplore tout de même que trop d’espace soit réservé aux voitures. Il n’est donc pas si agréable de se balader le long de la Neva, dommage ! Pour le coup, Anne Hidalgo pourrait venir donner des conseils ici 😉 … et y rester !

 

Les quais des Anglais et de l’Amirauté

Le palais Menchikov

vue sur le palais MenchikovCe beau palais s’avère être le plus ancien de la ville, rien que pour ça, il vaut le détour ! En effet, on ne voit plus grand-chose du style pétrovien dans la ville de Pierre…

Informations pratiques : horaires et tarifs

Le palais est ouvert tous les jours sauf lundi de 10h30 à 18h, et jusqu’à 21h les mercredis et vendredis.

Le tarif est de 300 roubles en 2018 (environ 4€) mais sachez que le billet de l’Ermitage à 700 roubles donne également accès au palais Menchikov, à condition de le visiter le même jour.

Petite présentation

Mais déjà, qui était Alexandre Menchikov ? C’était le bras droit de Pierre le Grand puis le gouverneur de sa nouvelle capitale. Son palais était même plus fastueux que celui du tsar ! Pour la petite histoire, Menchikov était d’origine modeste, comme d’autres proches de Pierre Ier. C’était le début de l’ascenseur social…

La femme de Pierre, future impératrice Catherine Ier, fut d’abord la maîtresse de Menchikov ! Elle aussi d’origine très modeste (une paysanne lituanienne) , elle devint donc la première femme à régner sur la Russie à la mort de son mari. Mais c’est surtout Menchikov qui tirait les ficelles. C’est dire son importance !

Cependant, il tomba en disgrâce peu après la mort de l’impératrice (qui ne régna qu’un an) et finit exilé en Sibérie avec sa famille, où il mourut. Et oui, triste fin pour cet homme ambitieux, comme quoi il ne faut pas être trop gourmand dans la vie !

Son palais fut édifié entre 1710 et 1727 dans le style dit « pétrovien », mélange d’influence hollandaise dont Pierre Ier étant un grand admirateur, et du style français de l’époque. Après la disgrâce de son propriétaire, une école militaire y fut transférée. Le palais était à l’origine bien plus grand que ce que nous voyons.

La visite

Le rez-de-chaussée et le grand escalier

Comme un peu partout en Russie nous pouvons laisser nos manteaux au vestiaire. Par contre, il aura fallu un peu d’attente pour les récupérer, c’était la pause syndicale !

Nous commençons par les quelques pièces du rez-de-chaussée : cuisine, salle à manger (salle des tapisseries), salle des gardes, et une pièce où était présentée une petite collection de… poêles domestiques ! C’est qu’en Russie, ça sert, hum. Il y en a d’ailleurs dans chaque pièce du palais. J’ai surtout bien aimé la cuisine, il faut dire qu’on en voit rarement au final dans les palais !

Nous débouchons alors sur le très bel escalier avant de grimper à l’unique étage visitable.

Le premier étage : les appartements d’Alexandre Menchikov

chambre de Varvara palais Menchikov

chambre de Varvara

L’étage est divisé en deux ailes réparties de chaque côté de l’escalier, la première étant celle des appartements de Menchikov et la seconde celle de sa femme. Outre les salles officielles de réception, on vient surtout pour les superbes pièces recouvertes de petits carreaux de faïence de Delft.

Et oui, l’influence hollandaise était grande ! Mais bon comme l’importation de produits étrangers était déjà chers, les Russes ont fini par faire leur propre faïence. L’illusion est parfaite !

Ce sont vraiment ces pièces qui m’ont le plus tapé dans l’oeil ! Jolies et originales, ça change de ce qu’on peut avoir ailleurs en Russie. N’hésitez pas à admirer les détails ! La plus belle salle est selon moi la chambre de Varvara, belle-soeur de Menchikov, qui dédia sa vie à l’éducation de ses nièces et neveux.

Une autre salle importante est le cabinet de travail de Menchikov, aux murs plaqués de noyer et au superbe plafond !

Pour finir, la jolie salle de bal tranche un peu avec le reste du décor, mais j’ai pu me sentir comme une princesse avec ma jolie robe.

Les appartements de Daria Menchikov

Nous découvrons alors les appartements de Mme Menchikov, apportant une touche plus féminine ! J’ai surtout noté le beau salon chinois, une salle de réception aux murs recouverts de soie peinte et le bureau comportant de nombreux tableaux d’époque, dont plusieurs portraits.

Cerise sur le gâteau : la vue sur la Neva ! Dommage, il faisait vraiment moche ce jour-là, c’est donc la vue sur un ciel tout gris et parsemé de gouttes de pluie que nous avons pu admirer.

Voilà, la visite est finie ! Pour ma part je l’ai trouvée intéressante et j’ai apprécié de découvrir un palais un peu différent des autres et avec un indéniable intérêt historique ! Si vous avez le temps, je recommande.

Dirigeons-nous désormais vers la Kunstkamera de Pierre le Grand. 😉

 

La Kunstkamera de Saint-Pétersbourg et le musée anthropologique

Kunstkamera de Saint-PétersbourgIl s’agit en fait du « cabinet de curiosités » de Pierre le Grand, et du premier musée de Russie ! Curieux de tout, s’intéressant aux sciences et aux techniques, le tsar aimait collectionner les spécimens humains et animaux, surtout des fœtus malformés ! Une vraie curiosité à voir donc… les Russes en sont friands !

Le bâtiment abrite également le musée d’anthropologie et d’ethnographie, réunissant une importante collection sur les peuples du monde.

Informations pratiques : horaires et tarifs

La Kunstkamera et son musée sont ouverts de 11h (oui, c’est tard) à 18h, du mardi au dimanche. Attention, le musée est fermé le dernier mardi de chaque mois (jours de ménage). La caisse ferme 1h avant officiellement, et 1h30 avant quand nous y étions.

Le prix d’entrée est de 300 roubles en 2018, et 150 pour les étudiants. Bon à savoir, l’entrée est gratuite pour tous le 3e jeudi du mois de septembre à avril.

Attention, ce musée est très visité par les Russes, évitez d’y aller le week-end.

En revanche, pour grimper sur la tour-observatoire, il vous faudra débourser 200 roubles de plus et réserver une visite guidée à heure fixe. L’intérêt réside surtout dans la vue sur la Neva. Plus d’infos sur le site officiel.

La visite de la Kunstkamera

Il s’agissait de montrer les effets de la nature et de contrer les idées reçues sur la toute puissance divine. Spécial en effet ! Par contre je préfère prévenir, âmes sensibles s’abstenir ! C’est que la grande salle abrite tout de même un bon nombre d’avortons conservés dans du formol dans de grands bocaux. Pas toujours beau à voir, hum !

Vous y trouverez également le squelette d’un Français qui mesurait 2,27 m ! Cela impressionna le tsar, pourtant lui aussi bien grand (2,03 m… et oui, grand par la taille et les actes).

Un mot sur le musée anthropologique…

Si c’est bien la Kunstkamera qui nous intéressait (oui je sais, on a des goûts bizarres…) nous avons bien évidemment fait un tour du reste du musée ! On y retrouve des objets, costumes, reconstitutions d’intérieurs (même des maquettes) des différents peuples du monde, répartis selon les continents.

Cela s’avéra intéressant, au final on voit peu de musées du genre ! Dommage que le musée soit resté dans son jus, un peu poussiéreux donc. Il vaut mieux avoir du temps devant soi pour lire tous les panneaux. Cela ne manque pas d’intérêt, mais je dois avouer que nous n’avions pas tout lu… La plupart des panneaux sont traduits en anglais, mais certaines choses ne sont présentées qu’en russe, un peu dommage.

Le musée comporte également une jolie rotonde et une belle vue sur la Neva ! Au soleil cette fois 😉 .

Là encore, j’espère vous avoir donné envie ! 🙂

La pointe de l’île Vassilievski, ou « Strelka »

Pointe de l’île Vassilievski

C’est bien là le but de la balade ! Spot photo très touristique, il serait dommage de le rater !

Après avoir traversé un carrefour automobile pas vraiment agréable (beaucoup d’attente aux feux rouges ici, des détours pour trouver le passage piéton… et ne vous avisez pas de traverser hors des clous, même pour une petite souris c’est dangereux), nous voilà face aux célèbres colonnes rostrales !

Elles servaient à l’origine de phares pour guider les bateaux et célébraient les différentes victoires navales de la Russie. Très impressionnantes, n’est-ce pas ? 😉

Les statues aux pieds des colonnes symbolisent les quatre grands fleuves de l’empire russe : la Volga, la Neva, le Dniepr (que j’ai vu à Kiev) et le Volkhov.

La pointe de l’île abritait le premier port de Saint-Pétersbourg, reporté plus loin vers le golfe de Finlande, les bateaux s’y sentant un peu à l’étroit. Sur la place Birzhevaya (Биржевая) il reste les bâtiments de l’ancienne bourse et des douanes, reconvertis en musées, notamment le musée de zoologie. J’aurais pu y voir des copains animaux, mais bon, je dois avouer que je n’ai pas parcouru 3000 km pour ça !

Vue sur le quai du Palais

Pour l’anecdote, tous ces bâtiments furent construits par un Français : Thomas de Thomon. Avec un nom qui sonne si bien, il ne pouvait pas se rater, c’est très harmonieux, même si je dois avouer que ce n’est pas non plus le style que je préfère ! Et oui, les architectes français et italiens avaient la côte auprès de Pierre le Grand.

Le clou du spectacle, et la raison pour laquelle tout le monde se précipite ici, réside dans la vue qu’offre la pointe de l’île !

Super panorama sur le quai du Palais, juste en face du musée de l’Ermitage et ses différents bâtiments, ainsi que sur la forteresse Pierre-et-Paul.

Nous nous sommes avancés vers le pont qui relie l’île Vassilievski et l’île Petrogdski en face, la vue est pas mal aussi !

Venez-y de jour et de nuit, vous repartirez avec de belles images plein la tête. J’en rêve encore 😉

Bien sûr, avec plus de temps, il est possible d’explorer l’île plus en profondeur et de visiter ses musées. Outre ceux mentionnés plus haut, on trouve également le musée Erarta d’art contemporain. Plus « insolite », le cimetière protestant de Smolensk et bien sûr les églises !

Si vous débarquez à Saint-Pétersbourg en bateau de croisière, vous verrez donc en premier le port situé à l’autre extrémité de l’île.

Découvrez la Neva et les canaux lors d’une balade en bateau

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