Visite du château de Champs-sur-Marne, sur les pas de la marquise de Pompadour : photos et infos pratiques

Château de Champs-sur-MarneLe château de Champs-sur-Marne se situe à 20 km à l’est de Paris, dans l’actuelle ville nouvelle de Marne-la-Vallée.

Lieu de séjour de la marquise de Pompadour à la fin des années 1750, racheté et restauré par la famille Cahen d’Anvers au XIXe siècle, ce château présente une superbe décoration intérieure caractéristique du XVIIIe siècle.

Il est entouré d’un vaste parc à la française de 85 hectares, dessiné par un neveu de Le Nôtre, avec ses perspectives et ses bassins.

Étant une souris élégante et raffinée, passionnée de culture et de beaux châteaux (je m’y sens comme une princesse, mais je m’égare…), j’ai donc revêtue ma jolie robe pour aller visiter ce petit bijou !


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Infos pratiques

Horaires et accès

L’accès n’est pas trop compliqué et on peut aisément y aller avec les transports en commun : prendre le RER A, branche Marne-la-Vallée-Chessy, descendre à Noisiel, puis prendre le bus 220 RATP, direction Bry-sur-Marne RER, qui dépose à 100 mètres du château en 8 mn (arrêt mairie de Champs). La fréquence est de 15 mn, mais seulement 30 mn les dimanches et fêtes.

En voiture, le château n’est pas très éloigné de l’autoroute A 4, ou de l’A 104 (Francilienne).

De début octobre à fin mai, le château est ouvert sauf le mardi de 10 h 00 à 12 h 15 puis de 13 h 30 à 17 h 00.

De fin mai à fin septembre, la fermeture est à 18 h. Le parc reste ouvert en continu et ferme 30 min après le château.

Tarifs

Le tarif d’entrée est de 8 € en 2018, mais gratuit pour les – de 26 ans, chômeurs, etc.

Histoire du château de Champs-sur-Marne

Château Champs sur Marne côté jardinJe vous rassure, on fait court, juste afin de mieux comprendre l’histoire des lieux et la décoration actuelle.

Cette jolie maison de plaisance est élevée par l’architecte Jean-Baptiste Bullet de Chamblain de 1703 à 1707, avec une architecture extérieure française classique, mais un plan intérieur particulièrement innovant pour l’époque : les pièces ne sont plus disposées en enfilade mais accessibles par des dégagements bien étudiés, les chambres ont toutes une garde-robe et une salle à manger dédiée à cet usage apparait.

Comme bien souvent, ce château est construit pour un financier, Paul Poisson de Bourvallais, nom peut-être prédestiné, c’était également celui de la marquise de Pompadour ! Il n’en profitera pas longtemps : il est arrêté et son château est vendu aux enchères !

Racheté par la princesse de Conti, fille légitimée de Louis XIV et de sa première favorite Louise de La Vallière, elle l’offre à son cousin le duc de La Vallière. C’est son fils Louis-César, bibliophile de bon goût mais de mœurs discutables, qui possède le domaine de 1739 à 1763.

Il y reçoit Diderot, Voltaire ou encore d’Alembert et fait décorer les salons par le peintre Christophe Huet, dont les fameuses chinoiseries. En 1757, il loue le château à son hôtesse la plus célèbre, qui n’est autre que la marquise de Pompadour, pour la coquette somme de 12.000 livres. Elle y séjourne ponctuellement trois années de suite, et y réalise des dépenses considérables.

Le château traverse heureusement sans trop de dommages l’époque révolutionnaire, même si le mobilier est malheureusement vendu et dispersé. Après avoir appartenu à plusieurs propriétaires, il est finalement racheté en 1895 par le banquier Louis Cahen d’Anvers (décidément, ils avaient bon goût ces financiers !), passionné du XVIIIe siècle qui le fait restaurer par l’architecte Destailleurs et le remeuble.

mirand-ticketIl l’adapte toutefois au confort moderne de la grande bourgeoisie du XIXe siècle. Des salles de bains sont ainsi ajoutées, fait rare même pour cette fin XIXe siècle !  A cette époque, le parc est restauré par Henri Duchêne (ça ne s’invente pas !).

En 1935, son fils Charles lègue le château à l’État et lui vend le mobilier : ainsi de 1939 à 1974, le château accueille les chefs d’État étrangers en visite en France dont bon nombre de dictateurs africains, avant d’être finalement géré par le centre des monuments nationaux et ouvert au public.

De 2006 à 2013, le château est fermé pour une vaste campagne de restauration qui était devenue très urgente après l’effondrement d’un plafond attaqué par la mérule. On visite aujourd’hui un beau château XVIIIe siècle entièrement décoré et meublé, subtilement adapté au confort moderne par les Cahen d’Anvers qui l’ont légué dans son état des années 1930.

Pour la petite histoire, le château étant assez similaire au palais de l’Elysée, dans lequel on ne peut évidemment pas tourner de films, il est régulièrement utilisé pour des tournages censés se dérouler dans ce fameux palais de la République ! (Le promeneur du Champ-de-Mars…) De nombreux films historiques y ont par ailleurs été partiellement tournés, comme Les liaisons dangereuses, Le colonel Chabert, L’allée du Roi, Ridicule, Napoléon, Marie-Antoinette, ou encore la série télévisée Versailles, etc.

La visite du château de Champs-sur-Marne

Les robes de la chambre d'apparat

Les robes de la chambre d’apparat

On pénètre dans le château par le sobre vestibule, qui donne accès aux escaliers et aux pièces de service, et ouvre directement sur le grand salon, avec sa vaste perspective sur les jardins.

Le château présente deux espaces distincts : le rez-de-chaussée constitué de pièces de réception, et l’étage qui est un espace privé. Les combles accueillent le personnel tandis que le sous-sol abrite les cuisines.

Lors de ma visite en 2016, était présentée le premier volet d’une exposition prévue sur trois années, « Histoire en costumes ».

Cette année, l’élégance du XVIIIe siècle est à l’honneur avec une trentaine de robes et de costumes masculins reconstitués d’après des cartons d’époque, ornant les différentes pièces du château. Aimant les belles robes, cette expo était pour moi ! De plus, ces costumes ont l’avantage de donner en quelque sorte vie aux pièces, on croirait presque voir déambuler des personnages d’époque !

Le rez-de-chaussée

Dans l’aile droite (à l’est), après le grand salon central, on parcourt successivement le fumoir, le superbe salon chinois, le salon rouge, transformé en bureau en 1928, puis le boudoir ou cabinet en camaïeu, décoré de peintures en camaïeu bleu par Huet représentant des pastorales chinoises, et enfin la bibliothèque-billard, qui communique avec le fumoir et possède un beau billard français de 1906.

Le grand salon

Dès l’entrée, on est ébloui par la vue sur les jardins grâce à ses trois grandes baies cintrées. Devant les fenêtres, une vasque en marbre du XVIIIe siècle provient d’Italie. J’ai bien aimé la décoration élégante et raffinée, mais pas trop chargée !

Le fumoir

Cet espace très masculin a vu ses panneaux décapés au XIXe siècle afin de laisser apparaître le bois nu, hormis les dessus-de-porte sculptés. Sur le mur droit, une grande tapisserie de Beauvais, du XVIIIe siècle, représente l’empereur chinois Kangxi (1662-1722) en voyage.

Le salon chinois

La pièce majeure est incontestablement le salon chinois : cet espace de réception est décoré de chinoiseries peintes en 1748 par Huet. Ces boiseries peintes sont intéressantes à détailler, on y voit un Extrême-Orient imaginaire, avec des animaux exotiques et… des Chinois aux traits très européens !

Le salon est doté par les Cahen d’Anvers de fauteuils de style Louis XV recouverts de tapisseries de Beauvais représentant les fables de La Fontaine, ensemble réalisé d’après les cartons d’Oudry, le directeur de la manufacture. Probablement ma pièce préférée, où je ne me suis pas lassée d’admirer tous les détails ! Ah, si je pouvais avoir la même chose chez moi…

Dans l’aile gauche (à l’ouest), on découvre, dans le prolongement du grand salon, la salle à manger, la chambre de Gilbert Cahen d’Anvers, le petit-fils de Louis, décorée par Destailleurs en 1898 comme chambre d’amis, le couloir des offices réservé à la circulation des domestiques et enfin la petite salle à manger des enfants, qui dînaient séparément de leurs parents selon les usages bourgeois.

La (grande) salle à manger est une des premières du genre puisque auparavant, on se contentait de dresser la table dans une antichambre. Elle présente des dessus de portes d’Oudry et de Desportes (!), des peintres animaliers du XVIIIe siècle. J’aime bien les peintures animalières, même si malheureusement les souris ne sont pas souvent à l’honneur, dommage !

La salle à manger

Autres pièces du rez-de-chaussée

L’étage

Après avoir gravi l’escalier d’honneur, on accède à l’étage. Le palier ouvre sur le salon de musique, qui offre une très belle vue dans l’axe des jardins. La vocation de la pièce ne date que du XIXe siècle et est confirmée par la jolie frise. On y observe les portraits sur chevalet du couple Cahen d’Anvers : Louis à droite et son épouse à gauche en entrant.

Dans l’aile gauche, on voit successivement la chambre d’honneur ou chambre d’apparat de Madame de Pompadour, avec son lit à la duchesse reconstitué, et de superbes boiseries rocailles. Autre pièce que j’ai bien aimé. Dans une chambre pareille, je ferais certainement de beaux rêves 😉

Le salon d’angle comporte également de très belles boiseries rocaille. Décidément, j’aime vraiment la décoration de l’époque, je suis conquise !

On pénètre alors dans la chambre de Monsieur et Madame Cahen d’Anvers, qui ne dormaient pas séparément contrairement à l’usage bourgeois de l’époque.

Suivent le boudoir de Madame, la salle de bains, étonnement moderne pour la fin du XIXe siècle.

Enfin, nous découvrons la salle de bains de la chambre d’honneur et un escalier de service.

Dans l’aile droite, la chambre bleue, dénommée ainsi par la couleur de ses boiseries XVIIIe siècle, communique avec le salon de musique et le palier de l’escalier d’honneur. Elle donne accès à la chambre grise et sa salle de bains, qu’on ne peut admirer que du seuil de porte, dommage !

Les combles et le sous-sol ne sont visibles que lors des journées du patrimoine, dommage… On rejoint la sortie par l’escalier d’honneur.

 

Le parc du château de Champs-sur-Marne

Après avoir admiré les pièces du château, je n’ai malheureusement pas eu un temps suffisant pour arpenter le vaste parc de 85 hectares, celui-ci fermant seulement 30 mn après le château ! (soit 18 h 30 l’été et 17 h 30 le reste de l’année) Bref, tant pis pour les habitants du coin qui ne peuvent pas en profiter après le travail ou le week-end dans la belle lumière de fin de journée…

J’ai toutefois pu en voir l’essentiel : sa grande perspective de 900 mètres du château vers les bords de Marne (qu’on ne voit pas, tout au fond) ponctuée de deux bassins et les broderies qui le longent, les sobres parterres, le bassin de Scylla, la nymphe se métamorphosant en monstre, à l’ouest l’orangerie, à l’architecture classique caractéristique, le potager et la maison du jardinier. Le parc vaut surtout pour ses perspectives à proximité du château, en s’éloignant, il est traité en parc à l’anglaise d’un entretien plus médiocre.

L’avis de la souris

Ce château relativement méconnu a l’avantage de présenter la décoration et le mobilier du XVIIIe siècle sans la foule d’autres châteaux (Versailles…), surtout en semaine, ce qui est très agréable, et permet de se prendre pour une princesse déambulant dans son domaine… j’étais en effet seule pendant une bonne partie de la visite ! Contrairement aux grands domaines nationaux, grandioses mais assez impersonnels, la visite est bien plus intime, on se replonge dans la vie des familles qui lui ont donné vie ou l’ont fait renaître.

L’accueil du personnel est sympathique et aspect original, chaque salle est dotée d’un histopad, tablette tactile détaillant le mobilier et montrant des extraits des nombreux films qui ont été tournés en ces lieux ! Le château étant assez facilement accessible et d’un tarif d’entrée raisonnable, je vous en recommande chaudement la visite !

Toutes les infos pratiques actualisées sur le site officiel : www.chateau-champs-sur-marne.fr

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