
La Laure des catacombes, ou Laure de Petchersk (en ukrainien Києво-Печерська лавра), plus communément appelée « Laure des grottes », est l’un des joyaux et des symboles absolus de Kiev, la capitale de l’Ukraine.
C’est, aux côtés de la cathédrale Sainte-Sophie, le deuxième site majeur de la ville inscrit sur la prestigieuse liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. Une « laure », un terme qui reste souvent mystérieux pour les lecteurs francophones, désigne tout simplement un monastère de tout premier plan dans la tradition chrétienne orthodoxe.
Ce haut lieu spirituel et historique, profondément ancré dans l’histoire de l’Europe orientale, demeure un centre de pèlerinage incontournable. Dans le contexte géopolitique et les épreuves que traverse actuellement l’Ukraine, la visite de ce site chargé d’histoire prend une résonance toute particulière.
Au cours de cet article, je vous emmène également à la découverte de la vaste zone en plein air du musée de l’Histoire de l’Ukraine dans la Seconde Guerre mondiale (anciennement musée de la Grande Guerre patriotique), situé à proximité immédiate. Que voir, que visiter en images ? Suivez la souris ! 😉
Sommaire
🐭 Conseil de la souris futée
Immense complexe monastique aux dômes dorés surplombant le Dniepr, la Laure des grottes est un véritable voyage hors du temps. Entre églises somptueuses et dédales souterrains, la visite exige respect, discrétion et de bonnes chaussures de marche !
Comment se rendre à la Laure des catacombes de Kiev
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La Laure des catacombes de Kiev est quelque peu excentrée et située sur une colline dominant le Dniepr.
Pour s’y rendre, outre le taxi (à ne pas prendre au hasard dans la rue pour éviter les arnaques) vous pouvez emprunter le métro et découvrir ainsi la station Arsenalna, la plus profonde du monde ! (rien que ça !) avec ses 105 m sous le niveau du sol.
Il vous faudra plusieurs minutes pour parcourir les deux escalators qui vous amèneront à l’air libre !
Après cette aventure (si si, ça impressionne) comptez encore près de dix minutes de marche en ligne droite.
Ou sautez dans un des trolleys-bus qui longe les avenues Ivana Mzepy et Lavrska (pour 3 uah le ticket soit un peu plus de… 0,10 € à l’époque, il était dommage de se fatiguer pour rien !).
Pour l’anecdote et pour actualiser cette portion avec les tarifs de 2026, sachez que le prix du ticket unique pour les transports municipaux à Kiev (métro, bus, tramways et trolleybus) s’établit désormais à 30 UAH (soit environ 0,65 €) à la suite de la revalorisation tarifaire intervenue en juillet 2026 (il était resté longtemps bloqué à 8 UAH).
Même si l’inflation est passée par là, sauter dans l’un des trolleybus qui longe les avenues Ivana Mazepa et Lavrska reste l’option idéale pour s’épargner de la fatigue à moindre coût et admirer les environs sans effort !
Les alentours de la Laure des catacombes
Ni beau ni moche, le quartier de Petcherska (du nom de la laure) propose surtout une balade dans un parc dominant le Dniepr et offrant donc une vue dégagée sur l’autre rive (des quartiers modernes et pas terribles, mais peu importe !).
C’est aussi dans ce parc que se trouve le musée de la Grande Famine (ou Holodomor) et son monument. Pas gai tout ça ? Non, tout comme l’histoire du pays, particulièrement difficile au XXe siècle. Et ça ne s’arrange pas au XXIe… 🙁
Nous arrivons enfin à la laure ! Prévoyez du temps car c’est grand ! Le complexe monastique comporte plusieurs églises et musées. Nous n’avons pas pu tout voir en une grosse après-midi !
Il se divise déjà en deux parties distinctes : la laure haute et la laure basse (un peu plus bas donc) dans laquelle se trouvent les catacombes à proprement parler. Même là, il y a encore deux parties : la proche et la lointaine. Mais nous y reviendrons !
La laure possède aussi plusieurs musées, notamment celui des Arts décoratifs ukrainiens, de la micro-miniature et le musée historique des lieux.
Un peu d’histoire

Le monastère fut fondé en 1051 par deux moines venus du mont Athos en Grèce (où vous ne verrez jamais votre souris préférée car interdit aux femmes, mais je m’égare…) peu après la conversion de la Rus’ de Kiev au christianisme.
Il devint un centre religieux de plus en plus important et riche !
Le monastère possédait en effet les terres environnantes. Tissant des liens étroits avec Constantinople, la laure devint également un grand centre culturel et artistique, un des plus important de toute la Rus’.
Après l’effondrement et le morcellement de ce premier empire ukrainien, son influence diminua mais reprit de plus belle au XVIe siècle !
Les bâtiments et églises furent reconstruits en pleine apogée du baroque ukrainien, que la laure contribua à diffuser dans cette partie de l’Europe.
Pourquoi est-ce un haut lieu de pèlerinage ? En plus de son statut particulier de premier monastère masculin dans le monde russophone, les corps de plusieurs moines y reposent encore.
En effet les premières cellules de moines furent crées dans les grottes que l’on trouvait sur la colline (en ukrainien petchera signifie « grotte »). Plus tard les moines qui les occupaient y furent directement inhumés. La ventilation naturelle des lieux les momifia !
Tout comme à Palerme, Rome ou même Brno, reposent ainsi quelques dizaines de moines, toujours dans leurs cercueils et dans leurs plus beaux habits liturgiques. Vous comprenez pourquoi ce lieu est si spécial et attire les foules !
Entre touristes curieux (enfin, pas tant que ça non plus) et dévots, vous vivrez une expérience unique !
Infos pratiques pour la visite de la Laure des catacombes

Visiter ce haut lieu spirituel et historique ukrainien demande aujourd’hui une certaine souplesse. En raison du contexte géopolitique et de la situation sécuritaire, les horaires d’ouverture des différents espaces (laure haute, laure basse, musées et églises) ainsi que les modalités d’accès peuvent varier de manière imprévisible.
Auparavant, l’enclos monastique de la laure haute fermait ses portes en soirée tandis que les musées cessaient leurs activités plus tôt, avec un système de billetterie fractionné pour chaque exposition ou pour l’ascension du grand clocher. De son côté, la laure basse, cœur des célèbres catacombes, obéissait à des règles et des horaires propres, le tout dans une joyeuse confusion administrative typique où l’anglais se faisait rare !
🐭 Conseil de la souris futée : restez prudents
Si vous vous rendez sur place, vérifiez systématiquement les consignes locales en temps réel, renseignez-vous sur la présence d’abris antiaériens à proximité immédiate du site et gardez à l’esprit que les tarifs en hryvnias (UAH) et les conditions d’accès ont profondément évolué par rapport à mes anciennes visites.
La laure basse

On peut commencer la visite par l’une ou l’autre des laures, sachant que la basse ferme plus tôt. Je vous propose ici une visite de bas en haut !
Là aussi l’enclos est divisé en deux partie : les grottes de proximité et les grottes lointaines. Les deux sont reliées par un passage couvert pour l’hiver, bordé par un chemin et des jardins. Très agréable aux beaux jours !
Dans chaque partie vous trouverez des églises et les catacombes à proprement parler. Il est strictement interdit de photographier l’intérieur des églises ou des catacombes !
N’aimant pas revenir les mains vides, nous avons pu prendre très discrètement UNE photo des catacombes pour vous montrer un peu ce lieu unique.
Il ne fut hélas pas possible d’en prendre des églises, qui possèdent par ailleurs de belles fresques (dommage). Les églises sont typiques du baroque ukrainien, blanches et vertes avec de beaux bulbes dorés.

Je conseille aux dames de garder le foulard sur la tête dans tout l’enclos. On vous prendra moins pour des touristes, mais il s’agit surtout de respecter les usages de ce lieu considéré comme saint.
Et ne portez pas de jupes ou robes trop courtes. Les pantalons sont normalement interdits ! Bien sûr, pas de short pour les messieurs.
Normalement pour pénétrer dans les grottes il faut vous munir d’une bougie (payante mais à prix symbolique).
Dans les catacombes de la laure de proximité il y a du monde ! Je déplore d’ailleurs les groupes de visites qui bloquent le passage…
Les galeries souterraines sont très étroites, claustrophobes s’abstenir ! Le parcours est fléché et jalonné de quelques chapelles.
Il fait sombre, et contrairement à ce qu’on pourrait penser, chaud ! Ne soyez pas étonné de voir les pèlerins embrasser les cercueils…
Bref, une expérience à vivre ! Il y a moins de monde à la laure lointaine. De là, on obtient d’ailleurs une superbe vue sur la laure haute.
La laure haute

C’est dans cette partie de la laure des catacombes de Kiev que se trouvent les différents musées. Nous avons visité celui de la micro-miniature, vraiment fascinant !
Il s’agit d’une série de miniatures pas plus grosses qu’une tête d’épingle qui peuvent s’observer au microscope.
Malheureusement il était interdit de prendre des photos (mais comment en faire de toute façon…). Selon nous c’est vraiment quelque chose à voir !
Nous avons également vu le musée national des arts décoratifs ukrainien, intéressant bien que pas très grand (mais assez dense).
Mais là encore, impossible de faire des photos sans s’acquitter d’un permis spécial dont nous n’avions pas été informés (et ensuite trop tard pour le demander).

De l’extérieur, on pénètre dans l’enclos par l’église-de-la-Trinité-sur-le-Porche et ses belles fresques (malheureusement fermée à la visite quand nous y étions).
La place centrale comporte la cathédrale de la Dormition, détruite pendant la Seconde Guerre mondiale et seulement reconstruite en 2000 (on peut d’ailleurs voir une pierre trônant à côté, unique vestige de l’église d’origine), le grand clocher et l’église-réfectoire.
Ces bâtiments étaient d’ailleurs représentés dans le parc Ukraine en Miniature.
Apparemment ouverte uniquement pour les messes, nous avons eu la chance de pouvoir visiter l’intérieur de la cathédrale (pendant un office, donc) mais pas de prendre des photos (oui, journée frustrante en terme de photos).
On peut tout de même vous dire qu’elle est très similaire à l’église du monastère Saint-Michel (reconstruite à la même époque). En revanche il fut possible d’en faire dans la superbe église-réfectoire (voir plus bas).
Plusieurs autres églises sont présentes dans l’enclos, mais nous n’avons pas pu les visiter (on espère bien y retourner !).
Quant à la grimpette dans le clocher, après avoir épuisé nos pattes lors de l’ascension de celui de Sainte-Sophie, nous avons passé notre tour. De toute façon il s’est mis à faire moche !
Vous trouverez également des cafés et boutiques de bondieuseries. Avis aux souris pisseuses, les toilettes sont à la turque, comme dans bien d’autres endroits du pays…
L’église-réfectoire de la laure haute
Construite en 1895, elle se compose de deux parties (elle aussi…) : une salle rectangulaire, où les moines (plus de mille à l’époque !) prenaient leurs repas, et une salle ronde avec une superbe coupole, qui rappelle la Sainte-Sophie de Constantinople.
On admire surtout les superbes fresques début XXe siècle, dans le style Art nouveau ! Là encore, dur de prendre les détails en photos pour cause de messe…
Musée de la Grande Guerre patriotique

Un peu plus loin en contrebas, toujours sur une colline dominant le Dniepr, se trouve le musée de l’Histoire de l’Ukraine dans la Seconde Guerre mondiale (anciennement musée de la Grande Guerre patriotique).
Une partie se visite librement en plein air, offrant le spectacle des différents chars, avions, canons, ainsi qu’un monument en bronze représentant des soldats.
C’est là aussi que trône fièrement la statue de la Mère Patrie, qui domine la ville et que l’on peut admirer de loin, véritable emblème de Kiev !
D’une hauteur de 62 m, 105 m avec le socle, elle fut inaugurée en 1992, ironiquement à la fin de l’URSS, dont elle est un pur produit !
À titre indicatif la Statue de la liberté mesure 93 m avec son socle… Le socle abrite la partie intérieure du musée (fermeture à 18 h). Il est possible de grimper dans la statue, mais seulement avec un guide et par petit groupe.
Ascension apparemment très sportive, donc pas pour moi, hum. L’esplanade semble être devenue un lieu de promenade pour les Kiéviens, venus admirer le coucher de soleil sur le Dniepr.
FAQ : visiter la Laure des grottes de Kiev aujourd’hui
Est-il possible de visiter la Laure des grottes de Kiev en période de guerre ?
Le site reste ouvert et accessible, mais la visite s’effectue dans un contexte très particulier marqué par le conflit en Ukraine. Il est indispensable de se renseigner en amont sur place concernant les consignes de sécurité, les horaires d’ouverture susceptibles d’être modifiés et les éventuelles restrictions d’accès liées aux alertes aériennes.
Quelles sont les précautions à prendre sur place ?
En raison de la situation, soyez particulièrement attentif à la proximité des abris antiaériens lors de vos déplacements. Par ailleurs, les règles vestimentaires traditionnelles dans les lieux saints orthodoxes restent de mise (tenue couverte pour les épaules et les genoux, et port du foulard conseillé pour les femmes dans certaines églises).
Quels sont les incontournables à ne pas manquer dans le complexe ?
Le site se divise en deux parties principales : la laure haute (avec ses magnifiques cathédrales aux dômes dorés et ses musées) et la laure basse (abritant les célèbres catacombes souterraines où reposent les moines momifiés). Prévoyez également un saut vers le mémorial et le musée de la Seconde Guerre mondiale situé juste à côté.
Comment se rendre à la Laure depuis le centre de Kiev ?
Le complexe est facilement accessible depuis le centre-ville en empruntant les transports en commun (le métro via la station Arsenalna, la plus profonde du monde, suivie d’une jolie marche ou d’un court trajet en bus).

Bonjour, Merci bcp pour cette présentation détaillée et les infos très utiles pour préparer la visite de la Laure. ainsi que les magnifiques photos.
J’ajouterais que pour la fameuse statue de la Mère Patrie, à l’origine l’épée était plus longue mais elle a dû être « écourtée » pourquoi ? Il y 2 versions :
1/ pour ne pas dépasser la croix du monastère la Laure des Grottes
ou
2/ pour ne pas dépasser un monument similaire en Russie à Moscow ou Volgograd….
Car la statue est tournée vers Moscow….
Merci pour ces anecdotes !