Brno (prononcé Berno… enfin, à peu près !), avec ses quelque 400.000 habitants, est la deuxième ville de République tchèque et la bouillonnante capitale de la région de Moravie.
Idéalement située au sud-est du pays, à environ 200 km de Prague et à peine 130 km de Bratislava (la capitale slovaque), elle s’épanouit au confluent des rivières Svitava et Svratka. Longtemps restée dans l’ombre de sa grande sœur praguoise, Brno séduit aujourd’hui les voyageurs avec son ambiance jeune, son architecture avant-gardiste et son patrimoine historique insoupçonné.
Au cours de ce séjour, je vous emmènerai également en excursion à Třebíč, une merveilleuse cité voisine dont le quartier juif et la basilique sont classés au patrimoine mondial de l’UNESCO.
Que visiter à Brno en 1 jour ? Que faire à Brno en 2 ou 3 jours ? Quelles sont les meilleures activités à Brno et où trouver les meilleures tables ? Je vous dis tout dans ce guide de Brno de la souris, avec mon avis et mon expérience terrain ! 😉
Sommaire
- Que faire à Brno : les meilleures activités et visites incontournables
- Plan de Brno
- Comment se rendre à Brno
- Pourquoi visiter Brno en Moravie
- Quand visiter Brno ?
- Combien de temps prévoir pour visiter Brno ?
- Petite histoire de Brno : du bastion impérial à la cité de l’avant-garde
- Visiter le centre de Brno
- Que faire à Brno quand il pleut ?
- Où manger à Brno
- Avis de la souris sur Brno
- Visiter Třebíč en Moravie : patrimoine juif et basilique romane
🐭 L’essentiel pour visiter Brno
- La durée idéale : prévoyez 2 à 3 jours pour explorer tranquillement la ville, découvrir son incroyable architecture fonctionniste (comme la célèbre villa Tugendhat) et vous échapper une journée à Třebíč.
- Comment s’y rendre : le train est ultra-pratique depuis Prague, Vienne ou Bratislava, avec une gare centrale située à deux pas du centre historique.
- Le point de vue incontournable : grimpez au sommet de la tour de l’ancien hôtel de ville ou rendez-vous sur l’esplanade du château de Špilberk pour admirer les toits de la cité.
- L’ambiance locale : profitez de la vie étudiante très animée, des innombrables cafés branchés et des caves à bière traditionnelles qui font battre le cœur de la Moravie.
Que faire à Brno : les meilleures activités et visites incontournables
Prêts à explorer la bouillonnante capitale de la Moravie ? Voici le plan détaillé de mon parcours pour ne rien rater des pépites de Brno :
- La place Svobody (Náměstí Svobody) : le cœur vibrant de la ville ! C’est la place centrale où tout le monde se retrouve, animée par ses terrasses, ses bâtiments historiques et son curieux horloge phallique en granit noir qui ne manque jamais d’intriguer les passants.
- Zelný trh (le marché aux choux) : une place historique fascinante et pittoresque où se tient quotidiennement un marché de producteurs coloré. Ne manquez pas d’admirer sa magnifique fontaine baroque Parnas au centre, et descendez explorer les mystérieuses catacombes et le labyrinthe sous le marché !
- L’ancien hôtel de ville (Stará radnice) : le plus ancien bâtiment laïc de la ville, reconnaissable à son portail gothique flamboyant sculpté. C’est ici que sont exposés le fameux dragon de Brno (qui est en réalité un crocodile empaillé) et la célèbre roue de charrette. Vous pouvez aussi grimper au sommet de sa tour pour profiter d’un panorama exceptionnel.
- Le nouvel hôtel de ville (Nová radnice) : situé sur une place voisine, cet ancien complexe de cours Renaissance abrite aujourd’hui l’administration municipale et offre de superbes arcades intérieures à admirer.
- La cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul (Petrov) : juchée sur sa colline, elle domine majestueusement le centre-ville avec ses flèches néogothiques caractéristiques. Ses cloches sonnent d’ailleurs curieusement à 11 h au lieu de midi pour commémorer une vieille ruse historique face aux Suédois.
- L’architecture Art nouveau et fonctionnaliste : ouvrez l’œil en vous promenant en dehors du noyau médiéval ! Brno regorge de pépites Art nouveau et surtout d’une architecture fonctionnaliste avant-gardiste unique au monde, dont la célèbre villa Tugendhat (classée à l’UNESCO) est le joyau absolu.
- Le couvent des Capucins et ses momies : une visite insolite et un brin mystique en plein centre-ville pour découvrir les cryptes où reposent les moines capucins et les notables locaux, remarquablement conservés à travers les siècles.
- Le musée des jouets et le village morave : une halte pleine de nostalgie et de charme pour replonger en enfance, découvrir des collections de jouets anciens et s’imprégner des traditions populaires de la région.
Plan de Brno
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Comment se rendre à Brno

Pour visiter Brno, plusieurs possibilités… La ville dispose d’un aéroport mais pas de liaisons directes vers Paris. Ryanair propose des vols vers Londres ou Milan.
On peut donc au choix se rendre à Prague puis prendre le train (2 h 30 de trajet pour 200 km, ce qui est rapide pour le pays, et oui !) ou un bus.
Ou bien encore atterrir à Vienne ou alors Bratislava et prendre ensuite le train (ou le bus).
C’est cette option que nous avons choisie. Après notre arrivée à l’aéroport de Bratislava nous avons donc pris le bus qui se rend à la gare ferroviaire principale (ticket de 60 min pour 90 cts), puis le train vers Brno (1 h 30 de trajet, un train toutes les 2 h environ) pour 10 €.
Gros moment de solitude au guichet quand on a voulu nous envoyer à Vienne car on ne comprenait pas notre prononciation de Brno (faut dire que c’est pas facile…).
Alors qu’entre nous, les deux noms de ville ne se ressemblent pas vraiment ! Pensez donc à soigner votre prononciation ou mieux, écrire le nom de la ville ! (on a fini par faire comme ça…).
Bien sûr la visite de Brno peut s’inscrire dans un parcours en voiture à travers le pays… Mais il sera difficile de se garer dans le centre.
La gare de Brno se situe à l’entrée du centre-ville et est desservie par de nombreuses lignes de tram. Donc pas de soucis pour retrouver votre lieu de séjour ! 😉
Pourquoi visiter Brno en Moravie
Brno, deuxième ville de République tchèque, offre un mélange d’histoire et de modernité. Brno n’est pas une ville très touristique, contrairement à Prague (au moins on respire, me direz-vous…), pourtant selon moi elle mérite d’être connue.
La ville est étendue mais son centre historique n’est pas très grand, si on manque de temps on peut donc y passer une grosse demi-journée, cela vaut le coup.
Le centre de Brno est plutôt joli et agréable (et vivant !) Il concentre des joyaux architecturaux, comme la cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul ou l’hôtel de ville gothique.
On y trouve un savoureux mélange de styles architecturaux, mais la grande partie des bâtiments date du XIXe siècle, en styles néo-baroque, historiciste et Art nouveau (ça tombe bien, on aime bien tout ça…).
Le but de notre séjour était de découvrir non seulement Brno mais aussi plusieurs villes moraves, Brno servant de base de départ pour des excursions en transport.
Nous avons donc pu visiter la belle ville d’Olomouc (considérée comme la plus belle du pays après Prague) et les petites bourgades de Třebič et Kroměřiž.
Lors du séjour à Brno, nous logions à environ 5 min de la vieille ville dans un studio au calme donnant sur un jardin, déniché sur Airbnb pour 32 €/nuit.
Nous avons consacré deux jours à la découverte de Brno (son centre historique et quelques musées).
On peut aussi y visiter la villa Tugendhat, classée à l’UNESCO, qui incarne l’architecture moderniste.
Ville universitaire dynamique, Brno propose aussi une vie culturelle riche, avec musées, galeries et festivals. Son ambiance conviviale et ses brasseries locales complètent la visite.
Quand visiter Brno ?
La meilleure période pour visiter Brno s’étend de mai à septembre, quand les températures sont douces et les terrasses animées. Le printemps dévoile les parcs en fleurs, tandis que l’été accueille de nombreux festivals, comme Ignis Brunensis et ses feux d’artifice.
L’automne reste agréable, notamment pour explorer les caves viticoles de Moravie du Sud. L’hiver, plus calme, permet de profiter des marchés de Noël traditionnels.
Combien de temps prévoir pour visiter Brno ?
Un séjour de deux jours suffit pour découvrir l’essentiel de Brno.
Une journée à Brno peut être consacrée au centre historique, à la cathédrale, au Špilberk et à la villa Tugendhat.
Un week-end de 2 jours à Brno offre le temps d’explorer les musées, de profiter de l’ambiance étudiante et d’effectuer une excursion vers les grottes du karst morave toutes proches. Pour un rythme plus tranquille et des découvertes gourmandes, trois jours sont idéaux.
Petite histoire de Brno : du bastion impérial à la cité de l’avant-garde
Accrochez vos moustaches, la capitale de la Moravie a un passé sacrément riche sous le capot ! Deuxième ville de République tchèque, Brno tire ses origines d’une modeste forteresse slave érigée dès le IXe siècle. Mentionnée pour la première fois dans les textes en 1091, la cité s’impose rapidement comme le centre névralgique et administratif du margraviat morave au fil du Moyen Âge.
Ses rouages économiques s’accélèrent aux XIIIe et XIVe siècles grâce à l’essor des corporations artisanales et du commerce textile. Et la belle a du caractère : lors des guerres hussites au XVe siècle, elle choisit de rester fidèle au catholicisme et repousse vaillamment tous les assauts. Son fait d’armes le plus glorieux intervient au XVIIe siècle, en pleine guerre de Trente Ans. Lors du terrible siège de 1645, la ville transformée en imprenable bastion impérial réussit l’exploit de tenir tête aux armées suédoises. C’est d’ailleurs pour cette raison historique que les cloches de sa cathédrale sonnent encore l’heure de midi… à onze heures !
Sous la houlette des Habsbourg, Brno change de visage et se modernise à marche forcée. Elle prend une part active dans la Révolution industrielle, devenant un géant de la production textile et métallurgique au point d’être surnommée le « Manchester tchèque ». Usines, cheminées et innovations s’y entassent, attirant une population bouillonnante. C’est d’ailleurs dans ses murs, au cœur de l’abbaye Saint-Thomas, que le célèbre moine Gregor Mendel mène au XIXe siècle ses recherches révolutionnaires sur l’hérédité et la génétique.
Le XXe siècle apporte son lot de tourments avec les traumatismes des deux guerres mondiales et le douloureux départ de sa communauté germanophone. Mais la ville sait renaître de ses cendres et retrouve toute sa superbe après la chute du régime en 1989, s’affirmant aujourd’hui comme un pôle universitaire, judiciaire et technologique de premier plan.
Résultat aujourd’hui ? Un cocktail irrésistible entre patrimoine historique, audace architecturale (symbolisée par la légendaire villa Tugendhat, chef-d’œuvre du fonctionnalisme classé à l’UNESCO) et une ambiance follement jeune, branchée et accueillante ! 😉
Visiter le centre de Brno
Comme je le disais, le centre de Brno n’est pas immense : entièrement piéton (même si quelques tramways faufilent leurs voies entre les pavés), il se parcourt extrêmement bien à pied, au gré de nos envies.
Place Svobody de Brno
Tout s’articule autour de sa place principale, la náměstí Svobody (place de la Liberté). C’est le poumon vibrant de la cité, bordé de superbes demeures bourgeoises, à l’image de la célèbre maison aux Quatre-Impérateurs ou de la somptueuse façade Renaissance de la maison de Lipá, richement décorée de fresques en sgraffites représentant des scènes allégoriques.
Certes, on peut regretter que quelques constructions modernes ou blocs de béton plus austères viennent parfois perturber l’harmonie historique. Heureusement, ces intrus restent minoritaires et l’on ne trouve aucune tour hideuse défigurant le cœur ancien !
Au milieu de l’animation trône la fameuse horloge de Brno, inaugurée en 2010. D’une forme phallique pour le moins surprenante en ogive de granit noir, son design futuriste n’est pas sans rappeler la Torre Agbar de Barcelone. Son mécanisme à l’affichage pour le moins cryptique reste un mystère impénétrable pour le commun des mortels : chaque jour à 11 h, elle libère une petite bille de verre que les collectionneurs s’arrachent. Qu’on l’adore ou qu’on la trouve loufoque, elle ne laisse personne indifférent et suscite toujours autant la curiosité ! 😉
Zelny trh
En remontant doucement les ruelles (oui, car le centre de Brno réserve de charmantes petites déclivités !), on tombe nez à nez avec Zelný trh, l’historique place du Marché-aux-Légumes. C’est l’une de mes places préférées : pittoresque et animée chaque jour par des étals de producteurs hauts en couleur.
Au centre de cette effervescence trône la spectaculaire fontaine Parnas, un chef-d’œuvre baroque sculpté au XVIIe siècle. C’est un amas rocheux théâtral et surprenant sur lequel Hercule terrasse des monstres mythologiques, entouré d’allégories représentant les grands empires de l’Antiquité.
La place abrite également le Théâtre Reduta, l’un des plus anciens théâtres d’Europe centrale, où un certain Wolfgang Amadeus Mozart s’est produit en concert à l’âge de onze ans à peine ! En haut de la place se dresse le majestueux palais Dietrichstein, qui abrite le principal pavillon du musée de Moravie (Moravské zemské muzeum).
Nous n’avons pas résisté à l’envie d’y entrer : la collection retrace avec brio l’histoire de la région à travers les siècles, de la préhistoire (avec des vestiges de l’art paléolithique local) jusqu’à nos jours, sans oublier une somptueuse section géologique et minéralogique (vous savez combien j’ai un faible pour les belles pierres scintillantes…). Seul petit bémol à l’époque : les explications en anglais manquaient parfois cruellement à l’appel, espérons que cela se soit amélioré depuis !
Et puisqu’une telle balade creuse l’appétit, nous avons testé et approuvé à deux reprises le restaurant Špaliček, idéalement situé tout en haut de la place : une adresse chaleureuse parfaite pour savourer une délicieuse cuisine locale et réconfortante. Miam ! 🙂
Ancien hôtel de ville de Brno
Dans le reste de la vieille ville, impossible de manquer l’ancien hôtel de ville (Stará radnice), un superbe bâtiment civique de style gothique tardif qui regorge d’anecdotes savoureuses.
En levant les yeux vers son portail monumental, on remarque immédiatement que l’une des petites flèches de la tour est curieusement tordue. La légende locale raconte que l’architecte aurait commis cette coquetterie de mauvaise foi après avoir estimé que la municipalité ne l’avait pas payé à sa juste valeur !
Une fois sous le porche voûté, on tombe nez à nez avec le fameux « dragon » de Brno suspendu au plafond : rassurez-vous, il s’agit en réalité d’un vénérable crocodile empaillé offert au XVIIe siècle, qui fait la fierté des habitants depuis des générations. Vous pouvez également grimper au sommet de sa tour pour profiter d’un superbe panorama sur les toits de la cité.
Nouvel hôtel de ville de Brno
En poursuivant notre flânerie, nous avons mis le cap sur le nouvel hôtel de ville (Nová radnice), situé à quelques pas de là. Installé dans un vaste complexe autrefois occupé par les états de Moravie, ce site mêle de superbes éléments Renaissance et baroques.
Nous avons pris grand plaisir à traverser ses élégantes cours intérieures arcadées pour déboucher directement sur le prestigieux musée des arts décoratifs (intégré à la Galerie morave), niché juste derrière. Une halte parfaite pour les amateurs de design et d’art sous toutes ses formes !
Nous avons parcouru toutes les rues du centre de Brno. Elles sont en général charmantes avec de beaux alignements de façades de styles différents (ou pas… selon les rues).
De là-haut ou d’un peu partout dans les rues, impossible de la rater : la silhouette de la ville est dominée par l’imposante masse du château de Špilberk, perché sur sa colline boisée, une configuration stratégique classique pour tant de cités d’Europe centrale !
Fondé au XIIIe siècle par les rois de Bohême, ce site forteresse a radicalement évolué au fil des siècles. D’abord résidence royale fortifiée, il a été transformé au XVIIIe siècle par les Habsbourg en une terrifiante prison d’État, la plus redoutée de tout l’Empire austro-hongrois. Surnommée à juste titre « la prison des nations », on y enfermait les opposants politiques, les révolutionnaires et de célèbres criminels dans des conditions particulièrement spartiates.
Aujourd’hui, l’atmosphère s’est nettement adoucie : le château abrite le captivant musée de la ville de Brno, qui retrace son histoire mouvementée à travers des expositions permanentes et temporaires de grande qualité. On peut d’ailleurs toujours visiter ses anciennes geôles sombres et humides, ainsi que l’impressionnante pharmacie historique, sans oublier de grimper sur les remparts pour profiter d’un panorama somptueux sur les toits de Brno et ses environs !
Nous n’eûmes cependant ni le temps ni la foi d’y grimper. En effet le mercure est lui grimpé jusqu’à 30°, ce qui est beaucoup pour une pauvre souris ne supportant pas la chaleur…). Nous nous sommes donc contentés de l’admirer d’en bas…
Un jardin a été créé sur un des boulevards extérieurs. On y trouve désormais un théâtre et une fontaine moderne qui crée des dessins avec les projections d’eau.
Cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Brno
Un peu au-dessus du centre-ville (préparez vos mollets, ça grimpe à nouveau !), on tombe nez à nez avec la majestueuse cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul (souvent appelée simplement Petrov par les locaux). Juchée tout en haut de sa colline rocheuse, cette splendide cathédrale de style gothique et néogothique domine la cité de ses deux flèches élancées.
Seul petit bémol pour les photographes en herbe comme moi : la cathédrale est tellement serrée par les bâtiments adjacents qu’il y a assez peu de recul pour l’admirer en entier ou réussir à la cadrer entièrement ! Mais le coup d’œil en vaut largement la chandelle, d’autant que l’on peut pénétrer dans son intérieur richement décoré et même grimper dans l’une de ses tours pour profiter d’une vue plongeante spectaculaire.
Pour un point de vue radicalement différent, je vous conseille de descendre explorer la charmante cour de l’Évêque (Biskupský dvůr) située juste en contrebas, blottie tout près du musée de Moravie. Cet ancien complexe épiscopal offre un cadre paisible et constitue l’un des meilleurs spots pour lever les yeux vers la cathédrale sous un autre angle, loin de l’agitation des rues commerçantes !
Art nouveau et pépites historicistes à Brno : le nez en l’air !
Si Brno est mondialement connue pour son architecture fonctionnaliste d’avant-guerre (incarnée par la célèbre villa Tugendhat, classée à l’UNESCO), son centre-ville historique doit une grande partie de son visage actuel au XIXe siècle.
Cette période faste, portée par l’essor industriel et la bourgeoisie florissante, a vu pousser comme des champignons des immeubles historicistes somptueux, mâtinés de superbes incursions Art nouveau (le fameux Jugendstil ou style Sécession, directement inspiré des influences viennoises de l’époque).
En flânant au hasard des rues un brin en retrait des places principales, nous avons donc pris un immense plaisir à marcher le museau en l’air, à guetter les balcons ouvragés, les motifs floraux sculptés dans la pierre, les mosaïques délicates et les superbes portes cochères qui témoignent du raffinement de cette époque !
Le couvent des Capucins de Brno : une visite insolite
Avis aux amateurs de curiosités historiques un brin hors des sentiers battus ! Niché au fond d’une ruelle paisible bordant l’église des Capucins (sur la place Kapucinské náměstí), le couvent des Capucins de Brno abrite l’un des sites les plus singuliers de la ville : sa crypte funéraire.
On y découvre les corps momifiés de plusieurs générations de moines capucins, ainsi que de quelques généreux bienfaiteurs et nobles locaux qui avaient exprimé le vœu d’être inhumés de la même manière dépouillée, à même la terre, pour symboliser l’humilité face à la mort.
Ce phénomène de momification naturelle n’a rien de surnaturel : c’est le fruit d’un subtil concours de circonstances entre la nature géologique du sous-sol et un ingénieux système de ventilation naturelle qui a lentement asséché et préservé les corps au fil des siècles.
La visite se fait de manière très respectueuse, avec des documents explicatifs fournis en français à l’entrée pour bien saisir la portée spirituelle et historique des lieux. Âmes sensibles s’abstenir, c’est vrai, mais c’était pour nous une étape incontournable tant cette expérience hors du commun marque les esprits !
🐭 Le saviez-vous ? La tradition des cryptes capucines
L’utilisation de cryptes pour exposer les corps momifiés des frères capucins n’est pas une spécificité unique à Brno ! Cet ordre religieux, fondé au XVIe siècle en Italie, a développé une vision de la mort très particulière, axée sur la méditation quotidienne sur la caducité de la vie et l’égalité de tous face au Créateur.
Si la crypte de Brno impressionne par sa sobriété toute morave, elle rappelle immanquablement d’autres sites européens beaucoup plus célèbres :
- À Rome : la crypte des Capucins (Santa Maria della Concezione dei Cappuccini) présente des décors macabres entièrement réalisés avec les os de milliers de frères.
- À Palerme : les célèbres catacombes des Capucins poussent la pratique encore plus loin avec des centaines de corps momifiés et habillés, suspendus ou allongés dans les couloirs souterrains de la Sicile.
Une façon pour le moins saisissante de croiser l’histoire de l’art funéraire européen à travers les siècles !
Le village morave : un monde miniature au cœur de Brno
À deux pas du couvent des Capucins, caché dans une salle discrète, se cache un véritable trésor insolite qui nous a totalement fait fondre : le village morave (Moravská vesnička).
Oubliez les musées poussiéreux, il s’agit ici d’une immense maquette animée et interactive qui s’étale sur deux étages entiers ! Elle dépeint avec un réalisme et un souci du détail fascinants la vie d’un village traditionnel morave d’autrefois. On y découvre des saynètes de la vie quotidienne avec ses maisons pittoresques, son école d’époque, son église, son château miniature, ses moulins en mouvement et ses petits personnages vaquant à leurs occupations.
En prime, les lieux abritent une étonnante crèche de Noël aux dimensions impressionnantes et pleine de poésie. C’est une visite délicieuse où l’on retombe instantanément en enfance (et entre nous, en tant que petite souris, j’avoue que les décors à taille réduite ont un charme tout particulièrement irrésistible pour moi !).
Infos pratiques : le site ferme généralement vers 17 h, et l’entrée ne coûtait que 60 CZK. Une petite halte ludique, chaleureuse et hors du temps à ne surtout pas manquer si vous passez dans le quartier.
Le musée des jouets de Brno : une parenthèse nostalgique sous haute surveillance
Pour les amateurs de nostalgie et d’objets d’autrefois, Brno cache une autre halte pleine de charme : son petit musée des jouets, astucieusement réparti sur deux niveaux.
Si vous avez l’âme un brin collectionneuse comme nous, cela vaut largement la peine d’y consacrer une demi-heure pour voyager dans le temps. On y découvre une belle collection de poupées anciennes, de petits trains miniatures, de jeux de société d’époque et de jouets en tôle lithographiée qui ont fait rêver nos aïeux.
Petite mise en garde si vous décidez d’y faire un tour : les photos y sont strictement interdites ! Le musée est surveillé de près par de redoutables gardiennes aux airs de babouchki pas commodes du tout, prêtes à bondir au moindre déclic. Mais bon, avec un peu de ruse et de discrétion de petite souris, nous avons tout de même réussi à en immortaliser quelques-unes… Chut, ne le dites à personne ! 😉
La villa Tugendhat : le chef-d’œuvre fonctionnaliste de l’UNESCO
Située un peu à l’écart de l’agitation du centre historique, dans le quartier chic de Černá Pole, se dresse l’ultime icône architecturale de la ville et son seul site classé au patrimoine mondial de l’UNESCO : la légendaire villa Tugendhat.
Conçue entre 1928 et 1930 par le célèbre architecte germano-américain Ludwig Mies van der Rohe pour les riches industriels Grete et Fritz Tugendhat, cette demeure révolutionnaire est l’un des monuments fondateurs du mouvement moderne en architecture. C’est ici également que l’Histoire avec un grand H s’est jouée, puisque c’est dans ses salons que fut officiellement signée en 1992 la « scission de velours » entérinant la séparation entre la République tchèque et la Slovaquie.
Malheureusement, victime de son immense succès mondial, la villa se mérite : les visites guidées se font exclusivement sur réservation, et il faut impérativement s’y prendre plusieurs semaines (voire mois) à l’avance pour espérer obtenir un précieux sésame. Faute d’anticipation suffisante, nous n’avons donc pas eu la chance de franchir ses portes, mais admirer sa silhouette épurée depuis le jardin reste déjà une belle claque visuelle !
🐭 Comprendre le style fonctionnaliste
Né dans le sillage du Bauhaus au début du XXe siècle, le fonctionnalisme révolutionne l’architecture avec un dogme clair : « la forme suit la fonction » (form follows function). Oublié les fioritures historicistes, les moulures superflues ou les décors surchargés !
Pour la villa Tugendhat, Mies van der Rohe a appliqué ces principes à l’extrême :
- Structure en acier : un squelette porteur en colonnes d’acier cruciformes qui libère entièrement l’espace intérieur des murs porteurs traditionnels.
- Espaces fluides : un plan d’étage décloisonné et lumineux, où le grand salon s’ouvre directement sur la nature extérieure grâce à d’immenses baies vitrées coulissantes.
- Matériaux nobles : un mariage épuré entre le verre, l’acier et des matériaux d’une grande pureté comme le célèbre mur en onyx de l’Atlas qui change de couleur selon la lumière du soleil.
Un manifeste architectural intemporel qui a totalement redéfini notre façon de concevoir l’habitat moderne.
Que faire à Brno quand il pleut ?
Par temps de pluie, Brno offre de nombreuses visites en intérieur. Le musée Morave présente des collections variées allant de l’art à la nature. Le musée de la ville, installé dans le Špilberk, retrace l’histoire locale.
La villa Tugendhat, chef-d’œuvre moderniste, se découvre lors de visites guidées… en anticipant ! Vous pouvez aussi visiter la Galerie Morave d’Art ou le théâtre Janáček. Pour une ambiance conviviale, les cafés et brasseries du centre constituent une alternative idéale.
Où manger à Brno
La République tchèque n’est pas spécialement réputée pour sa gastronomie. Cependant, si on met ses préjugés de côté, on trouve tout de même de bonnes choses dans ce pays !
Traditionnellement on trouve dans des restos ou brasseries (de nombreux établissement permettent de boire et manger toute la journée) des viandes simples.
Mais on y mange surtout les schnitzel ou viandes panées, souvent du porc ou du poulet, des fois de la dinde ou du veau, mais plus rare, un met originaire d’Autriche (la fameuse escalope viennoise…)
On trouve aussi des viandes en sauce, à la crème par exemple… Notamment le bœuf mariné dans une sauce à la crème, et bien sûr le fameux goulash, originaire de Hongrie.
Lors de nos repas au resto en République tchèque, nous avons pu déguster à Prague du poulet fourré aux amandes (qu’on retrouvait sur plusieurs cartes), un délice !
Bonnes adresses de restaurants à Brno
À Brno nous avons profité des délicieux schnitzel au U Třech Čertů (Dvořákova 6).
Mais nous avons aussi trouvé un resto sympathique proposant des mets variés, le Špaliček, situé sur la place Zelny.
Nous y avons dégusté un poulet au paprika (plat hongrois). Mais aussi des saveurs sucrées-salées telles que le poulet grillé sauce airelles ou le porc fourré aux pruneaux sauce à la rose ! Le tout accompagné de knedliky, sortes de quenelles à base de farine, œuf et pain.
Par contre le poisson n’est pas vraiment à l’honneur dans la cuisine tchèque, même si on trouve un peu de saumon ou carpe.
À Brno, comme à Prague, on trouve aussi des restos de cuisines étrangères, comme des italiens, japonais, et aussi indiens, que nous avons testé. Miam le bon poulet sauce crème et mangue !
Pour les snacks, on trouve notamment du fromage pané (ils aiment bien tout ce qui est pané !) que nous avons goûté sur une des place à Olomouc, ainsi qu’un bürek (sorte de friand, cela vient des Balkans) au fromage.
Nous n’oublierons pas les sucreries ! (je suis gourmande moi !)
D’influences allemande et autrichienne surtout, on peut déguster de délicieux apfelstrudel (roulé aux pommes, cannelle, raisins secs, noix…).
Mais également du sacher, le gâteau viennois par excellente, au chocolat et confiture d’abricot, ainsi que des forêts noires ou autres gâteaux aux fruits rouges, crème, etc.
On a aussi gouté le Trdelnik, gâteau à la broche saupoudré de sucre, cannelle, vanille… Nous l’avons trouvé sur une stand lors de la fête des feux d’artifice de Brno.
Niveau boissons, la bière bien sûr ! La République tchèque détient le record du monde de consommation de bière par habitant et elles sont parmi les moins chères en Europe (environ 1 € à 1,30 € la pinte).
On trouve désormais quelques bières aromatisées aux fruits. Les limonades maison ont envahi les villes tchèques, agréable quand il fait chaud !
Et mention spéciale au Kofola, le coca national dont la création remonte à l’époque soviétique et récemment remis au goût du jour, mais moins sucré et un peu plus acide que la version américaine (et donc moins calorique !).
On préfère, même si ça semble ne pas être le cas de Français l’ayant testé. Il existe des variantes, notamment à la cerise.
Avis de la souris sur Brno
En résumé, Brno est une ville jolie et intéressante, plutôt animée (ville étudiante) et sympa, où nous avons passé de bons moments.
Nous trouvons dommage qu’elle soit boudée par les touristes français qui s’aventurent peu en République tchèque.
On y trouve quelques touristes allemands, autrichiens, espagnols et italiens, mais c’est pas non plus l’invasion. J’espère donc vous avoir donné envie de la découvrir ! 🙂
Visiter Třebíč en Moravie : patrimoine juif et basilique romane
Třebíč (prononcé Trchebitch, enfin à peu près !) est une ville de 35.000 habitants située dans la région de Moravie, à environ 50 km au l’ouest de Brno.
Son ancien quartier juif très bien préservé et sa basilique romane Saint-Procope sont inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. La ville est traversée par la rivière Jihlava.
Nous avons profité de notre séjour à Brno pour partir à la découverte de Třebíč ! 😉
Comment se rendre à Třebíč
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Pour nous y rendre depuis Brno, où nous logions, nous avons opté pour le train. Il met environ 1 h 15… oui, pour 50 km.
C’est un peu la norme dans cette partie de l’Europe, et il faut dire que la ligne à voie unique, non électrifiée et en courbes et en pente, n’aide pas.
Vous pouvez aussi prendre le bus. Horaires et tarifs sur le site officiel d’IDOS.
Ce fut un peu galère à la gare de Brno car Třebíč n’apparaissait pas dans la liste des gares desservies par le train… Heureusement nous avions regardé l’heure et la direction du train pour ne pas nous tromper !
Les trains sont plutôt confortables, avec des compartiments. On a le temps d’admirer les paysages… (maisons colorées, forêts et champs).
Visiter le centre-ville de Třebíč
Nous voilà donc arrivés à Třebíč. La gare se situe un peu en hauteur et il faut redescendre jusqu’au centre.
Nous traversons une jolie rue, puis passons devant l’église Saint-Martin avant d’atteindre la place Charles (Karlovo Namesti). C’est la place principale de la ville, tout en longueur, et ornée de jolies maisons Renaissance.
Il semble que chaque ville tchèque possède une place de ce genre. Très jolie ! Il faut prendre le temps d’admirer les détails des maisons. Un petit tour à l’office de tourisme où une gentille dame nous donne de la documentation et c’est parti pour la visite du quartier juif !
Quartier juif de Třebíč
Le quartier juif se trouve en face de la rivière Jihlava. En fait, plus aucune famille juive n’y vit à présent, la Seconde Guerre mondiale étant passée par là…
Il s’agit du quartier juif le plus ancien le mieux préservé du pays. Il est en effet en bon état, certains diraient trop restauré, mais on lui a trouvé du charme !
Le quartier s’étend le long de la rivière et à flanc de colline. Ce n’est cependant pas un quartier très animé, même si on trouve quelques salons de thé et brasseries, on y est plutôt tranquille.
Nous en avons fait en partie le tour une première fois avant de grimper voir la basilique. Puis nous y sommes repassés pour nous rendre au vieux cimetière juif (lui aussi en hauteur, mais sur une autre colline) avant d’y redescendre une dernière fois pour une pause goûter.
Il fut agréable de pouvoir y déguster un jus de framboises maison et un bon gâteau roulé au pavot et noix !
On peut y visiter deux synagogues, mais apparemment pas très ouvragées… par manque de temps (le dernier train direct ne part pas si tard…) nous avons préféré nous concentrer sur les extérieurs.
Basilique Saint-Procope et le château de Třebíč
La basilique est située sur une petite colline qui domine le centre et le quartier juif de Třebíč. Romane à l’origine, elle fut plus tard remaniée en style gothique.
Elle fut édifiée par des architectes provençaux, spécialistes du style roman (et pour bien connaitre la Provence, cela se sent !). Elle est inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.
La basilique était à l’origine rattachée à une abbaye. Mais celle-ci fut détruite par le roi hongrois Matthias Corvin (une célébrité en Hongrie, moins aimé dans le coin…) et un château Renaissance fut construit à la place.
Une partie du château abrite le principal musée de la ville. De la colline de la basilique on a une belle vue sur le centre. À l’intérieur se trouve une petite chapelle avec des fresques (ou ce qu’il en reste).
Cimetière juif de Třebíč
Il s’agit d’un des plus grand et ancien cimetière juif du pays (les premières tombes datent d’environ 1625).
Le cimetière est situé sur une colline qui domine le quartier juif. Nous nous y sommes rendus après la visite de la basilique. Il est plus ou moins constituée de deux parties : un plateau avec des tombes plus récentes, et une partie très en pente avec des tombes très anciennes, et pas entretenues.
Nous avions déjà visité des cimetières juifs auparavant, et on aime bien ce genre d’endroits paisibles où la nature reprend ses droits… Ici, l’aspect vallonné du cimetière rajoute un petit plus !
Avis de la souris sur Třebíč
En résumé, Třebíč est une ville sympathique et intéressante pour y passer une grosse demi-journée. Jolie, paisible, elle nous replonge dans l’histoire du pays !
Nous ne regrettons pas cette excursion depuis Brno (même si ça parait long pour y aller en transport en commun…) et nous vous invitons à y passer à l’occasion !
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quel beau descriptif
j’ai fait aussi toute l’Europe de l’est et centrale mais je découvre des choses avec votre blog
c top