Île-de-France

Visiter le musée de Cluny à Paris : avis de la souris, thermes et Moyen Âge

Cour du musée de Cluny à Paris
Cour du musée de Cluny

Le musée national du Moyen Âge – Thermes et hôtel de Cluny, que l’on appelle plus simplement musée de Cluny, est une véritable pépite nichée dans le 5e arrondissement, au cœur du Quartier latin.

Ses collections exceptionnelles retracent l’histoire de l’art de l’Antiquité tardive jusqu’à l’aube de la Renaissance. Ici, le Moyen Âge se dévoile sous un jour éclatant : sculptures magistrales, vitraux lumineux, orfèvrerie fine et, bien sûr, les mythiques tapisseries de la Dame à la licorne, véritables chefs-d’œuvre chargés de symboles.

Le cadre est tout aussi fascinant que les œuvres : vous déambulerez entre les vestiges des thermes gallo-romains (Ier et IIe siècles) et le faste de l’hôtel des abbés de Cluny, un superbe édifice de la fin du XVe siècle. C’est l’un des rares témoignages de l’architecture médiévale civile à Paris.

Ce que j’aime ici ? C’est un musée à taille humaine, à l’ambiance intimiste et loin de la foule des grands établissements parisiens. Bref, de beaux objets dans un lieu chargé d’histoire : il n’en fallait pas plus pour me plaire, et je parie qu’à vous aussi !

Parcours en photos des salles, horaires 2026, tarifs, durée de visite et avis de la souris : suivez-moi pour la visite ! 😉

Comment aller au musée de Cluny ?


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Rien de plus simple : le musée de Cluny se situe en plein centre de Paris, à proximité immédiate de la gare RER de Saint-Michel – Notre-Dame (lignes B et C) et de la station de métro Cluny – La Sorbonne (ligne 10).

Horaires et tarifs du musée de Cluny en 2026

Le musée est ouvert du mardi au dimanche de 9 h 30 à 18 h 15 (fermeture des caisses à 17 h 30).
Une nocturne est proposée jusqu’à 21 h le 1er et le 3e jeudi du mois, une ambiance très particulière que la souris vous recommande vivement !

Tarifs 2026

Le tarif plein est de 12 € (hors période d’exposition majeure). Pour mémoire, le tarif était de 8 € ou 9 € avant les grands travaux, l’inflation culturelle est passée par là !

La gratuité reste la règle pour :

Un peu d’histoire

Maquette de l'hôtel de Cluny
Maquette de l’hôtel de Cluny

Les thermes de Cluny sont les seuls vestiges de la Lutèce gallo-romaine, avec ce qu’il subsiste des arènes rue Monge.

Quinze siècles plus tard, les abbés de la puissante abbaye de Cluny, en Bourgogne, font édifier à côté des ruines leur résidence parisienne, premier exemple d’hôtel privé entre cour et jardin.

Il constitue aujourd’hui le seul hôtel particulier médiéval subsistant dans la capitale avec l’hôtel de Sens dans le Marais.

On remarque déjà le joli portail. La cour vaut le détour à elle seule avec sa magnifique décoration flamboyante, ses gargouilles et fenêtres à meneaux, son puits d’époque ainsi que son cadran solaire…

Il est juste dommage que la perspective ait été longtemps gâchée par le chapiteau provisoire des agaçants contrôles de sécurité ! Au nord, côté boulevard Saint-Germain, ne manquez pas le petit jardin médiéval, bien restauré…

Au XIXe siècle, l’hôtel est la propriété d’Alexandre Du Sommerard, un passionné et collectionneur d’art médiéval. En 1843, un an après sa disparition, l’édifice et ses collections sont acquis par l’État. Il y adjoint des collections médiévales de la Ville de Paris.

En 1977, les importantes réserves consacrées à la Renaissance, impossibles à exposer faute de place, s’installent à 20 km de là dans le Val-d’Oise au château d’Écouen. Ce dernier devient alors le musée national de la Renaissance.

Visite du musée de Cluny : photos des plus belles œuvres des collections

Je vous propose ici un petit parcours dans les salles avant leur réaménagement. Vous pourrez comparer ! 😉

Le Rez-de-Chaussée du musée de Cluny

Les premières salles du musée de Cluny exposent de nouvelles acquisitions ou accueillent des expositions temporaires.

Pendant les travaux du musée, quelques œuvres des salles fermées y ont été déplacées. On peut notamment admirer quelques statues et un très beau retable du début du XVIe siècle. Une salle est consacrée à la céramique valencienne.

Salles 5 et 6

Nous arrivons ensuite à la salle 5,  avec ses albâtres anglais sur les murs, très recherchés en France à la fin du Moyen Âge.

La petite salle 6 expose de superbes vitraux, qu’on peut ici observer à vue d’œil (dans les cathédrales, c’est moins évident !). On y admire de magnifiques exemples provenant de la Sainte-Chapelle à Paris mais aussi de Troyes.

Salle 8

On entre dans la vaste salle 8 par le portail remonté de la chapelle de la Vierge de Saint-Germain-des-Prés.

La salle est consacrée aux sculptures de la cathédrale Notre-Dame. Elle présente en particulier les têtes sculptées des rois de Juda, surplombant les trois portails de la façade et décapités durant la Révolution. Ils avaient été confondu avec les rois de France !

Les têtes furent retrouvées par hasard en 1977 lors d’un chantier rue de la Chaussée-d’Antin ! A noter également la superbe statue d’Adam (vers 1260), particulièrement réaliste.

Salle 9 : le frigidarium

La salle 9 occupe le frigidarium des thermes antiques. Sa voûte d’arêtes haute de 13,50 m, est la mieux conservée de l’époque antique en France.

Elle présente très logiquement des sculptures antiques, dont les quatre blocs du fameux pilier des Nautes dédié au dieu Jupiter (le vrai, pas l’imitation à l’Élysée !) 😉

C’est un bel exemple de sculpture gallo-romaine découvert en 1711 sous le chœur de Notre-Dame. Mais on y voit également le pilier de Saint-Landry.

Salle 10

Dans la salle 10, on peut admirer de remarquables ivoires dont le dyptique d’Areobindus.

Ou encore la plaque de reliure du couronnement D’Otton II et Théophano, avec le Christ couronnant l’empereur germanique et son épouse byzantine. Comme quoi les liens étaient encore étroits à cette époque entre Byzance et l’occident chrétien…

A voir également, des olifants, souvent transformés en reliquaires en Italie normande (Sicile…).

Le 1er étage du musée de Cluny

Le clou du spectacle : la Dame à la licorne

C’est dans la salle 13, plongée dans une pénombre protectrice pour préserver les fibres et les couleurs, que vous attend le trésor absolu du musée : la tenture de la Dame à la licorne.

Cette série de six tapisseries de type « mille-fleurs » a été tissée dans les Flandres vers 1500. Découvertes par George Sand et Prosper Mérimée au château de Boussac, dans la Creuse, elles ont rejoint le musée en 1882.

Le parcours est hautement symbolique : les cinq premières tapisseries illustrent chacune l’un des cinq sens (l’odorat, le goût, l’ouïe, la vue et le toucher). Quant à la mystérieuse sixième tapisserie, portant l’inscription « À mon seul désir », elle représenterait le cœur, le libre arbitre ou le renoncement aux plaisirs charnels. Bon, je vous avoue que pour une souris épicurienne, ce concept de renoncement aux plaisirs reste un peu difficile à avaler ! 😉

💡 Le saviez-vous ? Les secrets de la licorne

  • 🦄 Un symbole de pureté : au Moyen Âge, la licorne est une créature mythique dont la corne a le pouvoir de purifier l’eau et de détecter les poisons. Elle ne pouvait être capturée que par une jeune fille pure.
  • 🚩 Les armoiries : vous remarquerez sur chaque pièce trois croissants d’argent sur une bande d’azur. Ce sont les armes de la famille Le Viste, de riches Lyonnais au service du roi, qui ont commandé cette œuvre pour afficher leur ascension sociale.
  • 🌿 Un jardin éternel : le décor « mille-fleurs » est composé d’une multitude de plantes (œillets, menthe, muguet, violettes) où gambadent des animaux familiers ou exotiques comme des lapins, des singes et des renards.
  • 🛡️ L’énigme du coffret : sur la sixième tapisserie, la Dame remet (ou prend ?) un collier dans un coffret. C’est ce geste qui alimente tous les débats : choisit-elle de se détacher des biens matériels ou de s’en parer ?

Salle 16 : l’orfèvrerie

La salle 16 est un autre must du musée de Cluny à parcourir en détail ! 🙂

On y voit de magnifiques pièces d’orfèvrerie, dont des torques en or (colliers rigides) du IIIe au Ier siècles avant notre ère. Les contemporains d’Astérix et d’Obélix aimaient les beaux bijoux donc !

Mais aussi des bijoux francs (V-VIIe siècles), des têtes de lions en cristal de roche des IVe et VIe siècles (je ne les montre pas, marre des félins partout non mais !), et les émaux mosans ou de Limoges (XIIe siècle).

Bon, seul défaut : cet éclairage jaunâtre, qui ne met pas si bien en valeur les pièces. Il a pour résultat des photos à la colorimétrie médiocre.

Si la Dame à la licorne attire tous les regards, le musée abrite un autre chef-d’œuvre absolu, souvent moins connu du grand public : le trésor de Guarrazar. Ce trésor exceptionnel, datant du VIIe siècle, nous plonge dans l’Espagne wisigothique.

Il se compose de magnifiques couronnes votives en or massif, ornées de pierres précieuses (saphirs, perles) et de cloisonnés. Contrairement aux couronnes royales classiques, celles-ci n’étaient pas portées : elles étaient suspendues au-dessus des autels des églises en signe d’offrande par les souverains.

👑

Le saviez-vous ? Un trésor venu d’Espagne

Ce trésor a été découvert par hasard en 1858 près de Tolède, en Espagne. Le musée de Cluny en a fait l’acquisition peu après. La pièce la plus impressionnante est la couronne du roi Swinthila, dont les lettres suspendues en orfèvrerie forment le nom du donateur. C’est un témoignage unique de la finesse de l’art du haut Moyen Âge, bien avant l’époque des cathédrales.

Quelques salles du musée de Cluny offrent des éléments de boiserie. Telles les stalles de Beauvais, des tapisseries, vitraux, carreaux de céramique…

Salle 19

La salle 19 du musée de Cluny expose une autre œuvre à ne pas rater : l’antependium de Bâle.

C’est un chef-d’œuvre de l’art ottonien du XIe siècle. Sur ce devant d’autel en or figure le Christ entouré de trois archanges. L’empereur germanique Henri II et sa femme sont prosternés à leurs pieds…

Salle 20 : la chapelle de l’hôtel de Cluny

La chapelle des abbés de Cluny constitue la salle 20. Elle possède une élégante voûte flamboyante portée par un pilier.

Au mur est exposée la tenture de la Vie de saint Étienne tissée vers 1500. C’est un exemple de cycle narratif de la vie de saints patrons ornant les cathédrales, ici celle d’Auxerre en Bourgogne.

Les salles suivantes du musée de Cluny sont thématiques. Elles évoquent la dévotion publique et privée, la vie domestique, les jeux, les combats…

Le jardin médiéval du musée de Cluny

Avant de quitter les lieux (ou même sans visiter le musée, car son accès est indépendant et gratuit), ne manquez pas de flâner dans le jardin médiéval qui borde le boulevard Saint-Germain.

D’une surface de 5000 m², ce jardin public a été conçu pour évoquer la nature telle qu’elle était perçue et utilisée au Moyen Âge. On y retrouve les thématiques classiques de l’époque :

  • Le ménagier (le potager) avec ses plantes comestibles ;
  • Le jardin des simples (les plantes médicinales), ancêtre de nos pharmacies ;
  • Le céleste, où fleurissent les plantes symboliques comme le lys ou la rose ;
  • Le jardin d’amour, un espace plus intime propice à la rêverie.

🐭 Le petit tips de la souris : c’est l’un des rares endroits du Quartier latin où l’on peut s’isoler un peu du bruit de la circulation. Les banquettes en bois permettent de faire une pause très agréable à l’ombre des vieux murs de l’hôtel particulier.

♿ Accessibilité et handicap

C’est la grande réussite de la rénovation : le musée de Cluny est désormais accessible à 100 % aux personnes à mobilité réduite. Un ascenseur dessert tous les niveaux, y compris les thermes romains, ce qui était un véritable défi technique. Des parcours tactiles sont également prévus pour les malvoyants.

FAQ : tout savoir avant votre visite

Quel métro pour aller au musée de Cluny ?

Les stations les plus proches sont Cluny-La Sorbonne (ligne 10) et Saint-Michel (ligne 4 et RER B ou C). C’est extrêmement central, au cœur du Quartier latin.

Le musée est-il adapté aux enfants ?

Oui ! Le parcours est parsemé de dispositifs interactifs et la thématique médiévale (chevaliers, licornes) captive généralement les plus jeunes.

Faut-il réserver son billet à l’avance ?

Pour les collections permanentes en semaine, ce n’est pas indispensable mais conseillé. Pour le premier dimanche du mois ou les périodes de vacances, la réservation en ligne est vitale pour éviter une longue attente sur le boulevard Saint-Michel.

L’avis de la souris sur le musée national du Moyen Âge – Cluny

Le musée de Cluny est, pour moi, l’un des plus attachants de Paris. Depuis sa réouverture complète en 2022, l’expérience est métamorphosée. On ne visite plus seulement un musée, on voyage dans le temps grâce à une accessibilité enfin digne de ce nom et une mise en lumière magistrale des collections.

Cela reste de taille raisonnable contrairement au Louvre, où vous verrez également de superbes pièces de la même période mais dans un espace à taille nettement moins humaine !

On peut donc en faire le tour à rythme raisonnable en moins de deux heures. Le musée de Cluny étant très facilement accessible et pas trop cher pour ce qu’on y voit, il serait dommage de ne pas le découvrir !

Ce que la souris a particulièrement aimé :

  • La Dame à la Licorne : la nouvelle salle dédiée à cette tapisserie mondialement connue est un véritable écrin de silence et de poésie. On pourrait y rester des heures !
  • Le mariage des époques : déambuler entre les thermes gallo-romains du IIe siècle et l’hôtel particulier des abbés de Cluny est une expérience architecturale unique à Paris.
  • La clarté du parcours : fini le côté sombre et labyrinthique d’autrefois, le parcours chronologique est désormais fluide et pédagogique.

⌚ Durée de visite : comptez environ 1 h 30 à 2 h pour une visite complète. C’est le format idéal pour ne pas saturer tout en profitant de la richesse des détails, notamment dans la salle des trésors d’orfèvrerie.

🏰 Poursuivre votre voyage au Moyen Âge et à la Renaissance

Vous souhaitez approfondir votre découverte de l’art médiéval ? La suite logique de votre visite se trouve dans plusieurs lieux d’exception en Île-de-France :

  • 🖼️ Le musée du Louvre : l’étape incontournable pour admirer les départements des peintures, des sculptures et des objets d’art médiévaux.
  • 🛡️ Le musée d’Archéologie nationale : situé dans le château de Saint-Germain-en-Laye, il est essentiel pour comprendre le haut Moyen Âge. Bien qu’à 20 km à l’ouest de Paris, il est très facile d’accès : le RER A vous dépose juste au pied du château !
  • ⚜️ Le musée national de la Renaissance : abrité dans le magnifique château d’Écouen (20 km au nord de Paris), c’est la suite chronologique parfaite. L’accès est un peu plus complexe sans voiture mais l’ensemble vaut vraiment le déplacement.

Les conseils pratiques de la souris pour Paris :

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