Les catacombes des Capucins à Palerme : visite en photos, prix, horaires, avis




Palerme crypte des capucinsLes catacombes des Capucins à Palerme constituent une visite pour le moins insolite !

Cette excursion un brin macabre légèrement en dehors du centre monumental vous fera découvrir une autre facette de la ville.

En réalité, il ne s’agit pas au sens strict de catacombes puisqu’aucun martyr chrétien n’y a jamais été inhumé, mais d’un cimetière souterrain remontant au XVIe siècle, aménagé dans la crypte des Capucins. Vous y verrez de nombreuses momies, mais aussi le corps de Rosalia Lombardo, une petite fille étonnement conservée…

Horaires, prix, histoire, comment se rendre aux catacombes de Palerme, le parcours en photos, durée de la visite, suivez la souris ! 😉

Comment aller aux catacombes des Capucins de Palerme


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galerie des catacombes des capucins à PalermeFaisons donc un écart du « centre monumental » et continuons plus à l’ouest !

Allons au delà de la Porta nuova, en direction du couvent des Capucins (piazza Cappuccini), à environ 15 mn de marche de la Porta nuova par la via Cappuccini.

Il existe des bus comme le 327, au départ de la Piazza Indipendenza. Difficile de savoir quand ils passent, d’autant plus que nous y sommes allés un dimanche (moins de bus qu’en semaine), donc nous avons là aussi utilisé nos pattes…

Horaires des catacombes des Capucins à Palerme




Les catacombes des Capucins de Palerme sont ouvertes tous les jours sans exception, jours fériés compris, de 9 h à 13 h et de 15 h à 18 h.

Elles sont fermées le dimanche après-midi de fin octobre à fin mars.

Tarifs des catacombes des Capucins à Palerme

Le prix du billet d’entrée est 3 € en 2019, sans changement, ce qui est encore très raisonnable. D’autres sites de la ville devraient s’en inspirer !

Infos pratiques sur le site officiel

Photos… interdites !

Attention, les photos ne sont pas autorisées dans les catacombes des Capucins, à Palerme comme à Rome d’ailleurs. Cela n’empêche pas les gens d’en faire quand même, mais restez très discrets !

Et par pitié, évitez les stupides selfies, surtout de très mauvais goût devant des cadavres humains ! Pour ce qui est de la vanité humaine, les lieux sont déjà assez puissamment évocateurs ! 😉

Si les galeries ne sont pas directement surveillées, vous réaliserez rapidement qu’elles sont bien vidéo-surveillées ! Vous le comprendrez peut-être lorsqu’une grosse voie sortie d’un haut parleur vous rappellera d’un ton méchant de ne pas photographier par respect pour les morts !

Ce sens du « respect » (pour le moins discutable sur la forme) n’empêche pourtant pas la vente de cartes postales à l’entrée montrant bien les momies dont on a pas demandé le consentement…

Petite histoire des catacombes capucines de Palerme…

XVIe siècle : les premiers embaumements de la crypte

Palerme crypte des capucinsLes frères capucins s’installent à Palerme en 1534, et édifient un couvent à côté de l’église préexistante de Santa Maria della Pace.

A cette époque, les corps des frères décédés sont inhumés dans une vaste fosse commune au sud de l’église.

Mais à la fin du XVIe siècle, la nécessité de vider la fosse trop pleine provoque une découverte : 45 corps ne se sont pas décomposés mais sont devenus des momies !

Cela est pris pour une intervention divine qui change la conception de l’inhumation chez les frères capucins.

La tradition des moines capucins devient alors de momifier les corps, en disposant ceux-ci dans une crypte où circule de l’air frais. Oui, ce sont eux aussi qui ont donné leur nom à une boisson bien connue, j’ai nommé le cappuccino… 😉

Les 45 corps exhumés sont alors placés dans des niches, dans une crypte crée ex-nihilo derrière l’autel de l’église. Les corps sont placés debout dans des alcôves plutôt que couchés, afin qu’ils soient déjà levés pour le jour de la résurrection !

Le premier frère capucin à avoir été enterré à l’intérieur de ces nouvelles catacombes était le frère Silvestro de Gubbio, le 16 octobre 1599.

XVIIe siècle : l’embaumement s’étend aux laïcs

crypte des capucins à PalermeAu XVIIe siècle, cette pratique exclusivement réservée au clergé, s’est par la suite étendue aux laïcs désireux d’être embaumés dans un lieu sacré, surtout les membres de la bonne société car la momification coûtait cher.

Finir dans la crypte des Capucins était du plus grand chic au XVIIIe siècle ! Plutôt qu’une traditionnelle pierre tombale et d’une épitaphe, les nobles siciliens préfèrent être mis en scène dans leur tenue pour l’éternité !

Mais il faut avant tout y voir une réaction des hommes envers la peur de la mort en cette époque baroque, souffrant de guerres incessantes et d’épidémies chroniques. Être embaumé plutôt qu’inhumé, c’est une forme de vanité de tromper la mort…

On trouve alors différentes sections bien distinctes, consacrées aux hommes, aux femmes, aux enfants, aux moines, aux prêtres, aux professions libérales… On y dénombre environ 8000 corps ! La plupart de ceux qu’on observe à l’heure actuelle datent du XIXe siècle. Effet garanti !

XIXe siècle : la fin des embaumements

Mais les normes d’hygiène et de salubrité publique finissent par mettre fin à cette pratique en 1881. Enfin, officiellement, car nous sommes en Italie, où les règles sont respectées… à géométrie variable ! Quelques derniers embaumements « provisoires » se déroulent encore jusqu’au début du XXe siècle.

Une des dernières personnes à rejoindre la crypte des Capucins en 1920 est la petite Rosalia Lombardo, une fillette de seulement deux ans, dont le corps reste encore remarquablement conservé.

Les catacombes capucines de Palerme sont devenues célèbres au fil du temps bien au-delà des limites de la Sicile. Elles constituaient une étape du « Grand Tour » des jeunes touristes fortunés des XVIIIe et XIXe siècles, à l’image de Lord Byron, d’Alexandre Dumas père puis de Guy de Maupassant. On y médite sur les vanités terrestres et sur le caractère éphémère de la vie…

La description des catacombes de Palerme par Guy de Maupassant

L’écrivain Guy de Maupassant décrit ainsi magistralement les lieux qu’il découvre à Palerme en 1890. Ils n’ont pas vraiment changé en un siècle :

Une sinistre collection de trépassés

catacombes des capucins Palerme« J’ai voulu visiter aussitôt cette sinistre collection de trépassés. A la porte d’un petit couvent d’aspect modeste, un vieux capucin, en robe brune, me reçoit et il me précède sans dire un mot, sachant bien ce que veulent voir les étrangers qui viennent en ce lieu.

Nous traversons une pauvre chapelle et nous descendons lentement un large escalier de pierre.

Et tout à coup, j’aperçois devant nous une immense galerie, large et haute, dont les murs portent tout un peuple de squelettes habillés d’une façon bizarre et grotesque. Les uns sont pendus en l’air côte à côte, les autres couchés sur cinq tablettes de pierre, superposées depuis le sol jusqu’au plafond.

Une ligne de morts est debout par terre, une ligne compacte, dont les têtes affreuses semblent parler. Les unes sont rongées par des végétations hideuses qui déforment davantage encore les mâchoires et les os, les autres ont gardé leurs cheveux, d’autres un bout de moustache, d’autres une mèche de barbe…

Celles-ci regardent en l’air de leurs yeux vides, celles-là en bas ; en voici qui semblent rire atrocement, en voilà qui sont tordues par la douleur, toutes paraissent affolées par une épouvante surhumaine […]

Et ils sont vêtus, ces morts, ces pauvres morts hideux et ridicules, vêtus par leur famille qui les a tirés du cercueil pour leur faire prendre place dans cette effrayante assemblée ».

Les différentes galeries des catacombes

Maupassant poursuit avec la description des différentes galeries :

« Mais d’autres galeries s’ouvrent à droite et à gauche, prolongeant indéfiniment cet immense cimetière souterrain.

Voici les femmes plus burlesques encore que les hommes, car on les a parées avec coquetterie. Les têtes vous regardent, serrées en des bonnets à dentelles et à rubans, d’une blancheur de neige autour de ces visages noirs, pourris, rongés par l’étrange travail de la terre. Les mains, pareilles à des racines d’arbres coupées, sortent des manches de la robe neuve, et les bas semblent vides qui enferment les os des jambes. Quelquefois le mort ne porte que des souliers, de grands, grands souliers pour ces pauvres pieds secs.

Voici les jeunes filles, les hideuses jeunes filles, en leur parure blanche, portant autour du front une couronne de métal, symbole de l’innocence. On dirait des vieilles, très vieilles, tant elles grimacent. Elles ont seize ans, dix-huit ans, vingt ans. Quelle horreur !

cercueil d'enfant dans les catacombes de PalermeMais nous arrivons dans une galerie pleine de petits cercueils de verre – ce sont les enfants. Les os, à peine durs, n’ont pas pu résister. Et on ne sait pas bien ce qu’on voit, tant ils sont déformés, écrasés et affreux, les misérables gamins.

Mais les larmes vous montent aux yeux, car les mères les ont vêtus avec les petits costumes qu’ils portaient aux derniers jours de leur vie. Et elles viennent les revoir ainsi, leurs enfants !

Souvent, à côté du cadavre, est suspendue une photographie, qui le montre tel qu’il était, et rien n’est plus saisissant, plus terrifiant que ce contraste, que ce rapprochement, que les idées éveillées en nous par cette comparaison ». […]

« Voici le quartier des prêtres. Une grande galerie d’honneur ! Au premier regard, ils semblent plus terribles à voir que les autres, couverts ainsi de leurs ornements sacrés, noirs, rouges et violets. Mais en les considérant l’un après l’autre, un rire nerveux et irrésistible vous saisit devant leurs attitudes bizarres et sinistrement comiques.

En voici qui chantent ; en voilà qui prient. On leur a levé la tête et croisé les mains. Ils sont coiffés de la barrette de l’officiant qui, posée au sommet de leur front décharné, tantôt se penche sur l’oreille d’une façon badine, tantôt leur tombe jusqu’au nez. C’est le carnaval de la mort que rend plus burlesque la richesse dorée des costumes sacerdotaux ».

Les souris des catacombes !

Maupassant poursuit avec cette autre anecdote :

« De temps en temps, parait-il, une tête roule à terre, les attaches du cou ayant été rongées par les souris. Des milliers de souris vivent dans ce charnier humain ». 😮

Visite actuelle de la crypte des Capucins à Palerme

catacombes de PalermeIl s’agit d’une curiosité insolite et célèbre de Palerme, et forcément, en tant que lectrice de Maupassant, je souhaitais voir ces lieux…

Malheureusement cela manque cruellement d’explications historiques et scientifiques sur place, comme trop souvent en Italie.

Mais heureusement, nous en avions eu lors de notre visite de la crypte des Capucins à… Brno, en République Tchèque.

Alors je vous livre quelques éléments pour mieux comprendre ces lieux macabres. 🙂

Présentation de la crypte des Capucins

Les momies, debout ou couchées, sont entièrement habillées et réparties par sexe et par catégorie sociale. Mais en vérité, l’aristocratie et les membres du clergé sont les plus présents vu le coût élevé du procédé d’embaumement.

La crypte en elle même a une forme rectangulaire, on y parcourt quatre galeries plus une transversale :

  • les moines ou frères capucins est la première qu’on croise à l’entrée,
  • immédiatement à droite, on remarque le petit couloir des enfants,
  • dans l’axe de l’entrée, tout droit, le couloir des hommes,
  • au fond, perpendiculairement, le couloir des femmes,
  • on revient alors à gauche par le couloir des personnalités importantes (aristocrates, professions libérales…),
  • une unique galerie transversale accueille les prêtres, 
  • enfin on regagne le couloir des moines via la petite chapelle.

Les méthodes de momification

momies dans la crypte des capucins de PalermeLes corps étaient d’abord vidés de leurs organes internes. Ils étaient ensuite placés dans des cellules de drainage le long des couloirs de la nécropole souterraine durant huit mois à un an. Cela permettait qu’ils se vident de leurs liquides, qui auraient empêché une conservation correcte.

Les conditions atmosphériques spécifiques, avec un air sec du au tuf calcaire, favorisaient en effet la momification.

Les corps étaient ensuite transférés dans un endroit ventilé. Ils étaient alors lavés au vinaigre avant d’être remplis de paille ou de feuilles de laurier et habillés pour l’éternité.

Durant les épidémies, fréquentes à l’époque, ils étaient plongés dans un bain de lait de chaux ou d’arsenic afin de les désinfecter.

D’autres méthodes ont été expérimentées au fil du temps. Comme par exemple des injections d’arsenic, de mercure ou d’autres produits chimiques. A la toute fin du XIXe siècle et au début du XXe, le chimiste et taxidermiste de Palerme Alfredo Salafia, ajoute d’autres substances. Par exemple la paraffine dissoute dans de l’éther, afin de préserver au mieux les traits du visage.

Le parcours de visite des catacombes des Capucins de Palerme

Le corps momifié de Rosalia Lombardo dans les catacombes de Palerme.

Le corps momifié de Rosalia Lombardo, dans les catacombes de Palerme. Photo de Sibeaster, domaine public.

La crypte des Capucins de Palerme était un cimetière comme un autre : les familles venaient rendre visite à leurs disparus. Mais ici, pas de recueil devant une pierre tombale. C’est face à la momie du disparu qu’on se recueille ou avec laquelle on converse !

La nécropole était entretenue grâce aux dons déposés par les familles… Et gare aux mauvais payeurs ! La dépouille était alors transférée dans une niche bien moins visible…

Le corps du frère Silvestro de Gubbio, le premier occupant des lieux en 1599, est le premier à gauche immédiatement après l’entrée.

Au fond de la crypte, on découvre la petite chapelle. On y remarque le corps étonnamment bien conservé de Rosalia Lombardo, une petite fille de seulement deux ans décédée d’une pneumonie en 1920. Cette vision est plutôt troublante, on dirait une poupée de cire…

Elle est surnommée la Belle au bois dormant. Ce fut une des dernières inhumations dans la crypte, à la demande insistante de son père. 

Un cimetière jouxte le couvent.  Il n’est toutefois ouvert qu’à des horaires assez restreints (fermeture dès 14 h, ou 16 h le mercredi, lors de notre visite)…

Étant une petite souris, j’aime bien passer par un petit trou pour jeter un coup d’œil ! 😉

cimetière des capucins à Palerme

Avis de la souris

La visite des catacombes des Capucins à Palerme est pour le moins insolite. Elle interpelle et étonne forcément. Ce lieu fascinant pourra provoquer un réel malaise chez les personnes les plus sensibles. A commencer par les enfants auxquels la visite n’est pas vraiment adaptée.

On est ici directement confronté à la mort : tous ces gens qu’on voit ont été comme vous, avec leur vie quotidienne, leurs joies, leurs malheurs… avant de finir momifiés dans une crypte. Profitez de la vie, rien n’est éternel, vous finirez ainsi… 🙁

Rassurez-vous, la visite se fait dans des galeries assez larges. Elles sont convenablement éclairées même si on reste dans la pénombre, et sans odeur particulière autre que celle d’une crypte ! Donc si la nature des lieux ne vous perturbe pas outre mesure, après tout la mort fait partie de la vie, on n’y souffre pas spécialement de claustrophobie.

Reste à conserver une attitude de recueillement ! Bien qu’ouvert au grand public, cela reste un cimetière, avec le respect dû aux personnes disparues…

Malheureusement, à l’image d’autres lieux très fragiles, la crypte des Capucins souffre du trop grand nombre de visiteurs. Surtout du gaz carbonique dégagé par la respiration des touristes qui dégrade irrémédiablement les corps…

De retour en France, découvrez également les célèbres catacombes de Paris avec la souris ! 😉

Une petite pause sucrée en sortant des catacombes…

Une fois la visite des catacombes des Capucins terminée, il est temps de regagner le monde des vivants… Et c’est le moment de profiter d’un arrêt gastronomique ! Quand je finirai en souris desséchée (snif), plus de pizza, de gâteaux ou de café (re-snif !). Alors je me dépêche d’en profiter ! 😉

Nous avons fait une pause café (ce n’est pas très cher dans le quartier) avant de redescendre vers la piazza Independenzia, vers le palais des Normands. Nous étions en effet à la recherche d’une célèbre pâtisserie mentionnée dans le guide du Routard, la pasticceria Cappello, via Colonna Rotta 68.

Elle se trouvait sur une grande rue en contrebas, dans un quartier populaire plus ou moins « déglingué » et typique de la ville. Les pâtisseries sont très bonnes ! Mais faute de tables à l’intérieur, nous nous nous sommes installés sur celles du trottoir. Nous n’y avons pas passé trop de temps car les scooters qui vous polluent sont légions !

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