Visite du château et jardin du Petit Trianon et du hameau de la Reine à Versailles

Le Petit Trianon à Versailles

Le Petit Trianon à Versailles

Le château et jardin du Petit Trianon se situent dans le domaine national du château de Versailles, à 1,5 km au nord-ouest du château. Le château de Trianon fut édifié par Louis XV pour Mme de Pompadour qui disparut avant de l’avoir vu achevé.

C’est son successeur, son petit-fils devenu Louis XVI qui offrit ce premier édifice néoclassique en France réalisé par Gabriel à sa jeune épouse de 19 ans, la reine Marie-Antoinette, qui appréciait peu la pression de l’étiquette à Versailles…

Marie-Antoinette disait : « à Versailles, je suis la Reine ; à Trianon, je suis moi ». C’est ainsi l’univers intime et plein de charme de la reine qu’on découvre aujourd’hui dans ce château, et dans le fameux « hameau » réalisé à sa demande, faux village normand créé de toutes pièces par Hubert Robert et Richard Mique, sur le modèle de celui du château de Chantilly. Ici, pas de dorures spectaculaires, mais un charmant ensemble du 18e siècle à taille humaine. Vous souhaitez découvrir quelques secrets de notre histoire, alors suivez-moi ! 😉


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Se rendre au Petit Trianon

Si vous ne souhaitez pas vous faire plumer par le petit train, payant et cher (8 € le ticket AR en 2018), ni marcher toute la distance d’accès du château au domaine de Trianon (environ 25 mn à pied), vous pouvez emprunter le bus urbain TRI du réseau Phébus qui relie une fois par heure le Grand Trianon aux trois principales gares de Versailles (Rive-Droite, Château-Rive-Gauche et Chantiers). L’arrêt se situe juste avant la première grille, celle de l’accès au domaine (pas la grille proche du château).

Le bus est accessible avec un ticket T de bus/métro habituel (vendu 2 € à bord) ou un abonnement Navigo, simple et économique ! Attention, il ne circule qu’en saison. Horaires ICI sur le site officiel.

En voiture, deux possibilités : pour les personnes à mobilité réduite… et les flemmards (!), sachez que vous pouvez entrer dans le domaine en voiture par la grille de la Reine, en payant 6 €. C’est heureusement gratuit pour les handicapés. On peut ensuite se garer (sans frais supplémentaires) directement devant les grilles des châteaux du Grand et du Petit Trianon… quand il y a de la place, ce qui n’est pas toujours évident le week-end en saison.

Pour les « sans-dents » un peu marcheurs, garez-vous gratuitement au Chesnay, de l’autre côté de la D186, à proximité de la grille Saint-Antoine, au nord du domaine, c’est à moins de 15 mn à pied du château par une promenade agréable dans le parc.

Pour tous, des toilettes gratuites sont disponibles dans le petit jardin clos, juste avant l’accès au château, dans l’ensemble du domaine, vous n’en trouverez d’autres qu’au hameau (quand elles sont ouvertes !), pensez-y avant de démarrer la visite !

Infos pratiques

Façade du Petit Trianon à Versailles

Façade du Petit Trianon à Versailles

Tarifs

Le château se visite avec deux types de billets. Soit un billet, vendu 12 € en 2018 (10 € en 2016), spécifique au domaine de Trianon (les deux châteaux et leurs parcs), dit à moitié faussement « domaine de Marie-Antoinette » (seul le Petit Trianon était son domaine) ; soit avec un billet passeport ouvrant l’ensemble du domaine de Versailles pour une journée ou deux, vendu respectivement 20 et 25 € en 2018 (27 et 30 € si un jour de grandes eaux ou jardins musicaux est inclus).

Vous pouvez également acheter un billet coupe-file par le biais de notre partenaire Come to Paris.

Vous éviterez ainsi la file d’attente à la caisse. Le billet est valable le jour de votre choix durant dix mois ! 😉

Le domaine de Trianon est accessible gratuitement aux jeunes européens de – de 26 ans, aux chômeurs, etc, comme le château proprement dit et globalement tous les musées et monuments nationaux en France. Rappelons que jusqu’en 2006, les jardins étaient accessibles gratuitement à tous depuis plus de deux siècles, tous les jours et toute la journée…

Horaires

Le domaine est ouvert tous les jours, sauf le lundi et quelques jours fériés, de 12 h (!) à 17 h 30 de novembre à mars, et jusqu’à 18 h 30 d’avril à octobre (inclus), dernière entrée 30 mn avant. Les jardins ferment à 19 h 30 en haute saison.

Des horaires totalement absurdes puisqu’ils ne permettent pas de profiter de la matinée… tandis que le château est totalement saturé de touristes et qu’on vous explique qu’il vaut mieux aller ailleurs, pour revenir le visiter avec – un peu – moins de foule en fin de journée. Bonne gestion dites-vous ?

N’oubliez pas de lire la page rassemblant mes conseils pratiques pour le domaine ! 😉

La visite

La chapelle du Petit Trianon constitue le début de la visite du domaine.

La chapelle du Petit Trianon constitue le début de la visite du domaine.

Le billet pour les deux domaines du Grand et Petit Trianon étant commun, vous pouvez commencer par l’un ou l’autre au choix, les deux jardins étant en continuité. Comme leur nom l’indique, le château du Grand Trianon demande environ 45 mn de visite tandis que le Petit se parcourt plus rapidement. Mais on passe plus de temps dans le jardin de ce dernier pour découvrir le hameau de la reine.

L’intérieur du château du Petit Trianon

On accède à l’intérieur du château du Petit Trianon en visitant d’abord la très sobre chapelle (accès gratuit). Derrière, les communs et anciennes cuisines du château abritent un point de restauration Angelina, aux tarifs élevés et aux pâtisseries annoncées surgelées !

Le rez-de-chaussée

Après le petit jardin clos (et les toilettes, pensez-y car elles sont rares !) puis le contrôle d’accès, on accède au rez-de-chaussée du château par la salle des gardes, tout aussi sobre que la chapelle, avec un buste de l’architecte Gabriel au-dessus de la cheminée. Puis on découvre le vestibule, avec son sol de marbre vert et blanc, et sa belle rampe d’escalier au chiffre de Marie-Antoinette. En face, c’est le billard, avec une table copie de l’original sur laquelle jouait le roi Louis XV.

Avant de grimper le magnifique escalier d’honneur présentant le chiffre « MA » de la reine, ne ratez pas la petite porte sous l’escalier : elle mène aux pièces de service dont l’argenterie, avec son service de table royal, et le réchauffoir à la cheminée imposante.

 

Le premier étage

A l’étage, on traverse plusieurs salles à l’atmosphère intimiste et au décor particulièrement raffiné.

On commence par l’antichambre, avec le grand portrait de la reine Marie-Antoinette par sa peintre préférée, Élisabeth Vigée-Lebrun. Puis c’est la salle à manger, avec ses quatre tableaux représentant les sources de l’alimentation (la moisson, la chasse, la vendange et la pêche).

Située en enfilade, on voit de l’entrée la petite salle à manger Louis XV, où on remarque la toile représentant la marquise de Pompadour en belle jardinière de Van Loo.

On bifurque alors vers le salon de compagnie, dédiée à la musique et au jeu comme en témoignent une harpe, la pendule à musique ou encore la table de quadrille, sur laquelle on jouait aux cartes à quatre. Marie-Antoinette y jouait de la harpe et du clavecin. Il faut également admirer le décor de boiseries, aux lettres « L » entrelacées de fleurs de lys.

 

La chambre de la Reine au Petit Trianon

La chambre de la Reine au Petit Trianon

On pénètre ensuite dans les appartements privés de la reine. On admire d’abord la chambre, qui étonne par sa dimension réduite mais au mobilier très raffiné, en particulier son mobilier dit « aux épis » (regardez-bien en détail !).

A gauche en entrant, on aperçoit le boudoir dit « cabinet des glaces mouvantes », car des miroirs s’élèvent du rez-de-chaussée pour obturer les fenêtres. Ce système, qui n’avait pour but que d’avoir un peu d’intimité, à causé de nombreuses rumeurs sur la prétendue infidélité de la reine avec – en particulier – le beau comte suédois de Fersen…

On ne visite pas (en visite libre) la dernière pièce pour bifurquer vers la garde-robe à chaise ou salle de bains, qui ne date pas de Marie-Antoinette mais de la duchesse d’Orléans au milieu du 19e siècle, épouse du fils aîné du roi Louis-Philippe.

 

Vous remarquerez que ces pièces sont plutôt basses de plafond ! (2,79 m au lieu de 5,40 m dans les salles précédentes, je suis une souris précise) C’est qu’au-dessus se situe l’attique (étage sous les toits), suite de petites pièces qu’on ne découvre qu’en visite commentée !

On regagne alors l’extérieur, pour découvrir le jardin français, à l’ouest du château en direction du Grand Trianon, puis le vaste jardin anglais avec ses fabriques, le hameau et la ferme.

Le jardin français

En saison, on ne peut qu’admirer les floraisons qui bordent la pelouse centrale avec, au centre de la perspective, le Pavillon français. Également œuvre de l’architecte Gabriel mais datant de 1749, il est antérieur au château et servait de lieu de repos et de collations à Louis XV. Il se situe à proximité de la ménagerie et des serres, détruites par Marie-Antoinette, où on cultivait des plantes exotiques comme le café ou les premiers ananas d’Europe !

On ne pénètre pas dans le pavillon mais on peut découvrir son superbe décor à travers les vitres, avec sa frise comportant des animaux de basse-cour ! Les tons verts et les dorures à l’intérieur ne datent en réalité que du 19e siècle, au siècle précédent, il était uniformément blanc !

En face le long du mur d’enceinte, on remarque le Salon frais, également œuvre de Gabriel, qui faisait office de salle à manger d’été du roi.

Le théâtre de la reine

Au nord du jardin français, on remarque une construction très sobre au péristyle classique : elle abrite le théâtre de la reine, petit théâtre d’environ 200 places réalisé par l’architecte Richard Mique en 1777 à la demande de Marie-Antoinette pour son usage et celui de ses proches. La reine jouait elle-même, dont certaines pièces sulfureuses comme celles de Beaumarchais… alors interdites à la cour ! On remarque le velours et satin bleu qui domine, mais tout le décor sculpté est en carton-pâte ! En saison, on peut en apercevoir l’intérieur derrière une vitre… pour le découvrir, il faudra suivre une visite guidée !

Derrière le théâtre se cachent l’ancienne ménagerie, les glacières et ce qui subsiste des aménagement botaniques de Jussieu, dont le pavillon et l’orangerie, qui ne se visitent pas (c’est le domaine des jardiniers du château).

 

Au fond de la perspective du jardin français, une passerelle, voulue par Napoléon, permet de rejoindre le parc du Grand Trianon. Mais c’est de l’autre côté que je vous emmène pour le moment… et je ne vous berne pas ! Suivez-moi ! 😉

 

Le jardin anglais

Jardin anglais du Petit Trianon à Versailles

Jardin anglais du Petit Trianon à Versailles

Suit le jardin anglais, œuvre de Mique (entre 1777 et 1787) sur les dessins du peintre Hubert Robert. Le contraste est saisissant : ici plus de perspective classique très rectiligne au profit d’allées sinueuses et de rivières artificielles.

On est ici dans l’esprit de la fin du 18e siècle très Rousseauiste où on peut se laisser aller à la rêverie… C’est d’ailleurs ici que deux institutrices anglaises prétendent avoir vu le fantôme de Marie-Antoinette en 1901 !

On se promène au bord d’un petit lac dominé par un grand rocher, suintant de cascatelles, et par le belvédère, salon de musique entouré de sphinges (sphinx à buste de femme). Puis à proximité, on découvre une grotte artificielle, refuge de la reine…

Autre fabrique néoclassique à l’est du parc : le temple de l’amour, avec sa statue de Bouchardon L’amour se taillant un arc dans la massue d’Hercule (original aujourd’hui au Louvre).

 

Bon, on poursuit vers le nord et nous voici enfin au fameux hameau de la reine !

Le hameau de la reine

L’ensemble de ces petites maisons de style normand situées autour d’un étang est plutôt pittoresque. Il s’agit en fait d’un lieu de séjour de la reine où chaque pièce d’un château est ici abritée par une construction différente : la maison de la reine où elle séjournait (restaurée en 2018), avec son escalier en colimaçon autour d’un arbre, le moulin avec sa roue à aube, le colombier, le réchauffoir (cuisine), la tour de la Pêcherie ou tour de Marlborough du nom d’une chanson (et non d’une marque de cigarettes !)…

Certaines ont malheureusement disparue comme la laiterie, on n’en voit plus que les fondations. Si l’étang est peuplé de poissons et des habituels canards, vous remarquerez peut-être les ragondins qui y résident !

Ne manquez pas un peu plus loin vers l’ouest la ferme, avec ses animaux que viennent caresser les enfants.

 

L’avis de la souris

Si on croise forcément un peu de monde dans un lieu aussi célèbre, l’éloignement, certes relatif, du château de Versailles fait que 60 % de ses visiteurs n’y viennent pas, même en ayant souvent payé un passeport à la journée, faute de temps ou trop épuisés. Les conditions de visite sont donc nettement plus agréables, généralement sans bousculades et parfois presque sans personne en semaine hors-saison !

L’intérêt de la visite étant indéniable, inutile de vous dire que je vous encourage vivement à vous y rendre ! Avec le même billet, vous enchaînerez ensuite la visite du Grand Trianon (si ce n’est déjà fait), très différent avec sa superbe décoration et élégamment meublé en style Empire.

Découvrez également : la visite de nuit des Grands Appartements du château de Versailles et la visite du château et jardin du Grand Trianon ! 😉




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