La place Rouge de Moscou

La place Rouge (Krasnaya Plochtchad) de Moscou est bien évidemment la plus célèbre de la ville et même du pays ! Ce nom ne peut que vous sembler familier, véritable emblème du pays, elle attire tous les visiteurs de passage dans la capitale russe, objet de bien des fantasmes. Plus qu’une simple place, il s’agit d’un véritable mythe !

J’en ai moi-même rêvé longuement avant de m’envoler pour le plus grand pays du monde. Un voyage en Russie ne pouvait être complet sans avoir foulé le sol de la place Rouge, sans avoir pu voir enfin de mes propres (grands) yeux la sublime cathédrale Saint-Basile-le-Bienheureux, elle-même aussi célèbre que la place. Et je ne fus pas déçue !


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mur d’enceinte du Kremlin et tour du Sauveur

Il s’agit vraiment du cœur de la capitale russe, lieu de toutes les rencontres, des manifestations publiques, des défilés, là où convergent les visiteurs ou les Moscovites. Tout rayonne à partir de cette place.

Contrairement à certaines idées reçues, son non n’a rien à voir avec la couleur des communistes : en russe ancien, le mot « rouge » et « beau » ne faisait qu’un, et cela tombe bien, la place est au final aussi belle que rougeoyante, le mur d’enceinte du Kremlin voisin et le musée d’histoire russe qui ferme la place arborant fièrement cette couleur chaude, pour une harmonie totale, plaisante à l’œil !

Belle, elle l’est, oui ! Un vrai décor de théâtre, mais toujours animé, les badauds passant et repassant, les touristes cherchant le meilleur angle de vue pour la photo souvenir, etc.

Il s’agissait à l’origine d’un faubourg du Kremlin, où des constructions en bois servaient de marché. Après un incendie en 1490, le tsar Ivan le Grand interdit la reconstruction des bâtisses en bois. La place ne cessa alors d’être aménagée, l’événement essentiel étant la construction de la cathédrale Saint-Basile-le-Bienheureux en 1561, sous le règne d’Ivan le Terrible !

Elle est à voir de jour comme de nuit, même si je garde une préférence pour la tombée de la nuit, lorsque le ciel offre encore une belle lumière bleutée et que les monuments se parent petit à petit de leurs lumières pour mieux nous éblouir !

C’est d’ailleurs à ce moment-là que je l’ai découverte (c’était voulu !), parvenant avec bonheur devant les portes de la Résurrection, au terme d’une promenade en ville au cours de laquelle j’ai pu découvrir progressivement une superbe vue sur les tours du Kremlin, tel un crescendo atteignant peu à peu son apothéose finale.

Que de bonheur devant cette vision tant fantasmée, cette architecture si typiquement russe, et surtout, les bulbes colorées et illuminés de Saint-Basile-le-Bienheureux se profilant sous les arcades, me rapprochant un peu plus du but ultime. Dur d’en croire mes yeux ! Comme dans un rêve, en effet, j’avais parfois du mal à réaliser que j’étais bien là, devant LA place la plus mythique de toute la Sainte-Russie.

Pour la petite histoire, les portes de la Résurrection (et la chapelle au milieu) ainsi que l’église Notre-Dame-de-Kazan un peu plus loin, furent détruites sur ordre de Staline dans les années 1930 car elles gênaient pour les parades militaires ! Le tout fut reconstruit en 1996, pour notre plus grand bonheur ! On n’y voit que du feu, tant le tout s’intègre à merveille !

 

Une fois les portes franchies, nous voici enfin sur la place ! Vivante, il s’agit aussi d’un lieu de rassemblements, manifestations diverses, parades, festivals… Elle est donc souvent défigurée par des échafaudages, ou seulement à moitié accessible ! C’était le cas lors de ma première découverte. Tant pis ! Heureusement j’ai pu y retourner un dernier soir pour l’admirer enfin vierge de tout obstacle gâchant la vue ! C’est mieux comme ça…

La première vision qui s’offre à nous est bien sûr celle de Saint-Basile, cathédrale unique en son genre par ses couleurs et la forme de ses bulbes, tous différents ! Et justement, elle ne peut nous laisser indifférents ! Là encore, j’en avais rêvé pendant longtemps, et son apparition me submergea d’une grande émotion. Elle était enfin là, sous mes yeux !

En se retournant, on admire cette fois le musée d’histoire de Russie, qui ferme la place. S’il s’intègre bien au paysage, il faut savoir qu’il date seulement de la fin du XIXe siècle, époque où le style « néo-russe » ou « vieux-russe » était à la mode. Il s’agit en fait d’un patchwork de toute l’architecture traditionnelle russe. Personnellement, j’aime beaucoup ! Dommage de ne pas avoir eu le temps de le visiter…

Sur les côtés, la place est délimitée à l’ouest par le mur d’enceinte du Kremlin et ses tours (toutes différentes les unes des autres) et à l’est par le Goum (ГУМ en cyrillique) le grand magasin Moscovite, toujours habillé d’une dentelle de lumière qui s’illumine dès que le ciel s’assombrit.

À côté, c’est Notre-Dame-de-Kazan qui fait la jonction entre la place et la rue Nikolskaya, elle aussi tout droit sortie d’un livre de contes. Dommage que les photos soient interdites à l’intérieur.

Je ne sais pas pour vous, mais moi, tout cela m’évoque un peu Disneyland ! On se croirait presque dans un conte de fées, entre l’architecture et les lumières…

La brique étant très bien entretenue, tout semble refait à neuf, ce qui est fascinant lorsqu’on sait qu’il s’agit d’une place très ancienne !

Autre élément incontournable de la place, le mausolée de Lénine, dont le style tranche un peu avec le décor… C’est ici qu’il repose, embaumé et encore visible tous les matins. Malheureusement, lors de mon passage il était inaccessible, arf !

Les tombeaux au pied du mur du Kremlin l’étaient également…

 

La cathédrale Saint-Basile-le-Bienheureux

Là encore, il s’agit indéniablement de l’église la plus célèbre de Russie ! L’image de ses bulbes chatoyants circule dans le monde entier ! Il faut dire que son architecture apparait très fantaisiste, comme tout droit sortie d’un rêve… En découvrant cette étrange bâtisse, on a plutôt l’impression de tomber nez à nez devant un château de contes de fées !

Aimant bien les contes et les images féériques, cette église me fit rêver pendant longtemps. Impossible donc d’aller en Russie sans espérer la voir ! C’était vraiment LE monument que je ne pouvais pas manquer !

Édifiée entre 1556 et 1561, Ivan le Terrible souhaitait alors commémorer sa victoire sur les Tatars de Kazan en célébrant la fameuse Vierge de Kazan, à qui l’église fut dédiée. Et oui, officiellement, il s’agit de la cathédrale-de-l’intercession-de-la-Vierge-sur-le-fossé (oui, les Russes aiment bien les noms à rallonge pour leurs églises…), nom par ailleurs assez courant dans le monde orthodoxe. Huit chapelles furent créées, avant l’ajout d’une neuvième, dédiée à un certain Basile, un « fou de Dieu » du XVIe siècle, qui donna ensuite son nom à la cathédrale, soit en russe Собор Василия Блаженного (Sabor Vassiliya Blajennava). Et oui, comme ça, c’est plus personnalisé et plus facile à retenir, non ? 😉

Selon la légende, Ivan, qui était décidément vraiment très terrible, fit crever les yeux de son architecte, pour qu’il ne reproduise pas un tel chef-d’œuvre ! Vrai ou pas, dans tous les cas, la cathédrale ne fut jamais égalée et demeure vraiment exceptionnelle, vous ne trouvez pas ?

Elle fut cependant plusieurs fois remaniée, les couleurs des bulbes n’ayant été rajoutées que plus d’un siècle plus tard ! Et tant mieux, c’est là que réside toute son originalité et sa fantaisie ! Pour ma part, en tant que souris très gourmande, je ne peux pas m’empêcher de penser à un tas de bonbons, sucettes, ou cornets de glace « à l’italienne ». Miam, j’ai envie de croquer dedans ! Bon, en fait je me suis contentée de la visiter, c’est déjà pas mal…

 

L’intérieur

Si bon nombre de touristes se contentent de l’admirer de l’extérieur, j’avais tout de même très envie de la visiter ! Curieuse, je me demandais à quoi l’intérieur pouvait ressembler, et comment étaient organisées les salles. L’architecture étant tellement spéciale, difficile de savoir à quoi s’attendre !

La visite peut s’effectuer tous les jours de 10 h à 18 h (dernière entrée 30 mn avant) pour la somme de 500 roubles en 2017, soit environ 7 €. Pas si donné mais j’estimais qu’elle les valait bien ! L’église fut transformée en musée pendant la période communiste. Aujourd’hui, c’est toujours le cas mais un office est célébré une fois par an.

Alors, à quoi cela ressemble-t-il donc à l’intérieur ? Et bien, ce qui frappe en premier, c’est que tout semble petit ! Ici pas de grande salle ou de hauts plafonds, rien à voir avec d’autres cathédrales !

Nous entamons la visite par le premier niveau, et oui, il y en a deux ! Le premier est plutôt bas de plafond. Après un couloir aux murs recouverts de motifs floraux, on pénètre dans la chapelle de Basile (appelée le Bienheureux car « fou » selon la doctrine religieuse) très richement décorée. Se succèdent ensuite plusieurs petites salles de brique apparente présentant divers objets religieux ou historiques.

 

Il faut alors grimper à l’étage en empruntant un étroit escalier en colimaçon. J’ai vraiment eu l’impression de me trouver dans le château de la Belle au bois dormant ! Nous découvrons alors la chapelle centrale, la plus grande. Nous nous trouvons sous le bulbe central, le plus haut, et on s’en rend bien compte en levant les yeux ! (attention au torticolis !)

Nous pouvons ensuite déambuler dans les autres chapelles, et admirer les belles iconostases et fresques ! Comme ici les photos sont autorisées, ce qui est rarement le cas dans les églises orthodoxes, je m’en suis donné à cœur joie ! Dommage que le recul nécessaire fasse défaut… Des fenêtres offrent également une vue impressionnante sur les quais de la Moskova, juste derrière.

 

Si l’intérieur de la cathédrale n’est pas forcément impressionnant ou grandiose, je peux dire que je l’ai trouvé tout mignon, et j’ai vraiment aimé me trouver dans ce lieu chargé d’histoire (il s’agit quand même d’une des plus vieilles églises de la ville, avec celles du Kremlin) et j’ai eu l’impression de percer un mystère ! Je ne peux que recommander !

 

Le Goum

En russe ГУМ, acronyme de Glavny Ouniversalny Magazin, ou « magasin principal universel ». Datant de 1893, on reconnait bien le pur style « néo-russe », très en vogue à l’époque ! Si Saint-Basile m’évoque un tas de bonbons, le Goum me fit penser à une grosse pâtisserie à la crème. Décidément, cette place me donne faim, hum.

À l’origine « grand magasin » et un des plus grands centres commerciaux du monde pendant longtemps, durant l’ère soviétique, c’est là que l’on pouvait trouver les meilleurs produits de l’Union, véritable temple du savoir-faire de l’époque.

Aujourd’hui, il est devenu un centre commercial classique, abritant essentiellement des marques de luxe… Un peu déçue du contenu donc, seulement à portée de la bourse des « nouveaux Russes », au porte-monnaie bien rempli, mais servant d’attraction aux touristes de passage ! On y croise d’ailleurs bon nombre de groupes en journée.

Véritable temple du consumérisme effréné auquel aime s’adonner la partie la plus privilégiée de la population, j’ai surtout aimé son architecture, aussi bien intérieure qu’intérieure, car oui, c’est beau ! On peut admirer, au moins c’est gratuit…

Étonnamment, on retrouve dans ses allées (véritables rues miniatures) des stands de glaces ou boissons à prix très raisonnables ! Sympa pour une petite pause kvas, ma boisson russe préférée, à base de pain noir fermenté.

 

Plus accessibles, quelques lieux de restauration vous invitent à faire une pause au dernier niveau. La cafétéria (Stolovaya) demeure d’ailleurs très fréquentée, comme indiquait la longue file d’attente !

Fatiguée de ma journée et pressée d’accorder un peu de repos à mes pauvres pattes douloureuses, j’ai donc choisi de jeter mon dévolu sur une petite crêperie juste à côté, aux prix là encore plus que corrects pour le centre d’une grande capitale !

Miam la crêpe au caviar (rouge, faut pas pousser !) et celle aux vraies cerises ! Mention spéciale pour la liqueur de cerise, de quoi planer encore un peu plus, comme si le fait de se trouver au milieu d’un décor de conte de fées ne suffisait pas…

Astuce pour les souris pisseuses : vous pouvez aller gratuitement aux toilettes partagées par les différents établissements culinaires, plutôt que de payer celle du sous-sol…

 

En résumé, cette place me faisait vraiment rêver et je suis contente d’avoir pu exaucer ce souhait que de la voir un jour dans ma vie. Je ne fus pas déçue, et je garde un souvenir enchanté de Saint-Basile, sans doute la plus belle église que j’ai vue dans ma vie, surtout en ce qui concerne l’extérieur.

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