Visite de la « Naples souterraine »

entrée de Naples souterrain

entrée du « Naples souterrain »

Les souterrains font partie intégrante de l’histoire de Naples ! Des associations proposent des parcours sur différents sites de la ville.

En plein centre, il existe deux parcours complémentaires et proches l’un de l’autre : « Napoli sotterranea » dont l’entrée se situe sur la piazza San Gaetano, juste à côté de la basilique San Paolo Maggiore, ainsi que le complexe de San Lorenzo Maggiore, situé sous la basilique du même nom.

Comme il fallait bien en choisir déjà un, nous avons donc jeter notre dévolu sur la « Naples souterraine ». Ce sont surtout les horaires de visite qui furent déterminants.


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Informations pratiques pour la visite du « Naples souterrain »

Les visites sont obligatoirement guidées, en anglais ou en italien, mais des réservations peuvent être effectuées pour des visites dans d’autres langues.

Celle en italien a lieu toutes les heures, et celle en anglais toutes les deux heures, de 10h à 18h, pour une durée d’environ 1h30. Il vaut donc mieux être là au bon moment, hum. Ici, pas de salle d’attente ou de billetterie, mais une modeste entrée couverte avec un banc, distributeur de café et des WC. Le billet est à 10€ en 2018. Plus d’infos sur le site officiel.

En ce jour pluvieux de mars, il y avait quand même foule ! Et oui, les souterrains, ça intéresse, vous ne serez donc pas tous seuls, mais cela vaut le coup ! N’oubliez pas votre petite laine si vous visitez l’été, la température y est constante toute l’année : environ 14 degrés.

La visite

escalier pour accéder au Naples souterrainAprès une descente de 40m, la visite peut commencer ! Vous découvrirez donc une toute petite partie de ce monde souterrain très étendu.

Aussi étonnant que cela puisse paraître, les premiers tunnels furent creusés à la fin de la préhistoire, il y a environ 5000 ans !

Les  Grecs exploitèrent ensuite les carrières de tuf pour construire les murs de la ville ainsi que divers monuments. Une reconstitution montre d’ailleurs leur technique d’excavation, à l’aide de pieux de bois mouillés, utilisés pour casser la pierre. Et oui, à l’époque, pas de machine !

On retrouve quelques graffitis sur les murs de l’ancienne carrière, identiques à ceux présents sur les vestiges des murs de la ville. Vous en verrez par exemple sur la piazza Bellini (pas de chance pour moi, je n’ai vu cette place que de nuit)

groupe visitant la Naples souterraineLes Romains utilisèrent ensuite ces souterrains et continuèrent de creuser, afin de construire un aqueduc de 400 km de long pour alimenter la ville en eau. Un réseau de canaux distribuait l’eau dans de vastes citernes afin de desservir différentes parties de la ville. Il fut agrandi en 1629. C’est que la population de Naples ne cessait de croire !

L’aqueduc fut utilisé jusqu’à l’épidémie de choléra de 1884, avant d’être abandonné, car comme tout le monde le sait, le choléra est transmis par l’eau (et non pas par les rats, ça, c’est la peste !).

Les Napolitains utilisèrent alors les souterrains et leurs grottes artificielles pour… y entreposer leurs déchets ! Comme quoi, la crise des déchets à Naples, ce n’est pas nouveau ! Plusieurs grottes sont donc aujourd’hui inaccessibles pour cette raison, les déchets les ayant complètement bouchées…

 

Les souterrains servirent d’abri pendant la Seconde Guerre mondiale. Plus qu’un simple refuge, ils devinrent des lieux d’habitation, avec lits, effets personnels, toilettes… Nous pouvons d’ailleurs voir quelques reconstitutions ainsi que les toilettes d’origine. Hum, ça ne donne pas envie !

Malheureusement, leur utilisation s’étendit au-delà de la guerre, car après, il fallait reconstruire… Plusieurs familles vécurent donc ici pendant des années, dans l’humidité, le manque de lumière (des ouvertures permettaient tout de même de voir le jour) et des conditions très précaires. J’avoue, j’ai eu mal pour eux ! Même s’il est impossible de vraiment imaginer leur dur quotidien.

 

citerne et puits d'extraction de l'eau dans la Naples souterraine

citerne et puits d’extraction de l’eau

Nous arrivons ensuite dans la partie la plus fascinante du parcours, mais clairement à déconseiller aux claustrophobes ! D’étroits tunnels vous amènent à d’anciennes citernes de l’époque gréco-romaine. Bien sûr, elles ont été remises en eau pour le plaisir de nos yeux !

Attention, les tunnels n’étant pas éclairés, il faudra vous munir d’une petite lampe en forme de bougie (ambiance garantie…) fournie pour l’occasion.

Mais je confirme que c’est vraiment très étroit ! Heureusement que je suis une petite souris, c’est plus simple, mais il ne vaut mieux pas avoir abusé des pizzas et des babas pour être à l’aise, hum. Rassurez-vous, cette partie de la visite est facultative, mais j’aurais trouvé dommage de m’abstenir, c’était vraiment spécial et très intéressant.

Pour l’anecdote, plusieurs maisons, couvents ou palais, avaient un accès direct aux citernes. Les pozzari étaient chargés de crapahuter dans ce dédale pour remonter l’eau à la surface. Dur métier… En levant le museau, j’ai d’ailleurs pu voir les puits qu’ils utilisaient pour cette dure besogne, avec quelques points d’accroche sculptés dans la roche.

 

Notre guide nous a ensuite montré quelques salles dédiées à l’agriculture souterraine de Naples. Il s’agissait à l’origine d’une première expérience destinée à réhabiliter ces souterrains, laissés à l’abandon peu de temps après la guerre.

L’idée fut abandonnée car pas vraiment rentable. Oui, tout doit l’être de nos jours, et il faut avouer que les touristes paient mieux… Mais aujourd’hui, on y cultive encore un peu, entre autre, du basilic frais ! L’humidité et la température ambiante étant propice à certaines cultures, et l’ait étant moins pollué qu’à l’extérieur, l’idée était bien trouvée ! Avis aux amateurs…

basilic dans les souterrains de Naples

basilic

 

Le musée de la Seconde Guerre mondiale

Un petit musée évoque cette guerre dévastatrice qui poussa les habitants à se réfugier dans les souterrains. Malheureusement, j’ai trouvé que nous n’avions disposé que de peu de temps dans cette partie. Les revers d’une visite guidée…

 

Une petite boutique vous propose divers produits, notamment du vin vieilli dans les sous-sol du couvent San Gregorio Armeno, non loin de là. Là encore, faites-vous plaisir ! J’ai quand même trouvé que peu de temps était laissé aux visiteurs pour effectuer leurs emplettes.

boutique de la Naples souterraine

 

La visite de l’ancien théâtre gréco-romain

Il n’y a désormais plus qu’à remontrer à la surface pour la seconde partie de la visite. À quelques encablures de là (sous la pluie, ce fut long… surtout qu’en sortant des souterrains, je n’avais pas chaud !) notre guide nous ouvre la porte d’un ancien basso, petit logement en rez-de-chaussée où s’entassait une famille entière.

ruines de thèâtre gréco-romain à NaplesDe là, comme par un tour de passe-passe, elle pousse alors un lit pour découvrir  un mystérieux escalier.

Nous voilà sous les restes d’un théâtre gréco-romain ! Mais pas n’importe lequel… situé à deux pas de l’ancien forum (piazza San Gaetano actuelle), il s’agissait d’un des plus grands de la ville, utilisé du IVe siècle avant J.-C jusqu’au IIe siècle de notre ère.

C’est ici que le fameux empereur Néron venait pousser la chansonnette ! D’après la légende, il soudoya des spectateurs pour l’applaudir !

Bien sûr, dans cet espace de 150 m2, on est loin de se rendre compte de la taille du théâtre, dont les vestiges sont aujourd’hui recouverts pas des habitations (et on n’allait quand même pas tout raser). Ce sont dans les caves que l’on retrouve donc les traces de ces ruines. Il faudra donc un peu d’imagination !

 

La visite se termine par une exposition de crèches typiques du XVIIIe siècle, époque où cet artisanat était en plein essor. Plus que de simples crèches représentant des scènes de la Nativité, ce sont là de véritables miniatures qui s’offrent à nos yeux. J’ai bien aimé les représentations de différentes échoppes napolitaines, surtout celles avec de la nourriture, après tout, je reste une souris gourmande…

Un petit espace est également dédié à Sophia Loren, originaire de Naples.

 

Voilà, la visite est terminée !

Je voulais vraiment effectuer au moins une visite des souterrains de Naples lors de ce deuxième séjour dans la ville, et ne fus pas déçue. Je regrette un peu cependant que nous ayons été trop nombreux dans le groupe selon moi, rendant parfois l’écoute de la guide un peu difficile, de plus, cela résonnait bien à l’intérieur. J’aurais également aimé pouvoir passer plus de temps à certains endroits, c’est qu’avec mes petits pattes, cela allait parfois un peu vite.

Je vous recommande tout de même cette visite, pour voir Naples d’un autre œil et découvrir un endroit insolite, loin des églises baroques !

 

Poursuivez la visite du centre historique de Naples (Spaccanapoli)

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