
Après avoir exploré les grands classiques, je vous emmène dans ce qui est sans doute mon quartier préféré du centre historique de Rome. Situé au sud du corso Vittorio Emanuele II, ce secteur forme un triangle s’étendant des bords du Tibre jusqu’à la via Arenula.
Ici, on respire enfin ! Si les touristes se pressent sur la célèbre place du Campo de’ Fiori pour son marché coloré, les ruelles adjacentes sont restées bien plus paisibles et authentiques que celles du nord.
C’est le Rome de la Renaissance, celui des palais majestueux comme le palais Farnèse ou le palais Spada, mais aussi celui des artisans et des églises cachées. Suivez-moi pour une balade entre gastronomie, art et curiosités insolites ! 😉
Sommaire
- Plan du quartier du Campo dei fiori à Rome
- De la via Giulia au palais de la Chancellerie : une balade au fil de l’eau
- Le Campo de’ Fiori : un marché entre fleurs et histoire sombre
- Le palais et la place Farnese : la France à l’honneur
- Le palais Spada : l’illusion d’optique la plus célèbre de Rome
- Églises et placettes : les trésors cachés du quartier
- Du pont Sisto à la via Arenula : le visage secret de Rome
- ❓ FAQ : Vos questions pour visiter le Campo de’ Fiori
- Résumé de la visite autour du Campo de’ Fiori
🆘 L’essentiel pour votre visite
- 📍 Localisation : entre la piazza Navona et le Ghetto (Rione Regola et Parione).
- 🚌 Accès : pas de métro ! Utilisez les bus 40, 64 ou 70 (arrêt Largo Argentina ou Chiesa Nuova) ou le tram 8 (arrêt Arenula).
- ⏰ Meilleur moment : le matin avant 13 h pour voir le marché en activité, ou en fin d’après-midi pour l’ambiance des terrasses.
- ♿ Accessibilité : quartier plat mais très pavé. La place du Campo de’ Fiori est praticable, mais certaines ruelles étroites ont des trottoirs quasi inexistants.
Plan du quartier du Campo dei fiori à Rome
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De la via Giulia au palais de la Chancellerie : une balade au fil de l’eau
Je vous invite à me suivre pour une promenade d’ouest en est. Lors de notre première incursion dans le quartier, nous avons traversé l’un des ponts menant vers la vieille ville pour flâner au sud du corso Vittorio Emanuele II. En ce début d’après-midi, plusieurs églises nous ont malheureusement montré porte close… mais cela ne nous a pas empêchés de déambuler au gré des placettes, avec pour seul cap le Campo de’ Fiori.
Le palazzo della Cancelleria (palais de la Chancellerie)
Sur notre chemin, nous sommes passés devant l’imposant palazzo della Cancelleria. Saviez-vous qu’il s’agit d’une zone extraterritoriale appartenant au Vatican ? Il abrite une exposition permanente très intéressante sur les inventions de Léonard de Vinci.
Même si vous ne visitez pas l’exposition, n’hésitez pas à jeter un œil à la jolie cour intérieure à double loggia, attribuée à Bramante. C’est un havre de paix et d’élégance en plein cœur du tumulte romain.
La via Giulia : le premier axe moderne de Rome
La via Giulia est l’une des rares rues droites de la vieille ville. Elle s’étire sur presque tout le quartier, quasiment parallèle au Tibre (qui, lui, refuse obstinément la ligne droite !). Ouverte par le pape Jules II, elle représentait l’un des premiers grands projets d’urbanisme moderne depuis l’Antiquité.
Aujourd’hui, même si elle a un peu perdu de son prestige d’antan, elle reste bordée de palais Renaissance, d’antiquaires et d’églises. C’est une rue très photogénique où l’on se sent soudain loin de l’agitation touristique.
L’église Santa Maria dell’Orazione e Morte et sa crypte macabre
Nous n’avons pas parcouru la rue dans sa totalité, car c’est une modeste façade qui a stoppé net mes moustaches : celle de l’église Santa Maria dell’Orazione e Morte. Si l’église même était fermée, nous avons eu une chance de souris : la crypte était ouverte !
Âmes sensibles, s’abstenir ! Cette crypte abrite des ossements et des crânes artistiquement disposés en guise de décoration. L’église fut en fait construite par une confrérie chargée de donner une sépulture digne aux cadavres abandonnés dans la campagne ou repêchés dans le Tibre. C’est un lieu insolite et émouvant, mais attention : la crypte n’est pas toujours accessible aux visiteurs.
♿ Tourisme et handicap : la via Giulia est l’une des rues les plus faciles à parcourir en fauteuil roulant car elle est large et relativement plane. En revanche, l’accès à la crypte de Santa Maria dell’Orazione e Morte se fait par des escaliers très étroits et n’est malheureusement pas accessible aux personnes à mobilité réduite.
Le Campo de’ Fiori : un marché entre fleurs et histoire sombre
Le Campo de’ Fiori signifie littéralement « champ de fleurs ». Ce nom poétique lui vient du Moyen-Âge, époque où la place n’était qu’une simple prairie fleurie. Aujourd’hui, le décor a bien changé !
Un marché haut en couleur (et en bibelots)
Cette agréable place, située non loin de la piazza Navona, est mondialement connue pour son marché de fruits, de légumes et de fleurs. Hélas, tout se perd (surtout dans les centres touristiques !) : les bibelots et les mélanges d’épices pour touristes ont désormais tendance à remplacer les produits frais sur les étals.
La place n’en reste pas moins un lieu de vie incontournable. On y trouve encore quelques trattorie et des bars abordables pour s’imprégner de l’ambiance. C’est ici que nous avons fait une pause pour déguster des cappuccini en observant le va-et-vient des passants. 😉
Une place sans église mais avec une statue célèbre
Une curiosité qui n’a pas échappé à mes moustaches : c’est l’une des rares places du centre historique de Rome à ne comporter aucune église ! 😉
À la place d’un clocher, c’est la silhouette austère de Giordano Bruno qui domine les débats. Ce moine dominicain fut brûlé vif pour hérésie sur cette même place, le 17 février 1600. Quelle idée aussi de soutenir avant tout le monde que la Terre tournait autour du soleil et que l’Univers était infini ! Sa statue, érigée à la fin du XIXe siècle, est devenue un symbole de la liberté de pensée face à l’obscurantisme.
📸 Le conseil de la souris : pour profiter du « vrai » Campo, venez tôt le matin (avant 9 h). Les maraîchers sont encore en train de déballer et les touristes dorment encore. C’est là que l’on ressent le mieux l’âme populaire du quartier.
♿ Tourisme et handicap : la place est vaste et plane, ce qui facilite grandement la circulation en fauteuil roulant. Attention toutefois lors du marché : les étals et les caisses de marchandises encombrent souvent le passage, rendant la navigation un peu plus périlleuse entre les stands.
💡 Le saviez-vous ? Giordano Bruno, le martyr de la pensée libre
La statue que vous voyez au centre du Campo de’ Fiori, le regard sombre tourné vers le Vatican, n’est pas là par hasard. Elle rend hommage à l’un des plus grands esprits de la Renaissance, dont le parcours est une véritable leçon de courage :
- Un univers infini : bien avant les télescopes modernes, ce moine dominicain affirmait que l’Univers n’avait pas de centre et que les étoiles étaient d’autres soleils entourés de planètes habitées. Une idée révolutionnaire (et terrifiante pour l’époque !).
- Huit ans de procès : refusant de renier ses thèses scientifiques et philosophiques malgré la prison et la torture, il finit par déclarer à ses juges : « Vous éprouvez sans doute plus de crainte à porter cette sentence que moi à la recevoir. »
- Une piqûre de rappel : brûlé vif en 1600, il est devenu le symbole mondial de la résistance face à l’obscurantisme et au fanatisme. Sa statue ne fut érigée qu’en 1889, après d’âpres débats, pour rappeler que la science et la liberté d’expression sont des conquêtes fragiles.
🐭 Note de la souris : aujourd’hui encore, chaque 17 février, des libres-penseurs viennent déposer des fleurs au pied de ce monument pour honorer sa mémoire.
Le palais et la place Farnese : la France à l’honneur
Juste derrière l’agitation du Campo de’ Fiori, on tombe nez à nez avec l’imposant palais Farnese. Ce chef-d’œuvre absolu de la Renaissance est aujourd’hui le siège de l’ambassade de France en Italie. C’est l’un des plus beaux palais de Rome, et pour cause : de grands noms comme Sangallo et Michel-Ange ont travaillé à sa splendeur !
Visiter le palais : un privilège qui s’anticipe
Le palais abrite une galerie d’art et des fresques (notamment celles des Carrache) tout simplement époustouflantes. Cependant, comme il s’agit d’une ambassade, on peut le visiter sous certaines conditions assez strictes :
- La visite est uniquement guidée (payante) et dure environ une heure.
- Il faut impérativement réserver au moins une semaine à l’avance.
- Une pièce d’identité est obligatoire pour entrer.
- Notez que les enfants de moins de 10 ans ne sont pas admis.
Pouvoir et scandales chez les Farnese
La famille Farnese fut l’une des plus influentes de Rome. Elle donna à la ville un pape (Paul III) et de nombreux cardinaux. Pour la petite histoire, la famille devait aussi son ascension à la beauté de Giulia Farnese, qui fut la maîtresse du pape Alexandre VI (le fameux Borgia) et la sœur du futur pape Paul III…
Le quartier garde encore les traces de ces rivalités : c’est non loin de là que se trouve également le palais de la mère des enfants Borgia, Vanozza Cattanei, dont la « belle Farnese » fut la grande rivale. Un vrai scénario de série historique au coin de la rue !
⛲ Ne manquez pas sur la place : admirez les deux fontaines monumentales qui décorent la piazza Farnese. Ce sont d’anciennes baignoires géantes en granit provenant des thermes de Caracalla ! Les Farnese n’ont pas hésité à recycler le luxe antique pour embellir leur parvis.
♿ Accessibilité : la place Farnese est très large et bien pavée, donc accessible sans encombre. Pour la visite de l’ambassade, l’accès se fait par un escalier monumental mais des dispositifs existent (se renseigner lors de la réservation car les conditions peuvent varier pour les fauteuils roulants).
Le palais Spada : l’illusion d’optique la plus célèbre de Rome
Un peu plus loin, en continuant notre balade vers l’est, c’est cette fois le magnifique palais Spada qui s’offre à nous. Sa façade est sans doute l’une des plus riches de la ville, ornée de statues de grands personnages romains et de guirlandes de stucs.
Une galerie d’art accessible
Aujourd’hui siège du Conseil d’État italien, le palais abrite également la galeria Spada. Contrairement au palais Farnèse, elle est beaucoup plus simple à visiter et présente une superbe collection de peintures du XVIIe siècle dans un cadre d’époque. À défaut de visiter la galerie, n’hésitez pas (comme nous !) à pénétrer au moins dans la très belle cour intérieure : elle est libre d’accès et vaut vraiment le détour pour ses décorations baroques.
La perspective trompeuse de Borromini : le tour de magie de la souris
C’est ici que se cache l’un des secrets les mieux gardés de Rome : la perspective de Borromini. Ne la manquez pas, même si vous ne faites pas le musée ! 😉
En regardant dans la cour, vous verrez une galerie de colonnes qui semble mesurer une trentaine de mètres de long et se terminer par une statue grandeur nature au fond du jardin. En réalité, ce n’est qu’une incroyable illusion d’optique ! La galerie ne mesure que 8 mètres de long et la statue n’est pas plus haute qu’un genou. C’est un pur exercice mathématique de perspective forcée qui amuse petits et grands.
📸 Le conseil de la souris : on peut apercevoir la perspective depuis l’entrée sans forcément payer le billet pour la galerie complète. C’est parfait pour les voyageurs qui ont un timing serré !
♿ Accessibilité : la cour principale et la perspective de Borromini sont situées au rez-de-chaussée et sont donc facilement accessibles aux personnes en fauteuil roulant. Pour la galerie d’art située à l’étage, l’accès est plus restreint (escaliers historiques).
Églises et placettes : les trésors cachés du quartier
L’un des plus grands plaisirs de Rome est de tomber par hasard sur des lieux non mentionnés dans les guides. C’est ce qui nous est arrivé en poursuivant notre balade vers le sud du quartier, loin de l’agitation du Campo.
La piazza della Trinità dei Pellegrini
En marchant vers l’est, nous sommes arrivés sur cette petite place tranquille, véritable condensé du baroque romain. Certes, les façades auraient bien besoin d’un petit coup de peinture pour retrouver leur éclat d’antan, mais l’ambiance y est restée très authentique.
Nous avons pu pousser la porte de l’église de la Santissima Trinità dei Pellegrini ai Catinari. Si elle est souvent absente des guides papier, elle vaut vraiment le coup d’œil si vous passez devant : son dôme et son autel sont impressionnants. C’est une église encore très vivante, connue pour ses célébrations traditionnelles.
L’église San Salvatore in Onda
En redescendant vers le Tibre et le pont Sisto (qui mène directement au Trastevere), nous sommes tombés, toujours par hasard, sur la petite mais charmante église San Salvatore in Onda.
Cette église est consacrée à Saint Vincent Pallotti, une figure importante de la charité à Rome et précurseur de l’Action catholique mondiale. L’intérieur est simple mais empreint d’une grande sérénité, loin du tumulte des grands axes. C’est le genre de halte spirituelle et fraîche que les souris apprécient après une longue marche sur les pavés !
🐭 L’astuce de la souris : si vous êtes dans ce secteur en fin de journée, traversez le pont Sisto. La vue sur le dôme de Saint-Pierre d’un côté et sur l’île Tibérine de l’autre est magique au coucher du soleil.
♿ Accessibilité : les églises de ce secteur possèdent souvent une ou deux marches à l’entrée. La piazza della Trinità dei Pellegrini est assez calme, mais les trottoirs y sont très étroits et les voitures stationnées compliquent parfois le passage des fauteuils roulants.
Du pont Sisto à la via Arenula : le visage secret de Rome
Nous avons poursuivi notre flânerie sans but précis, du pont Sisto jusqu’à la via Arenula. C’est ici que l’on ressent le plus le contraste avec le Rome « carte postale » : le quartier est bien moins fréquenté par les touristes, mais aussi moins bien entretenu. Si un petit coup de peinture ne ferait pas de mal à certains bâtiments, c’est justement ce délabrement qui lui confère son charme authentique.
La via delle Zoccolette et son histoire sociale
Une curiosité a attiré mon attention dans la via delle Zoccolette : une fresque sur l’un des bâtiments rappelle la présence d’un ancien orphelinat à cet endroit. À l’époque, on pouvait y déposer anonymement les bébés abandonnés.
Le terme « zoccolette » (petits sabots) désignait les jeunes orphelines, mais c’était aussi un surnom pour les prostituées… triste présage de ce que devenaient souvent ces petites filles sans famille dans la Rome d’autrefois. En continuant, vous verrez que la via Arenula et la piazza Cairoli contrastent avec ce passé modeste par leurs jolis immeubles plus bourgeois.
L’église Santa Maria in Monticelli
Là encore, c’est le hasard de nos pérégrinations qui nous a conduits à pousser la porte de Santa Maria in Monticelli. Cette église est remarquable car elle a conservé son campanile du Moyen-Âge, même s’il manque cruellement de recul pour le photographier correctement !
L’intérieur est, comme souvent à Rome, une magnifique surprise. Nous n’avons d’ailleurs visité aucune église qui ne soit pas jolie à l’intérieur… c’est presque un pléonasme dans cette ville ! 😉
🐭 Le conseil de la souris : si vous cherchez des boutiques plus modernes et un peu de vie citadine après ces ruelles médiévales, la via Arenula est parfaite. Elle marque la limite avec le Ghetto et propose de nombreux commerces utiles (et des arrêts de tram !).
♿ Accessibilité : le secteur entre la via delle Zoccolette et la via Arenula est plat, mais les trottoirs sont souvent encombrés ou très dégradés. La via Arenula est en revanche beaucoup plus simple à pratiquer pour les fauteuils roulants grâce à ses larges trottoirs bitumés.
❓ FAQ : Vos questions pour visiter le Campo de’ Fiori
Quels sont les horaires du marché du Campo de’ Fiori ?
Le marché se tient tous les matins, du lundi au samedi, environ de 7 h 30 à 13 h 30. Le dimanche, les étals laissent place aux terrasses des restaurants.
Peut-on visiter le palais Farnèse sans réservation ?
Non, c’est impossible ! Comme il s’agit d’une ambassade, vous devez impérativement réserver votre visite guidée sur le site officiel au moins une semaine à l’avance (voire 2 ou 3 semaines avant pour visiter les souterrains) !
Où manger sur le pouce près du Campo de’ Fiori ?
Pour une expérience typiquement romaine et pas chère, je vous conseille le Forno Campo de’ Fiori : leur pizza bianca est une institution ! Évitez les restaurants aux rabatteurs trop insistants sur la place même.
Quelle est la particularité de la statue au centre de la place ?
Il s’agit de Giordano Bruno, brûlé vif ici-même pour hérésie. Contrairement à la majorité des statues de Rome, il ne regarde pas vers le Vatican, mais lui tourne le dos en signe de défi.
Résumé de la visite autour du Campo de’ Fiori
| Lieu ou monument | Pourquoi y aller ? | Le conseil de la souris |
|---|---|---|
| Campo de’ Fiori | Marché historique et ambiance | Venez avant 10 h pour les photos. |
| Palais Farnèse | Splendeur de la Renaissance | Admirez les « baignoires » sur la place. |
| Palais Spada | Illusion d’optique géniale | Entrez dans la cour, c’est gratuit ! |
| Via Giulia | Balade élégante et calme | Cherchez l’église aux crânes ! |
