Le domaine de Marly-le-Roi

parc de Marly-le-RoiLe domaine de Marly-le-Roi se situe dans la commune éponyme des Yvelines, à 15 km à l’ouest de Paris et 6 km au nord de Versailles.

Ce magnifique ensemble voulu par le Roi-Soleil qui en fit son domaine favori a malheureusement vu disparaître ses constructions au XIXe siècle. Restent le vaste parc et une partie de ses pièces d’eau, et un petit musée, qui porte bien son nom de musée-promenade, qui évoque le passé fastueux des lieux avec des maquettes et des objets préservés. La fameuse machine de Marly, véritable tour de force d’ingénierie du XVIIe siècle, est également évoquée. Voilà une balade mélancolique qui complète utilement celle du domaine de Versailles.


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S’y rendre

En transports publics, la ligne de St-Nom-la-Bretêche dessert Marly-le-Roi depuis Paris-Saint-Lazare (branche de la ligne L) en 35 mn environ, à raison d’un train toutes les 15 mn (hors heure de pointe) et 30 mn les dimanches et fêtes. La gare est à 15 mn à pied du parc en traversant le vieux village et sa jolie Grande rue. Autre possibilité : le RER A jusqu’à Saint-Germain-en-Laye, puis le bus ligne 1 Mobilien direction Versailles, arrêt Louveciennes Village.

En voiture depuis Paris, il faut emprunter l’A 13 (sortie 6) puis la N 186 direction St-Germain-en-Laye. Autre possibilité depuis le nord de Paris : l’A 86 jusqu’à la Rueil-Malmaison (dernière sortie avant le tunnel à péage) puis la N 13 en bord de Seine jusqu’à Port-Marly et enfin la N 186 qui grimpe la côte. Du sud, évitez le tunnel de l’A 86 à péage (7,20 € en journée pour quelques kilomètres !) et empruntez l’A 12 qui contourne Versailles par l’ouest au prix de quelques kilomètres supplémentaires.

Histoire

Le château et son parc sont créés à partir de 1679 par Jules-Hardouin Mansart pour le roi Louis XIV dans ce lieu pentu et humide mais giboyeux, afin de permettre à ce dernier de séjourner au calme avec sa famille et ses proches loin de la foule du château de Versailles. Cet ensemble relativement intimiste est, comme d’habitude avec le Roi-Soleil, juste grandiose ! Douze pavillons identiques pour les invités encadrent le pavillon royal, entouré de bassins et au sud d’une majestueuse cascade dévalant la pente. Cette disposition astucieuse plutôt qu’un vaste palais, évoque le soleil entouré des douze signes du zodiaque.

Son arrière-petit-fils le roi Louis XV y séjourne également mais plus rarement, et y apporte quelques dégradations, comme des modifications du pavillon royal afin de gagner en surface, et la suppression de la grande cascade, considérée trop couteuse. Son successeur Louis XVI y séjourne avec la reine Marie-Antoinette mais se fait rare à Marly.

Durant la Révolution, le mobilier est vendu et le domaine est dégradé avec la perte de ses statues transférées à Paris et parfois détruites. Un industriel rachète l’ensemble en 1800 et transforme les pavillons en filature. Mais il finit criblé de dettes suite au blocus continental et fait détruire les bâtiments afin d’en récupérer les matériaux. Le parc est finalement racheté par Napoléon en 1811 et entre dans le domaine de l’État. Il reste aujourd’hui un vaste parc et une partie des pièces d’eau, un petit musée qui évoque l’histoire du domaine et le souvenir du Grand Siècle…

Le musée-promenade de Marly-Louveciennes

Marly-le-Roi museeIl se situe à l’est du parc, juste à la grille royale, l’entrée venant de Versailles qu’empruntait le roi, sur l’actuelle N 186. Avant de se balader dans le parc, je vous suggère d’aller rendre visite à ce petit musée dont on fait tranquillement le tour en 45 mn à une heure.

Le musée-promenade est, comme son nom l’indique, plutôt une balade dans l’histoire du domaine qu’un musée de collection. Il montre à quoi ressemblait autrefois le domaine à l’aide de maquettes et de mobilier rescapé du château, ce qui assez indispensable pour comprendre la grandeur passée des lieux vu le peu qui subsiste aujourd’hui. Une salle est consacrée à l’étonnante machine de Marly, un ouvrage unique en son genre voulu par Louis XIV afin d’alimenter les parcs de Marly et de Versailles avec l’eau puisée dans la Seine.

Le musée est établi au rez-de-chaussée et en sous-sol d’un bâtiment néoclassique datant de… 1982. Au rez-de-chaussée, il présente successivement le domaine grâce à un plan, des moulages de sculptures, des peintures et plusieurs maquettes du parc et du pavillon royal, du mobilier et des portraits de la Cour.

La première salle est pour l’essentiel consacrée à la maquette du parc et à celle de la machine, ainsi qu’à quelques portraits, dont ceux de Louis XIV et de Mme de Maintenon.

La seconde présente la maquette du pavillon royal en coupe : on peut y voir le grand salon et les appartements disposés autour, respectivement du roi, de Mme de Maintenon, de Monsieur (frère du roi) et de sa femme. Chaque appartement comportait une antichambre, un cabinet de travail et la chambre à proprement parler. Des éléments de décor et tableaux sont présents dans la pièce.

La salle suivante est dévolue à Madame du Barry et à Madame Vigée-Lebrun, qui ont toutes deux séjourné à Marly. La première, célèbre maîtresse du roi, s’était vu offrir par Louis XV un « pavillon » à Louveciennes qu’on voit ici en maquette, en réalité un magnifique édifice qui est une des premières réalisations néoclassiques en France.

Au sous-sol, c’est la fameuse machine de Marly qui est évoquée avec des plans, une maquette animée de la machine originelle, une des installations à vapeur du XIXe siècle qui l’ont remplacée, et des éléments retrouvés. Enfin la visite s’achève avec un espace dévolu aux petites expositions temporaires. Fin 2016, c’est l’archéologie royale qui est à l’honneur, avec des objets divers retrouvés ici ou dans le parc de Versailles : éléments de construction du XVIIe siècle (tuyaux, carreaux de faïence), mais aussi jeux et objets personnels de diverses époques retrouvés lors des fouilles.

Le musée est ouvert du mercredi au dimanche de 14 h à 17 h 30, et jusqu’à 18 h 30 d’avril à septembre. Le plein tarif en 2016 est de 5,50 € (4€ pour les jeunes jusqu’à 26 ans et les + de 65 ans, gratuité pour les – de 16 ans et les chômeurs).

Vous trouverez toutes les infos pratiques sur le site officiel : www.musee-promenade.fr

Note : depuis mi-octobre 2016, suite à une inondation (rupture d’une canalisation sous la N 186), le musée est fermé pour un an, le sous-sol ayant malheureusement été partiellement noyé endommageant une partie des collections…

Le parc

Le parc de Marly appartient à l’État et se visite librement toute l’année. Si les bâtiments ont disparu, le parc en lui-même est resté relativement préservé, même si les bosquets et plusieurs bassins ont disparu ou ont été modifiés. Si la statuaire a toujours été plus modeste qu’à Versailles, l’eau en revanche était plus abondante, en particulier grâce à la machine de Marly qui alimentait le parc en eau de la Seine. Mais il n’en reste hélas plus grand chose… Les statues préservées, dont celles des fameux chevaux de Marly de Coustou qui ornent l’abreuvoir, sont aujourd’hui abritées à la cour Marly du Louvre, et sont remplacées par des copies.

traces du pavillon royal de Marly-le-Roi

Marquage au sol du pavillon royal de Marly

Au centre du parc, des dalles au sol matérialisent l’emplacement du pavillon royal, au centre des deux perspectives du parc, longitudinale en descente vers la Seine, et transversale en montée vers la grille royale. On remarque le grand salon central octogonal, et les quatre petits appartements d’angle. Par souci d’économie (décidément, déjà ce problème de caisses vides !), les bâtiments sont construits en simples moellons hormis les chaînages d’angle en pierre, et le décor n’est pas sculpté mais est en trompe-l’œil avec du faux marbre polychrome. Difficile d’imaginer la magnificence des lieux, mais la visite du musée permet de mieux comprendre ce à quoi ressemblait cet ensemble.

A proximité, de part et d’autre du miroir d’eau ou grand miroir, deux des douze pavillons des invités sont également matérialisés au sol. Entre ce bassin et le pavillon royal, le bassin des quatre gerbes a été comblé. Tout au nord du parc, la terrasse domine le bassin de l’abreuvoir, encadré par les fougueux chevaux de Marly (aujourd’hui remplacés par des copies), déversoir des bassins du parc. De là, l’eau regagnait la Seine par des canalisations.

Au sud, le tapis vert en forte pente remplace par économie dès le règne de Louis XV la magnifique « rivière » ou grande cascade voulue par son aïeul, une puissante chute d’eau composée de 52 degrés de marbre rose et encadrée de statues et de rocailles.

ancien pavillon présidentiel

ancien pavillon présidentiel

Après avoir longtemps appartenu à la Présidence de la République (le général de Gaulle y a d’ailleurs rencontré plusieurs chefs d’États), le domaine de Marly-le-Roi est rattaché depuis 2009 à celui de Versailles. Il est ouvert gratuitement tous les jours sans exception de 7 h 30 à 19 h 30 du 1er avril au 31 octobre (et jusqu’à 21 h 30 les week-ends de mi-mai à mi-septembre) et de 8 h à 17 h 30 du 1er novembre au 31 mars.

Le 3e dimanche du mois de mai à septembre, le grand jet, le plus haut de France, est actionné de 16 h 30 à 17 h. Le jet du grand miroir est lui activé chaque dimanche de la même période, aux mêmes horaires.

 

Le village de Marly-le-Roi

Marly-le-Roi est une commune résidentielle de 17.000 habitants, mais son vieux village est resté assez préservé. S’il ne brille pas globalement par son animation (ce n’est pas St-Germain-en-Laye), sa Grande rue en revanche, semi-piétonne, offre de jolies façades colorées et quelques restaurants plutôt variés. Si le charmant petit salon de thé est un peu trop cher pour une modeste souris et ses horaires trop restreints, un petit bar-tabac au bas de la rue, proche du parc, offre en revanche des tarifs bien plus démocratiques…

Le village de Louveciennes

Louveciennes est une petite commune voisine de Marly, qui conserve une apparence villageoise malgré la proximité de Paris, avec de grandes propriétés noyées dans la verdure. Elle accueillit plusieurs hôtes célèbres, de la comtesse du Barry qui y possédait son (vaste !) pavillon à son amie, Élisabeth Vigée Le Brun, célèbre peintre de Marie-Antoinette, qui s’y installa à son retour d’exil après la Révolution et qui y est d’ailleurs enterrée.

Près d’un siècle plus tard, ce sont les peintres impressionnistes, tels que Renoir et surtout Pissarro, qui y séjournent et en reproduisent les paysages. Le chemin dit des impressionnistes permet de retrouver les sites et de les comparer aux toiles, reproduites sur plaques émaillées. Les arbres ont poussé, mais les lieux ont finalement peu changé en 150 ans…

L’avis de la souris

Le domaine constitue une balade agréable offrant une belle vue sur la boucle de la Seine. Mais on peut regretter les destructions qui ne permettent plus de se rendre vraiment compte de la majesté des lieux sous le règne de Louis XIV. Heureusement, le petit musée est là pour mieux comprendre la disposition des lieux.

Sans doute serait-il pertinent de remettre progressivement en état les bassins et bosquets : si le mécénat le permet à Versailles, pourquoi pas un jour à Marly ? Quant à la reconstruction possible des pavillons, qui fait polémique tout comme celle des Tuileries ou de Saint-Cloud, il faudrait réunir au moins 40 millions d’euros selon Jean-Jacques Aillagon, ancien ministre de la Culture et directeur du domaine de Versailles. Pas une priorité donc mais qui sait, un jour peut-être ?

Aux environs

A quelques kilomètres aux environs, découvrez également l’arboretum de Chèvreloup à Roquencourt, le musée du jouet à Poissy,  ou encore la galerie des carrosses du château de Versailles et profitez des conseils futés de votre souris préférée pour visiter le domaine de Versailles en évitant la foule.

3 Responses to Le domaine de Marly-le-Roi

  1. El Caribou dit :

    J’avais également beaucoup apprécié cette balade même si j’avais fait l’impasse sur le musée, à tort. Leur machine avait vraiment l’air balaise, l’aqueduc de Louveciennes parsème le paysage de son vestige passé.

    Tu as envisagé la visite du château de Monte Christo ?

    • Miranda dit :

      Oui c’est prévu, aux beaux jours, et s’ils m’autorisent à faire des photos ! (c’est interdit…). Bon, même s’ils refusent, j’irai sans doute quand même…

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