Le quartier de Garbatella à Rome et la basilique Saint-Paul-hors-les-murs

Le quartier de (la) Garbatella se situe au sud du centre-ville de Rome. Édifié dans les années 1920, il s’agit à l’origine d’une cité-jardin ouvrière, devenue aujourd’hui un quartier prisé des familles ne pouvant loger dans le centre, devenu trop cher, et cherchant néanmoins un quartier sympathique, verdoyant et pas trop éloigné. On y observe un peu de street art.

Nous verrons dans cet article le quartier à proprement parler mais également la basilique Saint-Paul-hors-les-murs qui se situe en contrebas, et l’étonnante centrale Montemartini, annexe des musées du Capitole.





Comment aller à Garbatella ?


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Le plus simple est d’y accéder par le métro (ligne B) station Garbatella.

Petite histoire de Garbatella




Avant son urbanisation, ce quartier, situé sur une colline dominant la basilique Saint-Paul-hors-les-murs était constitué de friches industrielles, de vignes et de champs.

Avec l’urbanisation croissante, constante et anarchique de Rome, il paraissait urgent au début du XXe siècle de créer de nouveaux quartiers pour loger les populations plus modestes chassées du centre-ville.

C’est ainsi que naquit l’idée de cette cité-jardin ouvrière, sur le modèle de celles qui existaient déjà en Angleterre ou même à Milan.

Le quartier fut inauguré dans les années 1920 et grossit par la suite. On y trouve surtout des petites maisons ouvrières avec leur bout de jardin, quelques places, un théâtres, et désormais, des bâtiments plus modernes (et beaucoup moins mignons !).

Le quartier fait aussi la part belle au street art. Plus vraiment ouvrier, il s’est bien boboïsé depuis ! Cependant bon nombre de maisons auraient besoin d’un coup de peinture et semblent mal entretenues…

Si ce quartier n’est pas le plus monumental de Rome, il fait bon s’y balader, pour fuir la foule du centre ville et découvrir un autre visage de la vie romaine, loin de touristes. Pour ceux qui s’intéressent à l’architecture (ici années 1920-1930), ce n’est pas non plus inintéressant ! 

Nous avons pris plaisir à flâner dans les petites rues résidentielles tranquilles et verdoyantes, à observer la vie romaine sur les principales places où se trouvent les cafés et trattorie, etc. D’ailleurs, cela m’a rappelé certains quartiers méconnus et résidentiels de Nice…

Malheureusement, le temps étant toujours plus ou moins compté en voyage, nous n’avons pas pu en faire complètement le tour, mais on vous en livre déjà une partie significative !

La basilique Saint-Paul-hors-les-murs

Accès à pied ou en métro

En redescendant plus au sud de Garbatella, vous pourrez visiter une des basiliques majeures de Rome.

On peut également y accéder par la ligne B du métro, station Basilica San Paolo et remonter un peu en sortant.

Histoire de la basilique Saint-Paul-hors-les-murs

La basilique se situe sur ce lieu précis car saint Paul fut enterré dans une nécropole romaine à cet endroit.

Avec l’officialisation de la chrétienté par l’empereur Constantin en 313, ce dernier décide de créer une basilique sur la nécropole. Elle est dite « hors les murs » car elle se trouve au-delà le mur Aurélien qui encerclait Rome à l’époque.

Bien sûr, comme toutes les basiliques de l’époque, elle fut plusieurs fois reconstruite et remaniée. En 1823 un incendie la ravagea, excepté l’abside et ses mosaïques, le transept et le cloître médiéval.

Il s’agit aujourd’hui de la deuxième plus grande église de Rome après Saint-Pierre, donc ce n’est pas juste une petite église sans importance ! Le tombeau de saint Paul y est toujours visible. On vous conseille donc fortement d’aller la visiter ! 😉

Horaires

La basilique Saint-Paul-hors-les-murs est ouverte de 7 h à 18 h 30 (18 h en hiver).

L’extérieur de Saint-Paul-hors-les-murs

Bon à savoir, il faut faire tout le tour pour arriver devant l’entrée principale et passer les portiques de sécurité ! L’église est précédée d’un large portique et d’un atrium où trône une statue de saint Paul. La façade, reconstruite après l’incendie, est décorée de mosaïques.

Mais c’est surtout les portes monumentales qu’il faut remarquer ! Celle en bronze, des années 1930, retranscrit plusieurs épisodes de la vie de Pierre et de Paul. Les autres sont plus récentes mais dans le même esprit. N’hésitez pas à contempler les détails !

L’intérieur de Saint-Paul-hors-les-murs

Comme on l’a vu, il s’agit de la deuxième plus grande église après Saint-Pierre, l’intérieur est donc immense ! Elle se compose de cinq nefs qui constituent une vraie « forêt de colonnes ». Les mosaïques de l’abside ont pu être sauvées de l’incendie et datent du XIIIe siècle.

Le médaillon des papes

On remarquera le beau plafond à caisson et surtout les médaillons des papes au-dessus des colonnes, représentant tous les papes depuis Pierre ! Celui du pape actuel est toujours éclairé, et on a pris bien soin de laisser des médaillons vides pour les futurs souverains pontife ! Il faut bien faire mentir les fameuses prophéties de Saint-Malachie…

Pour l’anecdote, à côté des portes d’entrée, on remarque deux petites niches qui sont en fait des mirhabs, (comme dans les mosquées), faisant référence aux dons de l’Égyptien Mohammed Ali (à ne pas confondre avec le célèbre boxeur…) au moment de reconstruite l’église. Des dons affluèrent d’ailleurs de toute la chrétienté !

Le tombeau de saint Paul est toujours visible sous le maître-autel, de même que quelques éléments de la première basilique paléo-chrétienne. On notera aussi le « candélabre pascal » du XIIe siècle, joliment sculpté.

Le cloître

Il s’agit du seul élément subsistant du Moyen-Âge. La visite est payante, mais le prix a baissé par rapport à celui indiqué sur les guides ! (et oui, à force de vouloir pigeonner le touriste en augmentant partout les tarifs, il finit par ne plus venir…) Pour 3€, nous avions tout de même envie de le voir.

Il vaut surtout pour ses jolies colonnes torsadées et ornées de mosaïques, typiques de l’époque. On y voit aussi quelques trouvailles archéologiques, notamment des sarcophages. Deux petites salles ouvertes au public proposent un petit musée avec des reliques et objets religieux et quelques tableaux de la basilique avant l’incendie (photos interdites, enfin, en principe).

La centrale Montemartini

Non loin du métro Garbatella (il faut donc remonter après la basilique) et juste derrière la via Ostiense, il s’agit d’une ancienne centrale électrique désaffectée et convertie en musée en 1997. Annexe de musées du Capitole, les statues antiques grecques et romaines y côtoient les anciennes installations électriques… Détonnant !

Il existe un billet couplé avec les musées du Capitole, sinon c’est gratuit le premier dimanche du mois mais que pour les Romains (!), et tous les jours pour ceux pouvant justifier d’une adresse à Paris (un papier plus ou moins officiel avec l’adresse fait l’affaire).

Infos sur le site officiel.

Pas si connu que ça, nous souhaitions le visiter après notre visite du quartier de Garbatella (le musées est officiellement situé dans le quartier Ostiense mais peu importe, c’est juste à côté !).

Nous avons effectué la visite en soirée (le musée ferme à 19 h) et étions quasiment les seuls ! Dommage, selon nous ça vaut vraiment le détour !

Sur deux niveaux on admire donc de nombreuses statues antiques, des éléments décoratifs de temples anciens, des sarcophages ou monuments funéraires (pas très différents de ceux que l’on retrouve dans les cimetières du XIXe siècle…), des mosaïques retrouvées lors de fouilles à Rome…

On a bien aimé la muse Polymnie enveloppée dans son manteau, et la statue de Pothos, dont les fesses font plus penser à celles d’une femme ! Des mezzanines permettent d’obtenir une vue d’ensemble. Pas mal ! Et visite tranquille, ça fait toujours du bien.

Une fois la visite terminée nous avions décidé de prendre un bus, que nous avons attendu une heure… pour rien ! En effet il n’est jamais passé, et difficile de connaître les fréquences ou le temps d’attente quand rien n’est indiqué sur le potelet de l’arrêt.

Mal aux pattes d’avoir attendu pour rien (les sièges et les abri-bus, ils connaissent pas trop à Rome) nous sommes remontés jusqu’au métro, heureusement pas très loin (mais ne nous amenant pas là où nous souhaitions…)

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2 Responses to Le quartier de Garbatella à Rome et la basilique Saint-Paul-hors-les-murs

  1. Catherine dit :

    Juste une petite précision pour de futurs touristes qui veulent se rendre à la Centrale Montemartini le 1er dimanche du mois; la gratuité c’est seulement pour les musées nationaux; et, comme les musées Capitolins, la Centrale Montemartini fait partie des musées de la ville de Rome, donc gratuité seulement pour les romains…
    CG

    • Miranda dit :

      Merci de la correction, j’ai modifié l’article en conséquence. Confusion de ma part au moment de la rédaction, c’est en effet un musée municipal, donc pas de gratuité générale, hormis pour le cas exceptionnel des Parisiens dans le cadre du jumelage exclusif liant Paris et Rome.
      Je suggère le billet couplé avec les musées du Capitole, qui permet de visiter dans un délai de 7 jours la centrale Montemartini pour seulement 1 € de plus, ça les vaut largement !

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