L’Esquilin à Rome : la basilique Sainte-Marie-Majeure et la basilique Santa Prassede

L’Esquilin est le quartier de Rome situé au sud de la gare Termini. Les Romains y jetaient leurs détritus et les cadavres d’esclaves avant que le coin ne fut transformé en jardins d’agrément, et d’être ensuite délaissé au Moyen-Âge.

Il fut plus ou moins reconstruit à la fin du XIXe siècle après la réunification italienne dans un style « turinois » plutôt homogène et classe. Le quartier a malheureusement perdu de sa superbe et traîne aujourd’hui une mauvaise réputation.

Il est vrai que les alentours de la gare Termini ne donnent pas trop envie, et que le quartier devient le refuge des SDF, immigrés et sans-papiers, mais ne paniquons pas, il ne s’agit pas non plus d’un coupe-gorge, pour nous y être baladés de nuit, nous ne nous sommes pas sentis en insécurité.

Le quartier comporte quelques éléments intéressants, comme la basilique Sainte-Marie-Majeure, les églises Santa Prassede et Santa Pudenzia, la belle place Vittorio Emanuele et son jardin de ruines romaines, et tout au sud, les vestiges de la porta Maggiore, où s’arrête le mur Aurélien. En se dirigeant vers le Colisée nous traverserons aussi le quartier Monti (de nuit).

Plan du quartier de l’Esquilin


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La gare Termini

Difficile de ne pas en parler ! Centre de convergence des deux lignes de métro, de différents trams, de nombreuses lignes de bus et bien sûr des trains régionaux, nationaux ou internationaux, cette gare est immense, avec ses deux km de long ! Elle gagne quand même la palme dans la catégorie des gares qui auraient pu être mieux intégrées à l’esthétique de la ville. En effet, il ne reste plus rien de la gare d’origine (bien trop petite) et on n’est pas fan de la façade fin années 1940…

Pour la petite anecdote, son nom ne provient pas du pluriel du mot « terminus », mais du quartier des thermes de Dioclétien, juste au nord. On dira que le jeu de mot était sans doute tentant… À l’intérieur de la gare se trouve un véritable centre commercial, des cafés, restos, etc. C’est très propre en tout cas.

Débutons la balade par là avant de redescendre progressivement vers la porta Maggiore, à la limite du mur Aurélien.

L’église Santa Pudenzia

Au sud-ouest de Termini, à la limite de l’Esquilin et du Viminal, cette église très ancienne (IVe siècle) fut selon la légende fondée par sainte Pudentienne, la sœur de sainte Praxède (qui a son église un peu plus loin), à l’intérieur de la maison de leur père, le sénateur Pudens. Mais cela reste une légende, et on ignore jusqu’à l’existence de la sainte !

L’intérêt réside surtout dans les mosaïques de l’abside, où on retrouve le Christ entouré des deux sœurs. Des fouilles archéologiques ont permis de retrouver des éléments de la maison d’origine, mais elles sont inaccessibles au public.

La basilique Sainte-Marie-Majeure

Ou Santa Maria Maggiore en italien, est une des quatre basiliques majeures de la ville de Rome (avec Saint-Pierre, Saint-Paul-hors-les-murs et Saint-Jean-de-Latran), et la principale « attraction touristique » du quartier. Son campanile est le plus haut de la ville !

Elle doit son premier nom « Sainte-Marie-des-neiges » à une apparition de la vierge au pape Libère en plein été 356, pour lui demander d’édifier une église là où tomberait de la neige ! Poétique, non ? La façade de l’entrée date de 1741 et laisse toujours entrevoir la précédente. Le chevet de l’église date quant à lui de 1670.

L’intérieur est évidemment richement décoré, avec ses colonnes de marbre, le plafond à caisson, le sol en marbre et motifs « cosmatesques », son magnifique baldaquin, ses splendides chapelles baroques… Au-dessus des colonnes on peut admirer 36 mosaïques dont certaines datent du Ve siècles (très anciennes donc !), relatant des passages de l’Ancien Testament.

On remarque également les mosaïques de l’arc triomphal (elles aussi très anciennes) et de l’abside plus « récentes » car remontant au XIIIe siècle. Les mosaïques de l’arc triomphal retracent l’enfance du Christ alors que celles de l’abside montre le couronnement de la Vierge (cette basilique lui étant dédiée). On trouve également les tombeaux du Bernin et du cardinal Rodriguez, archevêque de Tolède. La basilique abrite un petit musée payant. Un conseil : ne faites pas comme les touristes pressés et prenez le temps d’admirer les détails !

La basilique Santa Prassede

Petite église située à côté de Sainte-Marie-Majeure, il s’agit d’une des plus anciennes de Rome (reconstruite au IXe siècle), notable pour ses magnifiques mosaïques de style byzantin. Sur le premier arc triomphal on peut voir illustrés plusieurs passages de l’Apocalypse, sur le second, les vingt-quatre vieillards de l’Apocalypse offrant au Christ des couronnes d’or. Sont également représentés les quatre évangélistes et les sept candélabres symbolisant l’ensemble de la communauté chrétienne.

Les mosaïques de l’abside quant à elles montrent saint Paul et saint Pierre présentant les sœurs sainte Praxède et Sainte Pudentienne (qui a donc sa propre église un peu plus loin) au Christ. La chapelle Saint-Zénon offre également de belles mosaïques anciennes, et la nef centrale de jolies fresques. Bref, à ne pas manquer ! Attention aux horaires d’ouverture… (fermée entre 12 h et 16 h).

La piazza Vittorio Emanuele et alentours

En redescendant un peu on arrive alors sur l’élégante piazza Vittorio Emanuele et ses belles arcades. Le centre de la place est en fait un jardin où trônent des vestiges romains et la « porta magica », aux symboles ésotériques. C’est aussi un lieu de refuge pour chats… pff, ils sont vraiment trop présents dans cette ville ! La place autrefois chic abrite aujourd’hui de petits magasins bon marché. Après tout, il en faut pour tous les goûts et toutes les bourses !

En se baladant dans les rues alentours on se rend compte que le quartier est en effet populaire et multiculturel. On notera un joli théâtre de style Liberty, l’Art nouveau italien. Les immeubles sont jolis et colorés, et dans ce quartier vous trouverez de quoi vous restaurer ou faire une pause café sans vous ruiner. Pour la petite anecdote, dans l’église Sant’Eusebio all’Esquilino, juste à côté de la place, les animaux peuvent être bénis une fois par an.

Le parc del Colle Oppio

Situé non loin de la piazza Vittorio Emanuele, l’Oppius constitue un sommet de l’Esquilin, désormais aménagé en parc offrant une jolie vue sur le Colisée (entre autre !). On peut y découvrir quelques ruines romaines, notamment celles des thermes de Trajan, et surtout les restes de la Domus Aurea, ancienne demeure de l’empereur Néron, gigantesque complexe toujours ensevelie !

Elle se visite les week-ends (visites guidées et réservation préalable), mais pour nous ce sera une autre fois ! Par contre j’ai moins aimé les « gardiens » de la maison, marre de ces horribles chats, pff ! Le parc est agréable mais semble être fréquenté par quelques marginaux alcoolisés…

L’église Santa Bibiana

Ou Sainte-Viviane en français, se situe au sud de Termini en se dirigeant vers la Porta Maggiore, sur la via Giovanni Giolitti. Presque cachée, il faut longer les voies du « petit train », dans un quartier peu emballant au premier abord…

Cette église, dont la façade fut dessinée par le Bernin, abrite une des premières sculptures du grand maître : Sainte Viviane tenant la feuille de palmier des martyrs. Bien que très petite, l’église abrite de jolies fresques décrivant la vie de la sainte.

La porta Maggiore

Terminons la promenade en descendant à la porta Maggiore, porte d’entrée dans la ville à l’époque antique. Du mur Aurélien, il ne reste plus grand-chose mais on peut encore voir les vestiges de l’aqueduc, et bien sûr la porte ! Un boulanger fit édifier son tombeau et mausolée à cet emplacement, et il peut reposer en paix car il est toujours presque intact !

Aujourd’hui la place est un grand carrefour automobile et un hub de transport. Y passent en effet plusieurs lignes de tramways (3, 5, 14 et 19), et de bus, et le petit train « Giardinetti », véritable ovni dans le monde des transports urbains, avec un écartement de voies inférieur à un mètre, fait très rare ! Les rames utilisées sont d’ailleurs elles-mêmes des antiquités… Avec des passages fréquents et des arrêts rapprochés, ce train fait plus penser à un tram !

Nous le connaissons bien car c’est cette ligne que nous avons empruntée tous les jours lors de nos derniers séjours à Rome… Bien sûr, si on peut s’asseoir pour attendre le bus/train/tram, ici non plus pas d’abri-bus ni de temps d’attente… La place ne brille pas par sa propreté, c’est en effet un véritable dépotoir…

Le quartier Monti

Petit détour par le quartier Monti, situé autour de la piazza Cavour (station de métro du même nom sur la ligne B, c’est pratique) non loin du Colisée. Il s’agit d’un petit quartier surtout animé la nuit, avec des restos, des bars, et œnothèques (bars à vins), bar pour l’aperitivo, et quelques jolies églises. Nous n’y sommes passés que de nuit, sur les via Panisperna et dei Serpenti. Sympa, mais tout de même encore très touristique…

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