Que voir, que visiter à Turin en un week end ?

Turin est la quatrième ville d’Italie par sa population avec environ un million d’habitants. Elle est plutôt délaissée des touristes probablement en raison de sa réputation de grande ville assez froide et très industrielle (les sièges de FIAT et de Lavazza, par exemple, s’y situent). Mais elle a pourtant constitué une très bonne surprise !

La ville de Turin ne présente pas un caractère aussi pittoresque que d’autres villes d’art italiennes, avec son ordonnance sarde toute militaire. Mais elle offre en contrepartie de majestueuses places homogènes et de belles perspectives. On y visite aussi de passionnants musées très diversifiés (Égypte antique, cinéma, automobile). Que voir, que visiter à Turin ? Bon, on y va, suivez-moi ! 😉





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Comment aller à Turin

La via Po et ses arcades à Turin

Après un relativement long séjour perchée dans les Alpes à faire une cure estivale de fromage (!), j’ai souhaité retrouver la civilisation et découvrir cette ville italienne toute proche de la frontière française (moins de 100 km).

Plutôt que d’emprunter le tunnel du Fréjus depuis la Maurienne, avec vue sur… rien et un péage très élevé en prime (plus de 30 € le passage !), nous avons préféré prendre une heure de plus pour faire l’ascension du col du Mont-Cenis, avec son lac et une belle route pittoresque slalomant parmi les épicéas.

En redescendant côté italien, la petite ville de Suse mérite une visite pour ses monuments antiques et son site alpin. Mais c’est l’occasion de lire un autre (excellent) article de la souris ! 😉

En débouchant du val de Suse, on parvient aux faubourgs de la ville. Ils évoquent plutôt une agglomération soviétique avec ses usines et mornes alignements de hauts immeubles le long de larges voies rectilignes !

Mais grand avantage, on y circule aisément en voiture ! Ce qui n’est pas un détail, surtout en Italie, car vu les circonstances et l’absence de vols low cost depuis la France, j’y suis allée (une fois n’est pas coutume) en souris-mobile.

Il est toutefois possible de relier la ville depuis Paris ou Lyon en TGV… Mais surtout à petite vitesse (comptez 6 h 30 depuis Paris), pour un prix très acceptable en anticipant (environ 35 € aller le billet Prem’s).

Que voir, que visiter à Turin ?

Vous ne trouverez pas à Turin de jolies façades médiévales pittoresques ! Mais de grands alignements de façades harmonieuses et de vastes places à l’ordonnance géométrique.

Tout d’abord, c’est en hauteur qu’il faut se rendre, sur le mont des Capucins. Ou, à défaut, en haut du mole antonelliana pour, observer le site exceptionnel de la ville, avec la chaîne alpine en toile de fond.

L’axe principal de la ville de Turin, avec ses grandes perspectives, est la via Roma. Elle relie la gare de Porta Nuova, au sud, à la piazza Castello, au nord. Elle suit un axe plus ou moins nord-sud sur environ un kilomètre.

Trois places s’y succèdent : la piazza Carlo Felice, devant la gare, puis la piazza San Carlo, la plus majestueuse avec ses deux églises symétriques, et enfin la piazza Castello (place du château), cœur de l’animation avec ses arcades, le palazzo Madama, et surtout le palais royal (palazzo reale) qui ferme la perspective au nord.

Piazza Carlo Felice

En partant de la gare de Porta Nuova, avec sa belle façade (malheureusement en travaux lors de notre passage !), la piazza Carlo Felice accueille un petit square avec sa fontaine.

Via Roma

En suivant la via Roma, on atteint la piazza San Carlo, qui constitue le centre du quartier chic de Turin, avec ses boutiques de luxe.

La place, très harmonieuse, est un modèle d’architecture urbaine : côté sud, les deux églises San Carlo et Santa Cristina encadrent la via Roma. Ceux qui connaissent Rome penseront à la piazza del Popolo…

Piazza San Carlo

Sous les arcades, qui font la spécificité de l’architecture turinoise, on peut voir deux des grands cafés de la ville : le café San Carlo, et le café Torino.

Le vaste palais qui ferme la place à l’est remonte au XVIIe siècle et abrite l’académie philharmonique. Enfin au centre de la place, la cavalier de bronze est Emmanuel-Philibert. Il recouvra ses États après 25 ans d’occupation française, à la suite de la victoire de Saint-Quentin en 1557 et à la signature du traité du Cateau-Cambrésis deux années plus tard…

Piazza Castello

En remontant le second tronçon de la via Roma à Turin, on atteint alors la piazza Castello. Le palazzo Madama, au milieu de la vaste place, remonte aux XIVe siècle mais la façade occidentale sur la place date du XVIIIe siècle.

Il accueille le musée d’Art ancien, que nous n’avons pas eu le temps de visiter. Il abrite une vaste collection de meubles et de verreries, des enluminures ainsi que des majoliques et porcelaines, la plus grande collection d’Italie. Ce sera pour une prochaine visite, car lors d’un simple week-end, il était impossible de voir tous les musées.

Le palais royal, assez sobre, était la résidence des princes de Savoie jusqu’en 1865. Les appartements offrent une décoration baroque, rococo et néo-classique ainsi que l’armurerie royale, avec sa collection d’armures.

A l’est du bâtiment, les jardins royaux ont été dessinés par Le Nôtre au XVIIe siècle. Enfin sur la place, côté ouest, l’église San Lorenzo présente un joli dôme et un intérieur baroque.

Le duomo de Turin et la porte palatine

Enclavé à l’ouest dans le palais, le duomo ou cathédrale date de la Renaissance. Mais plutôt que son architecture, sobre et pas forcément exceptionnelle, c’est surtout ce qu’elle abrite qui en fait la célébrité : le fameux « saint suaire » de Turin, dans lequel le Christ aurait été enveloppé après sa descente de croix. La polémique n’a jamais cessé quant à son authenticité…

La chapelle en rotonde, située derrière le maître-autel, est à ne pas rater… à condition qu’elle ne soit pas en restauration comme lors de mon passage (!). C’est un chef-d’œuvre baroque de Guarino Guarini, avec sa haute coupole. Derrière se situe un quartier de vestiges de l’époque romaine, notamment la porte palatine.

De la piazza Castello part vers l’ouest la via Garibaldi, ouverte en 1775, la grande rue piétonne commerçante de Turin et longtemps la plus longue rue piétonne d’Europe !

Au nord de cet axe, il faut parcourir le lacis de ruelles pittoresques autour de la piazza del Palazzo de Città (place de l’hôtel-de-ville). On y trouve un petit marché, au pied du bâtiment de l’hôtel-de-ville datant du XVIIe siècle.

Au bout de la via Garibaldi, on tombe sur l’élégante piazza Statuto. Ne pas manquer les passages couverts, qui évoquent celui de Milan !

Au sud de la piazza Castello, non loin de la via Roma, on peut noter les élégantes piazza Carignano (et son théâtre) et piazza Carlo Alberto, où se situe le musée du Risorgimento (unification italienne). C’est non loin de là qu’on peut égaler visiter le musée du cinéma et voir le Mole Antonelliana, où il est possible de grimper pour admirer la vue.

A l’est de la piazza Castello s’ouvre la via Po, ouverte au XVII et XVIIIe siècles avec ses arcades, descendant vers le… Pô (quelle surprise !) et, au bout, la vaste place Vittorio Veneto qui borde le cours du fleuve. L’ensemble est parfaitement homogène, une unité architecturale plutôt rare en Italie !

La piazza Vittorio Veneto, en pente douce vers le Pô, ne date que du XIXe siècle. On y trouve des bars où prendre l’aperitivi ! Le pont dans l’axe fut construit par… Napoléon Ier. Sur l’autre rive, l’église néo-classique de Grand Madre de Dio ferme la perspective, dominée par le mont des Capucins et ses 284 mètres.

Les rives du Pô à Turin

On peut se balader sur les rives du Pô à Turin et admirer notamment la vue sur l’autre rive. En soirée (et peut-être plus en saison ?) les rives vers le centre s’animent avec leurs bars ou boites de nuit.

Le parco del Valentino à Turin

En remontant la rive gauche du fleuve (côté ville), on longe les Murazzi, murs de défense datant du XIXe siècle. On atteint 700 mètres plus au sud le parco del Valentino, beau parc boisé qui s’étend le long du Pô sur 1,5 km. On peut y voir le Borgo medievale, reconstitution d’un château et ensemble urbain du Moyen Age.

Turin est également un lieu d’épanouissement de l’architecture Liberty, ou Art nouveau italien ; mais n’étant pas assez informée à l’époque sur l’existence d’édifices intéressants et faute de temps, c’est un aspect de la ville qui m’a échappée qui m’y fera revenir un jour prochain !

Pour résumer, nous avons bien aimé cette ville peu touristique, jolie et intéressante, même s’il faut avouer que la folle animation n’est pas au rendez-vous ! Nous comptons bien y retourner un jour !

Les musées de Turin

Découvrir les passionnants musées de Turin

 

Explorez les alentours de Turin en découvrant :

– la Sacra di San Michele, l’étonnante abbaye médiévale perchée sur une montagne qui inspira le Nom de la Rose,

– le joli val de Suse

 

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