Le musée de l’Ermitage de Saint-Pétersbourg

L’Ermitage sur la place du Palais

Le musée de l’Ermitage de Saint-Pétersbourg est sans doute le plus célèbre musée de Russie, et un des plus connus dans le monde ! Avec ses 66.000 m2 de surface d’exposition, il s’agit du deuxième plus grand musée au monde (derrière le Louvre) et le premier en terme d’objets exposés (60.000, contre 3 millions dans les réserves !). Impossible de passer à côté lors d’un séjour dans l’ancienne capitale des tsars.

Le musée accueille d’ailleurs 3 millions de visiteurs par an (soit trois fois moins que le Louvre… mais la fréquentation se concentre surtout pendant la belle saison). Il est bien sûr impossible de tout voir en une fois, il faudrait au contraire des jours entiers pour en découvrir tous les trésors !

Je me suis donc contentée d’y passer plus de 3h, pour m’émerveiller surtout devant les salles d’apparat puis la peinture européenne. Parcours plutôt classique, mais qui permet d’en prendre plein la vue !


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Mais  avant de devenir un musée, l’Ermitage fut avant tout un palais ! D’abord bâti par Pierre le Grand comme résidence d’hiver, il fut reconstruit par l’architecte italien Rastrelli, maître du baroque pétersbourgeois, qui signa là son œuvre la plus majeure ! En effet, la tsarine Elizabeth Ier, fille de Pierre, préférait les courbes du baroque à la rigueur hollandaise qu’affectionnait son père. Je dois dire que je me retrouve un peu dans ses gouts, aimant moi aussi le baroque et les courbes ! (ça me rappelle les miennes, hum).

Vue sur le quai du Palais

Ce beau palais blanc et turquoise (à l’origine blanc et bleu, les couleurs de Rastrelli) égaye les rives de la Neva et offre une agréable depuis sur la place du palais !

Mais le « complexe » de l’Ermitage va bien au-delà du palais d’hiver ! Le long de la Neva, sur le quai du palais, on peut admirer à sa suite le Petit Ermitage, édifié sous les ordres de Catherine II pour y abriter ses premières collections de tableaux, puis le Vieil Ermitage et enfin, relié par un pont façon « pont des soupirs » de Venise, le théâtre de l’Ermitage.

Derrière, non visible depuis le fleuve, le Nouvel Ermitage et ses atlantes fut rajouté au milieu du XIXe siècle, les collections ayant encore besoin de plus d’espace !

C’est Catherine II qui commença à acquérir des œuvres d’art, tradition qui se perpétua par la suite, avant l’ouverture au public du musée de l’Ermitage. Celle-ci se fit d’abord sous Nicolas Ier, qui sépara le palais d’hiver, sa résidence, des bâtiments abritant les collections. Cependant, l’entrée n’était pas ouverte à tous. Il fallut attendre les Bolcheviks pour une ouverture totale au public. De palais à grand musée, une histoire qui rappelle un peu celle du Louvre, non ? 😉

 

Informations pratiques

bâtiment de l’Etat-major vu depuis le palais d’hiver

Le musée et ses annexes sont ouverts tous les jours sauf lundi de 10h30 (oui, ça ouvre tard !) à 18h, et jusqu’à 21h les mercredi et vendredi, bien pratique pour pouvoir y passer plus de temps ou y finir la journée après une bonne balade (mieux vaut être en forme quand même…)

Le prix du billet global en 2017 était de 700 roubles (soit entre 10 et 11€). Cela inclue la visite du « complexe principal » à savoir les différents bâtiments de l’Ermitage, mais aussi les annexes ! En effet, par manque de place, certaines collections furent transférées dans le bâtiment de l’Etat-major, situé juste en face sur la place du palais. On y retrouve la peinture de la fin du XIXe siècle comme les impressionnistes et celle du XXe siècle, avec Picasso, Gauguin, Matisse, Van Gogh, Kandinsky etc. De quoi en perdre la tête !!!

De l’autre côté de la Neva, sur l’île Vassilievski, le billet donne également accès au palais Menchikov, ayant appartenu au bras droit de Pierre le Grand, et un des premiers palais bâtis dans la nouvelle capitale. Le musée de la porcelaine fait également partie de l’Ermitage.

Les annexes peuvent se visiter séparément moyennement 300 roubles, alors que le complexe principal affiche un tarif unique de 700 roubles (400 pour les Russes, et gratuit pour les étudiants munis de leur carte internationale).

Plus d’infos sur le site officiel.

La visite

couloir d’accès au musée

Pour ce premier séjour à Saint-Pétersbourg, je n’ai passé « que » 3h dans le complexe principal, privilégiant une visite nocturne (de 18h à 21h) pour plus de tranquillité. Admirer les œuvres d’art avec la foule, non merci !

Bien sûr, cela ne suffit pas pour découvrir toutes les merveilles de ce fascinant musée, je me suis donc contentée d’effectuer un parcours plutôt classique, à travers les salles d’apparat, les salles d’arts décoratifs russes pour finir quand même avec la peinture italienne puis flamande et hollandaise. J’ai donc parcouru une bonne partie du premier étage, le plus visité. Je compte bien sûr revenir pour explorer d’autres sections !

Attention aux chats !

panneau attention aux chats !

Par contre, vous l’ignorez peut-être, mais le musée de l’Ermitage est très mal fréquenté ! En effet, on y dénombre environ 70 chats (officiellement 50 mais il faut compter les squatteurs…) embauchés à l’époque de la Grande Catherine pour chasser les souris des réserves de son musée. Je m’insurge, mes congénères ont autant le droit d’admirer les œuvres d’art, non mais !

Bon, je dois avouer que les souris aussi cultivées que moi sont rares, mais ce n’est pas une raisons pour les tuer de manière si cruelle ! Heureusement les chats sont censés être cantonnés aux sous-sols du palais, ouf ! Enfin, quand certains ne s’échappent pas par les conduits d’aération… Un panneau « attention aux chats » indique l’entrée de leur tanière. Je me suis rapprochée, même pas peur !

 

Le palais d’hiver et sa cour intérieure

entrée du palais d’hiver

L’entrée s’effectue désormais sur la place du palais. On remarque de suite la magnifique porte en fer forgé ! Mon cœur battait très fort après l’avoir franchie. Je pénétrais enfin dans ce lieu si mythique, moi qui affectionne particulièrement les beaux musées !

Des caisses automatiques (avec une version en anglais) vous permettent d’acheter votre billet sans trop attendre, même si à 17h30 il n’y avait pas grand-monde aux caisses, dans le bâtiment. Il faut aussi savoir que le vestiaire est obligatoire et gratuit.

Je vous conseille donc, dans la mesure du possible, de privilégier une visite dans l’après-midi pour éviter la foule et la queue, même si je suis bien consciente que cela limite le temps de visite. Pour ma part, même si j’aime beaucoup les musées, j’ai tout de même du mal à y rester plus de 3-4h, je préfère alors revenir, après avoir fait le vide dans ma tête, et le dos moins en compote !

J’ai trouvé la cour (en accès libre) très agréable, loin du tumulte de la ville. Vous pouvez venir vous y reposer un peu même sans visiter le musée !

 

Les salles d’apparat

L’escalier des ambassadeurs

Une fois les tourniquets franchis, le ton est donné en apercevant le grand escalier des ambassadeurs. On en prend plein la vue ! Bien sûr, c’est chargé, il faut aimer le rococo, fan de style épuré s’abstenir ! On reconnait bien la patte de Rastrelli.

Les demoiselles se bousculent pour se faire prendre en photo ou en selfie, dur pour moi de trouver une petite place sans me faire bousculer ! Il me faudra attendre la quasi fermeture pour être enfin tranquille !

 

La chapelle

J’ai ensuite déambué parmi les plus salles du palais, malheureusement encore un peu trop envahies par les groupes d’asiatiques à cette heure-là ! J’ai bien aimé la jolie chapelle, très baroque (dessinée là encore par Rastrelli, dans la même veine que le grand escalier).

 

Mention spéciale aussi la salle de l’orfèvrerie, toute bleue et blanche, comme ma robe du jour ! Comme expliqué plus haut, le palais d’hiver, avant d’être intégré au musée, était avant tout le palais des tsars, et se visite encore pour la beauté de sa décoration. La plupart des salles arborent le style néo-classique en vogue à l’époque de Catherine II. Certaines sont tout de même plus sobres, enfin tout étant subjectifs… On pouvait voir quelques costumes d’époque exposés, sympa !

 

La peinture française et la peinture anglaise

J’ai pu découvrir quelques salles de peinture française, où j’ai retrouvé des artistes que j’affectionne tels que Fragonard ou Boucher. Pas de chance, les plus célèbres toiles étaient parties en vacances au Japon ! Pour me consoler, j’ai pu découvrir une salle entière dédiée à Hubert Robert, « peintre des ruines », que j’aime également bien. Là encore les salles en elles-mêmes méritent le détour !

J’ai pu également voir un peu de tableaux anglais, si rares en dehors du Royaume-Uni !

 

Les arts décoratifs russes du XIXe et début du XXe siècle

Dans la suite logique, on découvre des pièces décorées dans les styles en vogue à l’époque : le néo-classique, néo-gothique, puis Art nouveau et style « Renouveau russe ». Si j’aime beaucoup les derniers styles, mention spéciales à la superbe bibliothèque néo-gothique de Nicolas II. Je veux la même chez moi ! Enfin, non, pas la place, mais ce serait un idéal !

salle des malachites

Je fus également éblouie par la salle des malachites, associant merveilleusement bien cette pierre avec des dorures. Là encore, il ne faut pas préférer le style épuré moderne… Pour l’anecdote, c’est dans cette salle qu’eut lieu le dernier meeting du gouvernement contre-révolutionnaire en novembre 1717.

On se rend compte que les arts décoratifs russes, à part pour le style « néo-russe », ne sont pas très différents de ce qui se faisait en Europe occidentale. Et oui, à cette époque, tout le monde se copiait un peu, et la France restait une référence.

Attention, c’est parfois un peu labyrinthique, on peut facilement se perdre !

 

Le salon du pavillon

Revenons sur nos pas, de l’autre côté des salles d’apparat, j’en ai pris encore plein la vue avec ce magnifique salon au style orientalisant. Outre la superbe mosaïque, c’est surtout le paon-automate qui attira mon oeil ! Cette immense pièce mêlant orfèvrerie et horlogerie fut offert à Catherine II par son favori, Grigori Potemkine. Très impressionnant au repos, il n’est activé que chaque mercredi à 13h. Tant pis pour moi !

 

Les salles de peintures italiennes, flamandes et hollandaises

J’ai pu finir ma visite par un « petit » tour des salles de peintures européennes, privilégiant les tableaux italiens puis flamands et hollandais, que j’aime beaucoup.

La peinture italienne

Outre les œuvres d’art, là encore j’ai beaucoup apprécié la décoration des salles, qui méritent en elles-mêmes une visite ! Le Louvre est en comparaison bien plus sobre… On retrouve à l’Ermitage une des plus grandes collections au monde de peintures italiennes, rien que ça ! Léonard de Vinci est à l’honneur, mais également Boticelli, Titien, Véronese, Raphaël, le Tintoret, Tiepolo… C’est tellement grand que je n’ai pu en voir qu’une partie !

 

La peinture flamande et hollandaise

J’ai terminé mon parcours par une visite non-exhaustive des salles de peintures flamande et hollandaise, que j’aime également beaucoup. Pas le temps d’aller jusqu’aux Rembrandt, mais j’ai pu me reposer un peu dans la salle des Rubens, un des me peintres préférés de cette période ! (normal, il aimait les femmes bien en chair, hum)

J’ai pu aussi voir la reproduction du panneau central du Jardin des délices de Bosch, l’original se trouvant au Prado à Madrid, mais les photos y sont interdites ! J’ai donc pu me rattraper ici.

 

Tout au long de mon parcours j’ai pu jeter quelques coups d’œil aux fenêtres du palais d’hiver. La vue sur la Neva, surtout de nuit, est juste splendide ! On peut aussi se rendre mieux compte de l’organisation des divers bâtiments, leurs cours, etc.

 

Voilà, il fut alors temps pour moi d’être poussée dehors ! Nous fûmes les derniers à sortir, les grilles se refermant derrière nous à 21h05 (au moins cela ferme à l’heure et pas 30 mn avant…). Des étoiles plein les yeux, j’ai vraiment envie d’y retourner et de compléter ma visite ! Il me faudrait encore y revenir plusieurs fois pour espérer en faire le tour…

Outre la section de peintures européennes et les arts décoratifs russes, le musée abrite également divers objets d’art européens (dans la même veine que ce que l’on retrouve au Louvre) mais aussi des sections sur l’Antiquité : Grèce et Rome Antique, Egypte, mais également l’Orient ancien, l’Empire byzantin, et surtout les antiquités des peuples du Caucase, de l’Oural et de la Sibérie ! Le musée est réputé pour sa collection d’orfèvrerie Scythe. Enfin, un étage est dédié à l’art oriental. Entre ça et les annexes, surtout le bâtiment de l’État-major, il me reste de quoi faire, et de quoi rêver !

 

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2 Responses to Le musée de l’Ermitage de Saint-Pétersbourg

  1. Dabouy Françoise dit :

    Oui il faudra y retourner ….cela use le dos et les jambes une visite d’une journée complète,celle que nous avions faite en 2005 en avril,les premières arrivées et parties a a 18h ,collation sur place avec les employés. Impressionnistes et peintures contemporaines sont de toute beauté et te raviront
    Tu maîtrises bien l’informatique. ..tes descriptions et tes tuyaux sont ceux d’une journaliste Felicitations….je lis tout sur VF

    Je ne peux plus visiter les musées ainsi ….rachis,genoux et hanches usés

    Carassou sur VF

    • Miranda dit :

      Merci du compliment ! En effet, les musées, ça use le dos et les jambes, alors 3h c’est bien au-delà ça commence à faire beaucoup. Mais dur se s’arrêter devant tant de belles œuvres !

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