Le musée Jean-Jacques Henner à Paris

Le musée Jean-Jacques Henner à Paris se situe au 43 avenue de Villiers, dans la plaine Monceau, dans le XVIIe arrondissement de la capitale dont c’est d’ailleurs l’unique musée.

Ce musée national, l’un des plus méconnus et moins visités de Paris, évoque l’œuvre de ce peintre alsacien du XIXe siècle, Grand prix de Rome. Il est installé dans l’atelier du peintre… Guillaume Dubufe, une de ses connaissances chez lequel il se rendait. Si l’œuvre de ce peintre ne vous évoque rien, c’est le moment de le découvrir, d’autant plus que la découverte, loin de la foule, d’un atelier d’artiste caractéristique de l’époque est d’un grand intérêt.


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S’y rendre

Pas bien compliqué ! Le musée se situe au 43, avenue de Villiers : métro Malesherbes (ligne 3) et seulement 80 mètres à pied vers l’ouest, vous y êtes !

Le musée est ouvert tous les jours sauf le mardi et quelques jours fériés de 11 h à 18 h, avec un nocturne le deuxième jeudi de chaque mois, jusqu’à 21 h. Le tarif d’entrée en 2017 est de 6 €, 4 € en tarif réduit avec la gratuité pour toutes les catégories habituelles des musées nationaux : jeunes jusqu’à 26 ans, chômeurs… A noter qu’il existe un billet couplé avec le musée Gustave Moreau, un autre atelier d’artiste que je vous recommande chaudement, pour 9 € plein tarif, et 7 € au tarif réduit.

Vous trouverez les infos actualisées sur le site officiel du musée, très bien fait.

Histoire

Autoportrait de Jean-Jacques Henner

Bon, commençons par le commencement : mais qui est Jean-Jacques Henner ? Bon, wikipédia est bien sûr votre ami (!), mais comme la souris aussi, voici un résumé !

Ce peintre alsacien (1828-1905) , dont on peut admirer des toiles au musée d’Orsay ou au Petit-Palais à Paris ou encore au musée des beaux-arts de Mulhouse, était célèbre en son temps pour ses portraits et ses nus féminins. Pas du tout impressionniste tout en ayant été proche de ces artistes, et pas tout à fait symboliste, il est resté inclassable car n’a intégré aucun courant artistique de son époque.

Contrairement à ces peintres « maudits » et mal-aimés par leurs contemporains avant de rencontrer plus tard un immense succès, Jean-Jacques Henner est un peintre officiel admiré du Second Empire puis de la Troisième République : il est médaillé plusieurs fois aux Salons (tandis que les impressionnistes s’y font interdire !) et devient membre de l’Académie des beaux-arts. Pour cette raison, il est aujourd’hui plus méconnu que ses contemporains impressionnistes, hormis en Alsace, sa région d’origine, où il reste relativement célèbre. Pourtant, ses toiles n’ont rien d’une caricature de l’art officiel « pompier » mais ont au contraire un grand intérêt… Heureusement, ce musée est là pour vous faire découvrir son univers et votre souris préférée pour vous inciter à le visiter !

Façade du musée sur l’avenue de Villiers

Le musée est installé dans l’atelier du peintre Guillaume Dubufe (1853-1909),  que Jean-Jacques Henner a fréquenté mais où il ne vécut jamais ! Ce dernier vivait en effet rue La Bruyère, dans la Nouvelle-Athènes, et possédait son atelier au 11 place Pigalle.

L’hôtel particulier que l’on visite est construit en 1876-1878 par l’architecte… Félix Escalier (ça ne s’invente pas !). Il est aménagé par Dubufe dans le goût éclectique et orientaliste cher à l’époque avant d’être finalement acquis en 1921 par la veuve du neveu de Henner, avec pour but d’en faire don à l’État afin d’y présenter la collection d’œuvres laissées par l’artiste. Le musée ouvert en 1924, a fait l’objet de deux campagnes de rénovation entre 2008 et 2016, afin de le rendre accessible (installation d’un ascenseur neuf) tout en le restaurant dans son état initial avec sa polychromie d’origine. Le jardin d’hiver, entièrement restauré, est ouvert au public depuis 2016.

La visite

Le salon rouge, au premier étage

Le musée est installé dans un hôtel particulier et atelier, caractéristique de la fin du XIXe siècle où la plaine Monceau, quartier bourgeois à la mode, voyait s’installer artistes et écrivains. Au-delà de l’œuvre d’Henner, qui peut vous inspirer ou moins, il est intéressant à découvrir en lui-même car il nous replonge dans l’ambiance d’un atelier d’artiste de l’époque, à l’image de ceux de Gustave-Moreau ou de Delacroix à Paris.

On visite les deux premiers étages et enfin l’atelier, situé au troisième, le long d’un parcours qui évoque la vie de l’artiste avec l’évolution de son style, des paysages, des portraits familiaux, puis des réalisations plus vaporeuses et mystérieuses voire tirant vers le symbolismes. Le musée, plutôt dense, abrite plus de 300 œuvres et pièces de mobilier.

Le rez-de-chaussée

Après l’accueil, à gauche l’ancienne salle à manger présente l’histoire du quartier et des célébrités qui s’y sont installées, tandis que le salon aux colonnes et le beau jardin d’hiver à l’arrière, avec sa mosaïque de fleurs et grecques, présentent quelques œuvres et accueillent des concerts.

 

Le premier étage

Il comporte trois salles autour du patio central : la salle Alsace, au fond à gauche, présente des toiles de jeunesse représentant le Sundgau, au sud de sa région natale. On y voit essentiellement des paysages, des portraits de proches et des scène de la vie quotidienne des paysans.

La salle Italie évoque son séjour… en Italie ! Ayant remporté le Grand prix de Rome de peinture en 1858, il passe cinq ans à la Villa Médicis à Rome. Il en profite pour séjourner également dans d’autres villes italiennes lors d’un traditionnel grand tour et s’inspire des peintres célèbres.

Enfin de l’autre côté du patio, sur l’avenue de Villiers, le vaste salon rouge baigné de lumière par sa vaste fenêtre, est décoré d’une mezzanine de style oriental dotée de moucharabiehs. Il présente ses œuvres de maturité, dont « L’Alsace, elle attend » (1871) suite à la défaite de Sedan, et de nombreux portraits ou nus féminins à l’ambiance souvent étrange voire érotique.

 

Le deuxième étage

Ouvert sur le vide du salon rouge, il ne possède qu’une petite salle de dessins, dédiée aux arts graphiques. Sur les 1327 que possède le musée, dont 987 de la main d’Henner, quelques unes sont présentées par roulement vu la fragilité de ces œuvres.

 

Le troisième étage

Enfin au dernier étage accessible au public, se situe l’atelier gris, qui évoque la vie du peintre dans son atelier : des toiles inachevées, des œuvres plus intimistes, des nus masculins (oui, beaucoup de nus chez Henner !), des esquisses, du mobilier personnel et son immense toile, les Naïades (1877).

Les niveaux supérieurs abritent un autre atelier et son appartement, inaccessibles au public.

 

Aux environs

En sortant du musée, allez faire un tour dans la rue Fortuny, juste voisine : ouverte en 1876, c’est une des plus belles de Paris, où vous admirerez un bel ensemble architectural historiciste largement en brique, caractéristique de la fin du XIXe siècle. Sarah Bernhardt en particulier y vécut au n°35, dans un hôtel particulier aujourd’hui disparu. Remarquez en particulier le n°9, de style Renaissance avec sa loggia et ses colonnes.

 

L’avis de la souris

Voici un petit musée intimiste qui nous change du Louvre ! Outre l’intérêt de la découverte d’un peintre et de son art, la visite du musée permet de replonger dans l’ambiance d’un atelier d’artiste de la fin du XIXe siècle. Les lecteurs de Maupassant ne pourront que songer au peintre Olivier Bertin du roman Fort comme la mort

2 Responses to Le musée Jean-Jacques Henner à Paris

  1. gaubour dit :

    Le numéro 9 de la rue Fortuny était un lep haute couture et esthétique en 1987 où j’ai eu la chance d’étudier pendant 3 ans. Au premier étage avec la loggia se trouve la magnifique salle réservée aux cours de couture.
    Comment ne pas réaliser de jolis modèles dans ces conditions ???

  2. Miranda dit :

    Merci pour ces précisions intéressantes.

    Grâce à votre formation, n’hésitez pas à me proposer des modèles adaptés à ma petite taille et à mes formes de souris, j’ai énormément de mal à m’habiller convenablement ! 😉

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