Que faire dans le quartier de Triana à Séville ? Quels sont les lieux à visiter à Triana ? Où voir du flamenco à Triana ?
Le quartier de Triana à Séville se déploie sur la rive droite du Guadalquivir, en face de la vieille ville (casco antiguo).
Triana est traditionnellement de l’ancien quartier gitan de Séville. Même si cela a bien changé depuis les années 1960 !
Aujourd’hui, le barrio de Triana reste le berceau du Flamenco à Séville, connu pour son artisanat potier et ses toreros.
On y va avant tout pour flâner ! Se promener le long de la calle Betis, qui borde le fleuve et offre de magnifiques vues sur la vieille ville de Séville. Ou les calle Pureza et Pelay Correa, juste parallèles, sur lesquelles s’ouvrent de nombreux patios typiques.
Profitez-en pour visiter le musée de la Céramique et ses azulejos. Mais aussi voir le castel San Jorge et son exposition gratuite sur l’Inquisition, le méconnu musée des Carrosses.
Et plus au nord, la Cartuja et son beau cadre de verdure avec ses orangers. Bon, suivez-moi, on y va ! 😉
- L’ambiance : ici, on n’est pas « à Séville », on est « à Triana » ! C’est le quartier historique des marins, des potiers et du flamenco.
- Le meilleur moment : en fin de journée, pour voir le soleil se coucher sur la Giralda depuis la rive opposée, puis enchaîner sur une tournée de tapas.
- Le spot photo : la Calle Betis, avec ses façades colorées qui se reflètent dans le Guadalquivir.
Sommaire
Comment aller à Triana à Séville
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Où se trouve le quartier de Triana ?
Pour aller dans le quartier de Triana du centre de Séville, il suffit tout simplement de traverser le pont !
Le pont de San Telmo directement depuis l’Alcazar ou la puerta de Jerez, ou le pont Isabel II plus au nord, depuis le centre historique.
Plan touristique de Triana à Séville
L’office de tourisme de Séville édite ce plan touristique détaillé du quartier de Triana (PDF), fort utile ! 😉
Où dormir dans le quartier de Triana à Séville
📍 Où poser vos valises à Séville ?
Si Triana est le cœur battant du flamenco, d’autres quartiers offrent des charmes bien différents. Voici ma sélection complète pour choisir votre hébergement idéal selon vos envies.
🪭 Où loger à Séville : mon guide des quartiers
🐭 le conseil de la souris : loger à Triana est parfait pour l’ambiance locale, mais pour être au plus près des monuments majeurs comme la cathédrale, visez plutôt Santa Cruz ou El Arenal de l’autre côté du fleuve.
Petite histoire du quartier de Triana : de l’autre côté du fleuve
Pour comprendre Triana, il faut d’abord regarder le Guadalquivir. Depuis l’époque romaine, ce quartier est l’autre rive, celle des exclus et des audacieux. Son nom viendrait d’ailleurs du latin Triana (trois fleuves) ou, selon la légende, de l’empereur Trajan qui y aurait fondé une colonie.
Relié au reste de Séville par un simple pont de bateaux jusqu’au XIXe siècle, Triana a cultivé une identité farouchement indépendante. Ce fut longtemps le quartier des marins et des explorateurs (c’est ici que furent recrutés les équipages de Magellan pour le premier tour du monde), mais aussi celui des potiers. Profitant de l’argile du fleuve, les artisans y ont perfectionné l’art de l’azulejo, faisant de Triana le centre mondial de la céramique andalouse.
Mais Triana est avant tout indissociable du peuple gitan. Installés ici dès le XVe siècle, les gitans y ont fait battre le cœur du flamenco, transformant leurs peines et leurs joies en un art universel. Ce brassage culturel unique n’a pas toujours été paisible : le quartier fut le siège du redoutable Tribunal de l’Inquisition, installé au Château de San Jorge, surveillant la population depuis la rive opposée au pouvoir royal.
Aujourd’hui, cet héritage de résilience et de création palpite encore dans chaque rue. On ne vient pas à Triana pour voir des monuments grandioses, mais pour ressentir cette « fierté de quartier » qui fait dire aux locaux qu’ils ne sont pas sévillans, mais trianeros.
Que voir, que faire à Triana ?

Triana est un ancien quartier populaire de Séville qui ne compte aucun monument majeur. Le but d’une balade dans le quartier est avant tout de flâner !
Admirez ses ruelles et cours sévillanes typiques. Observez ses façades colorées, sa vie populaire, ses petits troquets et leurs terrasses, l’animation de la rue… en dehors de l’heure de la sieste ! (nous sommes en Andalousie tout de même !)
Le quartier de Triana reste le berceau du Flamenco. On en entend régulièrement ci et là dans les écoles de danse, comme sur la calle Rodrigo.
Ne ratez pas la statue de la gitane danseuse de Flamenco sur la plaza del Altozano !
On peut également visiter le musée de la Céramique (museo de cerámica) situé dans une ancienne fabrique de céramique de Triana (près du pont Isabell II).
Mais aussi visiter le musée des Carrosses, ou le Castel San Jorge, ancien siège de l’Inquisition (toujours à côté du pont).
Pour déguster des tapas ou des churros à Triana, allez sur la commerçante calle San Jacinto, très animée le soir !
Ne ratez pas également la charmante calle Pelay Correa l’église de Santa Ana et la chapelle Notre-Dame-des-Pêcheurs.
L’idéal étant de se balader à Triana entre les ponts San Telmo et Isabel II, mais vous pouvez pousser plus loin, jusqu’au pont qui fait face à la Plaza de Armas.
La Calle Betis : la plus belle vue de Séville
S’il y a une rue qui incarne le romantisme de Séville, c’est bien la Calle Betis !
Bordant le Guadalquivir, cette longue avenue aux façades colorées (jaune ocre, rouge sang de bœuf, bleu azur) offre le plus beau panorama sur le centre historique de la ville. C’est le lieu de promenade favori des Sévillans et des voyageurs, et pour cause !
- Le panorama : depuis les berges, vous avez une vue imprenable sur la Torre del Oro, les arènes de la Maestranza et, majestueuse au-dessus des toits, la Giralda.
- L’ambiance : le soir, la rue s’anime. Les terrasses s’installent, les lumières de la ville se reflètent dans le fleuve, et l’air se rafraîchit. C’est le spot idéal pour un verre au coucher du soleil.
Le saviez-vous ? Le nom de la rue vient de « Baetis« , le nom romain du fleuve Guadalquivir. Il devint sous la domination arabe le grand fleuve ou « wadi al kabir« , déformé en le nom espagnol actuel. Mais en vérité, le fleuve a été détourné vers l’ouest de Séville par de grands travaux achevés en 1951, afin de ne pas voir se renouveler les graves inondations passées. C’est donc un simple canal, nommé canal Alphonse-XIII, que vous admirez aujourd’hui !
Astuce de la souris : soyons honnêtes, la Calle Betis est très (trop) touristique pour dîner ! Les prix y sont plus élevés qu’ailleurs pour une qualité parfois décevante. Mon conseil : profitez de la vue pour prendre un verre ou une caña au crépuscule, prenez vos photos de carte postale, puis enfoncez-vous dans les rues adjacentes (comme la Calle Antillano Campos) pour trouver de vraies pépites de tapas à prix locaux ! 😉
Vue sur la vieille ville de Séville (casco antiguo)

Se promener le long du muret qui domine le quai offre de superbes vues sur la vieille ville de Séville, sur l’autre rive face à Triana. Des ponts, on peut admirer l’enfilade des façades typiques et colorées…
Depuis la calle Betis et les rives du fleuve, il est agréable d’admirer la Torre del Oro, d’époque almohade, les arènes, le théâtre national…
Mais surtout la vue sur la Giralda et les hauteurs de la cathédrale, au loin ! De quoi se faire plaisir avec un petit spot selfie ! 😉
Vues du quartier de Triana
La calle San Jacinto à Triana
La calle San Jacinto est l’artère commerçante piétonne du quartier de Triana.
Rien d’extraordinaire sur le plan architectural, c’est avant tout le lieu parfait pour boire un café ou dévorer des churros en s’imprégnant de l’animation du quartier de Triana !
Patios de Triana
On peut admirer plusieurs patios fleuris dans les rues de Triana, en particulier sur la calle Alfareria et la calle Castilla. Ouvrez l’œil ! 😉
À Triana, la beauté se mérite ! Pour découvrir l’âme du quartier, il faut souvent oser jeter un œil indiscret à travers les grilles en fer forgé (cancelas) des maisons. Vous y découvrirez des patios éblouissants, véritables jardins de faïence et de fleurs.
Contrairement aux palais du centre, les patios de Triana sont souvent ceux d’anciens Corrales de Vecinos. Imaginez des familles entières vivant autour d’une cour commune, partageant le puits, la cuisine et les chants de flamenco…
Où débusquer les plus beaux patios de Triana ?
- Calle Alfarería, 85 et 101 : c’est la rue « reine » pour les amateurs. Ces numéros cachent des merveilles de céramiques. Le numéro 85, notamment, est un ancien corral magnifiquement restauré.
- Calle Castilla, 16 : une pépite historique ! Ce corral est l’un des mieux conservés du quartier. Ses balcons en bois et ses cascades de géraniums vous transportent un siècle en arrière.
- Le Corral de Herrera (Calle Pagés del Corro, 90) : sans doute l’un des plus célèbres et des plus photographiés. S’il est ouvert, vous y verrez une explosion de couleurs et d’azulejos typiques de l’artisanat local.
- Calle Pelay Correa : juste derrière l’église Santa Ana, cette rue abrite des patios plus intimes, souvent décorés de statues religieuses et de fontaines murales.
Conseil de la souris : soyez respectueux ! Ces patios sont des lieux de vie privés. Si la grille est ouverte, vous pouvez admirer depuis le seuil, mais évitez d’entrer sans y être invité. Si vous visitez Séville en mai, vous aurez peut-être la chance d’assister au concours des patios où les habitants ouvrent fièrement leurs portes aux visiteurs ! 😉
Marché de Triana : entre étals gourmands et vestiges historiques
Juste après avoir traversé le pont Isabel II, vous tombez nez à nez avec l’un des lieux les plus vibrants du quartier : le Mercado de Triana. Construit sur les fondations de l’ancien château de l’Inquisition, ce marché couvert est un magnifique exemple de l’art de vivre sévillan, où la brique apparente et les azulejos colorés servent de décor à une gastronomie d’exception.
C’est un marché « à double visage » que je vous invite à découvrir :
- Le matin, pour l’authenticité : c’est l’heure où les habitants viennent faire leurs courses. On s’extasie devant la fraîcheur des poissons venus de Cadix, les montagnes de fruits gorgés de soleil et les charcuteries ibériques suspendues. N’hésitez pas à acheter quelques tranches de jamón ou des olives marinées pour un pique-nique improvisé !
- Le midi, pour l’apéro et les tapas : le marché s’est modernisé et abrite désormais de nombreux petits comptoirs pour grignoter sur place. Vous y trouverez des bars à huîtres, des micro-brasseries artisanales, et même des stands spécialisés dans les arroces (riz) ou les fritures.
- La touche insolite : le marché abrite également le Casalá Teatro, l’un des plus petits théâtres au monde (seulement 28 places !), qui propose des spectacles de flamenco et de magie au cœur même des étals.
Mes pépites au Marché de Triana 🐭 :
- Bocasú : pour les gourmands, ne manquez pas les pâtisseries de Manu Jara (piliers 5 et 6). Ses petits choux sont une légende locale !
- La Casa Fundida : un excellent spot pour goûter des tapas créatives dans une ambiance décontractée.
- Cervecería Loli : l’endroit parfait pour une caña (petite bière) bien fraîche accompagnée de crevettes ou de fromage local. 🙂
Infos pratiques (2026) :
- Horaires des commerces : du lundi au samedi, de 9 h 00 à 15 h 00 environ.
- Horaires des bars et restaurants : du lundi au samedi de 10 h 00 à minuit, et le dimanche de 12 h 00 à 17 h 00.
Conseil de la Souris : le marché est très calme le lundi (car il n’y a pas de poisson frais ce jour-là). Préférez le mardi ou le samedi matin pour une immersion totale ! 😉
Derrière ce nom de château se trouvait en réalité le siège du redoutable Tribunal de l’Inquisition espagnole de 1481 à 1785. Ce lieu servait à la fois de résidence aux inquisiteurs, mais surtout de prison. En visitant les ruines (l’accès est gratuit et se fait par l’intérieur du marché), on découvre le tracé des anciennes cellules et des salles d’interrogatoire.
Conseil de la souris 🐭 : la visite est très bien mise en scène avec des panneaux explicatifs sur la psychologie de la peur et l’histoire du tribunal. C’est une pause culturelle poignante, à faire absolument entre deux dégustations de tapas pour comprendre la complexité de l’histoire sévillane.
Castillo San Jorge de Séville : les vestiges de l’Inquisition sous le marché

Juste au débouché du pont Isabelle II (Plaza de Altozano), sous les étals colorés et parfumés du marché de Triana, se cache un lieu à la puissance évocatrice singulière : le Castillo de San Jorge.
Ce châtelet d’origine almohade, dont il subsiste aujourd’hui des vestiges archéologiques fascinants, a connu un destin sombre. De 1481 à 1785, il fut le siège du Tribunal de la Sainte Inquisition à Séville. C’est dans ces souterrains que l’on jugeait, emprisonnait et torturait au nom de la foi.
Aujourd’hui, le lieu a été métamorphosé depuis 2009 en un centre d’interprétation moderne et gratuit. Plus qu’un simple musée, c’est un espace de réflexion profonde sur l’abus de pouvoir, l’intolérance religieuse et la défense des droits de l’homme. À travers un parcours scénographié (proposé en espagnol et en anglais), on y découvre :
- Le tracé des anciennes cellules et des salles d’interrogatoire.
- L’histoire de la répression religieuse en Espagne.
- L’évolution du quartier de Triana à travers les siècles.
C’est une visite poignante qui offre un contraste saisissant avec la joie de vivre du marché situé juste au-dessus. Un passage obligé pour comprendre la complexité de l’âme sévillane.
Infos pratiques (actualisées 2026)
- Horaires : Le centre est ouvert du mardi au samedi de 10 h 00 à 13 h 30 et de 17 h 00 à 20 h 00. Le dimanche et les jours fériés de 10 h 00 à 14 h 00. (Attention : fermé le lundi).
- Tarif : Entrée gratuite pour tous.
- Accès : Par l’intérieur du marché de Triana ou par la Plaza del Altozano.
La Calle Alfarería : au cœur de l’âme artisanale de Triana
Si vous voulez vraiment comprendre pourquoi Triana est indissociable de la céramique, quittez les berges du fleuve et enfoncez-vous dans la Calle Alfarería (la rue de la poterie). C’est ici, dans cette ruelle étroite et colorée, que bat le cœur battant des artisans sévillans depuis des siècles.
Anciennement occupée par des dizaines de manufactures profitant de l’argile du Guadalquivir, la rue a conservé un charme fou et une authenticité que le tourisme n’a pas encore gommée.
Ce que vous ne devez pas manquer dans la Calle Alfarería :
- Les patios cachés : n’hésitez pas à jeter un coup d’œil discret à travers les grilles en fer forgé des immeubles. Vous y découvrirez des patios magnifiques, entièrement recouverts d’azulejos (carreaux de faïence) du sol au plafond, souvent ornés de fontaines et de plantes grimpantes.
- Les derniers ateliers d’artisans : plusieurs boutiques-ateliers perpétuent la tradition. C’est l’endroit idéal pour ramener un souvenir authentique (un numéro de rue personnalisé ou un plat peint à la main) plutôt qu’un objet industriel fabriqué à l’autre bout du monde.
- Le Centro Cerámica Triana : knstallé dans l’ancienne usine Santa Ana, ce musée (situé à l’angle de la rue) est une merveille. On y voit les anciens fours du XVIe siècle et on y comprend tout le processus de fabrication qui a fait la renommée mondiale du quartier.
Conseil de la souris : la Calle Alfarería est particulièrement photogénique en milieu de matinée, quand la lumière joue avec les couleurs des façades. C’est une balade calme, presque hors du temps, qui offre un contraste saisissant avec l’effervescence de la Calle Betis.
Musée de la Céramique de Triana : immersion dans l’art de l’azulejo

Le musée de la Céramique à Triana (Centro Cerámica Triana) est situé dans la petite rue Antillano Campos, à deux pas du marché.
Le Centro Cerámica Triana est un lieu fascinant qui rend hommage au savoir-faire ancestral du quartier. Aménagé au sein de l’ancienne manufacture Cerámica Santa Ana, le musée est une œuvre d’art en soi : sa façade moderne, habillée d’une résille de céramique contemporaine, contraste magnifiquement avec les bâtiments historiques.
Le parcours de visite est une véritable machine à remonter le temps :
- Le rez-de-chaussée (le patrimoine industriel) : on y explore les anciennes installations de l’usine réhabilitées. C’est la partie la plus impressionnante du musée : vous déambulez au milieu des fours monumentaux (dont certains datent du XVIe siècle), des dépôts d’argile, du puits d’eau et des tours de potier. On y comprend, étape par étape, comment la terre du fleuve se transformait en œuvres d’art.
- L’étage (la collection et la culture) : l’espace d’exposition présente une collection raffinée de pièces historiques et d’azulejos (carreaux de faïence) aux motifs complexes. Une section très intéressante est également dédiée à l’ethnographie, racontant la vie quotidienne, les fêtes et les traditions qui ont forgé l’identité si forte des habitants de Triana.
Conseil de la souris : ne manquez pas la vidéo explicative au début de la visite, elle permet de mieux visualiser le fonctionnement des fours avant de s’y aventurer ! 😉
Infos pratiques (Actualisées 2026)
Adresse : 14, calle Antillano Campos (à 50 mètres du Castillo San Jorge).
Horaires : Ouvert du mardi au samedi de 10 h 00 à 13 h 30 et de 17 h 00 à 20 h 00. Le dimanche et les jours fériés de 10 h 00 à 14 h 00. (Fermé le lundi).
Le tarif est de 2,10 €, inchangé depuis 2019 (!).
L’accès est gratuit avec un billet d’entrée à l’alcazar de Séville (valable le jour même ou le lendemain). Gratuit également pour les personnes en situation de handicap et les résidents de Séville.
La Semaine Sainte et la Capilla de los Marineros : le cœur battant de Triana
On ne peut pas comprendre Triana sans évoquer la Semaine Sainte (Semana Santa) ! Pour les habitants du quartier, c’est le moment le plus important de l’année. Alors que les confréries du centre sont souvent perçues comme austères, celles de Triana sont réputées pour leur ferveur exubérante et leur proximité avec le peuple.
La Capilla de los Marineros : le refuge de l’Esperanza
Située dans la célèbre Calle Pureza, la « Chapelle des Marins » est un passage obligé, même si vous ne visitez pas Séville pendant les fêtes.
C’est ici que réside la Virgen de l’Esperanza de Triana, l’une des icônes les plus aimées et vénérées de toute l’Andalousie. La chapelle, avec son magnifique plafond en bois sculpté et ses murs tapissés d’azulejos, dégage une atmosphère de dévotion unique.
L’émotion du « Madrugá » : dans la nuit du Jeudi au Vendredi Saint, la Vierge sort de cette chapelle pour traverser le pont au milieu d’une foule immense. Les habitants lui chantent des saetas (chants poignants improvisés) depuis leurs balcons. C’est un moment qui donne la chair de poule, même aux plus incroyants.
Conseil de la souris : l’entrée de la chapelle est gratuite. C’est une halte parfaite pour se rafraîchir et admirer la richesse des parures de la Vierge. Juste à côté, vous trouverez souvent des boutiques vendant des encens qui sentent « la Semaine Sainte » (fleur d’oranger et cire chaude), un souvenir très typique !
Musée des Carrosses de Séville (Museo de Carruages)

Situé au 10 Plaza de Cuba, juste au débouché du pont de San Telmo, ce musée est l’une des pépites les plus méconnues de Séville !
Bien loin de la foule de l’Alcazar, il offre une parenthèse élégante et silencieuse dans un cadre absolument unique : l’ancien couvent de Los Remedios, dont l’architecture religieuse du XVIe siècle sert d’écrin aux collections.
À l’intérieur du musée des Carrosses, vous découvrirez une collection prestigieuse de véhicules d’époque répartie dans quatre salles thématiques. Ce n’est pas seulement une exposition de transport, mais un témoignage du mode de vie de la noblesse andalouse :
- Des pièces d’exception : Des calèches de gala aux voitures de voyage plus robustes, chaque carrosse est une œuvre d’art restaurée avec soin, ornée de dorures, de velours et de détails techniques fascinants.
- Le cadre : Le contraste entre la sobriété des voûtes de l’ancien couvent et le luxe des carrosses est saisissant. C’est un lieu très photogénique et frais, idéal pour une pause culturelle originale.
Conseil de la souris : c’est une visite rapide (environ 30 à 45 minutes) qui complète parfaitement une balade sur les quais ou avant d’entamer une tournée de tapas dans Triana.
Infos pratiques (Actualisées 2026) :
- Adresse : 10, Plaza de Cuba (Triana).
- Horaires : ouvert uniquement en semaine, du lundi au vendredi de 9 h 00 à 14 h 00. (Attention : fermé le week-end et les jours fériés).
- Tarifs : plein tarif : 4,00 €. Tarif réduit (étudiants, retraités) : 2,50 €.
Bon plan : L’entrée est gratuite le mardi (une excellente occasion d’y jeter un œil sans dépenser un euro !). 😉
Où voir du Flamenco à Triana : l’âme gitane au creux des mains
Triana n’est pas qu’un quartier, c’est le berceau du flamenco !💃 C’est ici, dans les anciens corrales de vecinos (cours communes), qu’est né le « cante jondo », ce chant profond et déchirant. Si vous cherchez une expérience plus intime et moins formatée que les grands tablaos du centre-ville, vous êtes au bon endroit.
Mes adresses et conseils pour une soirée inoubliable :
- Les petites salles intimistes (Casa de la Memoria ou Teatro Flamenco Triana) : bien que plus encadrées, ces salles situées à l’entrée du quartier offrent une excellente acoustique et une proximité rare avec les artistes. C’est l’option idéale pour ceux qui veulent un spectacle de haute qualité technique sans les paillettes.
- Les bars à « flamenco spontané » (Calle Pureza et alentours) : pour les plus aventureux, rendez-vous dans des institutions comme la Casa Anselma (attention, c’est haut en couleur et très typique !) ou le Lo Nuestro. Ici, il n’y a pas toujours d’horaires fixes : on prend un verre, et parfois, un guitariste et un chanteur s’installent pour une session improvisée. C’est le vrai Triana !
- La Peña Flamenca : si vous voulez vivre le flamenco comme les locaux, cherchez les Peñas. Ce sont des cercles d’amateurs où l’on respecte un silence religieux pendant les chants. L’ambiance y est plus sobre, mais l’émotion y est souvent décuplée.
Conseils de la souris 🐭 :
- Le silence est d’or ! À Triana, le flamenco est une religion. Si vous assistez à un spectacle dans un petit bar, évitez de parler fort. On écoute, on ressent, et on crie un « Olé ! » bien senti uniquement quand l’émotion déborde ! 🙂
- L’heure espagnole : pour le flamenco spontané dans les bars, ne pointez pas le bout de votre nez avant 22h30 ou 23h00 ! C’est à cette heure-là que l’âme du quartier se réveille.
- Réservation : pour les petits théâtres comme le Teatro Flamenco Triana, réservez en ligne 24h à l’avance, car les jauges sont petites et très prisées.
Plus au nord : le monastère de la Cartuja

C’est sur l’île de la Cartuja, au nord du quartier de Triana, que se déroula l’Exposition universelle de 1992 à Séville, qui connut un immense succès.
Elle avait pour thème la découverte, commémorant le cinquième centenaire de la découverte des Amériques.
C’est ici qu’a été érigé en 1992 la tour Schindler dans le cours du Guadalquivir (!), haute de 65 mètres, et dont l’architecture s’intègre plus ou moins au site (hum).
Aujourd’hui, il en reste plusieurs pavillons, malheureusement plus ou moins laissés à l’abandon… (les Portugais ont bien mieux réhabilité leurs pavillons de l’Expo 1998 à Lisbonne !) Le secteur est devenu un parc technologique.
Le monastère de la Cartuja ou chartreuse se situe au nord du quartier de Triana. Ce monastère chartreux vit séjourner Christophe Colomb, et son corps y reposa près de 30 ans avant d’être transféré à la cathédrale ! Son fils Diego Colomb y repose toujours.
En 1841, le monastère fut confisqué aux moines et transformé en usine… devinez quoi… de céramique ! D’où ces cheminées de brique plutôt insolites qui s’inscrivent curieusement dans le site.
Il est intéressant de faire le tour des bâtiments ! On y découvre un cloître mudéjar, le porche de l’église du XIVe siècle, le réfectoire et son magnifique plafond en bois sculpté, et les gisants de la sale capitulaire.
Le cadre très sobre de la Cartuja accueille aujourd’hui le centre andalou d’Art contemporain (Centro andaluz de Arte contemporáneo).
Il mérite un détour si vous avez le temps, rien que pour son cadre et les jardins qui l’entourent, avec leurs plantations d’orangers (ma maigre récolte m’a permis de remplir quelques pots de confiture au retour !). 😉
Horaires du monastère de la Cartuja
- le centre est ouvert du mardi au samedi de 11 h à 21 h
- les dimanches et fêtes de 10 h à 15 h 30.
Prix de l’entrée du monastère de la Cartuja
- Le prix d’entrée est de 3 €
- mais c’est gratuit du mardi au vendredi de 19 à 21 h et le samedi toute la journée. Infos sur le site officiel de la Cartuja de Séville (en espagnol et anglais).
- entrée gratuite durant la crise Covid ! (encore d’actualité en 2022)
Plus loin encore vers le nord se situe le parc d’attraction Isla Mágica, que je n’ai pas visité vu qu’il est fermé l’hiver… Ce parc de 35 hectares est consacré au thème de la découverte de l’Amérique, il reste donc dans le thème du quartier !
On peut rejoindre directement le centre historique de Séville via la passerelle de la Cartuja sur le Guadalquivir.
Où manger à Triana ? 3 bars à tapas mythiques
À Triana, le rituel est sacré : on ne s’assoit pas pour un repas complet, on « tapea » de bar en bar, debout au comptoir ou autour d’un tonneau ! Voici trois institutions où vous êtes sûr de ne pas vous tromper :
- Las Golondrinas (Calle Antillano Campos) : c’est un coup de cœur absolu. Réparti sur deux établissements dans la même rue, ce bar est célèbre pour ses azulejos anciens et ses tapas cultes. Le must : Les puntas de solomillo (filet de porc juteux sur du pain grillé) et les courgettes frites. L’ambiance est électrique, surtout le week-end !
- Blanca Paloma (Calle San Jacinto) : situé à l’angle de la rue piétonne, ce bar ne désemplit jamais, et pour cause : les portions sont généreuses et le service est d’une efficacité redoutable ! C’est le rendez-vous des familles de Triana. Le must : Les bocaditos de mejillones (beignets de moules) ou les aubergines farcies aux crevettes. Arrivez tôt (dès 20h30) pour espérer décrocher une table haute !
- Casa Cuesta (Calle Castilla) : fondée en 1899, cette taverne est un voyage dans le temps avec ses hauts plafonds, ses vieux miroirs et ses affiches de corrida. C’est l’endroit idéal pour goûter aux classiques de la cuisine andalouse dans un cadre élégant mais sans chichis. Le must : Le rabo de toro (queue de bœuf) ou leurs croquettes maison, réputées comme étant parmi les meilleures du quartier. Mais selon les avis récents, ça devient hélas touristique, avec une baisse de qualité…
Conseil de la souris : si vous voyez de la sciure au sol (plus rare aujourd’hui mais ça arrive) ou une foule qui se presse au comptoir en criant des commandes au serveur : c’est bon signe, vous êtes au bon endroit !
FAQ : Tout ce qu’il faut savoir pour visiter Triana
Faut-il loger à Triana plutôt que dans le centre historique ?
C’est un excellent choix si vous cherchez une ambiance plus authentique et locale, loin de la foule de Santa Cruz. Le quartier est plus calme le soir et offre un meilleur rapport qualité-prix pour les restaurants. Gardez simplement à l’esprit qu’il vous faudra marcher 15 à 20 minutes (ou prendre un bus/vélo) pour rejoindre la Cathédrale ou l’Alcazar.
Quel est le meilleur moment pour visiter le quartier ?
L’idéal est d’arriver en fin de matinée pour profiter du marché et du musée de la céramique, puis de déjeuner sur place. Une autre option magique est de venir en fin d’après-midi : traversez le pont au coucher du soleil pour voir la Giralda s’illuminer, puis profitez de l’effervescence de la Calle Betis pour l’apéritif.
Comment se rendre à Triana depuis le centre de Séville ?
Rien de plus simple : à pied ! Il suffit de traverser le Pont Isabel II (communément appelé Pont de Triana). Si vous venez de plus loin, la ligne 1 du métro s’arrête à la station Plaza de Cuba, au sud du quartier.
Est-ce que Triana est un quartier sûr le soir ?
Absolument. Comme la majeure partie de Séville, Triana est un quartier très sûr et vivant. Les familles et les locaux sortent tard dans les rues. La Calle Betis et la Calle San Jacinto sont très fréquentées jusqu’au bout de la nuit.
Peut-on voir du vrai flamenco gratuitement à Triana ?
Il arrive que des sessions improvisées éclatent dans certains bars de la Calle Pureza ou dans les « Peñas » (cercles d’amateurs), mais c’est aléatoire. Pour être sûr de voir du flamenco de qualité sans payer le prix fort des grands spectacles touristiques, privilégiez le Teatro Flamenco Triana ou les petits comptoirs du marché.
Combien de temps faut-il pour visiter Triana ?
Prévoyez une demi-journée (environ 3 à 4 heures) pour parcourir le marché, le château San Jorge, le musée de la céramique et flâner dans les ruelles artisanales comme la Calle Alfarería. Si vous ajoutez une pause tapas, comptez une soirée entière !
Triana, plus qu’un quartier, une émotion
Traverser le pont de Triana, c’est bien plus que changer de rive : c’est entrer dans un village au cœur de la ville, où chaque azulejo et chaque accord de guitare raconte une histoire de résilience et de fierté ! On ne visite pas Triana pour cocher des cases sur une liste de monuments, on s’y perd pour ressentir cette « furia » andalouse, ce mélange unique de ferveur religieuse et de joie de vivre autour d’une assiette de tapas.
Une chose est sûre : une fois que vous aurez goûté à l’ambiance des berges du Guadalquivir, vous ne regarderez plus Séville de la même manière.
Et maintenant, où va-t-on ? 🐭
Si vous avez encore des forces après cette immersion chez les Trianeros, deux options s’offrent à vous :
- Envie de verdure et de grandeur ? Repassez le fleuve et filez vers le sud pour découvrir le majestueux parc de María Luisa et l’époustouflante Place d’Espagne, dont les bancs en céramique rendent justement hommage à tout le savoir-faire des artisans de Triana que vous venez de découvrir.
- Envie de mystère ? Replongez dans le dédale des ruelles du quartier de Santa Cruz, le vieux quartier juif, pour une ambiance radicalement différente, faite de légendes et de patios secrets.
Et vous, quel a été votre coup de cœur à Triana ? Les tapas de la Calle Antillano Campos ou le coucher du soleil sur la Calle Betis ? Dites-le moi dans les commentaires ! 👇
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